Comment développer notre intériorité ?

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fiche 10
INTERIORITE

Comment développer notre intériorité ?
Qu'est-ce que la "vie intérieure" ? Est-ce si important ?

Dès notre réveil, et tout au long de notre journée, nos cinq sens sont constamment sollicités, "éveillés". C'est ainsi que nous appréhendons les choses et le monde qui nous entoure. Des bruits, des images, des odeurs vont provoquer chez nous des sensations plus ou moins agréables, des réactions et parfois même, dépasser simplement nos sens pour attendre notre sensibilité et générer des émotions.

Les exemples sont nombreux : les bruits de circulation, la radio qui nous réveille, qui nous abreuve de paroles ou de musique dès le petit déjeuner, la télévision qui nous bombarde d'images, les revues, les panneaux d'affichages, la "pub", etc... Certains iraient même jusqu'à dire qu'ils sont "saturés". Il faut reconnaître qu'à chaque instant, nous recevons des "messages" sans les trier le plus souvent, certains nous sont même imposés (je pense aux panneaux publicitaires dans les villes, les arrêts de bus ...) et que, parfois, nous pouvons nous sentir un peu submergés dans tout ce monde environnant, surtout fait de sons et d'images : nous sommes dans un "monde-video" !

Ces informations extérieures, nous les recevons avec nos sens et notre sensibilité qui, comme je l'ai déjà expliqué (1), sont les zones les plus extérieures de notre personne humaine. Et selon notre tempérament, le degré de notre émotivité, nous allons réagir d'une manière plus ou moins importante en fonction de la profondeur avec laquelle ces messages extérieurs vont nous affecter.
La question est justement de savoir si nous allons nous laisser submerger. Quelle place le monde extérieur représente-t-il pour moi ? Qu'elle influence a-t-il sur moi ? Les images, les choses, les évènements, les personnes, vont-ils entièrement me façonner et me dominer, et peut-être jusqu'à me détruire ? Ou bien au contraire, ce qui fait le coeur de mon être, de ma personne, va-t-il faire le tri, accepter ce qui peut m'aider à grandir, et rejeter ce qui me fera du mal ?
Nous avons déjà parlé de ce coeur, ancré au plus profond de nous-même. Nous avons vu comment ce coeur est le siège de la liberté et de la volonté, lesquelles ne vont pas l'une sans l'autre(2). Nous savons que, dans ce coeur, Dieu veut faire sa demeure où Il nous appelle et veut nous faire grandir dans Son Amour.

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Mais comment, dans le brouhaha de la vie quotidienne, garder la tête froide et le coeur en paix ? Comment écouter la voix qui habite au fond de mon coeur ? Cela ne peut se faire que dans le calme et le silence. Et le monde qui nous entoure est loin de nous ménager ! La vie tourbillonne autour de nous, et risque de nous entraîner sans savoir où nous allons... dans un tourbillon qui pourrait devenir infernal.
C'est pourquoi, pour garder notre liberté, nous avons tant besoin de prendre du recul : un recul absolument nécessaire, indispensable à l'exercice de la raison et du jugement. La raison est bien plus intérieure que l'émotion. Et notre liberté ne peut être qu'intérieure. Il faut donc s'arrêter pour réfléchir. Il nous faut à tout prix garder notre espace de liberté intérieure. Alors, comment faire ?
Cela ne se fait pas du jour au lendemain, car il faut commencer par prendre de bonnes habitudes .

- Au milieu du bruit incessant, prenons, l'habitude du silence.
Même si cela n'est pas facile... d'éteindre la télévision, la musique ou la radio. Essayons de le faire de temps en temps, pour changer d'habitude.
Faire silence, cela veut dire se taire, supprimer si l'on peut le bruit extérieur. C'est aussi faire silence dans sa tête : arrêter les images, les paroles qui nous habitent, l'imagination.
Savons-nous faire silence autour de nous, et en nous ?

- Prenons l'habitude de s'asseoir.
Je vous en ai déjà parlé : prenons le temps de nous asseoir pour réfléchir ; prenons du temps pour nourrir notre réflexion, notre intelligence dans sa recherche de la vérité. On peut réfléchir tout seul, mais aussi à l'aide d'une bonne lecture.
Savons-nous prendre du recul pour notre réflexion ?

- Prenons du temps... Une vie intérieure ne se construit pas en un jour. Prendre du temps ne veut pas dire perdre du temps. IL faut du temps pour bâtir une maison, il faut du temps pour construire un homme, une femme.

- Prenons aussi l'habitude de la prière.
Pourquoi pas ? Dieu habite le fond de notre coeur. prenons le temps de nous reposer sur Lui, sur Son Amour. Prenons le temps de Lui parler : notre prière n'a pas besoin d'être compliquée.
Merci, Seigneur... merci pour la vie que Tu me donnes, pour celle qui m'entoure. Merci pour la vie de ceux que j'aime.
Merci parce qu'il fait beau et que j'ai envie de chanter.
Merci pour cette journée où j'ai appris tant de choses.
Merci. Prière de louange. Et aussi prière d'adoration : au fond de mon coeur, je me mets à genoux devant mon Seigneur, Tout-Puissant d'Amour.

- Enfin, prenons l'habitude des sacrements, ces moments de rencontres si privilégiés que le Seigneur nous a donnés : rencontre de l'enfant avec son Père, rencontre de l'homme avec son Dieu. Cette rencontre ne se vit-elle pas d'une manière toute particulière quand nous recevons le Seigneur dans l'Eucharistie ? le sacrement du pardon, lui, nous permet une autre rencontre où auprès du Père l'enfant pécheur retrouve lumière et liberté...

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Ainsi, de bonnes habitudes peuvent nous permettre de garder notre coeur, notre être intérieur, en cohérence au milieu du brouhaha de la vie quotidienne. Ces habitudes de silence, de réflexion, de prière transforment notre vie. Mais nous n'y arriverons pas tout seul : cette construction de la vie intérieure pourra déployer toute sa dimension si elle s'appuie sur le Christ qui est "la Voie, la Vérité et la Vie".
C'est Lui le rocher sur lequel je me construis (Ps 31, 4), comme un phare qui peut tenir contre vents et marées s'il tient bon sur le roc. Comme un édifice fragile a besoin de contreforts, j'ai besoin de me laisser consolider par l'Amour du Seigneur. C'est en Lui que je peux puiser toutes les forces nécessaires pour tenir et garder ma liberté dans le monde qui tourbillonne autour de moi. Je dois puiser cette force de liberté dans celle de l'Esprit d'Amour qui nous conduit au Père, par Son fils Jésus.

Et, grâce à mon Seigneur, je puis un jour devenir assez fort pour permettre à d'autres de s'appuyer sur moi : conjoint, enfant, famille, amis, frères dans le sacerdoce ou dans l'Eglise.

C'est donc avec l'aide du Seigneur que nous pourrons exercer vis-à-vis de nous-même ce qui apparaît comme un véritable de voir de protection de notre espace de liberté intérieure, protection du très fond de notre coeur, lieu où, justement, nous pouvons rencontrer notre Dieu.

Et quand on a pris ces bonnes habitudes, savez-vous qu'il est possible, en plein métro à l'heure d'affluence, ou dans la file d'attente du self ou du cinéma, de faire silence en soi... pour prier ? Oh, peut-être quelques secondes seulement, où au fonds de soi, on peut rejoindre Celui qui attend sans cesse réponse à Son Amour.

Alors, dans le silence de ton coeur, ami, tu entendras chanter ton âme...

Odile.

(1) cf fiche 3
(2) cf. fiches sur "le Mystère du coeur", "Indépendance et liberté" , "Parlons d'amour".

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