L'essentiel, dans la vie spirituelle, c'est d'avoir le désir de Dieu, d'entretenir et d'exciter en nous ce désir.
- Cela ne suffit pas, direz-vous, le Christ nous a recommandé d'être " parfaits comme notre Père céleste est parfait " et cette perfection ne s'obtient pas avec un vague désir de Dieu.
- Non, mais c'est ce désir qui va nous y conduire, d'autant plus que ce n'est pas par nos seules forces que nous y arriverons. Il y faudra aussi, il y faudra, surtout, l'aide de Dieu.
Donc, la prière nous est indispensable pour cela. Et le Christ nous a dit : "Quand vous priez, dites : Notre Père". Or, le Pater n'est que désir de Dieu :
"Que votre nom soit sanctifié !
Que votre règne vienne !
Que votre volonté soit faite !"
Et si, dans la deuxième partie du Pater, le mode change, c'est toujours le même désir...
Donnez-nous le pain : la nourriture de l'âme et du corps dont nous avons besoin pour Vous servir.
Nous désirons tant Íêre pardonnés de nos fautes, qui Vous ont contristé, que nous pardonnons nous-mêmes à ceux qui nous ont offensés.
Nous voulons fuir la tentation qui nous éloigne de Vous et nous demandons à en être épargnés.
Nous voulons nous défaire du péché, le grand malheur de nos vies, qui nous sépare de Vous, et Vous supplions de nous en délivrer.
"Quand vous priez, dites Notre Père"
Quand vous priez, c'est à dire que toutes vos prières doivent, comme le Pater, être un constant désir de Dieu. Déjà, dans l'ancienne loi, le commandement suprÍme était : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toutes tes forces". Ce qui signifie bien qu'il faut avoir le désir de Dieu et l'entretenir à chaque instant, dans notre volonté, dans nos pensées, dans nos actes, dans nos prières. N'être plus qu'un désir.
Dès lors, si notre vie est trop terre à terre, eu égard à nos aspirations spirituelles, si nous ne progressons pas assez vite, à notre gré, sur le chemin de la perfection, si notre apostolat ne récolte pas suffisamment de fruits, si Dieu ne se manifeste pas à nous de façon assez intense... Qu'importe !
Ce qui compte, c'est notre désir de Lui qui deviendra sans cesse plus grand, plus envahissant. Et un beau jour, il nous submergera nous-mêmes, brisera notre enveloppe charnelle et, d'un bond gigantesque, il entraînera notre âme jusqu'au coeur même de Dieu.
V.A.
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