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Après la Mort : ce que nous dit la Foi,
Un enseignement de JP II... : LE PURGATOIRE...

Fondée sur la résurrection du Christ, la foi de l'Eglise jette sa lumière sur les grandes interrogations que l'homme de toutes les générations porte en lui. Qu'est-ce que la mort ? Que devenons-nous après la mort ? Autant de questions qui ne reçoivent que des réponses partielles des sciences expérimentales ou des sciences humaines.
La foi chrétienne nous dit que la personne humaine possède une âme immortelle ­ ce que certaines philosophies pré-chrétiennes avaient déjà proclamé. Mais elle annonce également que l'homme est appelé à un bonheur suprême et éternel, la béatitude, qui consiste dans une parfaite relation d'amour et de communion avec Dieu et avec ses frères. L'entrée dans cette béatitude, don suprême de Dieu à ses enfants, dépend donc de la capacité du cur humain à la désirer et à l'accueillir. Elle est donc tributaire, et cela devient redoutable, du soin persévérant que l'homme aura mis à s'y préparer durant sa vie terrestre.
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Le purgatoire : un état de purification pour entrer dans la lumière de Dieu
( Jean-Paul II,AG, 4 août 1999,ORf 32-33)

Sur la base de l'option définitive pour Dieu, l'homme se trouve face à une alternative : ou bien il vit avec le Seigneur dans la béatitude éternelle, ou bien il reste loin de sa présence.
Pour ceux qui se trouvent en condition d'ouverture à Dieu, mais de façon imparfaite, le chemin vers la pleine béatitude exige une purification, que la foi de l'Eglise illustre à travers la doctrine du " Purgatoire " (cf. Catéchisme de l'Eglise catholique, 1030-1032).

Dans l'Ecriture Sainte, il est possible de saisir certains éléments qui aident à comprendre le sens de cette doctrine, bien qu'elle ne soit pas énoncée de façon formelle. Ceux-ci expriment la conviction que l'on ne peut pas accéder à Dieu sans passer à travers une quelconque purification.

Selon la législation religieuse de l'Ancien Testament, ce qui est destiné à Dieu doit être parfait.
Par conséquent, l'intégrité également physique est particulièrement exigée pour les réalités qui entrent en contact avec Dieu sur le plan du sacrifice, comme par exemple les animaux à immoler (cf. Lv 22, 22) ou sur celui institutionnel, comme dans le cas des prêtres, ministres du culte (cf. Lv 21, 17-23).
A cette intégrité physique doit correspondre un dévouement total des individus et de la collectivité (cf. 1 R 8, 61), au Dieu de l'alliance dans la lignée des enseignements du Deutéronome (cf. 6, 5).
Il s'agit d'aimer Dieu de tout son être, avec une pureté de coeur et à travers le témoignage d'oeuvres.
L'exigence d'intégrité s'impose évidemment après la mort, pour entrer dans la communion parfaite et définitive avec Dieu. Ceux qui ne possèdent pas cette intégrité doivent passer par la purification. Un texte de Saint Paul le suggère. L'Apôtre parle de la valeur de l'oeuvre de chacun, qui sera révélée au jour du jugement, et dit : " Si l'oeuvre bâtie sur le fondement [qui est le Christ] subsiste, l'ouvrier recevra une récompense; si son oeuvre est consumée, il en subira la perte; quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu " (1 Co 3, 14-15).

Pour atteindre un état d'intégrité parfaite, l'intercession ou la médiation d'une personne est parfois nécessaire. Par exemple, Moïse obtient le pardon de son peuple à travers une prière, dans laquelle il évoque l'oeuvre salvifique accomplie par Dieu par le passé et invoque sa fidélité au jurement fait aux pères (cf. Ex 32, 30 et v. 11-13). La figure du Serviteur du Seigneur, définie par le Livre d'Isaïe, se caractérise également par la fonction d'intercéder et d'expier en faveur de la multitude ; au terme de ses souffrances, il " verra la lumière " et " justifiera les multitudes ", s'accablant lui-même de leurs fautes (cf. Is 52, 13-53, 12, spéc. 53, 11).
Le Psaume 51 peut être considéré, selon la vision de l'Ancien Testament, comme une synthèse du processus de réintégration : le pécheur confesse et reconnaît sa faute (v. 6), demande avec insistance à être purifié ou " lavé " (v. 4. 9. 12. 16) pour pouvoir proclamer la louange divine (v. 17).
Dans le Nouveau Testament, le Christ est présenté comme l'intercesseur, qui assume les fonctions du prêtre suprême le jour de l'expiation (cf. He 5, 7 ; 7, 25). Mais en Lui, le prêtre présente une configuration nouvelle et définitive. Il entre une seule fois dans le sanctuaire céleste dans le but d'intercéder aux côtés de Dieu en notre faveur (cf. He 9, 23-26, spéc. 24). Il est le prêtre et dans le même temps la " victime d'expiation " pour les péchés du monde entier (cf. 1 Jn, 2, 2).

Jésus, comme le grand intercesseur qui expie pour nous, se révélera pleinement à la fin de notre vie, lorsqu'il s'exprimera à travers l'offre de miséricorde mais également à travers l'inévitable jugement pour celui qui refuse l'amour et le pardon du Père.
L'offre de la miséricorde n'exclut pas le devoir de nous présenter purs et intègres aux côtés de Dieu, riches de cette charité que Paul appelle " lien de perfection " (Co 3, 14).
Au cours de notre vie terrestre, en suivant l'exhortation évangélique à être parfaits comme le Père céleste (cf. Mt 5, 48), nous sommes appelés à croître dans l'amour pour nous trouver fermes et irréprochables devant Dieu le Père " lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints " (1 Th 3, 12 sq). D'autre part, nous sommes invités à " [nous purifier] de toute souillure de la chair et de l'esprit " (2 Co 7, 1 ;cf. 1 Jn 3, 3), car la rencontre avec Dieu exige une pureté absolue.
Toute trace d'attachement au mal doit être éliminée; toute difformité de l'âme corrigée. La purification doit être complète et cela est précisément ce qui fait l'objet de la doctrine de l'Eglise sur le purgatoire. Ce terme n'indique pas un lieu, mais une condition de vie. Ceux qui, après la mort, vivent dans un état de purification sont déjà dans l'amour du Christ, qui les relève des restes de l'imperfection.

Il convient de préciser que l'état de purification n'est pas un prolongement de la situation terrestre, comme si après la mort, il était donnée une autre possibilité de changer son destin.
L'enseignement de l'Eglise à ce propos est sans équivoque et a été répété par le concile Vatican II, qui enseigne : " Ignorants du jour et de l'heure, il faut que, suivant l'avertissement du Seigneur, nous restions constamment vigilants pour mériter, quand s'achèvera le cours unique de notre vie terrestre (cf. He 9, 27), d'être admis avec Lui aux noces et comptés parmi les bénis de Dieu, au lieu d'être, comme de mauvais et paresseux serviteurs écartés par l'ordre de Dieu vers le feu éternel vers ces ténèbres du dehors où ''seront les pleurs et les grincements de dents'' (Mt 22, 13 et 25, 30) " (Lumen gentium, n. 48).

Un dernier aspect important que la tradition de l'Eglise a toujours souligné, est reproposé aujourd'hui : il s'agit de celui de la dimension communautaire. En effet , ceux qui se trouvent dans une condition de purification sont liés aux bienheureux qui jouissent pleinement de la vie éternelle ainsi qu'à nous, qui sommes en pèlerinage en ce monde vers la maison du Père.
Comme dans la vie terrestre, les croyants sont unis entre eux dans l'unique Corps mystique, ainsi après la mort, ceux qui vivent dans l'état de purification expérimentent la même solidarité ecclésiale qui oeuvre dans la prière, dans les suffrages et dans la charité des autres frères dans la foi. La purification est vécue dans le lien essentiel qui se crée entre ceux qui vivent la vie du siècle présent et ceux qui jouissent déjà de la béatitude éternelle.

La prière pour les âmes du purgatoire
(Jean-Paul II, pour le millénaire de la commémoration des fidèles défunts, 2 juin 2000, ORf38)


En priant pour les morts, l'Eglise contemple avant tout le mystère de la Résurrection du Christ qui, par sa Croix, nous obtient le salut et la vie éternelle. Aussi, avec saint Odilon, pouvons-nous redire sans cesse : " La Croix m'est un refuge, la Croix m'est la voie et la vie ".
La Croix est mon arme invincible. La Croix repousse tout mal. La Croix dissipe les ténèbres. " La Croix du Seigneur nous rappelle que toute vie est habitée par la lumière pascale, qu'aucune situation n'est totalement perdue, car le Christ a vaincu la mort et nous ouvre le chemin de la vraie vie. La Rédemption " se réalise par le sacrifice du Christ, grâce auquel l'homme rachète la dette du péché et est réconcilié avec Dieu " (Tertio millennio adveniente, n. 7).
Sur le sacrifice du Christ se fonde notre espérance. Sa Résurrection inaugure " les derniers temps " (1 p 1, 20 ;cf. He 1, 2). La foi en la vie éternelle que nous professons dans le credo est une invitation à la joyeuse espérance de voir Dieu face à face.
Croire en la résurrection de la chair, c'est reconnaître qu'il y a une fin dernière, une finalité ultime à toute vie humaine, qui " comble tellement le désir de l'homme qu'elle ne laisse rien à désirer en dehors d'elle " (saint Thomas d'Aquin). C'est ce même désir qu'exprimait admirablement saint Augustin : " Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre coeur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi " (Confessions, I, 1). Nous sommes donc tous appelés à vivre avec le Christ, assis à la droite du Père, et à contempler la Trinité Sainte, car " Dieu est l'objet principal de l'espérance chrétienne " (Alphonse de Liguori) ; avec Job, nous pouvons déjà nous exclamer : " Je sais, moi, que mon Libérateur est vivant, et qu'à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps je me tiendrai debout ; et de mes yeux de chair, je verrai Dieu. Moi-même je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas "(Jb 19, 25-27).
Nous rappelons aussi que le Corps mystique du Christ est en attente de son unité, au terme de l'histoire, lorsque tous les membres seront dans la béatitude parfaite et que Dieu sera tout en tous.
En effet, l'Eglise espère le salut éternel pour tous ses enfants et pour tous les hommes. " Nous croyons que l'Eglise est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie du salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l'Eglise. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes ; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Evangile du Christ et son Eglise, mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l'influence de la grâce, s'efforcent d'accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut " (Paul VI, Profession de foi).
Dans l'attente que la mort soit définitivement vaincue, des hommes " continuent sur terre leur pèlerinage ; d'autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d'autres enfin sont dans la gloire " et contemplent la Trinité dans la pleine lumière (Lumen gentium, n. 49). Unie aux mérites des saints, notre prière fraternelle vient au secours de ceux qui sont en attente de la vision béatifique. L'intercession pour les morts de même que la vie des vivants selon les commandements divins obtiennent des mérites qui servent au plein accomplissement du salut.
C'est une expression de la charité fraternelle de l'unique famille de Dieu, par laquelle " nous répondons à la vocation profonde de l'Eglise " ( Lumen gentium, n. 51) : " Sauver des âmes qui aimeront Dieu éternellement " ( Thérèse de Lisieux ). Pour les âmes du purgatoire, l'attente du bonheur éternel, de la rencontre avec le Bien-Aimé, est source de souffrances à cause de la peine due au péché, qui maintient loin de Dieu.
Mais il y a aussi la certitude que, le temps de purification achevé, l'âme ira à la rencontre de Celui qu'elle désire (cf. Ps 42 ; 62).
La contemplation de la vie des hommes qui ont suivi le Christ nous stimule, pour mener une existence chrétienne belle et droite, qui nous rend " dignes du Royaume de Dieu " ( 2 Th 1, 5).
De ce fait, nous sommes appelés à la " vigilance surnaturelle ", selon l'expression du cardinal Perraud, afin que nous nous préparions chaque jour à la vie éternelle. Comme le soulignait le cardinal John Henry Newman, " nous devons non seulement croire, mais veiller; non seulement aimer, mais veiller ; non seulement obéir, mais veiller.
Il est possible que la vigilance soit l'épreuve même où l'on reconnaît le chrétien ". Car veiller, c'est " être détaché de ce qui est présent et vivre dans ce qui est invisible ; vivre avec la pensée du Christ tel qu'il est venu une fois et tel qu'il viendra de nouveau; désirer son avènement " ( Parochial and plain Sermons, IV, 8).
Les prières d'intercession et de demande que l'Eglise ne cesse d'adresser à Dieu ont une très grande valeur.
Elles sont " le propre d'un coeur accordé à la miséricorde de Dieu " (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 2635). Le Seigneur se laisse toujours toucher par les supplications de ses enfants, car il est le Dieu des vivants.
Au cours de l'Eucharistie, par la prière universelle et par le memento pour les défunts, la communauté rassemblée présente au Père de toutes miséricordes ceux qui sont morts, afin que, par l'épreuve du purgatoire, si cela leur est nécessaire, ils soient purifiés et qu'ils parviennent au bonheur éternel. En les confiant au Seigneur, nous nous reconnaissons solidaires d'eux et nous participons à leur salut, dans cet admirable mystère de la communion des saints.
L'Eglise croit que les âmes qui sont retenues dans le purgatoire " sont aidées par les intercessions des fidèles et surtout par le sacrifice propitiatoire de l'autel " ( Concile de Trente, Décret sur le purgatoire ), ainsi que " par les aumônes et les autres oeuvres de piété " (Eugène IV, Bulle Laetantur coeli). " En effet, la sainteté vécue, tout en provenant de la participation à la vie de sainteté de l'Eglise, représente aussi par elle-même une première et fondamentale contribution à la sainteté de l'Eglise en tant que ''Communion des Saints'' " ( Christifideles laici, n. 17).

J'encourage donc les catholiques à prier avec ferveur pour les défunts, pour ceux de leurs familles et pour tous nos frères et soeurs qui sont morts, afin qu'ils obtiennent la rémission des peines dues à leurs péchés et qu'ils entendent l'appel du Seigneur : " Viens, ô ma chère âme, au repos éternel entre les bras de ma bonté, qui t'a préparé les délices éternelles " ( saint François de Salles, Introduction à la vie dévote 17, 4).

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