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Elisabeth Bourgois, infirmière de formation, est connue du public grâce à ses romans, dont " La nouvelle peste " ( Ed. du triomphe, 1995, Prix Saint-Exupéry Valeurs jeunesse ), " la grand mère aux loups " ( 1999, Ed du Trimphe, grand prix de la Renaissance française 2000 ), " Marie " ( 2000, Le Sarment )

EXTRAITS DE L'OUVRAGE : EUTHANASIE et DIGNITE de LA MORT
Avec l'aimable accord des Editions Le Sarment, nous mettons en ligne des extraits de l'ouvrage
(Trosième partie -IV). On peut se procurer le texte intégral et complet en librairie
ou à la " Barque de Pierre " ( Editions le Sarment, références 35-9965-1

Euros 18,25 ttc France :
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Le dernier livre d'Elisabeth Bourgois " La bioéthique pour tous " intéressera particulièrement les familles serviam ...
Les pouvoirs de l'homme sur la nature s'accroissent de plus en plus avec les nouvelles découvertes scientifiques. Des pans entiers de la médecine se transforment sous l'effet des technologies les plus récentes. Comment respecter encore pleinement l'intégrité de la personne humaine et la dignité de celui qui souffre ?

La bioéthique n'est pas un domaine réservé aux spécialistes. Certes, les chercheurs, les médecins, le personnel médical et paramédical sont en première ligne et doivent chaque jour accorder leurs actes à leur conscience. Mais au-delà de ce cercle, chaque être humain, homme politique ou juriste, accidenté ou malade, femme enceinte ou vieillard, assureur ou écologiste, à divers moments de son existence, est en relation avec la médecine et les questions bioéthiques qu'elle pose.

La bioéthique pour tous intéressera ceux qui veulent découvrir les enjeux médicaux et scientifiques d'aujourd'hui et trouver la sagesse indispensable au bonheur de tout homme. Sa présentation (questions d'actualité, propositions de débats) le rend utilisable aussi bien par des groupes de réflexion que par des étudiants. Manuel précis et accessible à tous, il a été relu par un comité scientifique constitué de professeurs de médecine, de philosophes et de chercheurs.
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Extraits de l'ouvrage : Chapitre 2 : Retour à la table des matières

Sexualité et procréation

Dans une perspective historique, il faut rappeler deux composantes culturelles :

PERMISSIVITÉ HÉDONISTE

Depuis une cinquantaine d'années, la permissivité hédoniste, issue en même temps d'une morale bourgeoise et d'une culture industrielle et postindustrielle, se retrouve dans la philosophie de la sexualité sans risque et sans remords. C'est le véhicule le plus efficace de la mentalité contraceptive et abortive.
De nombreuses couches sociales et culturelles revendique aujourd'hui la séparation du comportement sexuel de toute norme éthique quelle qu'elle soit (libération du sexe), ou même conçoivent cette libération comme condition première pour la libération totale de l'homme.
L'apport de Freud a été fondamental, en affirmant la sexualité comme dimension de toute la personne. Pour lui, c'est la sexualité qui exprime et structure la personnalité, avec ses dynamismes liés au plus profond de son inconscient. Les manifestations tant normales que pathologiques de la personnalité sont " déterminées " par ces dynamismes (complexe d'dipe). La famille est perçue comme un lieu de répression et de tensions profondes
Bien qu'il soit inexact d'attribuer à Freud une pédagogie du libertinage (car il suggère le mécanisme de sublimation), il faut reconnaître que c'est bien à lui que nous devons cette mentalité : le sexe est tout, on ne commande pas au sexe, les névroses et les souffrances de la personnalité sont dues aux répressions de la sexualité et à elles seules. Toute l'éducation traditionnelle est présentée comme une grande répression, et la culture des devoirs comme le résultat d'une névrose collective.
La philosophie existentialiste de JP. Sartre et les tendances similaires en littérature ou au cinéma, ont fortement contribué à la conception nihiliste de la morale et à l'exaltation de l'expérience sexuelle non seulement en tant qu'expression libre, mais aussi comme forme privilégiée, sinon unique, de communication.
La diffusion et la libération des contraceptifs, en particulier de la pilule, ont aussi contribué à la libéralisation du sexe et à sa dissociation d'avec ses responsabilités procréatrices. Une autre contribution (par des sexologues américains) de caractère " explosif " est celle de l'étude des réactions neurophysiologiques de l'acte sexuel chez l'homme et chez la femme, " réduisant " la dynamique du geste unitif à un ensemble complexe de réactions mesurables (à l'aide d'instruments et d'enregistrements filmés). Certaines écoles en Europe s'inspirent de cette vision positiviste pour soigner les troubles sexuels, en ignorant les composantes affectives et spirituelles du geste sexuel et en séparant la technique thérapeutique des valeurs éthiques de la personne.
Marx reliait la famille à la productivité. Dans l'idéologie néomarxiste, la légalisation de l'avortement devient donc nécessaire pour ne pas entraver l'entrée des femmes dans le monde du travail. Pour les néomarxistes, la révolution sexuelle est conçue comme un second temps de la révolution sociale de libération et elle est le facteur majeur de l'instauration d'une nouvelle société: l'homme doit être libéré de sa dépendance au travail mais aussi de la dépendance érotique et affective qui s'instaure dans le mariage, auxquelles il faut ajouter la dépendance de l'esprit qui découle de la vie morale. H. Marcuse est le représentant principal de cette idéologie, allant jusqu'à parler du " libre choix du sexe ",
Le refus du rapport sexualité-conjugalité-famille rompt le lien qui existe entre l'amour et la vie à l'intérieur de la famille, rendant complètement fortuit l'acte de procréation. Les mouvements féministes, qui ont commencé avec Simone de Beauvoir, ont, en adoptant ce concept néomarxiste de libération de la femme, théorisé le droit à l'avortement et à la contraception comme un droit de la femme, revendiquant pour elle un rôle politique et social à la place de son rôle domestique et familial.
Ce caractère absolu de la liberté, l'affirmation d'une liberté dégagée de toute responsabilité et de tout finalisme ont alors constitué les notes dominantes des dernières conférences internationales de l'ONU, en particulier celle du Caire (1994) et de Pékin (1995). Certaines organisations féministes ont proposé le thème de la liberté " de " tout conditionnement. La liberté " de " a servi de point de départ à l'utilisation idéologique des locutions " droits des femmes ", " droits sexuels ", " droits reproductifs ", droits qui, dans le document final de Pékin, ont été insérés dans les " droits humains " et étendus à " la possibilité de contrôler et de décider librement de sa propre sexualité " et de " sa propre santé sans coercition, sans discrimination et sans violence ". Un fait qui au nom des droits sexuels entraîne le " droit à l'avortement ", même s'il n'est reconnu qu'à demi-mot.
Dans cette même conférence de Pékin, les partisans de l'" éthique du comportement social ", en utilisant plus d'une fois le terme " genre " à la place de " sexe ", ont tenté d'effacer la différence biologique qui existe entre le féminin et le masculin pour la réduire à une simple question de culture. La féminité, la masculinité, l'hétérosexualité et la maternité ne seraient donc plus des " états de nature ", mais des " rôles artificiels " qui, en fin de compte, ne sont ni définitifs ni déterminés.

LES POLITIQUES DÉMOGRAPHIQUES MONDIALES

La procréativité réprimée par l'hédonisme et dégradée par l'idéologie marcusienne a également fait l'objet de contrôle et de programmation dans le cadre des politiques démographiques mondiales.
Malthus estimait que l'épuisement des sources d'énergie et la pollution progressive, liés à l'augmentation de la population, étaient tels que cela justifiait une politique mondiale de caractère antinataliste. Même si plusieurs auteurs affirment que les ressources disponibles sur la terre sont suffisantes pour tous, aujourd'hui et dans l'avenir, les néomalthusiens développent ces théories de limitation des naissances.
La vraie raison se trouve en fait dans la peur que le babyboom des peuples en voie de développement puisse menacer le bien-être et l'équilibre politique des grandes puissances économiques. Les néomalthusiens veulent donc imposer au monde entier la limitation des naissances comme contrepartie aux aides économiques pour le développement. En 1970, les Etats-Unis ont approuvé le Family Planning Services and Population Research Act, affectant d'énormes sommes pour la propagande des moyens contraceptifs, qualifiant cette campagne de lutte contre la pauvreté. La pilule est devenue, dans ce contexte, une arme politique et un moyen de domination économique.
En Chine, la population a dépassé le milliard de personnes et, entre 1975 et 1980, son taux de natalité atteignait 21 %. Le gouvernement a fixé pour l'an 2000 un plafond de croissance zéro, ayant recours à l'imposition de l'avortement à partir du second enfant, à la stérilisation, à la pression sociale, au report de l'âge du mariage, à la distribution gratuite de contraceptifs et à l'insertion de la femme dans le monde du travail.
L'Inde (700 millions d'habitants) double sa population tous les trente ans, en dépit des efforts désespérés du gouvernement qui a même prescrit la stérilisation obligatoire après le second enfant (mais il y a une forte opposition de la population). Les méthodes naturelles proposées en Inde ont reçu, quant à elles un accueil très favorable et obtenu un remarquable succès.
L'Afrique est le pays qui présente les taux les plus hauts tant de natalité que de mortalité infantile. ..et le taux le plus élevé de misère. La population augmente de 3 % par an.
L'Europe, elle, est en net déclin démographique depuis dix ans. La Russie, où l'avortement avait été légalisé en 1920, limite aujourd'hui les avortements et l'Etat encourage l'accroissement démographique.
Il devient de plus en plus fréquent de voir s'élever des cris d'alarme face au phénomène du déclin démographique. Au cur de ce problème, qui concerne la vie et le destin des peuples, il existe un appel éthique, car ce problème ne peut avoir qu'une solution éthique par l'éducation à la procréation responsable : connaissance de la nature humaine, sexualité, responsabilité et liberté dans l'engagement envers l'autre. En même temps, la médecine s'est retrouvée progressivement impliquée par les idéologies, les politiques antinatalistes et enfin les lois, risquant ainsi d'être réduite à un simple instrument exécutif au service des politiques dominantes ou de la mentalité courante: contraception, avortement, stérilisation requièrent en effet l'intervention de la médecine et du médecin.
Il est bon de noter l'escalade qui a suivi la réalisation des plans de programmation politique des naissances: contraception puis avortement, puis stérilisation volontaire. Cette gradualité n'est pas due au hasard. L'introduction à l'avortement a besoin d'un terrain culturel contraceptif, il faut d'abord créer la mentalité selon laquelle les naissances sont considérées comme un mal à éviter. L'avortement est la seule issue pour les maternités qui ont échappé au contrôle. La stérilisation est présentée comme un procédé moins traumatisant pour éviter les naissances et aussi comme un fait idéologique libératoire.

Les développements de la morale catholique en matière de sexualité
La morale catholique, en matière de sexualité, est souvent incomprise, même par les chrétiens. Le nombre important de chrétiens (un milliard) et l'influence de la doctrine catholique enseignée par un pape qui parcourt le monde ne peuvent donc laisser personne indifférent. Pourtant la réflexion catholique se base sur le développement approfondi et un complet respect d'un grand nombre de fondements naturels et rationnels de l'éthique de la sexualité. C'est une analyse très fine et permanente de la nature qui permet la proposition de règles de vie adaptées au bonheur de l'homme.
Les principaux textes sont les suivants :
- Enseignements de Pie XII.
- Constitution pastorale Gaudium et Spes (Vatican II).
- Enseignements de Paul VI (Humanae Vitae).
- Enseignements de Jean Paul II : exhortation apostolique Familiaris Consortio, lettre apostolique Mulieris Dignitatem, Lettre aux familles, lettre encyclique Evangelium Vitae, commentaires sur les premiers chapitres de la Genèse, Instruction sur le respect de la vie humaine naissante et la dignité de la procréation (Donum Vitae) , etc.
Celui qui a la patience et l'honnêteté intellectuelle de lire avec attention ces documents y trouve un enrichissement non seulement sous l'angle théologique et biblique, mais aussi sous l'angle philosophique, anthropologique et éthique en matière de sexualité, avec une connaissance précise des termes du débat culturel en cours.
La sexualité est reconnue comme une dimension de la personne tout entière, selon une vision personnaliste toujours vive dans l'Eglise mais encore mieux élucidée dans les documents récents: on reconnaît les contributions des sciences humaines, telles que la psychologie et la pédagogie, pour un sain équilibre et une éducation sexuelle adéquate; on reconnaît le rôle complémentaire, l'égalité et la dignité de la femme; on reconnaît la responsabilité des époux dans la régulation des naissances (paternité et maternité responsables) et le rôle de la famille dans la société et dans l'Eglise.
Dans la doctrine catholique, l'amour conjugal correspond à un chemin qui mène les époux au bonheur ( et à la sainteté dans l'au-delà) et représente le fondement de l'équilibre des personnes et de la famille. Toute sexophobie disparaît devant la pleine reconnaissance de la dignité du corps et de sa signification doublement essentielle dans l'amour conjugal et dans la procréation.
Même dans les milieux catholiques, les oppositions et les déclarations n'ont pas manqué, provenant de certains théologiens en divergence avec l'enseignement officiel et fortement conquis aux positions de type " subjectiviste ". Le subjectivisme sert de justification à de nombreux comportements sexuels comme la masturbation, l'homosexualité et la pédophilie.
La ligne doctrinale du Magistère catholique est en continuité par rapport à certains fondements :
- Lien entre sexualité et mariage légitime, dans la mesure où l'exercice de la sexualité ne trouve sens et droiture, plénitude humaine et justification, que dans un engagement définitif.
- Liaison entre la dimension unitive et la dimension procréatrice dans l'exercice de l'acte conjugal, en ce sens que l'acte conjugal doit rester ouvert à la procréation et la procréation liée à l'acte conjugal (c'est un état d'esprit et non une obligation qui ne tiendrait pas compte de l'état de santé ou de conditions particulières de vie des conjoints... l'Eglise ne demande pas d'avoir douze enfants !).
- Réaffirmation de la légitimité d'une responsabilité procréatrice des conjoints assumée ensemble et avec des moyens non artificiels.
- Condamnation de la contraception, de l'avortement, de la stérilisation contraceptive et de la procréation artificielle.
C'est dans ce large horizon que la morale catholique, souvent contestée dans un premier temps, peut être cependant reconnue par la suite, de différentes parts, pour le pouvoir éducatif de ses positions, pour l'autorité de ses déclarations et aussi pour l'exactitude de ses prévisions quant à l'inéquation de certaines voies suivies, souvent sous la poussée contestataire ou la mode.

Les caractéristiques de l'homme en matière de sexualité et de procréation

Les êtres humains se différencient et se complètent sexuellement. Le corps présente une série de facteurs de différenciation qui distinguent toute la personnalité de base: les facteurs chromosomiques (X et Y), les facteurs endocriniens et neurologiques reliés à ceux-ci et caractérisés par les grandes différences, internes chez la femme (ovaires), externes chez l'homme (testicules). Enfin, il y a les caractères phénotypiques du sexe ou caractères sexuels primaires ou secondaires ( expression visible des gènes) .
Le fait d'être sexués constitue pour l'homme et pour la femme une donnée originelle, car l'expérience personnelle, dès le départ, c'est-à-dire la fécondation, passe obligatoirement par la masculinité ou la féminité. Le fait d'être sexué présente une originalité particulière. La féminité et la masculinité, exprimées dans et par le corps, comportent la densité et la vitalité de tout l'être, et de l'esprit avant tout.
La corporéité n'est pas seulement la sexualité, mais cet sexualité marque toute la personnalité: elle est l'esprit et le " moi personnel " qui est homme ou femme et non pas seulement le corps, parce que c'est justement l'esprit (le moi personnel) qui anime, informe et fait vivre la corporéité. Toute vocation personnelle dans le monde ne pourra se réaliser harmonieusement qu'en acceptant et en valorisant ce mode déterminé d'être.
La sexualité humaine est une conformation structurale de personne. Manipuler la sexualité pour la changer en signe opposé équivaut alors à manipuler le patrimoine génétique en sens alternatif. L'homme doit accueillir sa nature telle qu'elle est, y compris le fait qu'elle soit prédéterminée. En effet, aucun être n'est appelé de sa propre initiative à l'existence. Aussi l'acceptation de cette réalité nécessaire à sa propre existence est et reste pour toujours un devoir fondamental qui relève de la libre existence morale de l'homme.
L'esprit et le moi transcendent le propre sexe par la plénitude de vie et par la richesse des valeurs: la personne est plus importante que son corps, le corps est plus important que son sexe. Le sexe, bien qu'inhérent à la personne dans sa globalité, ne l'épuise pas dans sa plénitude. Si personne ne peut refuser d'être homme ou femme, cela n'implique pas forcément que le sexe exprime toute la vie et que chaque personne éprouve la nécessité d'exprimer la totalité de ses capacités sexuelles.
Cependant, en tant que composante fondamentale de la personne, la sexualité conditionne aussi la façon dont la personne se manifeste et entre en relation avec les autres. La sexualité possède une dimension relationnelle essentielle. Elle est le signe et le lieu de l'ouverture, de la rencontre, du dialogue, de la communication et de l'unité des personnes entre elles. L'homme et la femme perçoivent leur différence sexuelle et sont attirés l'un par l'autre, ils veulent découvrir les secrets les plus mystérieux de l'autre sexe, mais il reste toujours entre eux une différence, un abîme impossible à combler. La distinction sexuelle est une diversité mais dans une égalité de nature et de dignité. Les sexes sont complémentaires; ils sont égaux pour se comprendre et différents pour se compléter réciproquement.
L'exercice de l'activité génitale qui s'exprime au moyen des organes génitaux n'est pas l'unique façon de s'accomplir en tant qu'homme ou femme. Il reste vrai qu'être femme n'équivaut pas nécessairement à être mère ou même épouse, et être homme ne veut pas obligatoirement dire être un mari et un père. Thomas d'Aquin, bien avant les mouvements féministes actuels, affirmait que le mariage était un droit naturel mais secondaire: le droit naturel premier est le droit à la vie. Le fait d'avoir choisi de vivre sa sexualité sans activité génitale ne rend pas les religieux, religieuses et prêtres moins hommes ou moins femmes. Le fait que la sexualité ne s'exprime pas nécessairement ni toujours dans l'exercice de la génitalité ne signifie pas que l'éventuel exercice de la génitalité n'engage pas toute la sexualité et toute la personne.

Le sexe du corps et le sexe psychologique
Le sexe s'inscrit dans le corps, mais avec le corps et dans le corps, il marque tout l'être personnel, qui reste toutefois transcendant à travers la spiritualité. La sexualité possède sa charge émotionnelle et son monde psychologique. La vitalité psychique enrichit, conditionne et dramatise aussi la vie sexuelle. Les différences psychologiques ne peuvent être ni annulées ni attribuées entièrement aux influences socioculturelles. La culture ne peut, à elle seule, être responsable de la différence de psychologie qui existe entre l'homme et la femme. La psyché s'enracine dans le sôma comme dans l'esprit qui l'imprègne de sa vitalité. Des conflits et des difficultés d'harmonisation peuvent surgir entre la sexualité corporelle et la sexualité psychologique, dus aussi à l'influence du milieu culturel qui pèse sur cette dernière.
L'homosexualité est un problème délicat. On peut la présenter comme une maladie à traiter par la psychothérapie, avec des résultats encourageants, comme un vice délibéré ou comme un état normal, avec refus de considérer qu'elle puisse entraîner des difficultés psychologiques ou relationnelles. Cependant cette homosexualité est mise en valeur aujourd'hui, en tant que comportement naturel " libératoire ". L'institutionnalisation de cette forme de couple se fait de plus en plus, avec les mariages entre homosexuels et leurs souhaits d'adopter des enfants pour créer ainsi une vraie famille. Tout ceci avec le renfort puissant des médias.

La liberté-responsabilité à l'égard du sexe
La sexualité ne peut être privée de la vitalité spirituelle qui l'enrichit, l'harmonise dans ses composantes et dans ses dynamismes, l'exprime dans le rapport interpersonnel et dans le projet global de la croissance personnelle. Comme dans toute activité humaine, il ne peut y avoir de liberté sans responsabilité. Le sexe, même s'il s'accompagne toujours de l'élan spontané, n'est jamais un simple jeu et il ne peut faire abstraction la richesse de la spiritualité. La responsabilité veut également dire accepter la sexualité pour ce qu'elle est et pour ce qu'elle comporte dans ses significations et dans ses conséquences.

Le rapport conjugal et sa signification
La structure corporelle indique que la sexualité différenciée complémentaire est orientée vers l'union hétérosexuelle. L'être personnel homme-femme présente une complémentarité, signe à la fois de pauvreté ou de non-suffisance, qui demande un cornplément, et de don qui offre ce complément.
Cette complémentarité se réalise pleinement dans le rapport conjugal, c'est-à-dire dans l'union physique, psychique et spirituelle avec le sexe opposé. Quand, par un libre choix, cette complémentarité se réalise dans le rapport conjugal, l'union concerne la totalité de la personne et non pas une partie seulement. Dans l'union de l'homme et de la femme, l'acte, s'il est humain et complet, implique le corps, le cur et l'esprit. Dans un rapport sexuel, le corps n'a de sens qu'en tant qu'expression de la totalité de la personne.
Dans le rapport conjugal, les époux ne sont pas contraints par un déterminisme, ils ont seulement la faculté d'accomplir des actes sexuels. Mais s'ils réalisent cette union, celle-ci implique tout ce qu'elle signifie et suppose, et exprime le don total et stable de la personne. Une fois encore la morale signifie, chez l'homme, la réalisation de sa totalité dans l'harmonie et la hiérarchie des valeurs.
La morale a souvent été considérée comme une contrainte : en réalité, si elle comporte bien la maîtrise des forces personnelles pour qu'elles ne se dispersent pas de façon anarchique, la morale est avant tout la réalisation des règles de conduite considérées comme bonnes dans l'absolu, et le choix des meilleures façons d'y parvenir.
L'exercice de la sexualité est privé de sens quand il se réalise d'une manière auto érotique (masturbation), égoïste et en situation provisoire, parce que le don du corps est justement le signe du don engagé et stable de la personne. Cette unité indivisible du don de soi, outre qu'il motive l'unité du mariage, exclut toute forme de polygamie, polyandrie, divorce et même les rapports extraconjugaux occasionnels.
Les conséquences qui découlent de la sexualité entre conjoints sont donc :
- la dimension unitive et la dimension procréatrice, liées à l'acte sexuel ;
- la dimension familiale et la dimension sociale qui découlent du pacte d'union et du choix interpersonnel.
. Dimension unitive : l'acte sexuel dépend de la nature même de la sexualité. La philosophie de l'être se répercute sur la philosophie de l'agir dans cette union des deux corps.
. Dimension procréatrice: l'" amour " ne peut être séparé de la " vie " ; car il s'agit de valeurs qui sont exprimées simultanément, et inhérentes à l'activité sexuelle.
.Dimension familiale : le rapport conjugal comporte une autre conséquence importante: la dimension familiale. Par famille, nous entendons la définition habituelle d'une union stable, scellée par le mariage de deux personnes et l'ouverture à l'accueil des enfants. Le don réciproque de l'homme et de la femme, s'il est vraiment humain, implique la totalité de chacune des deux personnes: totalité comprise au sens intensif de chacun (physique, psychologique et spirituel) et au sens extensif (l'amour jaillit vers la vie et le don).
La personne ne se donne ni en prêt ni ad tempus ( dans un temps déterminé) dans la sexualité, parce que les deux personnes vont constituer une unité interpersonnelle basée sur la confiance.
L'unité-indissolubilité est également nécessaire à la dimension procréatrice. Le développement éducatif, les processus d'identification de la personnalité des enfants comportent la stabilité de la cellule originelle et parentale.
. Dimension sociale : l'union de l'homme et de la femme dans le mariage et dans la famille représente déjà une forme typique de vie en société. Elle donne, en même temps, origine à société et à la socialisation primaire des sujets. La reconnaissance juridique et publique ne doit pas être considérée comme un lien contraignant, mais comme un acte de valorisation et d'engagement. D'autant que, de son côté, le couple manifeste sa volonté constitutive de former une famille et de donner toute crédibilité quant au fondement de son intention.

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Ethique de la procréation responsable et de la contraception
Pour qu'une action soit juste, son objectif doit être juste, c'est-à-dire conforme au bien de la personne humaine. Les moyens utilisés doivent eux aussi être justes et cohérents avec l'objectif.
Bien qu'il faille constater que la réalité de vie de nombreux couples est bien éloignée de ce concept de procréation responsable (les travailleurs sociaux, le personnel médical et paramédical le savent bien! ), il est indispensable de rappeler ici que la procréation humaine est l'acte qui doit revêtir le plus haut degré de moralité, car c'est l'un des choix les plus importants du couple.
La procréation est inscrite dans la finalité de la sexualité et la complémentarité des sexes, elle ne peut donc être exclue pour ceux qui ont effectué le libre choix conjugal. Exclure volontairement la fécondité d'une union qui est orientée naturellement vers cette fécondité signifie contredire la finalité de l'acte conjugal. Il ne faut pas cependant parler de " droit à l'enfant ", car personne n'a le droit de posséder un enfant comme une chose. Dans l'acte procréateur il y a un double mouvement: un élan naturel de la force génératrice humaine et la liberté dans l'exercice de la sexualité.
La moralité de la procréation doit s'inspirer de plusieurs principes. Il appartient au couple homme et femme, unis dans l'union stable du mariage, de décider du fait de procréer ou non et du nombre d'enfants qu'il aura. Il s'agit du droit personnel et du droit du couple. Toute législation qui établit un nombre maximum ou minimum d'enfants, impose la stérilisation ou pénalise les familles selon leur nombre d'enfants est une législation illicite, car elle nuit à la liberté de l'individu.
La première responsabilité pour envisager de procréer provient de la connaissance de la " vérité " de l'acte procréateur. Dans l'amour, la logique du don de soi à l'autre, en totalité, comporte l'ouverture potentielle à la procréation, puisque l'amour c'est la vie. L'acte sexuel est l'acte humain le plus extraordinaire qui soit. Il faudrait l'expliquer un peu plus aux jeunes, surtout à ceux qui ne le considèrent que comme l'expression de l'assouvissement d'un besoin, d'une pulsion: ils ont envie de " faire l'amour ", ils le font... ils ont envie de manger, ils mangent.
Cependant les conséquences possibles de cet acte sont complètement différentes de celles des autres actes de la vie courante, puisqu'il peut y avoir l'apparition d'une éternité dans la vie d'un enfant. Cette potentialité montre à quel point l'acte sexuel doit être rehaussé à sa juste valeur et non réduit au simple rang des pulsions auxquelles il faut répondre. C'est une réalité essentielle à faire comprendre aux jeunes qui découvrent la sexualité. La vérité de l'amour humain dans l'acte de la sexualité est donc celle-là: il y a possibilité de vie. La responsabilité s'exerce ainsi dans le fait de rester ouvert à la potentialité de nouvelles vies, tout en étant conscient de l'importance de ces petites vies que l'on accueille et aussi de celle de son conjoint.
Dans un couple, la naissance des enfants n'est pas la seule fin. L'observation de la nature montre que la femme n'est pas toujours fertile, et cela signifie que toute la tendresse des époux entre eux n'est pas forcément liée au don de la vie. En effet, dans des situations déterminées, il est normal que les époux s'abstiennent d'actes féconds ou qu'ils puissent exclure toute fécondité pour des causes indépendantes de leur volonté (risque pour la vie et pour la santé).
En ce sens, le couple est très influencé par l'amour de la vie et l'état de confiance qui règne dans la société. C'est ainsi que ceux qui n'aiment pas leur propre vie, ou qui ont peur de vivre, expriment cette peur en limitant les naissances. La société qui veut encourager la vie et les naissances doit donc avoir une culture favorable à la vie et à l'épanouissement des familles.
Les progrès de la médecine en réanimation périnatale et en soins pédiatriques font qu'aujourd'hui, la mortalité infantile a extraordinairement baissé. Si nos grand-mères mettaient au monde une douzaine d'enfants - parfois plus -, elles en élevaient beaucoup moins. La régulation des naissances se pose alors, dans les pays pauvres comme dans les pays riches, même si les motifs sont totalement différents. Il est donc important d'en étudier les différentes méthodes, d'en analyser les moteurs et les conséquences.

Les méthodes de régulation des naissances
Les méthodes de régulation naturelle de la fécondité respectent la totalité et la particularité de l'acte conjugal grâce à la connaissance du cycle féminin et à la prise de conscience des conséquences naturelles de l'acte sexuel, qui peut ou non aboutir à une fécondation. Ces méthodes, qui ne sont pas contraceptives en elles-mêmes, permettent une construction solide du couple basée sur le dialogue et sur leur responsabilité de parents. Ces méthodes permettent à la femme de connaître les périodes de fécondité et de non-fécondité de son cycle menstruel. Elle et son mari peuvent ainsi ajuster leurs rapports sexuels selon qu'ils désirent avoir ou éviter de façon temporaire ou définitive une grossesse.
Les différentes méthodes de régulation naturelle des naissances se basent sur la constatation de certains symptômes et signes appelés indices de fécondité, qui permettent à la femme de savoir si l'ovulation va se produire ou si elle a déjà eu lieu.
- La méthode de température: la température basale corporelle présente deux phases suivant les modifications hormonales du cycle menstruel. Suite à sa hausse et à sa stabilisation par rapport à la phase précédente, elle indique que l'ovulation a eu lieu. Cette méthode permet de détecter, a posteriori, le moment de l'ovulation.
- La méthode Billings : le mucus cervical est non seulement un indice de fécondité mais aussi un facteur nécessaire. La quantité, la qualité et l'aspect du mucus cervical subissent d'importantes modifications durant le cycle menstruel. La femme peut en apprécier les variations: sensation à la vulve (sec, mouillé ou humide) ; aspect visuel ( transparence, fluidité) .
Cette méthode peut aider de façon précieuse les couples qui ont des difficultés à réaliser une grossesse ( en cas d'hypofécondité par exemple). Elle a en effet le mérite de prévenir la femme de l'arrivée de sa période féconde, même dans les cas où une ovulation tarde à se produire: cycles longs ou irréguliers, allaitement, cycles anovulatoires, situations pathologiques, préménopause.
A ces indices de fécondité, il faut ajouter les modifications du col de l'utérus, ainsi que la possibilité de pertes de sang entre deux menstruations, des douleurs abdominales au milieu du cycle, une tension mammaire, l'augmentation de poids, les modifications du désir, de l'humeur ou de l'appétit.
Ces méthodes, trop souvent méconnues et sous-évaluées, connaissent un nouvel essor après l'expérimentation multicentrique de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé). Elles présentent une bonne stratégie pour espacer les naissances, tant pour des raisons de santé que par un sentiment bio-écologique ; en outre elles respectent davantage la liberté-responsabilité du couple.
" Une commission de l'ONU, qui a suivi pendant deux ans le travail du planning familial naturel de Prem Dan (Inde), déclarait dans un rapport publié par la Le Quotidien du médecin (16 avril 1982) : " Les résultats semblaient être remarquables, tant par l'utilisation que par l'efficacité de la méthode... Etant donné la base scientifique de cette méthode, elle mérite une place définitive dans le contrôle de la fertilité. "
" Certains pensent que ces méthodes naturelles sont mal .adaptées aux gens illettrés vivant dans la misère. L'assimilation est certes plus longue pour eux ; mais leur volonté de se contrôler est d'autant plus forte qu'ils voient ou ont vu mourir leurs enfants faute de pouvoir les nourrir. Le taux de succès avoisine d'ailleurs les cent pour cent " (Marcel Crozet).
Les méthodes naturelles peuvent cependant être utilisées à des fins simplement écologiques avec une mentalité contraceptive, dans le refus total d'une éventuelle grossesse.

Les méthodes contraceptives

LES CONTRACEPTIFS DE BARRIÈRE

- Le condom ou préservatif empêche le liquide séminal de se déposer dans le vagin. Son inefficacité anticonceptionnelle est de 10 % environ selon sa qualité de fabrication, la capacité d'emploi et son association avec des crèmes spermicides.
Avantages : coût peu élevé, pas d'ordonnance, protection contre les MST (dont le sida), recommandée par les autorités sanitaires des pays, bien que sa fiabilité ne soit pas complète.
Inconvénients: interruption du rapport sexuel, irritations vaginales chez la femme qui peut être allergique, création d'une barrière psychologique dans le couple.
- Le diaphragme: disque de caoutchouc, souple en sa partie centrale, mais rigide sur les bords: il empêche la rencontre entre les spermatozoïdes et l'ovule. Il s'applique sur le col utérin où il adhère parfaitement.
Inconvénients: possibles irritations vaginales et infections des voies urinaires. Grossesse possible dans 14 à 15 %.

LES CONTRACEPTIFS HORMONAUX

- La Pilule oestroprogestative est une association de deux hormones synthétiques qui inhibent le système hypothalamo-hypophysaire et donc la libération de l'ovule et des hormones.

Elle altère la poursuite normale des modifications de l'endomètre utérin. Au cas où la fécondation aurait eu lieu, l'embryon n'aurait pas la possibilité de s'implanter. Elle modifie la motilité (faculté de mouvement) des trompes de Fallope et empêche le passage des spermatozoïdes ou, après une éventuelle conception, la descente de l'embryon dans l'utérus. Elle altère la composition du mucus cervical, le rendant imperméable aux spermatozoïdes.
Sans être fréquents, les risques existent et c'est pourquoi une femme sous pilule doit être bien suivie par son médecin : thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire et thrombose cérébrale ( trois à six fois plus par rapport aux autres femmes) , accidents cardio-vasculaires et cardiopathie coronarienne, malformations somatiques chez l'enfant si la pilule a été prise accidentellement pendant la grossesse, blocage du système hypothalamique même après arrêt du traitement.
Effets secondaires possibles, disparaissant ou non après quelques mois de traitement: nausées, tension mammaire, dèmes et augmentation du poids, céphalées, dépression, baisse du désir sexuel, sécheresse vaginale qui rend les rapports douloureux. Les problèmes psychologiques ne sont pas à négliger si la femme prend la pilule sans que son partenaire le sache, de même pour la jeune fille qui craint que ses parents n'en découvrent l'emploi, ou encore si la femme ressent une sorte de culpabilité due au refus quotidien de la possibilité d'avoir un enfant.
Il y a peu de probabilités de grossesse si la pilule est prise continûment.

SPERMICIDES, ÉPONGES ET LAVAGES VAGINAUX

- Les spermicides ont peu d'effet contraceptif, ils sont donc associés à des méthodes de barrière.
- Les éponges sont imprégnées d'un puissant spermicide et introduites profondément dans le vagin en contact avec le col utérin: elles absorbent tout l'éjaculât mais ont une faible activité contraceptive.
- Les lavages vaginaux: ils sont inefficaces car les spermatozoïdes sont en mesure de rejoindre le mucus cervical 90 secondes après l'éjaculation et ne peuvent plus être retirés.

LES INTERCEPTIFS HORMONAUX

- MiniPilule : elle contient une faible dose de progestatifs, elle bloque l'ovulation dans 30 à 40 % des cas, elle rend le mucus cervical imperméable aux spermatozoïdes, elle altère l'endomètre utérin. Elle est peu utilisée car elle a des effets secondaires gênants, en particulier des pertes sanguines irrégulières et, en cas de conception, il y a une plus grande incidence de grossesses tubaires.
- La pilule du lendemain (Norlévo : dosée à 0,75 mg soit 25 fois la dose quotidienne du même produit utilisé en contraceptif à 0,03 mg) : il s'agit donc d'une administration massive d'strogènes ou d'oestroprogestatifs dans les 72 heures qui suivent un rapport sexuel qui pourrait avoir donné lieu à une conception; avec répétition de cette dose après 12 heures. Les doses élevées d'hormones administrées par voie orale causent un bouleversement total du délicat équilibre hormonal normalement prédisposé pour accueillir l'embryon éventuellement conçu. Et ceci est d'autant plus perturbant pour l'organisme peu mature d'une jeune fille.
- Le stérilet ou dispositif intra-utérin (DIU) : matériel plastique ou autre (par exemple: argent) de formes diverses qui est inséré d'une manière non traumatisante au travers du col de l'utérus dans la cavité utérine.
Mécanisme d'action du stérilet: induction d'une réaction de corps étranger qui provoque une inflammation chronique de la muqueuse endométriale, la rendant inhospitalière à un éventuel embryon prêt à s'implanter; altération de la composition du mucus cervical qui empêche la remontée des spermatozoïdes vers le canal cervical et la cavité utérine. Ajoutons les effets propres à la progestérone lorsque le stérilet est porteur de cette hormone.
Risques et conséquences: parfois réaction syncopale ou risque de perforation pendant la pose; risque d'une maladie inflammatoire pelvienne, incidence plus élevée de grossesses tubaires (grossesse extra-utérine).
Possibilité de grossesse dans 1 à 3 % des cas.

LES CONTRAGESTIFS

RU 486: ou pilule du mois d'après. C'est une substance qui exerce une action antiprogestative, la progestérone étant l'hormone de la grossesse. Sous l'action de l'antiprogestérone l'embryon meurt et se détache de la paroi utérine d'où il est expulsé. Le RU 486 ne provoque pas toujours l'avortement quand il est pris plus de 49 jours après la conception. On associe donc à l'administration du RU 486, des prostaglandines qui inhibent l'action du corps jaune.

Analyse des ces différentes méthodes
. Quelle différence y a-t-il entre ceux qui, en toute responsabilité, veulent éviter une naissance et utilisent une méthode contraceptive et ceux qui se trouvent dans la même situation éthique et utilisent les méthodes naturelles d'auto-observation (les préférant parfois pour leur côté écologique), puisque le résultat sera le même ?
Réponse: la moralité d'un acte ne se réduit pas simplement à son objectif mais comprend aussi les moyens et les méthodes. Les méthodes naturelles respectent la totalité de la personne - physique (pas d'action médicamenteuse ou mécanique) et morale (respect de chaque personne du couple). Les moyens contraceptifs divisent en accueillant la dimension érotique mais en bloquant toute éventualité d'une dimension procréatrice.
.Ceux qui utilisent les méthodes contraceptives pour espacer les naissances n'entendent pas refuser toute procréation mais simplement dans une période précise et pour des raisons valables.
Réponse: mettre au monde un enfant, c'est accepter de donner la vie à un être indépendant qui ne répondra par forcément à toutes les attentes du couple. Attendre le moment le plus favorable, dépendant de nombre de critères subjectifs, entraîne souvent le désir de l'enfant parfait et le rejet de toute incertitude. Si les raisons sont vraiment graves, les décisions devront se prendre en dehors de tout égoïsme, avec l'amour et le respect de l'autre.
. Autre objection: la contraception " est un moindre mal " car il y a danger de rupture du lien conjugal quand la nécessité de se manifester l'affection conjugale se heurte au résultat difficile et incertain de l'utilisation des méthodes naturelles.
Réponse: la régulation naturelle des naissances augmente le respect de l'autre dans le couple, l'attente est préférable à l'impossibilité de refréner ses instincts sexuels sans tenir compte toujours du désir de la femme. D'autre part, la fiabilité de la méthode est augmentée par l'effort d'apprentissage qui se fait en couple et donc qui resserre les liens du couple. Il est certain que les périodes d'abstinence peuvent paraître difficiles à supporter, mais en réalité, si elles sont vécues en toute responsabilité et liberté, elles permettent l'unité du couple, heureux de se retrouver. Ces méthodes ne peuvent s'appliquer qu'en parfait " partenariat " et dans un immense respect mutuel.
. Il vaut mieux la contraception que l'avortement.
Réponse: les diverses campagnes de régulation des naissances ont toujours procédé de la même manière, considérant la grossesse comme un fait négatif. La mentalité contraceptive entraîne la tentation de refuser la conception éventuelle d'une vie non désirée. Les pays qui poussent à cette éducation contraceptive ne réussissent pas à enrayer l'augmentation des avortements. La contraception semble être pour beaucoup de femmes une servitude au jour le jour, servitude qui n'est pas sans risque pour leur santé. L'avortement est alors considéré comme un acte passager auquel on peut avoir recours assez facilement, au cas où il y aurait grossesse. Cependant la contraception et l'avortement sont des maux spécifiquement différents: l'une contredit la vérité intégrale de l'acte sexuel, l'autre détruit une vie humaine... mais ils s'entraînent cependant l'un l'autre dans ce refus de l'enfant.
L'Eglise catholique encourage les conjoints à être très honnêtes par rapport à leur situation réelle et à leur responsabilité conjugale. Les raisons qui conduisent à accepter ou à suspendre la fécondité procréative doivent être sincèrement et éthiquement fondées.
Le médecin doit connaître et respecter la religion de ses patients. Pour les chrétiens, il doit :
- Rappeler que certaines méthodes contraceptives peuvent agir aussi comme abortifs, car elles empêchent l'implantation de l'ovule fécondé ou provoquent son détachement.
- Indiquer que les antifécondatifs dans un but contraceptif ne sont pas admis par l'Eglise : le contraceptif ne prévient ni ne soigne aucune maladie. Il doit informer sur les risques éventuels des contraceptifs et donner une information sur les méthodes naturelles.
- Permettre la prescription des contraceptifs si la finalité première est thérapeutique, même s'ils entraînent une période d'infécondité.


Conclusion

Cette réflexion est très importante et doit se faire en essayant retrouver le sens de la finalité de la sexualité, tout en tenant compte de la réalité quotidienne.
Le " souci " de la procréation est permanent dans tout couple pendant vingt-cinq à trente ans de vie commune, en moyenne. C'est long et personne ne peut échapper à ces questions. On ne gère pas sa sexualité au jour le jour, en réparant les accidents éventuels ou en la faisant entrer dans une planification tellement rigoureuse qu'elle risque d'être en dysharmonie avec la vie toujours pleine d'imprévus. La sexualité permet la construction du couple et de la famille. Il faut en connaître les joies et en admettre les difficultés pour qu'elle favorise l'union de ce couple et ne soit pas facteur de déliquescence.

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