Intégrale des
Conférences de carême 2010
ND de Paris et ND de Fourvière

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Carême en ligne 2010 : Chaque jour, une méditation...
lecture quotidienne du lundi 29 mars...au samedi 3 avril 2010
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Lundi saint 29 mars

Mireille a reçu ce matin une lettre de son amie : sa fille va très mal. Dans cette lettre, elle évoque ce Notre Père qu’elle n’arrive plus à dire : Que ta volonté soit faite sur la terre… « Me reprendre ma fille, est-ce bien ta volonté, Seigneur ? »
Mireille, elle-même, s’interroge : « S’il s’agissait de ma propre fille, que ferais-je ? »
Sans doute, il n’est pas question de faire un procès à Dieu. Sa bonté est infinie, et nous l’affirmons tous. Il ne peut pas décider de la mort de quelqu’un : « Comment Dieu, qui n’est qu’infinie bonté, pourrait vouloir que meure cette enfant ? Il ne veut que le bien, voilà ce dont je suis sûre. » déclare Mireille, et elle ajoute : « Tout comme je suis sûre qu’il accompagne les siens quand ils sont agressés par la souffrance. »
Dieu laisse les hommes agir dans le moment présent selon leur volonté, il les a créés libres. Toutefois ils sont dans l’impossibilité de connaître l’avenir. Peut-être une vie plus longue dans ce cas aurait-elle été fatale ? Seul Dieu le sait.
« Les évènements sont les maîtres que Dieu nous donne », a écrit le père Libermann. Dieu saura toujours en tirer du bien, même si nous ne pouvons pas le savoir dans l’immédiat, même si cela est accompagné d’une énorme douleur.

Prière :
Au Jardin des Oliviers, n’as-tu pas, Seigneur, affirmé :
« Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, fais non pas comme je veux mais comme tu veux. » (Mat. 26, 39) ? Permets que je sois capable de suivre ton exemple !

Mardi saint 30 mars

S’il y avait un sacrement inconfortable, c’était bien celui de la confession. Qu’on se rappelle, dans chaque église, ce placard installé le long des murs ; une petite fenêtre grillagée séparait le confesseur du pénitent. Le sacrement pouvait alors se donner.
Au temps du Christ, c’était plus simple : Dieu seul peut pardonner l’offense qu’on lui a faite. « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » (Luc 5,12) a-t-il dit au paralytique ; au lépreux : « Je le veux, sois purifié. » (Luc 5, 20), et à d’autres encore ; puis il les guérissait. Il avait confié ce pouvoir à ses apôtres. « Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. » (Jean 20, 23).
Comment, au fil des ans, le pardon de Dieu fut-il administré ? L’histoire en est longue et elle a connu des formes très diverses. Aujourd’hui, c’est à la coutume du départ qu’on est revenu. Ce retour à l’Evangile est infiniment heureux et rend le sacrement plus humain.
Tout chrétien catholique est invité à découvrir la grandeur d’un tel échange entre Dieu et l’homme et ne peut qu’en rendre grâce.

Prière :
Je regrette, Seigneur, de demander si peu le pardon que tu m’offres.

Il a fallu que l’Eglise me signifie cela par un commandement minimum.
Augmente ma foi en ce sacrement
et aide-moi à le pratiquer désormais plus souvent !

Mercredi saint 31 mars

On était en plein hiver et l’étang était couvert de glace. Le gouverneur donna l’ordre d’y exposer les quarante soldats chrétiens pendant toute la nuit. L’un d’entre eux, vaincu par le froid, choisit d’aller se jeter dans le bassin d’eau tiède préparé à dessein pour ceux qui refuseraient le martyre ; la brusque transition de température le suffoqua et il expira. Le lendemain matin, ces martyrs respiraient encore ; le gouverneur leur fit briser les jambes pour les jeter ensuite dans un bûcher ardent.
Si, dans certaines parties du monde les persécutions physiques existent encore, en Occident la lutte contre Dieu est beaucoup plus sournoise.
L’apparente liberté de vivre sa foi est combattue par les idéaux du jour : l’appât de l’argent, la libéralisation des mœurs, l’amour du bien-être et de la bonne chère ; combien sont-ils, dans le monde, à courir après ces fantasmes du bonheur ? Autour d’eux, quand l’Evangile loue la chasteté, le service des autres, il est perçu couramment comme une utopie. Vouloir le suivre n’entraîne plus l’acceptation du martyre d’un jour, mais celle d’une épreuve continue, qui peut durer toute la vie.

Prière :
Seigneur, sommes-nous d’une autre planète ?

Alors tant mieux si nous, les chrétiens, nous paraissons un peu fous.
Fais surtout que nous restions tes témoins authentiques !

Jeudi saint 1er avril

Un enfant qui entre pour la première fois dans une église se pose beaucoup de questions. Une chose retient particulièrement son attention : qu’est-ce que c’est que ce petit placard avec une lampe rouge ? Tout chrétien sait que Jésus a réalisé sa promesse : « Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mat 28, 20). Il faudra donc expliquer à ce jeune ce qu’est l’eucharistie, présence mystérieuse et très réelle de Jésus sous les apparences d’un morceau de pain (appelé hostie).
La chrétienté mondiale vit de cette foi. Deux milliards de chrétiens reçoivent chaque dimanche cette hostie, qui, reçue en eux, va les soutenir pendant la semaine à venir.
Depuis vingt siècles les chrétiens construisent des églises. Leurs styles sont différents, mais toutes ont le même point de convergence : le tabernacle. En Bavière, l’une des réussites les plus parfaites est sans aucun doute l’église de Wies, où structures, peintures et sculptures aboutissent toutes à ce point central.
Bien sûr des prodiges eucharistiques, comme on en trouve un peu partout dans l’histoire de notre peuple, viennent, s’il en est besoin, affermir cette croyance. Certes ce ne sont pas des preuves, mais des évènements qui nous appellent à réfléchir sur cette croyance fondamentale.

Prière :
Seigneur, le Jeudi saint nous célébrons ta nouvelle présence.

Chaque dimanche nous te fêtons comme tu nous l’as demandé :
« Faites ceci en mémoire de moi. »
(Luc 22, 19)

Vendredi saint 2 avril

Erasme (1469 – 1536), dans un ouvrage rédigé pour les chrétiens de son temps, écrit quelques considérations sur le jeûne. Il évoque les pieuses coutumes de pénitence proposées aux fidèles, tant à l’occasion du carême que dans le déroulement de la vie quotidienne : faire maigre le vendredi, recevoir les cendres, jeûner certains jours (voire tout le carême), toutes pratiques estimables de nos anciens formulées dans les commandements de l’Eglise.
Est-ce bien cela la pénitence pour un chrétien ? Faut-il conserver ou condamner ces pratiques, ou plutôt les recevoir comme des appels à faire plus et surtout mieux ? Toute vraie pénitence est l’occasion d’une charité plus active et plus exigeante. Or le maigre du vendredi peut être délicieux pour qui raffole de poisson, jeûner est précieux pour garder sa ligne, une aumône donne bonne conscience à celui qui ouvre difficilement son porte-monnaie.
Toutes ces ‘pieuses coutumes’ sont utiles pour rappeler à chacun son devoir, très différent pour les uns et pour les autres. Erasme ouvre la recherche, évoque des pratiques d’une autre dimension, qui demandent de réels efforts et redressent, s’il le faut, des habitudes ou des attitudes regrettables. C’est à un changement radical que le fidèle va s’atteler ; c’est cela la vraie pénitence.

Prière :
Seigneur, tu es la source de toute bonté ;
tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le pardon.
Reçois l’aveu de notre faiblesse et relève-nous patiemment avec amour !

Pâques, 4 avril
Méditation sur quelques versets de l'Evangile de St Jean

Les onze étaient là, dans la maison bien verrouillée par crainte des Juifs. Un peu à l’écart des autres, Philippe songeait, repassant dans son cœur les paroles que Jésus avait prononcées l’autre soir, avant son départ pour Gethsémani : « Encore un peu et vous ne m’aurez plus sous les yeux, et puis encore un peu et vous me verrez. » La première partie de cette étrange déclaration s’était réalisée de manière si atroce, si révoltante que Philippe avait encore du mal à respirer. Lui qui avait tant cru en Jésus, qui même avait osé lui demander de leur montrer le Père, était maintenant écrasé de douleur. Car qu’y avait-il à espérer après cette mort irréparable ?
Soudain lui revint à l’esprit la deuxième partie de la phrase de Jésus : « et puis encore un peu et vous me verrez. » Seulement, se disait-il - sans s’arrêter aux rumeurs étranges qui couraient depuis le matin sur le tombeau vide - maintenant il n’y aura plus de « encore un peu ». Qu’avait donc voulu dire Jésus ? Il se souvenait l’avoir interrogé là-dessus, avec quelques autres. Jésus leur avait bien promis que leur affliction se changerait en joie ; mais, après sa mort, nulle joie n’était envisageable !
Un bruit léger lui fit lever les yeux. Et il vit. Il vit Jésus, au milieu d’eux, vivant, ressuscité. La joie l’envahit, une joie lumineuse qui subitement se mit à emplir tous les cœurs ; une joie indicible que désormais, tous le savaient, nul ne pourrait leur ravir.

Prière :
Seigneur, par l’intercession de l’apôtre saint Philippe

qui, un moment, a connu l’épreuve de sa foi,
permets que nous restions fidèles à la foi que tu nous as donnée !

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