Retour au courrier des lecteurs     Retour à la page d'accueil

CLONAGE

Le CLONAGE embryonnaire humain, ou reproduction asexuée, est le remplacement du noyau d'un ovocyte (ou ovule) par le noyau d'une quelconque cellule adulte. Car, de toutes les cellules, seule l'ovocyte est capable de se multiplier pour donner un embryon. Les autres cellules peuvent aussi se multiplier, mais seulement pour donner des "tissus" (v. plus loin).

D'une conférence donnée par les Docteurs Henri Lafont, médecin, et Henri Bléhaut, médecin biologiste, j'ai retenu quelques points qu'il me paraît essentiel de faire connaître au plus grand nombre, tant sont nombreuses les erreurs sur ce sujet.

Si les cellules d'un corps humain contiennent chacune 46 chromosomes, les gamètes (cellules de la reproduction), n'en contiennent chacune que 23 . Mais lorsque se produit cette réduction de 46 à 23, il se fait un mélange des chromosomes au sein de chaque paire de chromosome ; donc, en plus des caractères des parents, il y a déjà un petit peu du grand-père et de la grand-mère . . . Or, ce brassage initial n'existe pas dans le chromosome " Y " du père qui est toujours " pur ".Donc notre Y qui se transmet de génération en génération vient en droite ligne " du père Adam " ! !

* On parle de - clonage cellulaire = culture de cellules pour former des banques de tissus (peau, os) réutilisables en greffes ;
- clonage d'ADN = pour des analyses ;
- clonage embryonnaire = destiné à la reproduction des individus, c'est celui qui nous intéresse.

* Le clonage n'a été possible que parce qu'on a osé la fécondation in vitro, et celle-ci n'a été possible que parce qu'une femme a accepté de " donner " ses ovules. Il faut savoir cependant que ces dernièrs, il faut aller les cueillir directement sur l'ovaire, par opération. Qu'auparavant, il faut " gaver " la patiente d'hormones pour conduire l'ovaire a être très producteur. Et l'enquête sur les résultats et inconvénients des injections massives d'hormones à une femme dans le but d'obtenir une grande quantité d'ovules, n'a jamais été publiée.
Car, en pratique, on doit prélever 8 à 10 ovocytes pour une implantation, le taux de réussite étant de 10 à 15 %. Les ovocytes fécondés ( donc embryons) non utilisés sont conservés par congélation pour le cas où , la première tentative n'ayant pas été réussie, il faudrait en tenter d'autres. ( La conservation est en général limitée à cinq ans, car les embryons dépérissent peu à peu).
C'est ainsi qu'en 1997, 35.000 ovocytes ont été prélevés, pour donner lieu à 6.000 grossesses. Mais ces statistiques ne disent pas clairement combien il y a eu ensuite d'enfants vivants, et normaux ..
A ce jour, il y a déjà en France environ 30.000 enfants nés d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée), et c'est la France qui en fait le plus dans le monde.. Il y aurait ainsi actuellement en stock chez nous plus de 100.000 embryons congelés !

Tant que des chercheurs, des médecins, des philosophes confrontent leurs idées, une issue éthique peur être envisagée. Mais quand les intérêts financiers s'en mêlent,la régulation devient problématique !
Produire mieux, plus rentablement, peut s'expliquer dans le monde animal, bien que l'avenir des animaux clonés (qui sont encore rares) soit toujours incertain : leur coût est énorme (300 essais pour une réussite) et certains développent des maladies particulières, dues à des effets secondaires. Mais s'oriente-t-on dans le même sens pour l'Homme ? Cherche-t-on à le " produire " mieux et plus rentablement ?
Plusieurs raisons motivent les chercheurs :
- apprendre, connaître ;
- pour certains, rendre service à l'humanité disent-ils. Mais de quel ordre est le service rendu ? ?
- pour d'autres, publier leur découverte avant les autres, motif purement mercantile et qui conduit parfois à dévoiler des expériences, des travaux, avant d'en connaître toutes les conséquences..
A l'inverse, la tendance à cacher ce que l'on a découvert pour réserver le bénéfice du brevet (secret industriel) s'oppose à la transparence dans la communication des savoirs. Cette transparence fait partie inhérente de l'éthique médicale. Mais la biologie de la reproduction échapperait-elle à la médecine ?
Il faut savoir qu'il existe dans notre corps des " cellules-souches " adultes, qu'on pourrait très bien utiliser : pourquoi ne pas développer cette méthode de reproduction, plutôt que d'utiliser des embryons ?
Ces cellules existent en particulier -mais pas seulement- dans le cordon ombilical des nouveaux-nés (environ 50 cellules-souches par million de cellules sanguine) .

* L'embryon est-il un être humain ?
Rappelons que le développement de l'embryon est rigoureusement linéaire. Or, il aboutit à un être humain. Que peut-il donc être auparavant ? Pour l'EGLISE, l'embryon étant de nature humaine, doit être traité comme une personne dont il possède déjà la dignité .

A. de Heaulme

Retour à la page d'accueil