Qui racontera sa génération ? Car Il est homme, et pourtant qui Le connaîtra ? Seul le connaîtra celui à qui le Père qui est dans les cieux aura révélé que le Fils de l'homme, qui n'est pas né de la volonté de la chair ni de la volonté de l'homme, est le Christ, le Fils du Dieu vivant. (...) Que le Christ soit proclamé Dieu, Seigneur, Roi éternel, Fils unique et Verbe incarné, et cela aussi bien par tous les prophètes que par les apôtres et par l'Esprit lui-même, voilà ce qu'il est facile de constater à tous ceux qui ont atteint ne fût-ce qu'une infime parcelle de la vérité.
Ce témoignage, les Ecritures ne le
rendraient pas de Lui, s'ils n'était qu'un homme comme
tous les autres hommes. Mais parce que, seul entre tous, il a
reçu une génération éclatante qui
Lui vient de la Vierge, les Ecritures rendent de Lui ce double
témoignage :
- d'une part, Il est homme sans beauté, sujet à
la souffrance (Is 53), assis sur le petit d'une ânesse (Zach
9, 9), abreuvé de vinaigre et de fiel (Ps 68), méprisé
du peuple, descendant jusque dans la mort (Ps 21) ;
- d'autre part, Il est le Seigneur saint, admirable conseiller
(Is 9), éclatant de beauté (Ps 44), Dieu fort, venant
sur les nuées en Juge universel (Dan 7).
Car, de même que le Seigneur était
homme afin d'être éprouvé, de même Il
était aussi le Verbe afin d'être glorifié
:
- d'un côté le Verbe se tenait en repos lorsque le
Seigneur était éprouvé, outragé, crucifié
et mis à mort ;
- de l'autre, l'homme était "absorbé"
lorsque le Seigneur vainquait, supportait la souffrance, montrait
sa bonté et était enlevé au ciel.
Ainsi donc, le Fils de Dieu, notre Seigneur, tout en étant le Verbe du Père, était aussi le Fils de l'homme : car de Marie, issue des créatures humaines et créature humaine elle-même, Il avait reçu une naissance humaine.
C'est pourquoi le Seigneur lui-même
nous a aussi donné un signe dans la profondeur et dans
la hauteur (Cf Is 7), sans que l'homme l'eut demandé :
car jamais celui-ci ne se fût attendu à ce qu'une
Vierge devînt enceinte, tout en demeurant vierge, et mît
au monde un Fils, à ce que le fruit de cet enfantement
fût Dieu avec nous (Emmanuel) ; à ce qu'Il
descendît dans les profondeurs de la terre pour y chercher
la brebis perdue, c'est à dire son propre ovrage par lui
modelé, et à ce qu'Il remontât ensuite dans
les hauteurs pour offrir et remettre à son Père
l'homme ainsi retrouvé, effectuant en lui même les
prémices de la résurrection de l'homme. Car, comme
la tête est ressuscitée des morts, ainsi le reste
du corps, c'est à dire tout homme qui sera trouvé
dans la Vie, ressuscitera à son tour.