Serviam remercie vivement les éditions Téqui d'avoir aimablement autorisé la reproduction d'extraits de l'ouvrage "la prière en famille" du père Michel Gitton qui, riche de son expérience de pasteur, propose de nombreuses pistes pour l'édification d'une véritable liturgie familiale.
La prière en famille
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La prière du soir, Suggestions...
Il ne peut raisonnablement s'agir que de suggestions. Selon la tradition spirituelle de la famille (qu'il ne faut surtout pas bousculer), la prière du soir prendra une forme ou une autre. Les trois types que nous envisageons n'ont de valeur que d'exemples. On peut imaginer bien des formes intermédiaires. Néanmoins, une fois l'option prise, il paraît important de s'y tenir, en changeant des éléments, mais jamais le cadre général.
Une ou deux prières ?
Dans bien des cas, toute la famille ne pourra pas prier ensemble le soir, les plus petits doivent se coucher tôt, à une heure où les parents parfois ne sont pas encore à table. Une prière spécialement conçue pour les petits sera sûrement mieux adaptée à leur capacité d'attention. Néanmoins, il faut se garder de maintenir trop longtemps les enfants dans une prière enfantine. Très vite, il faut essayer de les faire entrer dans la prière familiale. Le dédoublement de la prière entre prière des enfants et prière des parents entraîne souvent un appauvrissement de chacune des deux, car le temps n'est pas indéfiniment extensible et ce sont toujours les parents qui sont impliqués des deux côtés.
La prière mariale
Bien des familles ont grandi dans une dévotion tendre à la Vierge Marie qui les conduit à Jésus. On peut continuer, bien sûr à utiliser le Rosaire comme base de la prière familiale en veillant à éviter l'impression de répétition indéfinie de formules. Pour cela, il existe des moyens : varier les intervenants (un membre de la famille, à tour de rôle, introduit la dizaine et récite seul la première moitié du Notre Père et des Je vous salue Marie, les autres disent ensemble la fin), en chantant au moins un des Je vous salue Marie, par exemple, le dernier, avec le Gloire au Père (il existe au moins trois mélodies pour l'Ave, et le Gloire au Père peut être chanté en latin sur le ton royal de Dumont) on peut aussi introduire à la fin de la première partie une formule libre qui oriente la prière et permet de donner à Jésus un titre ou un qualificatif approprié, par exemple : et Jésus, votre enfant, qui s'est fait tout petit pour nous, est béni.
Mieux vaut un plus petit nombre de dizaines dites avec coeur qu'une accumulation de prières bâclées. Autour du chapelet prennent place tout naturellement des cantiques à la Vierge Marie, ou les litanies.
Prière "charismatique"
Ceux qui ont l'habitude des groupes de prière dits charismatiques n'auront pas de peine à adapter à la prière familiale le schéma d'une assemblée. Munis d'un livret de chants, réunis en cercle autour d'une icône et de quelques lumières, à genoux, sur de petits bancs, il créeront peut à peu l'ambiance de la prière, en invoquant l'Esprit, laissant ensuite une place de plus en plus large à la spontanéité. Chacun, soutenu par la prière des autres, est invité à dire à haute voix ce que lui suggère l'Esprit : chant, parole prise à l'Ecriture, demande, louange, les autres y faisant écho dans leur coeur. Il importera néanmoins que celui qui préside reste vigilant pour lancer et orienter, garder son sérieux à la prière. Un temps d'instruction peut aussi y prendre place. Ce type de prière requiert évidemment une certaine homogénéité entre tous les membres de la famille, car il est difficile à la longue que certains seulement se livrent et que les autres soient spectateurs. C'est un appel d'autant plus fort à la cohésion autour de l'essentiel.
De façon moins spécifique, on peut imaginer une prière dont la part principale soit faite de cantiques avec des temps de silence et de lectures.
L'Office des Complies
La liturgie des heures, malgré ce qu'on dit parfois, n'est pas irréalisable en famille, au moins pour certains offices comme les complies qui sont assez brefs et variés.
Il importe dans ce cas de les chanter, et le mieux possible, et de les entourer d'un vrai cérémonial. Celui-ci s'organise ainsi : debout pour l'introduction, tous tournés vers le crucifix ; puis éventuellement à genoux - tous ensemble ou à tour de rôle pour la demande de pardon ; debout pour l'hymne entonnée par la maman, avec inclinaison pour la doxologie (s'il y en a une) ; ensuite, après l'antienne, tous assis alternant les versets (vois féminines, voix masculines) jusqu'à la doxologie où l'on se lève et s'incline ; lecture par un des enfants sur un pupitre bien orné, répons lancé par la maman, signe de croix au début du Nunc dimittis, oraison par le père, tous tournés vers le crucifix, aspersion d'eau bénite, toujours par le chef de famille pendant qu'on tamise les lumières, laissant allumé un seul cierge devant la Sainte Vierge, puis proposition d'intercessions : "pour un tel" avec un refrain à la Vierge Marie (par exemple : "que la Vierge pleine de grâce, intercède pour nous") et, à la fin, un cantique à Marie (ce peut être le Salve Regina, ou le Regina Caeli en temps pascal ou un chant français). La maman conclut comme dans le monastère : "que le secours divin demeure toujours avec nous", et tous répondent : "et avec nos frères absents". Puis on garde encore un moment de silence avant de se retirer, si possible un peu en silence.
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