retour à la documentation

Le droit à la vie

Exposé fondamental présenté sur le site " Dieu seul suffit "
________________________________________________________

Le droit à la vie de tous est le premier fondement de toute vie sociale: "il n'est pas possible de réaliser le bien commun sans reconnaître et protéger le droit à la vie, sur lequel se fondent et se développent tous les autres droits inaliénables de l'Etre humain." (Evangilium Vitae)

Le 5ème commandement divin

Le premier et la source de tout autre droit de la personne humaine est le droit à la vie depuis la conception jusqu'à la mort naturelle: "Parmi ces droits fondamentaux, il faut nommer le droit à la vie et à l'intégrité physique de tout Etre humain depuis sa conception jusqu'à la mort. Dans le moment où une loi positive prive une catégorie d'Etres humains de la protection que la législation doit leur accorder, l'Etat en vient à nier l'égalité de tous devant la loi. Quand l'Etat ne met pas sa force au service des droits de tous les citoyens, et en particulier des plus faibles, les fondements même d'un état de droit se trouvent menacés... Comme conséquence du respect et de la protection qui doivent être assurés à l'enfant dès le moment de sa conception, la loi devra prévoir des sanctions pénales appropriées pour toute violation délibérée de ces droits" (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, instruction Donum Vitae).

Les droits de la personne humaine sont ordonnés comme le rappelle Jean XXIII dans l'encyclique Pacem in terris: d'abord les droits relatif à la vie, au culte de Dieu, puis à la vie économique et sociale pour terminer par les droits civiques: "Tout Etre humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente."

C'est l'ordre même des devoirs (les droits correspondent toujours à des devoirs): nous recevons de Dieu l'existence et la vie. C'est notre devoir de la conserver et de la développer. De même, le bon Dieu a le droit que nous lui rendions un juste culte: c'est pour nous un devoir de justice envers notre créateur que de lui rendre le culte et l'amour qu'il attend de nous. C'est pour cela que nous avons le droit à la liberté religieuse.

Le Décalogue interdit de porter atteinte à sa propre vie et à celle d'autrui . Cette interdiction de tuer provient du caractère sacré de la vie, qui vient directement de Dieu. Jean-Paul II le rappelle dans l'encyclique l'Evangile de la vie:  "Le précepte " tu ne tueras pas a explicitement un fort contenu négatif: il indique l'extrême limite qui ne peut jamais être franchie. Mais, implicitement, il pousse à garder une attitude positive de respect absolu de la vie qui amène à la promouvoir et à progresser sur la voie de l'amour qui se donne, qui accueille et qui sert. Déjà, le peuple de l'Alliance, bien qu'avec des lenteurs et des contradictions, a mûri progressivement dans ce sens, se préparant ainsi à la grande déclaration de Jésus: l'amour du prochain est un commandement semblable à celui de l'amour de Dieu; " A ces deux commandements se rattache toute la Loi, ainsi que les Prophètes [...]
Depuis ses origines, la Tradition vivante de l'glise comme en témoigne la Didaché, le plus ancien écrit chrétien non biblique, a rappelé de manière catégorique le commandement " tu ne tueras pas ". Il y a deux voies: l'une de la vie et l'autre de la mort; mais la différence est grande entre les deux voies... Second commandement de la doctrine: Tu ne tueras pas..., tu ne tueras pas l'enfant par avortement et tu ne le feras pas mourir après sa naissance... Voici maintenant la voie de la mort: impitoyable pour le pauvre, indifférent à l'égard de l'affligé, et ignorant leur Créateur, ils font avorter l'oeuvre de Dieu, repoussant l'indigent et accablant l'opprimé; défenseurs des riches et juges iniques des pauvres, ce sont des pécheurs invétérés. Puissiez-vous mes enfants être à l'écart de tout cela! ".
Avançant dans le temps, la Tradition de l'église a toujours enseigné unanimement la valeur absolue et permanente du commandement " tu ne tueras pas ". On sait que, dans les premiers siècles, l'homicide faisait partie des trois péchés les plus graves avec l'apostasie et l'adultère et qu'il exigeait une pénitence publique particulièrement pénible et longue, avant que le pardon et la réadmission dans la communion ecclésiale soient accordés à l'auteur repenti d'un homicide."

Cette doctrine est immuable, c'est l'enseignement fidèle et constant de l'Eglise et le magistère ne cesse de le rappeler dans des temps où la vie humaine semble n'avoir plus aucun prix.

L'avortement, crime contre l'humanité

Par avortement, nous entendons bien entendu l'avortement provoqué et pas la fausse couche, qui est un avortement naturel non voulu et qui peut arriver pour de nombreuses causes.

Le catéchisme de l'Eglise catholique nous enseigne au n° 2270-2272 : "La vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue depuis le moment de la conception. Dès le premier moment de son existence, l'Etre humain doit se voir reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels le droit inviolable de tout Etre innocent à la vie. Depuis le premier siècle, léglise a affirmé la malice morale de tout avortement provoqué. Cet enseignement n'a pas changé. Il demeure invariable. L'avortement direct, c'est-à-dire voulu comme une fin ou comme un moyen, est gravement contraire à la loi morale. La coopération formelle à un avortement constitue une faute grave. L'église sanctionne d'une peine canonique d'excommunication ce délit contre la vie humaine. " Qui procure un avortement, si l'effet s'en suit, encourt l'excommunication "  " par le fait même de la commission du délit "  et aux conditions prévues par le Droit. L'église n'entend pas ainsi restreindre le champ de la miséricorde. Elle manifeste la gravité du crime commis, le dommage irréparable causé à l'innocent mis à mort, à ses parents et à toute la société." 

L'avortement est un crime particulièrement grave car il met à mort un innocent, il détruit l'unité familiale, il détruit l'amour et la confiance entre les époux. Il contredit la vocation de la famille qui est d'être le sanctuaire de la vie. Il est aussi d'autant plus  grave qu'il est institutionnalisé, encouragé, parfois même forcé par la pression familiale, par le  milieu médical et les institutions. On peut vraiment parler ici de structure de péchés contraires à la dignité humaine. Les lois qui autorisent et encouragent ce crime cessent d'être des lois justes et le Saint Père rappelle l'objection de conscience et l'opposition quelles doivent soulever de la part de ceux qui appartiennent au peuple de la Vie et pour la Vie:

"L'avortement et l'euthanasie sont donc des crimes qu'aucune loi humaine ne peut prétendre légitimer. Des lois de cette nature, non seulement ne créent aucune obligation pour la conscience, mais elles entraînent une obligation grave et précise de s'y opposer par l'objection de conscience. Dès les origines de l'église, la prédication apostolique a enseigné aux chrétiens le devoir d'obéir aux pouvoirs publics légitimement constitués (cf. Rm 13, 1-7; 1 P 2, 13-14), mais elle a donné en même temps le ferme avertissement qu' il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes (Ac 5, 29). Dans l'Ancien Testament déjà, précisément au sujet des menaces contre la vie, nous trouvons un exemple significatif de résistance à un ordre injuste de l'autorité. Les sages-femmes des Hébreux s'opposèrent au pharaon, qui avait ordonné de faire mourir tout nouveau-né de sexe masculin: " Elles ne firent pas ce que leur avait dit le roi d'égypte et laissèrent vivre les garçons "(Ex 1, 17). Mais il faut bien voir le motif profond de leur comportement: " Les sages-femmes craignirent Dieu " (ibid.). Il n'y a que l'obéissance à Dieu auquel seul est due la crainte qui constitue la reconnaissance de son absolue souveraineté pour faire naître la force et le courage de résister aux lois injustes des hommes. Ce sont la force et le courage de ceux qui sont prêts même à aller en prison ou à être tués par l'épée, dans la certitude que cela "fonde l'endurance et la confiance des saints " (Ap 13, 10)."

L'avortement n'est donc jamais permis pour quelque motif que ce soit.
Cependant ne confondons pas l'avortement avec des opérations chirurgicales ou traitement que la mère de l'enfant doit subir et qui peut avoir pour effet secondaire la mort de l'enfant. Dans ce cas-là le principe de l'acte bon ou indifférent et à double-effet s'applique: l'acte en soi est bon, puisqu'il s'agit de soigner la mère, l'intention est bonne car la mort de l'enfant n'est nullement désirée ni voulue. Seul l'effet bon est voulu et désiré. L'acte doit être bon et proportionné au but à atteindre: il n'est pas permis de poser un acte mauvais pour un effet bon.

La bioéthique et les manipulations génétiques sur les embryons humains

Aujourd'hui, les progrès scientifique semblent ne plus avoir de limite dans les domaines génétiques: le clonage est là pour le montrer. Certains professeurs très en vues se flattent même d'être capables de cloner des êtres humains... Tout cela est bien évidemment très dangereux et suscite des inquiétudes, même en dehors de la "sphère catholique", qui est toujours à l'avant-garde des droits authentiques de la personne humaine. Il faut donc s'en réjouir. Le possible n'est souvent pas conforme au moral.

1. Les interventions sur l'embryon humain

"On doit considérer comme licites les interventions sur l'embryon humain, à condition qu'elles respectent la vie et l'intégrité de l'embryon et qu'elles ne comportent pas pour lui de risques disproportionnés, mais qu'elles visent à sa guérison, à l'amélioration de ses conditions de santé, ou à sa survie individuelle..." (Donum vitae) Jean-Paul II précise: "une intervention strictement thérapeutique qui se fixe comme objectif la guérison de diverses maladies, comme celles dues à des déficiences chromosomiques, sera, en principe, considérée comme souhaitable, pourvu qu'elle tende à la vraie promotion du bien-être personnel de l'homme, sans porter atteinte à son intégrité ou détériorer ses conditions de vie. Une telle intervention se situe en effet dans la logique de la tradition morale chrétienne." (idem)

L'embryon doit toujours être considéré comme un être humain. La "production" d'embryons humains a des fins de matériel génétique disponible est donc absolument immorale. C'est une des raisons (pas la seule) pour laquelle la fécondation in vitro est condamnable: on est obligé de produire des embryons surnuméraires pour avoir une probabilité de succès satisfaisante: les embryons en trop sont détruits ou congelés.

Les manipulations génétiques sur le patrimoine chromosomique sont aussi particulièrement dangereuses, et immorales car elles tendent en pratique à l'eugénisme. De même pour le clonage. "Ces manipulations sont contraires à la dignité personnelle de l'Etre humain, à son intégrité et à son identité".

2. La PMA (Procréation Médicale Assistée)

C'est un sujet très grave et très passionné, car il touche de près un problème des époux: l'enfant, le fruit le plus précieux du mariage. Bien des époux souffrent de ne pouvoir avoir d'enfant. La science semble pouvoir régler ce problème, quel en est l'enjeu moral?

Donum Vitae rappelle que "tout Etre humain doit être accueilli comme un don et une bénédiction de Dieu. [...] La fidélité des époux, dans l'unité du mariage, comporte le respect réciproque de leur droit à devenir père et mère seulement l'un par l'autre. L'enfant a le droit d'être conçu, porté, mis au monde et éduqué dans le mariage.".

En dehors du problème des embryons qualifiés de surnuméraires (qui constituent un problème grave en soi, puisqu'il y a avortement ou congélation), la fécondation in vitro est immorale en soi car elle contredit la finalité de l'acte conjugal.. L'enfant n'est plus le fruit d'un acte conjugal mais un produit de laboratoire, conçu hors du sein maternel, avec l'intervention d'un tiers.

L'enfant n'est pas un droit mais un don et un fruit de l'amour conjugal. On retrouve souvent ici une fausse conception de la famille, où l'enfant est un droit et l'acte conjugal n'a plus qu'une signification de recherche du plaisir et de contraception.

En vérité, on a ici souvent le symétrique de la contraception: séparation de l'union et de la procréation de la même manière mais dans le sens opposé.

La médecine doit aider les parents à avoir des enfants dans le cadre du mariage, mais sans se substituer à eux en aucun cas: "si le moyen technique facilite l'acte conjugal ou l'aide à atteindre ses objectifs naturels, il peut être moralement admis" (Donum Vitae)

Mais "quand au contraire l'intervention se substitue à l'acte conjugal, elle est moralement illicite" (Donum vitae)

Un autre problème qui se pose est le danger pour les embryons : des études scientifiques récentes ont révélé des risques pour les enfants nés de PMA, notamment à cause des congélations.

retour à la documentation