Carême en ligne 2010 : Chaque jour, une méditation...
lecture quotidienne du lundi 15 mars...au samedi 20 mars 2010
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Le secret médical ou militaire est sans doute nécessaire ; le secret de la confession l’est encore plus. Mais l’Evangile est le contraire d’un secret, et l’intention du Christ est qu’il soit diffusé jusqu’aux extrémités de la terre. Hélas, depuis les origines, le monde ne cesse de bâillonner les chrétiens : « considérant l’assurance de Pierre et de Jean, les Sanhédrites disaient : qu’allons-nous faire de ces gens-là ? Empêchons-les de parler désormais à qui que ce soit au nom de Jésus… Ils leur défendirent donc. » (Actes 4, 18)
Pierre et Jean de rétorquer : « S’il est juste, aux yeux de Dieu, de vous obéir plutôt qu’à Dieu, à vous d’en juger… mais nous, nous ne pouvons pas ne pas publier ce que nous avons vu et entendu. » (Actes 4, 20)
Le cardinal Suenens, archevêque de Malines, déclare : « La conversion est un mystère de liberté. Il y faut du tact, et par dessus tout de l’humilité. Mais à force de plaider la discrétion, on va parfois jusqu’à dire qu’il ne faut pas tenter de convertir, que nous devrions nous borner à être des témoins discrets, silencieux, d’un surnaturel qui s’impose de lui-même, selon le jeu des sages lenteurs de la grâce. …»
Prière :
Seigneur, je n’ai jamais à imposer la vérité ;
mais je dois la proposer chaque fois qu’elle peut être entendue.
Je te demande de me guider dans cette tâche délicate.
Mardi 16 mars
La Bible stigmatise certaines paroles : celles du bavard :
« Qui parle trop se perd » (Proverbes 10, 19)
celles du sot : « On n’accepte pas un proverbe de la bouche du sot,
car il ne le dit pas à propos. » (Ecclésiastique 20, 20)
celles du méchant : « Les écarts de langage
peuvent devenir un venin mortel » (Jacques 3, 8)
…. Mais la Bible s’émerveille des paroles du sage :
« Ainsi la femme parfaite ouvre la bouche avec sagesse (…)
Car sa bouche parle du trop plein de son cœur » (Proverbes 31, 26)
Si nous avions conscience de la puissance de la langue, quel bien pourrions-nous faire ! Au soir de cette journée, pourquoi ne pas faire un bilan : de qui ai-je parlé ? à qui ai-je parlé ? de quoi ai-je parlé ? Un contrôle à faire souvent.
Prière :
Seigneur, je reconnais que parfois je parle un peu vite et sans aucun contrôle.
Que les paroles de mes lèvres ne blessent personne aujourd’hui
et redonnent courage à ceux qui en ont besoin !
Mercredi 17 mars
« Plus jamais ça ! » Qui ne se souvient de cet appel du pape à la tribune de l’ONU, évoquant les deux guerres effroyables qui venaient de ravager l’Europe, alors que dans d’autres pays les guerres n’avaient pas cessé ? Faut-il accepter que des hommes, des femmes, des enfants meurent de faim au Darfour, au Congo ou ailleurs, alors que nos supermarchés sont bourrés de nourriture ? Que penser de la peur généralisée, curieusement entretenue par l’ensemble des médias, de la fameuse pandémie qui menace, paraît-il, l’humanité ? On se croirait revenu à l’époque de la peste ! Faudra-t-il faire venir des policiers dans les cours de récréation de nos écoles ? Où donc sont passées les foules qui fréquentaient les églises ?
Alors les temps sont-ils si mauvais ?
Pensons à l’adage : « Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit », et regardons le monde tel qu’il est dans toutes ses dimensions. Partout existent des associations caritatives, des lois sociales portant secours aux plus démunis, des gestes de fraternité discrets, des rencontres entre nations pour tenter de faire passer l’intérêt général avant les égoïsmes nationaux ou tribaux… Heureusement, l’humanité n’est pas au bord du gouffre, mais attention ! ce courant de fraternité universelle ne tiendra que s’il a des racines spirituelles profondes. Laisser se généraliser une humanité qui ignorerait notre Dieu, c’est courir à l’échec. L’homme est un être blessé qui ne peut, par ses seules forces, vivre un idéal qui le dépasse.
Prière :
Dans la tempête sur le lac, Pierre s’écria :
« Seigneur, au secours ! Nous périssons. »
Seigneur, c’est avec confiance que je me remémore ta réponse :
« Pourquoi avez-vous si peur ? »
Agaçant, il l’est ; dérangeant souvent, quand il secoue le train-train de notre conscience. Nous ne le connaissons que par ses lettres, du moins celles qui nous sont parvenues. Quand il veut mettre de l’ordre dans les toutes jeunes Eglises qu’il a fondées, il y découvre mollesse, désaffection, désordres moraux, hérésies en tout genre.
Né à Tarse en Turquie, Paul se convertit brutalement au Christ et, à partir de ce jour, devient l’apôtre des « païens » ; alors, il les secoue sans faiblesse : « Lorsque je serai de retour chez vous, je crains que je n’aie à pleurer sur plusieurs d’entre vous qui n’auront pas fait pénitence de l’impureté, de l’inconduite et de la débauche auxquelles ils se sont livrés. » (2ème Cor. 12, 21)
Car Paul est un passionné ; ses lettres sont parfois de feu. C’est à lui que nous devons l’incroyable développement du christianisme chez les païens : « J’éprouve à votre égard autant de jalousie que Dieu. Je vous ai fiancés à un époux unique pour vous présenter au Christ comme une vierge pure ; mais j’ai peur que vos pensées ne se corrompent… si vous accueillez un autre évangile que celui que vous avez accueilli. » (2ème Cor. 11, 2 4) « J’agirai sans ménagement, puisque vous voulez la preuve que le Christ parle en moi. » (2ème Cor. 13, 3)
Prière :
Seigneur, nous ne sommes pas des saints de la trempe de ton apôtre Paul.
Mais rappelle-nous sans cesse l’enseignement de ton Eglise :
« Tous les fidèles du Christ sont invités et obligés
à poursuivre la sainteté et la perfection de leur état.
(Vatican II, Lumen Gentium).
Jadis, quand nos aïeux disaient, récitant le Notre Père : «Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour », ils pensaient à leurs proches comme à eux-mêmes, à leur village, à leur province… Ils priaient pour être protégés d’un fléau bien connu, la famine.
Aujourd’hui, ce n’est pas seulement la famine que nous demandons à Dieu d’éloigner mais, plus menaçant, le spectre d’une planète épuisée : notre regard s’étend bien au-delà de notre voisinage. Notre crainte embrasse l’humanité entière. Allons-nous parvenir à subsister, avec des ressources que nous savons maintenant limitées ?
On sait que malgré les progrès enregistrés dans certains pays la faim tenaille toujours un grand nombre d’humains. Qu’en sera-t-il demain ? Les hommes vont-ils parvenir à se limiter, à éviter les gaspillages, à partager fraternellement le simple nécessaire ? Toutes ces questions commencent à nous préoccuper.
Durant des siècles, les hommes ont récité le Pater, prière enseignée par le Christ. De nos jours ils découvrent non seulement que cette prière est toujours d’actualité, mais plus encore qu’elle ouvre des perspectives nouvelles.
Peut-être serait-il sage de réciter ce Pater avec plus d’attention ? Il est un programme de vie, s’il est vécu entièrement !
Prière :
Seigneur, nous t’appelons Père et nous en sommes fiers.
La table eucharistique où tu nous invites
n’est pour l’instant qu’un prélude au banquet
que tu nous prépares pour le demain éternel.
Samedi 20 mars
Une amie m’écrit : « L’hiver dernier, sur mon balcon, j’ai nourri des oiseaux. Quelques jours ont suffi pour qu’une mésange vienne picorer ; des escadrons ont suivi : rouges-gorges, merles et autres. Avec un infini respect, ils se succédaient et attendaient leur tour. Même les moineaux, qu’on ne voit plus guère, sont arrivés le moment venu.
Mon balcon était devenu une joyeuse volière quand, un matin, une pie a fait irruption et a chassé tout ce monde ailé. J’étais consternée : fallait-il chasser la pie ? Elle aussi allait nidifier et elle aurait, comme les autres oiseaux, des besoins pour nourrir sa nichée.
Conflits d’intérêts ? Y aurait-il une guerre ? « D’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous vos instincts égoïstes ? » (St Jacques 4, 1)
Quelles solutions envisager ? Augmenter l’apport de nourriture ou éduquer au sens du bien ? La première des deux propositions est en voie de réalisation, la seconde est impossible chez les animaux, mais elle devrait être prioritaire chez les humains. Si elle ne l’est pas, alors : « … vous entrez en conflit et vous vous faites la guerre. » (St Jacques 4, 2)
Saint Paul dut agir vigoureusement pour instaurer un climat de paix dans les communautés encore tout imprégnées de paganisme. « C’est un devoir pour nous, les forts, de porter l’infirmité des faibles et de ne pas rechercher uniquement ce qui nous plaît. Que chacun de nous ait le souci d’édifier son prochain ! » (Romains 15, 1)
Prière :
Seigneur, à chaque messe, nous reprenons le conseil
que tu as donné à tes apôtres :
« Fais de nous des artisans de paix ! »
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