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Serviam remercie vivement les éditions Téqui d'avoir aimablement autorisé la reproduction d'extraits de l'ouvrage "la prière en famille" du père Michel Gitton qui, riche de son expérience de pasteur, propose de nombreuses pistes pour l'édification d'une véritable liturgie familiale.La prière en famille
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Les différents registres de la prière familiale
Intercession et action de grâce
Le plus évident pour la prière familiale est normalement la demande, pour soi et pour les autres. Quand une grave difficulté se présente pour l'un des membres de la famille ou pour des personnes connues (maladies, échec), ou encore dans la vie du monde ou de l'Eglise, il devient évident qu'il faut se mettre tous en prière. L'intercession vient alors comme naturellement et il n'est pas difficile, dans les cas les plus dramatiques, de provoquer un surcroît de prière, auquel tous participent assez spontanément. Parfois, on s'engage, par une promesse, à un geste de piété supplémentaire, si on est exaucé. Il faut bien réfléchir aux conséquences, mais quand c'est décidé, il faudra le faire.
De toute façon, la reconnaissance et l'action de grâce sont le pendant normal de la supplication. Si on demande quand on souffre, il faut savoir dire ensemble "merci" quand on est exaucé et même avant si possible (sûrs que Dieu voit notre détresse et qu'Il exaucera, d'une façon ou d'une autre, notre demande). Supplication et action de grâce sont une occasion d'éducation ; en dirigeant des demandes, on dirige aussi le regard de la famille dans certaines directions : on s'habitue ainsi à la compassion, on apprend à prendre en charge la misère spirituelle et matérielle des hommes.Demande de pardon
La vie familiale suppose bien des fois le pardon demandé et reçu. L'amour entre des êtres pécheurs ne peut grandir que par d'innombrables actes de miséricorde. Ce pardon entre les membres de la famille (qui doit s'exprimer au moment de la prière du soir : "que le soleil ne se couche pas sur votre colère") amène naturellement à demander pardon à Dieu ensemble, sûrs que nous ne pouvons donner et accueillir le pardon que si nous nous reconnaissons ensemble pécheurs devant Dieu, et réciproquement.
Sans qu'on puisse le provoquer, ni même le demander, l'aveu public est toujours une source de progrès pour toute la famille. Quand, après un moment difficile, on est capable de s'accuser à haute voix devant Dieu d'avoir mal agi à l'égard de tel ou tel, il en résulte une libération pour tous et d'autres demandes de pardon deviennent impossibles.
Là encore, la demande de pardon est l'occasion d'une éducation : il faut apprendre à demander pardon à Dieu, non seulement de nos fautes les uns vis-à-vis des autres, mais de nos manques vis-à-vis de Lui.La louange et la contemplation
La prière familiale paraît moins bien adaptée à ces formes, pourtant les plus élevées, de la prière chrétienne. Sans doute la prière personnelle (dont la nécessité reste impérieuse de toute façon) semble mieux convenir à l'adoration silencieuse mais les fêtes et le cycle liturgique, comme on l'a montré, donnent bien des occasions de méditer ensemble sur les mystères de la vie du Seigneur. Et puis, selon l'orientation qu'on donnera à la prière du soir, celle-ci fera plus ou moins de place à la louange gratuite (soit en choisissant de suivre la liturgie, soit en méditant les mystères du Rosaire, soit par le choix des cantiques). Il est souhaitable que cette place reste non négligeable et qu'on ne cède pas à la facilité qui serait de faire de toute prière une demande.