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Fr. D. S écrit :
Dans le mariage plusieurs choses sont à considérer, entre autres :

le bien des epoux et surtout le bien des enfants (si méconnus de nos jours...) ; ces biens sont de l'ordre du droit naturel et au nom de l'oecuménisme nous n'avons pas le droit de les baffouer. L'oecuménisme de soi ne supprime pas les différences doctrinales ; les mariages mixtes sont un danger pour la foi : ils peuvent favoriser un certain indifférentisme. Au point de vue moral aussi cela ne va pas sans difficulté : je crois que les luthériens acceptent la contraception, par contre l'Eglise catholique la considère gravement peccamineuse : fonder une famille en ne considérant pas ces différences : n'est-ce pas s'engager sur un chemin glissant ?...; voici deux textes qui vous permettront de mieux comprendre la position de l'Eglise :

TEXTE 1 :

Extrait du MOTU PROPRIO "MATRIMONIA MIXTA" de Paul VI (31 mars 1970)

 

L'Eglise et les mariages mixtes. ( docu 17 mai 1970 n° 1563)

L'Eglise sait que les mariages mixtes , parce qu'ils sont la conséquence de la diversité de religion et de la division des chrétiens , ne facilitent habituellement pas, sauf en de rares cas, la marche vers l'unité de tous les chrétiens. En réalité , la mariage mixte suscite de nombreuses difficultés, car il introduit une certaine division au sein de cette cellule vivante de l'Eglise qu'est la famille chrétienne, et il y rend plus ardu l'accomplissement des préceptes évangéliques en raison même de la diversités des conceptions religieuses, surtout en ce qui concerne la participation au culte de l'Eglise et l'éducation des enfants.
pour ce motif, l'Eglise, consciente de sa responsabilité,déconseille de contracter des mariages mixtes,son plus vif désir étant que les catholiques soient à même d'acquérir dans leur foyer conjugal une parfaite harmonie des esprits et une pleine communion de vie. Cependant, comme il est de droit naturel pour l'homme de contracter mariage et d'engendrer des enfants, l'Eglise, par ses propres lois qui manifestent clairement sa sollicitude pastorale, prend soigneusement les dispositions voulues pour que,d'une part soit garanti le respect absolu des préceptes divins, et que, d'autre part, soit protégé le droit ci-dessus mentionné de contracter mariage.

Aussi veille-t-elle attentivement sur l'éducation des jeunes et leur aptitude à assumer leurs obligations dans l'eglise: elle se préoccupe également de la préparation à donner aux personnes qui ont l'intention de contracter un mariage mixte, et de la vigilance à exercer envers ceux qui ont déjà formé ces unions mixtes. Et bien que, dans le cas de personnes baptisées mais de religion différente, il y ait moins de danger de les voir verser dans l'indifférence religieuse, ce péril sera toutefois plus facilement évité si l'un et l'autre des époux quoique unis par un mariage mixte, connaissent à fond la nature chrétienne de la société conjugale, et si les autorités ecclésiastiques dont ils dépendent leur prodiguent l'aide voulue. Même les difficultés qui naîtraient entre un conjoint catholique et un conjoint non baptisé pourront être surmontées grâce à la vigilance et au zèle des pasteurs.

L' Eglise ne met pas sur le même plan, au point de vue doctrinal comme au point de vue juridique , le mariage contracté par un conjoint catholique avec une personne non catholique mais baptisée, et le mariage par lequel un catholique s'unit à un non-baptisé. En effet , comme l'a déclaré le Concile Vatican II , ceux qui, même non catholiques,<< croient au Christ et ont reçu validement le baptême , se trouvent dans une certaine communion, bien qu'imparfaite, avec l'Eglise catholique>>>Quant aux fidèles orientaux baptisés en dehors de l'Eglise catholique , bien qu'ils soient séparés de notre communion, ils possèdent dans leurs propres Eglises de vrais sacrements, en particulier le sacerdoce et l'eucharistie , qui les unissent intimement à nous . Il existe donc dans un mariage entre baptisés-- qui est un vrai sacrement -- une certaine communion de biens spirituels qui fait défaut dans l'union de conjoints dont l'un est baptisé et l'autre non.
Il faut toutefois se garder d'ignorer les difficultés inhérentes aux mariages mixtes entre baptisés. Souvent , en effet, s'y affrontent des conceptions différentes sur la nature sacramentelle du mariage, le sens profond de l'union contractée devant l'Eglise, l'interprétation de certains principes moraux concernant le le mariage et la famille, les limites qu'impose l'obéissance due à l'Eglise catholique , les domaines auxquels s'étend la compétence de l'autorité ecclésiastique. Il résulte de tout cela que seule l'unité retrouvée entre les chrétiens pourra permettre de résoudre ces difficiles questions.

Que l'on fasse bien comprendre aux fidèles que l'Eglise, même si dans des cas particuliers elle adoucit les exigences de la discipline ecclésiastique, ne peut jamais dispenser la partie catholique des obligations qui, selon la variété des cas, découlent de la loi divine, c'est-à- dire de l'économie du salut établie par le Christ.
Aussi, les fidèles doivent-ils être avertis qu'il est du devoir du conjoint catholique de conserver sa foi, et qu'il ne lui sera donc jamais permis de s'exposeer sérieusement à la perdre
De plus , dans le mariage mixte la partie catholique est tenue non seulement de persévérer dans sa foi, mai aussi, dans la mesure du possible, de faire en sorte que ses enfants soient baptisés et éduqués dans la même foi que lui et reçoivent tous les moyens nécessaires au salut éternel que l'Eglise catholique met à la disposition de ses fils.
En ce qui concerne l'éducation des enfants, étant donné que les deux époux sont responsables de ce devoir et qu'il ne leur est absolument pas permis de l'ignorer ni de négliger les obligations qui lui sont connexes, le problème n'est pas exempt de difficultés; l'Eglise , cependant, comme elle le fait pour les autres problèmes cherche à le résoudre par sa législation et par son action pastorale
Compte tenu de ces considérations, personne ne s'étonnera que même la législation canonique des mariages mixtes ne puisse être uniforme , et que l'on soit obligé de l'adapter aux circonstances diverses de chaque cas pour ce qui regarde la forme juridique selon laquelle on contracte mariage , sa célébration liturgique, ou enfin l'assistance pastorale à procurer aux époux et aux enfants issus de ces mariages, selon les conditions dans lesquelles se trouvent ces époux et leur degré de communion ecclésiales.
Il convenait au plus haut point que le Concile oecuménique Vatican II se penchât avec sollicitude sur ce problème si important. Il le fit à plusieurs reprises, quant l'occasion s'en présenta: bien plus, au cours de la troisième session conciliaire, les Pères exprimèrent le voeu que tout cette question nous fût confiée.
C'est pour répondre à ce voeu, que, le 18 mars 1966, fut promulguée par la S.congrégation pour la doctrine de la foi une instruction sur les mariages mixtes commençant par les mots Matrimonii sacramentum. Les normes qu'elle établissait, y était-il prévu, seraient insérées d'une manière claire et précise dans le Code de droit canonique, actuellement en cours de révision , si elles s'avéraient positives à la lumière de l'expérience.

A la première assemblée générale du Synode des évêques tenue en octobre 1967, plusieurs questions concernant les mariages mixtes furent soulevées; les Pères présentèrent à ce sujet de nombreuses et utiles obsevations , et nous avons décidé de les soumettre à l'examen d'une Commission cardinalice spéciale , qui avec un soin empressé nous a ensuite communiqué ses conclusions.
Disons tout de suite que les normes que nous allons établir ci-dessous par cette lettre apostolique ne concernent pas les catholiques orientaux qui contractent mariage avec des baptisés non catholiques ou avec des non- baptisés. Quant aux mariages des catholiques de quelque rite que ce soit avec des chrétiens orientaux non catholiques, l'Eglise a déjà édicté récemment à ce sujet des règles auxquelles nous conservons toute leur valeur.

TEXTE 2 :

Extrait du Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'oecuménisme (conseil pontifical pour l'unité des chrétiens ; 25 mars 1993)

Mariages mixtes.

no. 144 ( docu)

En tout mariage, la préoccupation première de l'eglise est de maintenir la solidité et la stabilité du lien conjugal indissoluble et de la vie familiale qui en découle. L'union parfaite des personnes et le partage complet de la vie qui constituent l'état de mariage sont plus aisément assurés quand les deux conjoints appartiennent à la même communauté de foi. De plus l'expérience pratique et les observations résultant de dialogues divers entre les représentants d'Eglises et de Communautés ecclésiales montrent que les mariages mixtes présentent souvent , pour les couples eux-mêmes et pour leurs enfants, des difficultés pour le maintien de leur foi et de leur engagement chrétien, et pour l'harmonie de la vie familiale. Pour toutes ces raisons , le mariage entre des personnes de la même Communauté ecclésiales demeure l'objectif à recommander et à encourager

n° 145

Constatant cependant le nombre croissant des mariages mixtes en bien des parties du monde, la vive sollicitude pastorale de l'Eglise s'étend aux couples qui se préparent à contracter de tels mariages et aux couples qui les ont déjà contractés. Ces mariages même s'ils ont leurs difficultés propres,<< présentent de nombreux éléments qu'il est bon de valoriser, et de développer, soit pour leur valeur intrinsèque, soit pour la contribution qu'ils peuvent apporter au mouvement oecuméniqué.Cela se vérifie en particulier lorsque les deux époux sont fidèles à leur engagement religieux.Le baptême commun et le dynamisme de la grâce fournissent aux époux, dans ces mariages, le fondement et la motivation qui les portent à exprimer leur unité dans la sphère des valeurs morales et spirituelles >>
(DC n° 2075 p 632)

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