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 LES " EFFUSIONS de L'ESPRIT "....

Question : Les "Effusions de l'Esprit" lors des assemblées charismatiques ne risquent-elles pas d'entraîner une ambiguïté concernant le
Sacrement de Confirmation ?


Serviam me transmet votre question sur les effusions de l'Esprit.
Je dois vous dire tout de suite que je n'appartiens pas à une communauté charismatique.
Je comprends bien ce que vous dites, du moins me semble-t-il, sur les risques de confusion qui peuvent se glisser entre cette pratique et le sacrement de Confirmation. Le risque peut exister, vous avez raison, si les responsables de la rencontre ne mettent pas clairement les choses au point. Il ne convient pas, en effet, de faire cette confusion.
Car ces "effusions" ne sont pas reconnues par l'Eglise comme un sacrement. Elles sont un appel adressé au saint-Esprit par un groupe de croyants. Mais elles ne sont pas un geste de l'Evêque ni d'un prêtre délégué par lui. Elles sont donc un acte privé", pour prendre le langage de l'Eglise. Un acte qui n'engage pas l'Eglise elle-même.
Au terme de la célébration d'une Confirmation, l'Eglise peut "certifier" que le jeune a bien été à sa demande libre, investi de la force et de la douceur de l'Esprit qui lui permettront d'avoir le mordant nécessaire pour gérer courageusement et clairement sa vie d'homme.
Au terme d'un "effusion" la sensation éprouvée n'est pas garante d'une réalité qui échappe à toute mesure.
Cela n'enlève rien au sérieux de ceux qui y participent, mais cela ne confère pas à leur démarche un autre "poids", si j'ose dire, que celui d'une prière privée.

Ce qui suit n'entre pas directement dans ce qu'attend sans doute votre question. Vous pouvez donc ne pas poursuivre la lecture. Mais il ne vous est pas interdit pour autant d'aller aussi jusqu'au bout.
La pratique actuelle des "effusions" s'appuie en partie sur une habitude de la primitive Eglise. Elle a gagné l'Europe, en particulier dans la première moitié du XXè siècle, venant surtout de communautés charismatiques américaines. Elle correspond, quant à son "climat", à l'attente de certains chrétiens qui sont à l'aise dans le climat fervent de ces rencontres de prière.
Parfois aussi elle permet à des frères éloignés d'une "pratique" courante, ou à des hommes en recherche, de retrouver un contact avec le "domaine sacré", sinon, obligatoirement, avec Dieu. En tant qu'accueil ouvert à d'autres démarches que les célébrations liturgiques, et sans pouvoir en tenir lieu pour autant, elle peut donc aider des gens à la recherche d'un climat plus spirituel que le quotidien d'une ville, un lieu disponible à une expérimentation de quelque chose qui peut faire pressentir une approche de Dieu. D'autres, la vivent comme une réelle rencontre avec le Seigneur. Nous n'avons pas à juger.

Personnellement, bien que ne "pratiquant" pas la chose mais en recevant des échos, je me sens réservé, surtout quant au climat de ces rencontres où l'émotion, peut souvent prendre une place majeure. L'émotion n'est pas nocive en soi, mais elle exige, quand elle se produit, une distanciation qui permette à la raison de rester maîtresse et juge de la situation. Rappelez-vous l'apparition de Dieu à Elie (1er livre des Rois, 19, 11) "Le Seigneur n'était pas dans le vent ... Le Seigneur n'était pas dans le tremblement de terre ... le Seigneur n'était pas dans le feu... (puis se fit comme) le bruissement d'un souffle ténu : alors, en l'entendant, Elie se voila le visage ..."

Par goût personnel, je suis plus à l'aise dans le silence de l'oraison, que pratiquait ste Thérèse d'Avila. Mais peut-être ne me demandiez-vous pas cela.
Merci en tout cas, pour votre question qui rejoint la mienne. Si vous le jugez nécessaire, ne manquez pas de me contacter.
R. Collas, Prêtre.
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