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Serviam remercie vivement le Centre de Formation à l'Action Civique et Culturelle selon le droit naturel et chrétien,
( 49 rue des renaudes - 75017 Paris - www.centredeformation.net)
de son aimable accord de reproduction de cette conférence magistrale reproduite dans la revue permanences 383
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  Le laïcat, peuple de Dieu..., par Gustave Thibon

Quel doit être l'état d'âme du laïc dans l'Eglise d'aujourd'hui ? Au lieu de tracer des frontières, il s'agit d'insister sur le climat psychologique, social et religieux qui doit régner à l'intérieur de ces frontières.
Le mot laïc vient de laicos, de laos, peuple, par opposition aux prêtres, aux religieux.
Mais tout le monde, dans l'Eglise, fait partie du peuple de Dieu. Il n'y a pas de cloison étanche entre l'ecclésiastique et le laïc. Les cadres de l'Eglise ne sont pas constitués par des hommes dont nous devrions suivre passivement les directives et qui nous dispenseraient de participer positivement à leur enseignement et à leur exemple.
Il n'y a pas d'un côté les spécialistes du divin et de l'autre les "usagers" qui se laissent conduire, sans réfléchir et sans agir, à la façon des passagers d'un train ou d'un avion qui se confient totalement au mécanicien ou au pilote. Car la foi chrétienne intéresse toute la vie de l'homme - vie temporelle et vie spirituelle - et nul ne pense, n'aime et ne meurt par délégation et personne interposée.
La spécialité du prêtre, c'est le tout de l'homme, et que le prêtre soit par sa fonction, sa culture et le sacrement qu'il a reçu plus compétent, plus éclairé, plus parfait que nous, cela ne nous dispense en rien d'une collaboration vécue et active.
Analogiquement parlant, le rôle du prêtre s'apparente à celui du médecin : celui-ci veille sur la santé du corps et celui-là sur la santé de l'âme. Mais on ne s'abandonne pas à son médecin comme au pilote de l'avion : dans tout ce qui concerne l'hygiène, le régime et même les remèdes, nous devons interpréter les directives du médecin, les adapter à notre tempérament, à notre situation, à tout ce que l'expérience du passé nous enseigne sur nos réactions, etc. C'est dans ce sens qu'il est dit que chacun doit être son propre médecin, sauf bien entendu dans les cas extrêmes, comme dans les opérations chirurgicales qui ont lieu sous anesthésie. Mais il ne peut y avoir d'anesthésie dans le domaine spirituel, sous peine de mériter le reproche des matérialistes qui accusent la religion d'être "l'opium du peuple".

Ne pas compartimenter la religion

D'où la nécessité d'un laïcat éveillé, éclairé, capable d'assumer sa destinée temporelle et de l'orienter vers sa vie éternelle. L'Eglise est un corps hiérarchisé dont chaque cellule doit avoir sa vie propre. Il n'y a pas d'erreur plus grave que de compartimenter la religion et de tracer des frontières précises entre le sacré et le profane : il faut veiller au contraire à sacraliser le profane sous peine d'être amené à profaner le sacré.
Car Dieu est partout : "Quoi que vous fassiez, faites-le au nom du Seigneur Jésus". Sainte Catherine de Sienne répondit à quelqu'un qui se plaignait d'être entravé dans sa vie religieuse par le poids des besognes temporelles : "c'est nous qui les rendons temporelles, car tout procède de la bonté divine". La foi chrétienne n'est pas un revêtement superficiel, un "plaqué" étranger aux réalités qu'il recouvre; c'est un levain intérieur qui pénètre et transforme toute notre vie.
Nous recevons la grâce divine par les canaux de la doctrine et des sacrements, c'est-à-dire par le magistère ecclésiastique et par les prêtres, mais c'est le privilège mystérieux des canaux spirituels de ne pas nous éloigner de la source. Le membre le plus humble de la hiérarchie visible peut, si son coeur est pur, être aussi intérieur à Dieu que le Souverain Pontife. La seule cause de notre éloignement est dans notre imperfection et notre péché.

Chrétienté

Cette ouverture du peuple chrétien à Dieu est une exigence de tous les temps et de tous les lieux. Mais elle se présente aujour-d'hui sous une forme d'autant plus urgente et plus dramatique que nous vivons dans un monde d'où Dieu, en apparence, est de plus en plus absent.
Dans les siècles qui nous ont précédés, et tout particulièrement au Moyen-Age et jusqu'à la fin de l'ancien régime, le profane baignait pour ainsi dire dans le sacré, et la foi, même avec un faible coefficient de réflexion personnelle et de vie intérieure, était sans cesse soutenue et alimentée par le climat psychologique et social ambiant.
Climat psychologique : la vision générale du monde, l'imagerie populaire, le langage courant avec ses allusions et ses métaphores (qui pouvaient aller jusqu'au blasphème, mais jamais jusqu'à l'ignorance du divin), l'attitude de dépendance, de crainte et de supplication de nos aïeux devant une nature dont les ressorts leur étaient inconnus, bref, tout l'inconscient collectif de l'humanité était imprégné de mystère et de divin.
Climat social : les chefs politiques étaient aussi des chefs religieux ("l'oint du Seigneur", le "porte-glaive de Dieu", la monarchie de droit divin, etc.); les lois, la justice, les tribunaux, l'état-civil, les coutumes, les fêtes et jusqu'aux rythmes du travail et du repos étaient placés sous l'égide de la religion.
Tout cela se résume en un seul mot : chrétienté. Et la loi individuelle était protégée par cette solide armature de moeurs et d'institutions. La chrétienté portait les chrétiens.
Je ne fais par une apologie, je constate un fait. Et je n'ignore rien de ce que cet alliage de social et de divin pouvait comporter de confusions et d'impuretés.

Notre vision du monde a changé

L'évolution du monde moderne a bouleversé ce climat.
D'abord, grâce aux progrès techniques et de la civilisation urbaine, notre vision du monde a changé du tout au tout. La nature, de plus en plus explorée et manoeuvrée par la science, semble révéler l'absence de Dieu. Et l'esprit de conquête a remplacé l'esprit de prière : tant de choses que l'homme demandait jadis aux puissances supérieures, il les obtient aujourd'hui par ses seules forces.
Dans cette nouvelle situation, la construction de l'avenir tend à éliminer l'attente de l'éternité; les mythes de la science, de l'évolution et du progrès se substituent à la foi religieuse; notre attitude devant la vie, nos façons de penser et de réagir et jusqu'au symbolisme de notre langage sont affectés par ce changement d'optique.
On observe une mutation dans le domaine social et politique. Les chefs de la cité ne sont plus les représentants de Dieu, mais les mandataires du peuple; les institutions ne reposent plus sur une base religieuse; le cycle des travaux et des jours ne se déroule plus sous le signe du sacré. En deux mots, la chrétienté s'est émiettée; le monde moderne se passe de Dieu dans sa psychologie quotidienne et dans ses structures sociales.

Un chrétien conscient et organisé

Quelle doit être l'attitude du laïc devant cette laïcisation générale ?
Ici, je reprendrai sans hésiter, en la transposant sur le plan spirituel, la vieille formule syndicaliste qui a perdu toute sa sève en devenant un slogan, mais qui répond parfaitement à ma pensée : le chrétien d'aujourd'hui doit être un chrétien conscient et organisé.

- Conscient. Dans la déroute actuelle des institutions et des moeurs et parmi les orages qui bouleversent l'Eglise visible, la conscience individuelle est l'inviolable et suprême refuge de Dieu.
"Le royaume des Cieux est au-dedans de vous". Le Dieu intérieur et le Dieu transcendant s'identifient : la charité surnaturelle, cette participation à la vie divine que le Christ nous a apportée, est à l'abri de toutes les conquêtes de la science, de tous les remous de l'évolution car, suivant le mot de Pascal, "cela est d'un autre ordre", cela se situe au niveau de Dieu "qui ne donne pas comme le monde donne" et dont "la faiblesse est plus forte que les hommes".
Et tout ce qui se passe dans cette dimension surnaturelle est invulnérable au monde et au temps comme le liquide au tranchant du glaive.
On parle beaucoup aujourd'hui du chrétien adulte. Le chrétien adulte est celui qui croît en Dieu et qui aime Dieu au-delà, non seulement des images, des sentiments et des idées qu'il peut se faire de Dieu, mais aussi de tous les entraînements sociaux, de toutes les idoles du siècle : "Si le Seigneur est avec nous, qui est contre nous ?". C'est celui qui, alors même que toute l'humanité renierait la paternité divine, saurait accueillir dans son âme le Père céleste, orphelin de ses propres enfants...
Est-il besoin de souligner que cette religion personnelle se situe aux antipodes de l'individualisme et du subjectivisme religieux ? Rien, au contraire, ne favorise plus l'ouverture à l'universel que ce dialogue entre l'âme et Celui qui est tout.
La religion personnelle est le dernier refuge de Dieu, mais elle dépend à son tour d'un certain climat social, en tout cas d'un minimum de transmission du message évangélique, car l'individu ne peut rien sans l'aide de ses semblables. Aussi, à partir de ce refuge inviolable, devons-nous travailler à construire la maison de Dieu, à faire régner autour de nous Celui qui règne en nous.

- Organisé. Et c'est ici que nous touchons au second devoir du laïc : l'organisation de la cité
temporelle selon l'esprit du Christ. Il s'agit de refaire une chrétienté, c'est-à-dire un milieu social où les valeurs chrétiennes s'incarnent dans un réseau de traditions, de moeurs, de pratiques et de rites, où l'humain étaye le divin, où le temps soit un chemin vers l'éternité.
Certains apôtres de la religion personnelle ont critiqué cette immixtion du sacré dans le profane qui caractérisait les anciennes sociétés. Et certes nous n'ignorons rien des dangers qu'entraîne la collaboration de Dieu et de César : pharisaïsme, hypocrisie, etc. Mais quoi ? A force de vouloir purger le divin de son alliage social, on aboutit à purger aussi le social de son alliage divin, à la réduire, si j'ose m'exprimer ainsi, à l'état pur, c'est-à-dire à l'impureté absolue - celle du "gros animal" de Platon.
Car n'échappe pas au social : s'il n'est pas imprégné et surélevé par la religion, s'il n'a pas Dieu pour fondement et pour but, il se transforme en idole, et l'homme n'a plus le choix qu'entre l'anarchie qui le dissout ou la tyrannie de la cité qui l'écrase.
Et c'est précisément ce que nous voyons aujourd'hui : l'Etat totalitaire a germé sur la décomposition des communautés qu'animait l'esprit religieux.
Il faut opter entre deux formes de société : la cité fraternelle fondée sur la paternité divine et la cité collectiviste et technocratique qui trouve sa fin en elle-même; entre les influences extérieures qui éduquent la liberté et celles qui tendent au conditionnement absolu de l'être humain.

Civilisation de masse

Ces considérations prennent tout leur poids si l'on songe que nous vivons dans une civilisation dite des masses où le grégarisme est non seulement homologué comme un fait, mais présenté comme une valeur positive, une promotion.
La tâche essentielle des constructeurs de la cité chrétienne est de réagir contre ce phénomène de "massification"; il s'agit de dissoudre et de ventiler le conglomérat humain, de retrouver le prochain dans chaque élément de la masse, de refaire des structures sociales à travers lesquelles puissent circuler l'air du ciel.
Car la politique - au sens très large que les Grecs donnaient à ce mot : tout ce qui concerne la vie de la cité - n'est pas seulement la science du phénomène social réduit à lui-même, c'est un art qui a ses principes dans la vision de l'essence et de la destinée éternelle de l'homme.
D'où il résulte qu'elle n'atteint vraiment sa fin qu'en restant à la fois distincte et inséparable de la religion. Et plus qu'à toute autre science, on peut lui appliquer le mot de Bacon : "la religion est l'aromate qui empêche la science de se corrompre". L'expérience a d'ailleurs prouvé que tous les essais de technocratie n'ont abouti qu'à dégrader l'homme et, par contrecoup, à ruiner la société.

Au confluent de l'éternel et du temporel

Tout se résume en ceci : placé par sa vocation au confluent de l'éternel et du temporel, le laïc chrétien doit répondre à une double exigence : fidélité à l'invariant divin et respect de l'invariant humain.

- L'invariant divin. "Dieu ne change pas", disait sainte Thérèse. La révélation évangélique,
explicitée par la tradition de l'Eglise, constitue un bloc de vérités immuables qu'il faut défendre de siècle en siècle contre les opinions, les préjugés, les modes qui naissent et meurent avec le siècle.
Les époques qui nous ont précédés n'ont pas été exemptes de cette contamination de la vérité par l'opinion : l'histoire de la condamnation de Galilée - d'ailleurs outrageusement exploitée - en est un exemple éclatant.
Mais ce qui nous effraye dans l'attitude de certains chrétiens d'aujourd'hui, c'est de les voir renouveler les erreurs de ce passé qu'ils condamnent avec tant d'intransigeance, c'est-à-dire de lier aux dogmes sacrés et tangibles de la religion les dogmes profanes et mouvants de notre époque : évolution, progrès, socialisme, etc. Ainsi leur combat contre les idoles du passé, au lieu de les ramener à l'éternel, tourne au profit des idoles du présent et accroît leur virulence.
Or, en tant que gardiens de l'éternel, c'est contre les idoles du présent que nous devons lutter avant tout. Car nous ne pouvons rien sur le passé, sinon en tirer les leçons pour ne pas retomber dans les mêmes ornières. Ce n'est pas en nous abandonnant comme les feuilles mortes au vent de l'Histoire, mais en veillant sur la sève de l'arbre que nous préparerons efficacement l'avenir.

- L'invariant humain. Il consiste dans un certain style de vie - individuelle et sociale - qui soit conforme aux exigences immuables de notre nature. Dans une ascèse faite de rites, de rythmes et de pratiques autour desquels vienne s'enrouler la fuite des jours et qui exorcisent le pouvoir destructeur du temps.
C'est dans cette ligne que certaines pratiques dites de "dévotion", si légèrement méprisée aujourd'hui, prennent toute leur signification : en soumettant la chair et l'imagination (tout le côté mécanique de l'homme) au libre choix de l'esprit, elles nous vaccinent contre la fièvre et la dispersion du siècle.
Je pense ici au cycle journalier et annuel de la liturgie, au chapelet, aux pèlerinages, à la méditation à heure fixe : tous ces rites, en balisant nos chemins temporels de signaux invariables, contribuent à faire de notre vie terrestre un terrain d'envol vers le ciel.
Car le temps, suivant l'usage que nous en faisons, est le miroir ou la négation de l'éternité : plus ses eaux agitées par l'accélération de l'Histoire se précipitent en désordre, plus elles trahissent leur origine et se détournent de leur fin; les traditions et les rites sont comme un système de digues et d'écluses qui les rendent assez calmes et assez limpides pour que les astres du firmament puissent y réfléchir leur lumière immobile.
On nous traitera de "passéistes" et de "retardataires". Nous répondrons que le passé est le fondement, le terrain nourricier du présent et de l'avenir et que trancher les racines d'un arbre est le plus sûr moyen de faire avorter ses fruits. "Gardons-nous d'ébranler les colonnes du temple", disait Chateaubriand, on peut abattre sur soi l'avenir".
Au reste, celui qui est fidèle à l'éternel n'est jamais en retard avec le temps; les vrais retardataires sont ceux qui s'essoufflent à suivre des modes, brillantes de nouveauté le matin et qui seront caduques le soir, car la figure de ce monde passe et ses idoles se succèdent, chacune effaçant les traits et les attraits de celle qui l'a précédée. De sorte que les éclaireurs, les avant-coureurs d'aujourd'hui deviennent les traînards de demain...
On dira aussi que nous ne croyons pas au progrès. Si, mais par la grâce de Dieu et non par le mouvement de l'Histoire. L'Histoire répète. Dieu seul renouvelle : "je créerai en vous un coeur nouveau". Un Père de l'Eglise grecque a écrit cette phrase qui marque à la fois les possibilités infinies et les limites naturelles du progrès humain : "rien ne peut changer en mieux dans l'homme, indivinement".
On nous reprochera enfin de ne pas "épouser notre époque". Qu'est-ce cela signifie ? Que nous le voulions ou non, notre destin est lié à celui du siècle où nous vivons. Mais, pour nous, épouser son siècle ne consiste pas à l'approuver et à l'imiter servilement dans le bien comme dans le mal, mais à redresser ses erreurs et à réagir contre ses excès. Est-ce une raison, par exemple, parce que nous vivons au siècle de l'automobile, pour perdre l'usage de nos jambes; au siècle de la télévision pour nous gaver d'images au lieu de nous nourrir de pensées; au siècle de la propagande pour nous laisser manoeuvrer comme des pantins ?
Il importe donc moins de se mettre à jour que de faire luire le jour, en tant que lumière, sur les jours, en tant qu'écoulement et succession. Tout se résume dans le mot de l'apôtre : "racheter le temps", au lieu de lui obéir passivement.
C'est cela que, sans le savoir, le monde moderne attend de nous. Oscillant entre l'agitation et l'ennui, encombré et vide, fasciné par des mirages et oublieux des réalités, ce monde souffre avant tout d'une carence d'éternité. Cette éternité, il en ignore le nom, mais il l'appelle en secret par ses espérances égarées et par le désespoir qui les suit.
Et ce qu'il attend du chrétien, ce n'est pas d'accorder l'heure de l'Eglise à l'heure du monde, mais de lui apporter cette vérité et cet amour que le temps ne mesure pas; ce n'est pas de partager sa fièvre, mais de la guérir; ce n'est pas de s'extasier sur ses oeuvres et sur ses conquêtes, mais de combler le vide qu'elles laissent en lui; en un mot, c'est moins de s'adapter à ce qu'il est que de lui donner ce qui lui manque.
Telle est la tâche qui nous est confiée. Tâche de serviteurs inutiles, car nous ne pouvons rien sans Dieu, mais aussi de serviteurs nécessaires, car dans l'ordre des causes secondes, Dieu ne peut rien sans nous.

Gustave THIBON
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"Mais je porte en moi des morts plus vivants que les vivants.
Mon plus haut désir est de les retrouver.
Marie de Magdala, au matin de la Résurrection, ne Vous a reconnu que lorsque Vous l'avez appelée par son nom; dépaysée par les rêves de l'éternité, elle Vous a retrouvé par la tendresse humaine.
L'âme est liée au corps par des liens si tendres et si violents qu'il est impossible qu'ils se dénouent.
Rien ne fleurit au Ciel qui n'ait déjà germé sur la terre"

Gustave Thibon,
"Au soir de ma vie", Plon, 1993.
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"Ne confondons pas les domaines. C'est prostituer l'espérance théologique que de l'appliquer sans discernement à tout ce qui se produit dans le temps et d'attendre que le bien, sorte automatiquement du mal. Dieu veut le bien et permet le mal. Notre tâche à nous est de nous appuyer sur le bien que Dieu veut afin de diminuer le mal que Dieu permet.
Ce qui implique la lucidité et le courage. La première pour discerner le mal et le second pour le combattre. Il ne s'agit pas d'attendre passivement un avenir conforme à nos voeux, mais de la construire par un choix et un effort quotidien".

Gustave Thibon,
"Manta-News", novembre 1970.

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