retour au courrier des lecteurs retour à la page d'accueilCatholique pratiquante, j'ai assisté samedi dernier à un mariage d'amis. La liturgie était célébrée en latin et le prêtre a lu pour l'épître un texte de Saint Paul qui m'a profondément heurtée ("Femmes, soyez soumises à vos maris", "le mari est le chef de sa femme", "que le femme révère son mari" ...) Pourriez-vous m'en indiquer les références précises et m'en expliquer la portée ? Est-il opportun de lire un tel texte lors de la célébration d'un mariage ?
Merci d'avance.
A.C J. (Besançon - France).La réponse de SERVIAM :
Ce texte de Saint Paul (Ephésiens V, 22-29) heurte parfois certains fidèles présents lors d'une cérémonie de mariage célébrée dans l'ancienne liturgie, dite "de Saint Pie V" ou "Tridentine".
Notre propos ici, n'est pas de juger de son opportunité (cela ne relève ni de la compétence ni du rôle de SERVIAM) mais d'en examiner le sens de façon synthétique. Le problème est d'ailleurs très clairement exposé dans le Catéchisme de l'Eglise Catholique au numéro 1617.Saint Paul ne remet pas en cause l'égalité foncière de l'homme et de la femme du point de vue de leur dignité fondamentale : celle d'être appellés à la filiation divine et de pouvoir parvenir à la sainteté (comme il le dit ailleurs, par exemple dans Gal. III, 28 : "il n'y a ni Juif, ni Grec, ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme, ni femme ; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus").
Mais si l'égalité reste, la différence aussi. Or différence ne veut dire ni injustice ni inégalité. Ce que Saint Paul souligne dans son épître, c'est qu'il y a dans le mariage une subordination de la femme à l'homme, subordination qui ne veut pas dire infériorité.
La femme se subordonne donc à son mari. Pourquoi ? Car il représente le Christ, époux et tête de l'Eglise.
De même, le mari , qui n'en est pas nécessairement plus saint, doit être prêt à donner sa vie pour sa femme ("comme le Christ a aimé l'Eglise"). C'est une relation d'amour qui doit prévaloir, et c'est dans l'amour que tout service d'autorité doit être exercé.Le problème c'est que l'incompréhension manifestée vis-à-vis de cette épître s'inscrit dans le contexte actuel de la revendication féministe. En écrivant son épître, Saint Paul n'avait sûrement pas conscience d'être "politiquement incorrect".
Il a juste écrit, sous l'inspiration divine, ce qu'était le plan du Seigneur sur l'homme et la femme mariés.
Ce plan reste celui de la loi naturelle, qui, dans le mariage, donne ceci : le père est le pôle d'autorité, la mère le pôle de tendresse ; l'enfant ne peut croître "en age et en sagesse", en être libre, qu'entre ces deux pôles nécessaires et complémentaires.Nous vous invitons à élargir notre courte réponse en lisant la très belle encyclique de Jean-Paul II sur la dignité de la femme que SERVIAM peut vous procurer ou que vous trouverez dans la "Documentation Catholique" n°1972 (de 1988).
En Communion d'Espérance...
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