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L'EGLISE PEUT-ELLE SOUFFRIR ?

Saint Augustin nous donne une très belle réponse dans son homélie sur le Psaume 140. Voici ce qu'il dit :
" Seigneur, j'ai crié vers toi, écoute-moi " ! Nous pouvons tous dire cela. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Christ total qui le dit. Mais cela est dit davantage au nom de son corps ; car, lorsqu'il était ici-bas, il a prié en portant notre chair, et c'est au nom de son corps qu'il a prié son Père. Tandis qu'il priait, de grosses gouttes de sang sortaient de tout son corps. C'est ce qui est écrit dans l'Evangile : Jésus priait avec plus d'insistance et il eut une sueur de sang. Ce sang qui jaillit de tout le corps, n'est-ce pas la souffrance des martyrs, qui appartient à toute l'Eglise ? Seigneur, je crie vers toi, écoute-moi ! Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi. Tu croyais avoir fini de crier, quand tu disais : Seigneur, j'ai crié vers toi. Tu as crié, mais ne t'apaise pas encore. Si la détresse est finie, c'en est fini de crier ; mais si la détresse de l'Eglise et du Corps du Christ se maintient jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dire seulement : j'ai crié vers toi, exauce-moi, mais aussi : Entends la voix de ma prière quand je crierai vers toi.

Oui, Pascal a dit : " le Christ est en agonie jusqu'à la fin du monde ". Et Saint Paul écrit dans Colossiens 1, 24 : " Je me réjouis maintenant de mes souffrances pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux tribulations du Christ, en faveur de son corps, qui est l'Eglise ".

L'Eglise, aujourd'hui comme hier, peut donc souffrir, mais elle connaîtra un jour la joie de la résurrection.

Abbé Maurice Vignolle

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