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"Au coeur
de la Trinité"
Il y a bien des gens qui ne vont pas à la messe le dimanche. Il y en a qui y vont avant l'heure et ils peuvent choisir leur place. Il y a ceux qui arrivent en retard et qui, faute de place, restent agglutinés à la porte de l'église, soit pour être plus vite sortis, soit parce que la foule les empêche de voir à l'intérieur de l'église toutes les places qui restent disponibles. Moi, j'essaie, dans ce cas-là, de fendre la foule, de jouer des coudes. "Pardon Monsieur. Pardon Madame. Permettez-moi de passer". Et lorsque j'arrive au premier rang de cette foule, je peux tranquillement aller m'asseoir : je trouve toujours une place vide à un endroit ou à un autre. Et dans la vie spirituelle, c'est la même chose. Il y a ceux qui n'entrent jamais. Il y a ceux qui, dès l'enfance, se sont installés aux premiers rangs. Il y a ceux qui arrivent tard, et n'osant s'avancer, restent sous le poche. Et moi, arrivée tard également je vais, sans façon, m'installer directement au coeur même de la Trinité. Et là, j'adore le Père, qui a pensé à moi de toute éternité, qui m'a forgée, sculptée, dans un acte d'amour et qui me garde sans cesse dans sa pensée et dans son amour, puisque, s'Il cessait de penser à moi, je cesserais d'exister, et deviendrais néant. J'adore le fils qui, pour moi, a quitté son paradis et a pris la condition d'homme, a souffert pour moi et est mort sur une croix. Pour moi, il ne cesse, à chaque instant, de s'offrir à Dieu sur l'autel. J'adore le Saint-Esprit
qui, lors de ma confirmation, m'a comblée de ses sept
dons. "Je ne vous laisserai pas orphelins" a dit le
Christ, "Je vous enverrai l'Esprit de vérité,
le Consolateur, qui éclaire tout homme venant en ce monde" |