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L'ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE EN QUESTION
Mort encéphalique et mort corticale: le diagnostic est clair

CITE DU VATICAN, Vendredi 30 juin 2000 (ZENIT.org) -
Permettre l'alimentation et l'hydratation d'une personne en état de "mort corticale" n'est certainement pas de l'acharnement thérapeutique, affirme le Prof. Manni. Il s'agit de soins simples administré à des personnes en état de "coma persistant", donc avec possibilité de récupération, ce qui est bien différent, soulignait le professeur, d'un "coma permanent", irréversible.
Une distinction qui permet de rassurer l'opinion publique souvent inquiète devant le fantôme d'un "acharnement thérapeutique" ou au contraire d'une "euthanasie active ou passive".

Le Congrès des Médecins catholiques du monde entier sur le thème "médecine et droits de l'homme" qui se tient à Rome la semaine prochaine a été présenté ce matin à Rome, au centre de Presse du Grand Jubilé, par le Dr Domenico De Virgilio, Président de l'AMCI, le prof. Corrado Manni, Président de l'Institut italien de Médecine sociale, le Dr Carlo Casini, Président du Mouvement pour la Vie, et Mgr Ignacio Carrasco de Paula,
médecin, et membre de l'Académie pontificale pour la vie.

Une question a retenu l'attention des journalistes: celle de la "mort clinique". Le professeur Manni, président de l'Institut italien de médecine sociale, mais aussi professeur émérite d'Anesthésie et de réanimation à
l'Université catholique du Sacré-Coeur de Rome (Gemelli), soulignait que le "concept de la mort a changé en cinquante ans, en particulier grâce aux progrès des techniques de réanimation. Cependant, disait-il, il n'y a
aucune équivoque entre mort "encéphalique" et "mort corticale". Avec les conséquences éthiques que l'on sait par rapport à l'euthanasie.

Le professeur expliquait en substance que la mort encéphalique signifiait la nécrose de tout le contenu organique du cerveau. "C'est un tunnel sans retour. S'il retour il y a, il est dans les mains de Dieu, pas du médecin", précisait le Prof. Manni. Le diagnostic présente, ajoutait-il une "sécurité totale": la personne est morte à tous les effets, et sans retour. La loi italienne est, en outre "très rigoureuse", même si elle a ramené de 12 heures à 6 heures le délai à respecter après la constatation de cette "mort encéphalique".

En revanche, pour ce qui est de la mort dite "corticale", il s'agit d'un "coma végétatif" persistant (et non permanent), qui dépend de la gravité des lésions subies par le sujet, qui peut cependant "récupérer" un jour: il n'y a pas "irréversibilité". Cependant, le prof. Manni rappelle que l'on ne peut pas établir "a priori" le temps qu'il faudra et s'il y aura effectivement récupération.

C'est dans ce cas, disait le prof. Manni que l'on ne peut pas suspendre les soins qui en outre sont relativement simples, et ne comportent en aucune façon un "acharnement thérapeutique". Il s'agit en particulier de l'alimentation et de l'hydratation. Ne pas les donner serait une euthanasie passive. Le professeur citait aussi le cas d'une jeune américaine, Mary X., qui, une fois débranché l'appareil de respiration artificielle s'est mise à respirer sans aide.

Mais une telle situation de vie végétative ne peut pas ne pas susciter des difficultés familiales, d'hospitalisation, etc., que les médecins n'ignorent pas. Pourtant, il faut affirmer que la personne "est en vie" et qu'il convient par conséquent de l'assister par des soins élémentaires. Le reste, disait-il, appartient à Dieu.
Pour sa part, Mgr Carrasco, lui-même médecin et membre de la Fédération internationale, soulignait à son tour que les soins à donner aux malades en coma persistant sont simples: nourriture, hygiène, confort et qu'ils n'ont "rien à voir avec l'acharnement thérapeutique".

L'euthanasie, dans les pays qui ont entrouvert cette possibilité, reste cependant toujours un "délit", soulignait à son tour le professeur: elle est soumise à un règlement très précis, et ne dépend pas de la discrétion du médecin. Et la Hollande, précisait-il, est isolée dans sa position très "dure".

Enfin, pour ce qui est du soulagement de la douleur - car la souffrance d'une personne est souvent l'argument avancé pour justifier l'euthanasie - le prof. Manni rappelle que la question a été posée en 1957 par les médecins catholiques italiens à Pie XII. Car une personne peut être "inguérissable", mais ne doit pas être considérée pour autant comme "incurable" dans le sens qu'elle pourrait pas continuer à recevoir des
soins.
En italien: "guaribile" n'est pas à confondre avec "curabile". Donc, à propos du soulagement de la souffrance, les médecins demandaient à Pie XII s'ils pouvaient soulager les souffrances des malades par des
analgésiques puissants qui risquaient pourtant d'avoir comme effet secondaire de raccourcir leur vie. Le pape les rassurait en disant que ces soins étaient non seulement légaux mais aussi licites. Ces thérapies
analgésiques s'adressent en particulier aux malades cancéreux en phase terminale. La thérapie a en effet pour but de soulager le patient et d'améliorer sa vie (et donc celle de son entourage), et non de raccourcir sa vie.
ZF00063009

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