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Dans la seconde moitié du siècle dernier, " L'anneau d'Or " , " Les Cahiers sur l'oraison ", " La Lettre Mensuelle des Equipes Notre Dame ", " Offertoire " ont été des publications d'un extraordinaire rayonnement qui faisaient le lien entre les aspirations des ménages et la pensée de l'Eglise. Le Père Caffarel y a écrit ses plus belles pages.
Serviam remercie vivement ses ayants droit d'avoir aimablement autorisé la reproduction d'extraits de son remarquable ouvrage "Propos sur l'amour et la grâce", paru aux éditions du Feu Nouveau en juillet 1966.Certes, ces écrits datent un peu et il n'est pas interdit de penser que l'auteur - si méticuleux qu'il était - aurait sans doute modifié telle ou telle forme de son discours pour mieux toucher les coeurs d'aujourd'hui. Il reste que le fond est lumineux et conserve toute son actualité...
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L'amour n'est jamais le reposLe christ a fait beaucoup pour l'amour mais il exige des époux qu'il ne restent pas oisifs. L'amour, merveilleusement sauvé et appelé aux plus saintes destinées, demeure vulnérable et menacé. Ce ne sont pas des grâces d'immunité que le Christ lui a données, mais des grâces de labeur et de combat, qui lui assurent la force de surmonter les tentations (l'habitude n'est pas la moins redoutable) et de triompher des ennemis du dehors et du dedans. L'amour qui refuse le labeur et le combat est un amour vaincu d'avance. il n'y a de paix pour l'amour qu'une paix armée. "L'amour n'est jamais le repos" (Mauriac).
Le plus dangereux adversaire est l'amour de soi. on entend dire parfois à des hommes ou à des femmes mariés : "j'attendais beaucoup de l'amour ; il m'a bien déçu."
La vérité, souvent est qu'ils ont déçu l'amour : c'est l'amour qui attendait beaucoup d'eux. L'amour est fier ; il ne donne sa joie ni sa grâce aux coeurs égoïstes. C'est insulter à sa dignité que de revendiquer ses richesses, si l'on ne consent pour lui aucune dépense. Ceux qui viennent en quémendeurs sont déboutés, ceux qui lui donnent tout reçoivent tout.
"Celui qui sauve sa vie la perd, celui qui consent à la perdre la sauve." Cet enseignement du Christ qui formule la grande loi de la vie est valable pour l'amour. Mais, dans la vie conjugale, il prend parfois un sens tragique : là, deux êtres sont solidaires, et l'égoïsme d'un seul suffit à compromettre l'oeuvre commune.Retenons que le Christ est venu sauver l'amour, mais qu'Il ne le sauve pas malgré lui ni sans lui. Il exige qu'il consente à son salut et qu'il apporte à cette oeuvre une intelligence éveillée et une inlassable persévérance.