Symposium France - décembre 2001
--------------------------------------Le samedi 1er décembre 2001, à Rome, s'est réalisé à l'Athénée Pontifical Regina Apostolorum (via degli Aldobrandeschi), avec la collaboration de la Fondation Guilé, le symposium " France : témoin d'espérance pour le nouveau millénaire, perspectives et défis " présidé par le Cardinal Paul Poupard, Président du Conseil Pontifical pour la Culture.
L'ensemble des textes intégraux du Symposium est disponible ( 12,5 Euros )
Contact : france@upra.org
On parle souvent de la crise de l'Eglise Catholique en France: à cause de la perte de son influence dans la société, des attaques contre la famille, d'une baisse de la pratique religieuse, du nombre de vocations et du manque d'instruction religieuse d'une grande partie de la jeunesse.
Le symposium de l'Athénée Pontifical Regina Apostolorum, dirigé à Rome par les Légionnaires du Christ, a voulu montrer les signes d'espérance de l'Eglise Catholique en France pour le nouveau millénaire dans plusieurs domaines : la culture, la spiritualité, les vocations, la famille et le monde professionnel.
Cette rencontre a commencé par l'exposition du Cardinal Paul Poupard sur le thème "La mémoire de l'espérance: la culture française au sein de l'Eglise".
Le thème disait le Cardinal Paul Poupard - peut paraître étonnant dans l'actuel contexte d'une Église de France fortement secouée par des courants étonnement hostiles à l'intérieur de la société française. Et pour qui observe la présence française au sein du Saint-Siège, celle-ci va sans cesse diminuant, jusqu'à un étiage jamais atteint, que le seul principe de l'internationalisation de la Curie ne saurait expliquer. Par ailleurs, la trouble situation internationale d'une société qui s'est soudainement réveillée, le 11 septembre dernier, en découvrant avec stupeur les ramifications périlleuses d'un système de haine et de terreur qu'elle a, tel un cancer, laissé se développer en son sein, ne laisse que peu de place à une perspective tant soit peu raisonnée du nouveau millénaire, ni même, plus simplement, la décennie prochaine
Les peuples comme les personnes ont une âme et une vocation à remplir au cours de leur histoire, et nul doute que l'exceptionnel rayonnement de la France au travers des deux précédents millénaires, ne s'enracine dans sa vocation chrétienne depuis qu'en 496, " le roi des Francs, Clovis, cédant aux inspirations de la divine Providence, ainsi que le disait magnifiquement le Pape Léon XIII dans sa Lettre apostolique pour le XVème centenaire du baptême de Clovis, abjura le vain culte des faux dieux, embrassa la foi chrétienne, et fut régénéré dans l'eau sainte du baptême ".
Il me semble qu'à interroger l'histoire, le recours à la mémoire peut offrir à nos regards inquiets quelque espérance pour le futur. Je me souviens avoir dit au Saint-Père, au cours d'une conversation sur la France et les français : " Très Saint-Père, nous sommes des gens étranges, si étranges que chez les fils de Pascal il y a toujours un peu de Voltaire, et chez les fils de Voltaire, un peu de Pascal ! ". Le Saint-Père parut surpris, car Sa France à lui, c'est celle de Louis-Marie Grignion de Montfort, c'est la France du Curé d'Ars, de Lourdes, de la rue du Bac, Montmartre et le Sacré-Coeur, la France de Thérèse de Lisieux et, plus proche de nous, du Père Henri de Lubac. C'est ainsi qu'il confiait, dans un Message adressé par la radio et la télévision au peuple français, trois jours avant son premier voyage apostolique en France : " Ce voyage m'attire à beaucoup de titres Tout d'abord, la France est la fille aînée de l'Église. Et elle a engendré tant de saints. Je pourrais ajouter qu'il existe sur le sol de France beaucoup de lieux auxquels je me rends souvent en pèlerinage par la prière et par le coeur. " Jean-Paul II l'a dit à plusieurs reprises : " Combien je suis tributaire de la sainteté française ! " C'est ainsi qu'à peine élu pape, il envoya chercher dans la chambre qu'il occupait pendant le Conclave, son exemplaire tout maculé du Traité de la Vraie Dévotion de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, livre qu'il emportait toujours avec lui quand il travaillait comme ouvrier dans les carrières de pierre à Zakrzówek ou à l'usine chimique de Solvay pendant la seconde guerre mondiale, et qu'il garde encore aujourd'hui avec lui jusque dans ses escapades estivales dans les montagnes du Val d'Aoste.
Il me faut conclure. Je le ferai brièvement. La mémoire de l'espérance apparaît extraordinairement riche et féconde à celui qui veut porter sur quinze siècles de christianisme en France, un regard attentif. Cette histoire est marquée par tant de siècles de sainteté : sainteté du politique, sainteté de l'intelligence et sainteté populaire, chefs d'oeuvre des arts et des sciences, éclat d'une pensée à l'équilibre caractéristique dans sa recherche de l'universel.
Ainsi, la mémoire de l'espérance appelle la France à un sursaut spirituel pour agir dans l'Église et dans le monde de manière conforme aux dons reçus depuis des siècles. La vocation des chrétiens de notre temps n'est pas différente de celle des premières générations. L'héritage du passé est un trésor pour le temps présent et un gage d'espérance pour l'avenir.
La mémoire est l'espérance du futur.
Marie Nicole Boiteau, doyen de l'Ecole Cathédrale de Paris, a parlé de la spiritualité de l'an 2000 en France.
Je vais tenter de décrire la spiritualité en France aujourd'hui dans le dynamisme de l'espérance - affirme Marie Nicole Boiteau- et ce en m'appuyant sur le numéro 90 de l'encyclique " Redemptoris Missio " qui me semble résumer la situation actuelle : " tout baptisé est appelé à la sainteté et à la mission ".
La sainteté n'est plus réservée à une élite ; il n'y a plus ceux qui ont la vocation et les autres, " le peuple ", qui font leur salut comme ils le peuvent. Tout croyant prend conscience que cet appel s'adresse à lui quel que soit son état de vie.
La seconde grande caractéristique de la spiritualité en France aujourd'hui est le sens de la mission. Pour la majorité, il est clair qu'il n'y a pas de vie chrétienne sans participation à l'annonce de la Bonne Nouvelle sous une forme ou une autre.
En guise de conclusion, il ne faut certes pas idéaliser le renouveau chrétien en France. Beaucoup est à fortifier, étayer, peut-être reprendre, mais l'espérance est là dans les coeurs comme dans les faits, elle est grande, elle est tangible.
Le P. Francis Kohn, Responsable de la section Jeunes au Conseil Pontifical pour les laïcs, a développé le thème : " Les jeunes de France et les Journées Mondiales de la Jeunesse: les raisons d'un succès " inattendu ".
L'aspect paradoxal du succès des JMJ auprès de cette "génération Jean-Paul II"-commentait le P. Francis Kohn-, provient précisément du fait que les attentes de ces jeunes sont d'autant plus profondes que leurs carences sont grandes et leurs fragilités manifestes. Ils sont les enfants des "ados de 68" et beaucoup d'entre eux n'ont pas été baptisés ou catéchisés. Mais, précisément parce qu'ils sont jeunes, ils veulent croire au bonheur et ne peuvent accepter les fruits amers de scepticisme et de désespérance que secrète une société vieillissante. Ces jeunes qui sont attentifs aux détresses des hommes, ne sauraient pour autant se satisfaire d'un humanisme sans Dieu. On a constaté que cet élan nouveau n'a pas dynamisé seulement les jeunes, mais toute l'Eglise de France. Comme le soulignait un observateur au lendemain de l'événement, "l'Eglise est sortie plus grande, plus forte, plus sûre d'elle".
Un grand nombre d'évêques et de prêtres ont expérimenté cette confiance nouvelle, alors qu'ils étaient découragés par toutes les difficultés à surmonter et le manque de fécondité apparente de la pastorale mise en oeuvre dans leurs diocèses ces dernières décennies. De ce point de vue, les JMJ de Paris n'ont pas seulement été un "révélateur", mais aussi un "déclic" qui a déclenché une dynamique nouvelle "sur le terrain", dans la pastorale des jeunes en particulier.. C'est ce qu'un journaliste a appelé "l'émergence d'un catholicisme décomplexé et diversifié" (Henri Tincq, Le Monde, 26-8- 1997). Cette coopération entre les différentes composantes de l'Eglise de France a été à l'origine de la forte mobilisation des jeunes pour les dernières Journées Mondiales de la Jeunesse à Rome en l'An 2000. Plus de 70 000 français y ont participé, constituant la délégation étrangère la plus importante.
André Mulliez, fondateur du Réseau Entreprendre, a offert son témoignage en tant que chrétien dans le monde de l'entreprise.
La vie - a raconté André Mulliez - m'a fait découvrir que le moyen le plus sûr de faire mon propre bonheur, c'est de faire le bonheur de l'autre, des autres.
L'entreprise, lieu de création de richesse, doit être regardée de deux manières. Le premier regard: la création de la richesse est un devoir de tous d'y contribuer. Le 2e regard, c'est l'emploi de cette richesse. On ne peut partager que ce qui existe. Toutefois, il est plus efficace de répandre le travail que le fruit du travail. Nous nous efforçons d'appliquer nos convictions chrétiennes au monde du travail. Par exemple en conjuguant ces trois partages: Le partage du savoir ( Information, formation généralisée, poursuivie en cours de carrière), le partage du pouvoir ( les décisions sont à prendre le plus proche possible du terrain, au niveau où on en mesure toutes, partage de l'avoir, prime d'intéressement basée sur les résultats, atteignant souvent un à deux mois de salaire. Actionnariat du personnel
En 1985, en pleine montée du chômage, nous nous sommes dit, avec un groupe de cousins, 'créons des employeurs qui créeront des emplois.' Nous avons donc ouvert, à Roubaix, un centre d'accueil pour futurs créateurs pour : les aider à construire leur projet et le valider, faciliter le financement par prêt sans intérêt ni caution, remboursable en cas de réussite seulement, les inciter à la réciprocité, c'est-à-dire à rendre à d'autres toute l'aide qu'ils ont reçue.Je suis de ceux qui croient que la méthode évangélique est la plus efficace pour construire mon bonheur, celui de ma famille et pour construire les entreprises pérennes et en croissance. Je pense vraiment que les entreprises où l'on méprise les hommes, et qui ont pour seul but les résultats financiers, sont condamnées à disparaître.
La rencontre a terminé avec une conférence de Monseigneur André Vingt-Trois sur le thème de la famille, archevêque de Tours, Président de la Commission Episcopale pour la Famille.
L'élément le plus marquant de ces dernières décennies est la transformation des représentations culturelles et des discours sur la réalité familiale. Cette transformation peut être observée en trois changements radicaux de points de vue en qui concerne le mariage:
A) La privatisation : le mariage était reconnu comme un lien social qui débordait les limites personnelles de l'engagement des époux, on en vient très rapidement à ne considérer dans l'engagement matrimonial que le simple contrat privé.
B) Un engagement à temps limité. Dans cette perspective le divorce ne peut plus être compris et pratiqué comme l'aboutissement d'un échec ou le résultat d'une faute dans le mariage
C) Normalisation des changements : dissociation entre relation sexuelle et engagement personnel.
Souvent on affirme que l'Eglise est contre la sexualité. Loin de sous-estimer ou de mépriser la sexualité elle en propose une compréhension positive en exposant les conditions éthiques de cette positivité. L'union des corps y est toujours exaltée comme l'expression d'une catégorie anthropologique fondamentale qui est celle du don interpersonnel.
Actuellement plus de 250.000 jeunes français se présentent chaque année pour se marier à l'église. Quand on leur demande d'exprimer leurs motivations, ils répondent souvent qu'ils souhaitent un vrai mariage. Dans leur esprit, c'est une manière de dire un mariage qui apporte plus de sécurité et de garanties que le mariage civil.Si vous désirez des informations plus complètes, vous pouvez appeler au
0039 3804237722
0039 3497322509
Retour à la documentation