LE SALUT ANNONCE et PREPARE

Serviam remercie vivement la Rédaction du journal FRANCE CATHOLIQUE de son très aimable accord de mise en ligne de cet enseignement du Père François de Vorges

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Nous allons essayer de présenter toutes les annonces du salut qui se trouvent dans l’AT, spécialement en cherchant quelles actions Dieu a accomplies qui préfigurent et préparent ce que le Christ a fait.

I – Alliance et péché

Si nous avons découvert que le malheur de l’homme vient de son manque de relation avec Dieu, de son péché, il faut d’abord interroger l’AT sur la profondeur et la réalité du péché.
Si la donnée fondamentale de l’AT est l’Alliance, le péché se présente comme une rupture de l’Alliance. Dieu crée un peuple par son Alliance. Celle-ci semble d’abord cultuelle, les tribus qui reconnaissent le même Dieu et qui se retrouvent, par exemple à Sichem (Josué 24) pour un culte original (pas de statues..), « Nous servirons le Seigneur notre Dieu et nous écouterons sa voix » (24,24). Servir, c’est rendre un culte, écouter sa voix, c’est observer les commandements. Nous sommes dans le contexte deutéronomique, « Ecoute, Israël (schemma !), les lois et les commandements que je vous enseigne, pour les mettre en pratique, afin que vous viviez et entriez dans le pays que le Seigneur, le Dieu de vos pères, vous donne » (Dt 4,1). Tout ce livre proclame que l’observance des commandements est la voie du bonheur et que s’en écarter est source de malheur.
Le péché du peuple est alors de s’écarter de cette voie, de laisser la place à d’autres cultes et de ne pas pratiquer le droit et la justice. On donnera en exemple le péché du roi : l’adultère et le meurtre commis par David, en 2 Samuel 11 et 12, l’idolâtrie de Jéroboam, installant un veau d’or à Béthel, en 1 Rois 12,28, ou la conduite des rois impies, comme Roboam, lui qui entraîna Juda « à faire ce qui déplait aux yeux du Seigneur » (1 Rois, 14,22). Ils ont valeur emblématique du péché de tous.
La prédication prophétique va mettre l’accent sur cette rupture d’alliance, et la faire descendre au niveau individuel.
Mais l’Alliance est un don de Dieu, une initiative de Dieu , elle ne peut donc être renouée que par une autre initiative de Dieu. Le salut apparaît donc comme une action divine. Cette action va être attendue avec de plus en plus de force et d’impatience, d’autant plus que les circonstances semblent être contraires et que le peuple s’éloigne de l’Alliance.

La prédication de Jérémie, dans la phase qui précède immédiatement la ruine de Jérusalem et l’Exil, est caractéristique. On peut la résumer : Jérusalem est inconvertissable, le châtiment est inévitable, mais il y aura un grand bonheur après ce drame.

II – Les actions divines

Les psaumes, dont beaucoup ont la saveur d’une prière individuelle, chantent inlassablement le Dieu qui sauve. Il est souvent invoqué comme le salut (62,3 et 7). Ces psaumes reflètent l’expérience de ceux qui ont vécu une expérience de salut :

Et moi qui ne cesse d’espérer,
J’ajoute encore à ta louange.
Ma bouche annonce tout le jour
Tes actes de justice et de salut
Je n’en connais pas le nombre. (71,14-15)

En particulier, le psaume 106 énumère des expériences dramatiques dont le croyant a été délivré par l’action de Dieu – la souffrance de la faim et de la soif dans le désert, mais Dieu conduit à bon port(4-9) -- l’esclavage et les travaux pénibles dont Dieu délivre (10-16) -- le péché qui met dans une attitude de dégoût (17-22) -- et même le mal de mer et la possibilité de naufrage (23-32) [C’est peut-être cette séquence qui empêche de ne voir dans ce psaume qu’une allusion à l’Exode].
Il faut remarquer que dans ce psaume, comme dans beaucoup d’autres textes, la guérison n’apparaît que comme une réalité parmi d’autres, nous sommes loin des dieux guérisseurs des grecs et des latins. La guérison physique est le signe et la conséquence de la guérison morale, du salut. Celui-ci diffère de la guérison encore par un autre aspect : la guérison est le retour à une vie qui avait été blessée, mais elle n’implique aucun changement moral, le salut est l’entrée dans une vie qui est totalement orientée vers Dieu, en langage plus moderne, c’est s’en remettre à celui qui donne sens à sa vie.

Les spécialistes sont divisés sur le point suivant : l’expérience de salut, de délivrance, qui est présentée sous la forme de la sortie d’Égypte, est-elle strictement historique ou est-elle une réécriture à la lumière d’une autre délivrance, beaucoup plus proche dans le temps, celle du retour de l’Exil ?
Quelle que soit la position exégétique soutenue, nous devons comprendre que l’une et l’autre expérience témoignent d’une certitude : Dieu a agit pour son peuple de manière forte et décisive : « à main forte et à bras étendu » pour reprendre l’expression biblique.

Malgré ces actions divines, le péché et les malheurs qui l’accompagnent continuent. Au retour de l’Exil, le courage manque, les divisions se multiplient, la tentation de l’idolâtrie continue, spécialement lors de l’arrivée de la prestigieuse civilisation hellénistique. Le prophétisme va alors présenter le salut comme un réalité eschatologique, dans des temps qui seront autres et qui sont annoncés comme des temps où Dieu agira directement, comme roi (Psaume 71) ou comme berger efficace et dévoué (Ezékiel 34). Cette attente va s’exacerber en prévoyant un embrasement final, décrit avec maints symboles, c’est l’apocalyptique. L’attente d’une action de Dieu est tellement forte qu’on la pare de couleurs éclatantes. Si on voulait employer une expression triviale, devant tant de malheurs : « Il faut que ça pète ou que ça dise pourquoi ».

III – Les fondements de l’espérance : les qualités divines

« Dieu ne peut pas laisser faire cela », semble se dire le croyant de l’Ancienne Alliance. Mais qu’est-ce qui justifie cette certitude ? Quel est le fondement de son espérance dans une intervention divine, libératrice et bienfaisante ?

Nous avons vu que la mémoire des actions passées joue un grand rôle. Cela se concrétise dans la prière par la forme du mémorial : Souviens-toi, Seigneur, de ce que tu as fait et agis dans le même sens. Par exemple la prière de Moïse en Exode 32,13-14 ou celle d’Esdras en Néhémie 9.

Il faut aller plus profond et voir sur quelles qualités du Dieu de l’Alliance se fonde cette espérance et cet appel : ce sont la fidélité et la justice.
La fidélité, en hébreu émet, évoque la solidité, la vérité, la durée des actions et des paroles divines. Elle va montrer deux aspects. Il y d’abord celui de l’engagement irrévocable de Dieu par l’Alliance. Dieu ne ment pas et ne se rétracte pas (Nombres 23,19), son projet dure d’âge en âge (Ps 32,11). Cela est montré, par exemple, dans la promesse à un descendant de David, dans le psaume 131 ou plus encore dans le psaume 88 :

J'ai trouvé David mon serviteur, je l'ai sacré avec mon huile sainte ;
et ma main sera pour toujours avec lui , mon bras fortifiera son courage ……..
Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle ;
Je fonderai sa dynastie pour toujours, son trône aussi durable que les cieux.
Si ses fils abandonnent ma loi, ne suivent pas mes volontés,
s'ils osent violer mes préceptes et ne gardent pas mes commandements,
je punirai leur faute en les frappant et je châtierai leur révolte,
mais sans lui retirer mon amour, ni démentir ma fidélité.
Jamais je ne violerai mon alliance, ne changerai un mot à mes paroles.
Je l'ai juré une fois sur ma sainteté ; non, je mentirai pas à David !
Sa dynastie, sans fin subsistera, et son trône comme le soleil en ma présence,
comme la lune établie pour toujours, fidèle témoin là-haut ! (21-22 et 29-38)

De plus, ce psaume nous montre que le concept de fidélité est proche de ceux d’amour (en hébreu hésed , qui peut aussi se traduire par grâce) et de vérité. Cette fidélité apparaît aussi liée à la qualité créatrice de Dieu :

Pour toujours ta parole, Seigneur, se dresse dans les cieux.;
Ta fidélité demeure d'âge en âge, la terre que tu fixas tient bon (Ps 118,89-90).

On pourrait paraphraser cette notion de fidélité en disant familièrement que Dieu a de la suite dans les idées. Il a créé le monde et les hommes, son dessein bienveillant ira à son achèvement, même si les moyens employés nous déroutent.
Apparaît alors le second élément de cette fidélité : celui d’une action future qu’il ne peut pas ne pas entreprendre pour rester fidèle à son projet bienveillant. Le prophète est le héraut de cette annonce, avec une incertitude sur le temps et le mode de cette intervention, et sera relayé par l’apocalyptique qui poussera les images à l’extrême.

Si nous sommes familiers avec cette notion biblique de fidélité, proche de notre expérience et qui résonne dans nos cœurs à cause des mots amour et grâce qui lui sont associés, le concept biblique de justice est beaucoup plus difficile à saisir. Nous le percevons d’abord comme une variante de notre justice humaine, distributive, égalitaire. Certes, c’est par ce biais que l’AT introduit cette notion. Dieu est juste parce qu’il libère les opprimés et vient en aide à la veuve et à l’orphelin :

Je veux louer le Seigneur tant que je vis, chanter mes hymnes pour mon Dieu tant que je dure….Heureux qui s'appuie sur le Dieu de Jacob, qui met son espoir dans le Seigneur son Dieu, lui qui a fait le ciel et la terre et la mer, et tout ce qu'ils renferment. Il garde à jamais sa fidélité, il fait justice aux opprimés ; aux affamés, il donne le pain ; le Seigneur délie les enchaînés. Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l'étranger. Il soutient la veuve et l'orphelin, il égare les pas du méchant. (Ps 145,2,5-9).

Mais cette notion va qualifier Dieu en lui-même. Dieu ne peut pas laisser faire n’importe quoi dans la création qu’il a voulue, avec un fonctionnement et une richesse qui reste son secret. On va passer de Dieu qui fait justice à Dieu juste et saint qui ne tolère pas le sabotage de son œuvre par le péché de l’homme. Mais Dieu n’exercera pas cette rigueur à la manière de hommes, il le fera avec la qualité complémentaire de la miséricorde :

Je ne donnerai pas cours à l'ardeur de ma colère,
je ne détruirai pas à nouveau Éphraïm,
car je suis Dieu et non pas homme, au milieu de toi
je suis le Saint, et je ne viendrai pas avec fureur (Osée 11,9).

Le NT et spécialement saint Paul reprendra cet aspect en parlant de la justification du pécheur, c’est à dire de la délivrance gratuite de son péché, par une initiative de Dieu qui dépasse ce que nous pourrions attendre ou imaginer :

Ta justice nous répond par des prodiges, Dieu notre sauveur (Ps 65,6).
On dira ta force redoutable ; je raconterai ta grandeur.
On rappellera tes immenses bontés ; tous acclameront ta justice (Ps 144, 6-7).

IV – L’épreuve de la persécution

Un autre élément, lié à des événements très précis et douloureux de l’histoire d’Israël, va surgir comme une annonce de ce que le Christ va devoir vivre pour notre salut : le passage par la souffrance.

Nous sommes dans le contexte de la persécution d’Antiochus Épiphane. La vieille religion de l’Alliance semble désuète par rapport aux splendeurs du paganisme hellénistique. Non content de laisser fleurir stades et célébration païennes, même dans le lieu saint de Jérusalem, ce roi veut éradiquer la religion des Pères. Il va falloir défendre sa foi au prix de sa propre vie.
Deux livres nous présente cette perspective. Le livre de Daniel situe cette persévérance au temps mythique de l’Exil, mais il s’agit bien de résister en restant fidèle aux prescriptions de l’Alliance, même dans ce qu’elles ont de plus extérieur, les interdits alimentaires par exemple. On peut rapprocher cela de la démarche d’Esther qui affronte le roi Assuérus pour sauver son peuple du massacre.
Mais c’est le mystérieux personnage des chapitres 42 à 53 d’Isaïe, (plus précisément 42,1-9, 49,1-6, 50,4-9 et 52,13-53,12) qui est le plus caractéristique de cette perspective. Ce serviteur a des traits communautaires, c’est le peuple, Jacob, qui est atteint par l’épreuve mais qui sera sauvé par sa fidélité. Mais il prend aussi un aspect très personnel puis que : « C’est lui qui doit relever les tribus d’Israël ».
Au fil de ces quatre poèmes, un aspect devient de plus en plus présent : le Serviteur va supporter la souffrance à cause du péché des autres et être ainsi celui qui apportera le salut.

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur, il montera, il s'élèvera, il sera exalté ! La multitude avaient été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu’il ne ressemblait plus à un homme ; il n’avait plus l’aspect d’un fils d’Adam. Et voici qu’il consacrera une multitude de nations : devant lui des rois resteront bouche bée, car ils verront ce qu’on ne leur avait jamais dit, ils découvriront ce dont ils n’avaient jamais entendu parler.
Qui aurait cru ce que nous avons entendu ? A qui la puissance du Seigneur a-t-elle ainsi été révélée ? Devant Dieu, le Serviteur a poussé comme une plante chétive, enraciné dans une terre aride. Il n’était ni beau ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n’avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleur, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne, et nous l’avons méprisé, compté pour rien.
Pourtant, c’était nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu’il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or c’est à cause de nos fautes qu’il a été transpercé, c’est par nos péchés qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous.
Maltraité, il s'humilie, il n'ouvrait pas la bouche ; comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvrait pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est soucié de son destin ? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple. On l’a enterré avec les mécréants et son tombeau est avec celui des enrichis ; et pourtant il n’a jamais commis l’injustice, ni proféré de mensonge.
Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. Mais, s'il fait de sa vie un sacrifice d’expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours : et par lui s’accomplira la volonté du Seigneur.
À cause de ses souffrances, il verra la lumière et sera comblé. Parce qu’il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés.
C'est pourquoi je lui donnerai la multitude en partage, les puissants seront la part qu’il recevra, car il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort, il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.

Ce texte, que le Seigneur Jésus a médité, et dans lequel il s’est reconnu, nous est proclamé pendant la liturgie de la semaine sainte. Il constitue la prophétie la plus poignante de la passion du Christ.
C’est en s’appuyant sur ce texte que fut établie la théorie de la substitution pénale avec laquelle nous nous débattrons dans les prochaines communications.
Les trois affirmations majeures de ce poème sont - la place de la souffrance, non comme un plaisir pour Dieu mais comme une acceptation de la condition blessée de l’homme, - la victoire finale du Serviteur malgré sa défaite apparente - le bienfait que les autres êtres humains en retireront.

V – Le sang

Il nous reste une toute autre piste à explorer, même si elle est un peu liée à celle de la souffrance, la place du sang dans la pensée et la liturgie de l’AT.
« Comme toutes les religions anciennes, celle d’Israël reconnaît au sang un caractère sacré, car le sang, c’est la vie (Lévitique 17, 11 ou 14 et Deutéronome 12,23) et tout ce qui touche à la vie est en rapport étroit avec Dieu, seul maître de la vie. De là trois conséquences : l’interdiction du meurtre, l’interdit alimentaire du sang, l’usage du sang dans le culte. » (Vocabulaire de théologie biblique, col. 1192). Nous nous intéresserons à ce troisième point.
L’Alliance entre Dieu et son peuple a été conclue par un rite incluant le sang : on a offert une victime, le sang en est jeté pour partie sur l’autel et pour partie sur le peuple pour signifier que cette alliance établit un lien indissoluble entre Dieu et son peuple : « Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a conclue avec vous » (Exode 24, 3-8).
L’AT connaît plusieurs sortes de sacrifices : l’holocauste, où tout est donné à Dieu en consumant la victime, le sacrifice de communion, où le fidèle partage la victime avec les prêtres pour communier à l’autel et à la divinité, les rites consécratoires qui mettent un objet (l’autel) ou une personne (le prêtre) dans le circuit divin. Les uns comme les autres donnent une part importante à l’aspersion du sang, soit sur l’autel, soit sur la foule. (Différente est la signification du sang de l’agneau qui devait marquer le linteau et les montants des portes dans la nuit de la Pâque, il doit préserver des fléaux destructeurs). Un cas particulier important est celui du rite de l’expiation, car c’est le sang « qui paye la dette de l’âme et de la personne » (Lévitique 17,11). Il prend une place prépondérante dans les liturgies comme celle du Grand Pardon (Yom kippour), où le Grand Prêtre seul, exceptionnellement, rentre dans le Saint des Saints avec le sang des victimes.
Une autre piste, abandonnée par le NT, est celle de la vengeance du sang (Genèse 9,6).

Conclusion

Nous voyons se dégager de cette rapide étude, que vous êtes invités à poursuivre par vous même, la Bible à la main, quelques lignes de synthèse :

* le salut ne peut venir que de Dieu, lui qui est fidèle et juste
* mais il faudra qu’il frappe un grand coup
* cela ne peut se faire qu’avec un drame terrible, c’est l’épreuve eschatologique : « comme à travers le feu ».
* il y aura un personnage qui accomplira cette œuvre pour le bien de tous.

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