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Le SYMBOLE QUICUMQUE dit d'Athanase...

(entre 430 et 500?)
Le symbole Quicurnque (son premier mot) n'est pas de l'évêque d'Alexandrie, Athanase (298-373). Il ne figure dans aucun manuscrit de ses oeuvres et ne lui fut guère attribué qu'à partir du VIIe siècle. Rédigé en latin, empruntant beaucoup à la théologie latine, il a dû être élaboré, vers la fin du Ve siècle, dans un milieu nourri des oeuvres d'Augustin (354-430), peut-être le sud de la Gaule. On a proposé divers auteurs, tels Hilaire d'Arles (t 449), Ambroise de Milan (v. 340-397), Nicélas de Remesiana (t après 414), Honorat d'Arles (t 4291430), Vincent de Lérins (t avant 450), etc. Aucune de ces attributions n'est définitivement acceptable. Les formules rythmées et antithétiques (1) que reprennent sous des aspects divers les mystères de la Trinité et de l'Incarnation facilitèrent certainement la diffusion de ce symbole. Reçu chez les protestants, il est en usage dans la liturgie anglicane et dans la liturgie romaine.
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Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : celui qui ne la garde pas entière et pure ira, sans aucun doute, à sa perte éternelle.
Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'unité, sans confondre les Personnes, sans diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint Esprit ; mais le Père, le Fils et le Saint Esprit ont une même divinité, une gloire égale, une même éternelle majesté.

Comme est le Père, tel est le Fils, tel le Saint Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint Esprit ; immense est le Père, immense le Fils, immense le Saint Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; ni non plus trois incréés, ni trois immenses, mais un incréé et un immense. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint Esprit est Dieu ; et cependant, ils ne sont pas trois dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois seigneurs, mais un Seigneur : car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des Personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois dieux ou trois seigneurs.

Le Père n'a été fait par personne, il n'est ni créé ni engendré ; le Fils ne vient que du Père, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint Esprit, non pas trois Saints Esprits. Et dans cette Trinité il n'est aucun avant ou après, aucun plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'unité. Celui donc qui veut être sauvé doit croire cela sur la Trinité.

Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi à l'Incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ.
Voici la foi orthodoxe : nous croyons et nous confessons que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme : il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles ; et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait, composé d'une âme raisonnable et d'un corps humain, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité.
Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a passé dans la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte chacun de leurs actes ; ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel.

Telle est la foi catholique : si l'on n'y croit pas fidèlement et fermement, on ne pourra être sauvé.
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1 La traduction latine ajoute : « et du Fils ». Ce Filioque, introduit d'abord en Espagne, passa ensuite dans l'usage de la Gaule et de la Germanie. Un synode de l'empire carolingien demanda au pape Léon III sa réception par l'Église romaine. C'est Benoît VIII (t 1024) qui l'introduira dans le Credo de la liturgie de Rome. Les Grecs ignorèrent le Filioque, n'admettant pas qu'on pût ajouter quelque chose au symbole. Il s'agit en réalité d'une explication de ce que le symbole contenait déjà. Au Il- concile de Lyon et au concile de Florence, les Grecs recevront, avec les Latins, le Filioque [FC 226, 2271.

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