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SAINTE
COLERE
- On a tôt
fait de baptiser "sainte" la colère, qui est
en fait un péché très grave.
- Certes, l'Ecriture
nous cite deux exemples : celui du Christ, chassant les vendeurs
du Temple à coups de fouet, et celui de Moïse, brisant
les "Tables de la Loi" devant "Le veau d'or",
que les juifs s'étaient mis à adorer.
- Mais le Christ
n'a pas dû véritablement se mettre "en colère".
Il a d'ailleurs épargné les vendeurs de colombes,
et les a simplement priés d'aller les vendre ailleurs.
Il a certes renversé les tables des changeurs, mais n'était-ce
pas parce qu'Il savait qu'avec ces gens-là, seule la manière
forte pouvait être efficace ! Car la colère étant
un péché capital, il est impensable que le Christ,
même pour un bon motif, ait pu s'y laisser aller !
Quant à Moïse, bien que prophète, il n'en
était pas moins homme et, si le Seigneur lui a pardonné
son geste de violence, celui-ci n'en était pas moins une
faute.
- Sauf ci ce geste
puisse être assimilé à celui, -saint par
excellence, des vêtements qu'il était d'usage de
déchirer, face à une profanation !...
- En tout état
de cause, la colère ne peut être "sainte",
puisqu'il s'agit d'un péché grave.
Nous ne devons donc pas nous y laisser aller, sous le prétexte
que c'est le mal qui provoque notre indignation. On ne remédie
pas au mal par un autre mal, au péché par un autre
péché. Et c'est le comble de l'hypocrisie que de
définir l'un d'entre eux "saint", pour nous
absoudre d'y succomber.
- Moïse avait
eu tort de briser "les Tables de la Loi", en voyant
les juifs adorer "le veau d'or"... Si nous perdons
notre calme, nous perdons aussi la charité, nous devenons
secs, durs, intransigeants, nous nous fermons à l'amour.
- Or, il ne faut
jamais oublier le précepte : "Haïr le péché,
mais aimer le pécheur. " Or, si nous laissons la
colère troubler notre paix intérieure, nous ne
gardons pas l'amour en nous et ne pouvons aimer nos frères
pécheurs. A l'exemple du Christ, qui nous rappelle qu'Il
est venu "pour les malades plutôt que pour les bien
portants", nous devons être disponibles pour les pécheurs
(bien plus encore que pour les justes) et les aimer comme le
Christ Lui-même nous a aimés, jusqu'à être
prêts à donner notre vie pour eux.
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- V.A.
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