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JÉSUS, VRAI DIEU et VRAI HOMME

Texte de Saint Irénée (+ 232)
Advesus Haereses livre III, chap 19

Qui racontera sa génération ? Car Il est homme, et pourtant qui Le connaîtra ? Seul le connaîtra celui à qui le Père qui est dans les cieux aura révélé que le Fils de l'homme, qui n'est pas né de la volonté de la chair ni de la volonté de l'homme, est le Christ, le Fils du Dieu vivant. (...) Que le Christ soit proclamé Dieu, Seigneur, Roi éternel, Fils unique et Verbe incarné, et cela aussi bien par tous les prophètes que par les apôtres et par l'Esprit lui-même, voilà ce qu'il est facile de constater à tous ceux qui ont atteint ne fût-ce qu'une infime parcelle de la vérité.

Ce témoignage, les Ecritures ne le rendraient pas de Lui, s'ils n'était qu'un homme comme tous les autres hommes. Mais parce que, seul entre tous, il a reçu une génération éclatante qui Lui vient de la Vierge, les Ecritures rendent de Lui ce double témoignage :
- d'une part, Il est homme sans beauté, sujet à la souffrance (Is 53), assis sur le petit d'une ânesse (Zach 9, 9), abreuvé de vinaigre et de fiel (Ps 68), méprisé du peuple, descendant jusque dans la mort (Ps 21) ;
- d'autre part, Il est le Seigneur saint, admirable conseiller (Is 9), éclatant de beauté (Ps 44), Dieu fort, venant sur les nuées en Juge universel (Dan 7).

Car, de même que le Seigneur était homme afin d'être éprouvé, de même Il était aussi le Verbe afin d'être glorifié :
- d'un côté le Verbe se tenait en repos lorsque le Seigneur était éprouvé, outragé, crucifié et mis à mort ;
- de l'autre, l'homme était "absorbé" lorsque le Seigneur vainquait, supportait la souffrance, montrait sa bonté et était enlevé au ciel.

Ainsi donc, le Fils de Dieu, notre Seigneur, tout en étant le Verbe du Père, était aussi le Fils de l'homme : car de Marie, issue des créatures humaines et créature humaine elle-même, Il avait reçu une naissance humaine.

C'est pourquoi le Seigneur lui-même nous a aussi donné un signe dans la profondeur et dans la hauteur (Cf Is 7), sans que l'homme l'eut demandé : car jamais celui-ci ne se fût attendu à ce qu'une Vierge devînt enceinte, tout en demeurant vierge, et mît au monde un Fils, à ce que le fruit de cet enfantement fût Dieu avec nous (Emmanuel) ; à ce qu'Il descendît dans les profondeurs de la terre pour y chercher la brebis perdue, c'est à dire son propre ovrage par lui modelé, et à ce qu'Il remontât ensuite dans les hauteurs pour offrir et remettre à son Père l'homme ainsi retrouvé, effectuant en lui même les prémices de la résurrection de l'homme. Car, comme la tête est ressuscitée des morts, ainsi le reste du corps, c'est à dire tout homme qui sera trouvé dans la Vie, ressuscitera à son tour.

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