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ALFONS MARIA CARDINAL STICKLER
-- LE CELIBAT DES CLERCS --
Histoire de son évolution et fondements théologiques
Traduit de l'allemand par Simone Wallon et Joël Pottier
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Le texte intégral est disponible à la librairie Pierre Tequi, 82 rue Bonaparte - 75006 Paris, Téléphone 01.40.46.72.90
et Télécopie 01.40.46.72.93    -   132 pages - 11x18 - F65 avec port et emballage    -    Serviam est en mesure d'assurer bénévolement le secrétariat des commandes en faveur de ses adhérents : retourner en page d'accueil, cliquer sur le bouton " pour nous contacter " et passez votre demande en messagerie...
Serviam remercie vivement les Editions Pierre Tequi pour leur aimable accord de reproduction des lignes qui suivent, extraites de cet important ouvrage publié en 1998.
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Préface
Dans la discussion qui renaît sans cesse et, justement ces temps derniers, s'intensifie autour du célibat des clercs de l'Église catholique, on peut entendre nombre d'opinions divergentes, surtout quant à son origine et à l'évolution suivie dans l'Église d'Occident et l'Église d'Orient.
Ces opinions vont, dans leur variété, de l'idée d'une origine divine jusqu'à celle d'une institution purement ecclésiastique, en particulier pour la discipline sévère de l'Église latine. Dans ce dernier cas, on entend souvent dire que l'obligation ne pourrait être prouvée qu'à partir du IVe siècle ; pour d'autres, elle n'a été introduite que vers le début du deuxième millénaire, principalement par le deuxième concile du Latran en 1139.
Ces opinions assurément très différentes, mais, plus encore, les raisons et les preuves respectivement invoquées à leur appui permettent de conclure à un remarquable manque d'assurance dans la connaissance des faits et des dispositions ecclésiastiques en question, mais davantage encore dans l'explication que l'on donne du célibat des clercs. Ce manque d'assurance, ainsi que le montrent des déclarations correspondantes, s'étend fort loin et monte fort haut dans les milieux de l'Église.
C'est pourquoi il apparaît en premier lieu nécessaire d'exposer ce fait et les dispositions de l'Église depuis les origines jusqu'à nos jours et d'en vérifier les justifications théologiques pour parvenir à une juste compréhension de cette institution controversée.
Cela ne peut évidemment se faire qu'en se référant à l'état le plus récent de la connaissance des sources et des travaux en cette matière, si l'exposé veut prétendre à une valeur scientifiquement fondée. A cet égard, il faut constater que, sur l'histoire du célibat en Occident et en Orient, ont été enregistrés, justement ces temps derniers, d'importants acquis de la connaissance qui ou bien n'ont pas encore progressé dans la conscience générale, ou bien sont passés sous silence lorsqu'ils pourraient influencer celle-ci d'une manière indésirable (1).
Le présent exposé synthétique s'accompagnera d'un appareil scientifique réduit à l'essentiel, afin de permettre, d'une part, de vérifier et, d'autre part, d'élargir et d'approfondir ce qui aura été dit.
L'évolution historique dans l'Église d'Occident, puis dans l'Église d'Orient sera précédée d'une section introductive dans laquelle, d'abord, l'on éclaircira le concept de célibat des clercs qui est à la base des obligations respectives du célibat, pour ensuite indiquer la méthode exigée pour traiter correctement de ce sujet, en vue de parvenir à des résultats sûrs. La dernière partie sera consacrée, en réponse à une demande toujours plus pressante, aux fondements théologiques du célibat des clercs.*
Les textes grecs et latins anciens cités par l'auteur ont été traduits d'après la version allemande.
     
I Concept et méthode...

II L'évolution dans l'Eglise latine

III La pratique dans l'Eglise d'Orient

IV Les fondements théologiques

Conclusion

Le sacerdoce de l'Église catholique est un mystère en lui-même qui, de son côté, s'incorpore au mystère de l'Église du Christ. Tout problème suscité par ce sacerdoce - et avant tout le grand problème toujours actuel de la continence -ne peut et ne doit pas être résolu à l'aide de réflexions et de justifications anthropologiques, psychologiques, sociologiques ou, en général, profanes et propres au monde. On ne peut pas non plus satisfaire au problème de la continence à l'aide de catégories purement disciplinaires. Toute manifestation de la vie et de l'activité du prêtre, sa nature et son identité, exigent d'abord une justification théologique. Pour la continence des clercs, nous avons tenté d'apporter celle-ci à partir de l'histoire et d'une réflexion théologique s'appuyant sur la Révélation.
Il en résulte d'abord, d'un point de vue purement formel, qu'un langage profane demeure inapte à faire un tableau satisfaisant, à la hauteur du mystère abordé ; celui-ci nécessite même un langage qui, d'une manière bien comprise, soit en mesure de transfigurer les choses. Vu de l'essentiel, c'est aussi la raison pour laquelle il ne suffit pas de demander seulement ce qui peut rendre l'Eglise plus fonctionnelle : conserver la continence ou y renoncer. Le sacerdoce de la Nouvelle Alliance n'est pas en effet une notion relative à une fonction comme dans l'Ancienne Alliance, mais au contraire une notion relative à l'être, duquel seul peut dériver l'action qui convient, selon le principe : agere sequitur esse (l'agir suit l'être).
Étant donné la théologie du sacerdoce néotestamentaire, confirmée et approfondie aussi par l'enseignement officiel de l'Église, nous pouvons nous demander si les raisons du célibat correspondent en fait simplement à une " convenance ", ou bien si le célibat n'est pas nécessaire et impossible à abandonner, si les deux réalités ne constituent pas entre elles un groupe indissociable...
Mais il nous faudra partir du fait que le sacerdoce catholique n'a pas été édifié par le fondateur de l'Eglise sur l'homme changeant, mais sur le mystère du prêtre et de l'Église qui, lui, ne change pas, et de ce fait, sur le Christ lui-même.

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L'auteur

Le cardinal ALFONS MARIA STICKLER, né le 23 août 1910 à Neunkirchen (Basse-Autriche), entra en 1928 chez les Salésiens de Don Bosco, étudia la philosophie et la théologie aux écoles supérieures de son ordre à Helenenberg (près de Trèves), Benediktbeuern, Turin et Rome. Ordonné prêtre en 1937, il fit ensuite des études de droit à l'université du Latran, couronnées par l'obtention du doctorat utriusque iuris.

A partir de 1940, il enseigna à l'université salésienne de Turin, transférée à Rome en 1958 ; depuis 1948, il y était professeur titulaire de droit ecclésiastique et d'histoire du droit ecclésiastique et fut aussi, par la suite, doyen de la faculté de droit canonique et recteur de l'université. Il devint en 1971 préfet de la Bibliothèque Vaticane, en 1983 vice-bibliothécaire de la Sainte Église Romaine et archevêque titulaire de Bolsena, en 1984 vice-archiviste et en 1985 cardinal-diacre de San Giorgio al Velabro et cardinal-bibliothécaire et archiviste jusqu'en 1988).
Le cardinal Stickler est membre de plusieurs associations et académies scientifiques internationales, consulteur à la Curie Romaine de diverses congrégations ; il a été membre de la Commission préparatoire du concile Vatican II et expert de trois commissions conciliaires, membre de la Commission préparatoire du nouveau Codex iuris canonici (jusqu'en 1983) ; il est docteur honoris causa de plusieurs universités. Sa bibliographie des années 1940-1990 a été publiée, à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire, dans les Mélanges offerts par le cardinal Castillo Lara ; elle couvre huit pages imprimées. Il est avant tout éditeur des " Studia Gratiana ", coéditeur de la série " Studi Gregoriani "et éditeur de la série " Studia et Textus Historiae Iuris Canonici ".

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Notes de l'ouvrage :

1 Il faut citer ici en premier trois publications fondamentales : CHRISTIAN COCHINI SJ, Origines apostoliques du célibat, Le Sycomore, Ed. Lethielleux, Paris 1981 ; traduction anglaise : Apostolic Origins of Priestly Celibacy, Ignatius Press, San Francisco 1990. - ROMAN CHOLIJ, Clerical Celibacy in East and West (décrit surtout l'évolution du célibat dans les Églises d'Orient), Fowler Wright Books, Leominster 1988. - FILIPPO LIOTTA, La Continenza dei Chierici nel pensiero canonistico classico (da Graziano a Gregorio IX), Quaderni di Studi Senesi 24, Giuffrè, Milano 1971.
En outre quelques autres publications générales assez récentes : I. COPPENS (dir.), Sacerdoce et célibat, Bibliotheca Ephemeridum Theol. Lovanien. XXVIII, 1971 (contient : ALFONS M. STICKLER, L'évolution de la discipline du célibat dans l'Église en Occident de la fin de l'âge patristique au concile de Trente, 373-442). De ce recueil existent une traduction anglaise (1972) et une traduction italienne (1975). - ROGER GRYSON, Les origines du célibat ecclésiastique, Duculot, Gembloux 1970. - GEORG DENZLER, Das Papsttum und der Amtszolibat, in : Pâpste und Papsttum V, 1 (Stuttgart 1973), V, 2 (1976). - MARTIN BOELENS, Die Klerikerehe in der Gesetzgebung der Kirche unter besonderer Berücksichtigung der Strafe : Von den Anfângen der Kirche bis zum Jahre 1139, Paderborn 1968. - Du même, Die Klerikerehe in der kirchlichen Gesetzgebung vom II. Laterankonzil bis zum Konzil von Basel, in : Ius Sacrum (Festschrift f. Klaus Môrsdorf), Paderborn 1969, 593-614. - Du même, Die Klerikerehe in der kirchlichen Gesetzgebung zwischen den Konzilien Basel und Trient, in : Archiv für katholisches Kirchenrecht 138. 1969, 62-81. - A. FRANZEN, Zôlibat und Priesterehe in der katholischen Reform des 16. Jahrhunderts, Münster 1969 (2. Auflage 1970). - ALFONS M. STICKLER, La continenza dei Diaconi specialmente nel primo millennio della Chiesa, in : Salesianum 26, 1964, 275-302. - Du même, Tratti salienti nella storia del celibato, in : Sacra Doctrina 60, 1970, 585-620.

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