ECONOMIE DIVINE...

Quoi de plus déroutant, dans la parabole des talents, que cette réflexion du Christ: "Quant à celui qui n'a pas, on lui enlèvera même ce qu'il a " ?
C'est incroyable, cela paraît injuste et c'est, en plus, difficile à réaliser. Et pourtant l'Evangile dit aussi: "Qu'as-tu que tu n'aies reçu, et si tu l'as reçu, pourquoi t'en glorifier? "
C'est déjà un début d'explication: tout est don de Dieu, nous n'avons rien que nous n'ayons reçu de lui. Alors si nous faisons fi de ses dons, si nous enfouissons nos talents dans la terre ou si nous les galvaudons, Il peut, tout comme nous le ferions nous-mêmes, nous les reprendre: nous enlever ce qu'il nous avait donné.
Cela peut s'entendre des dons de la nature et de ceux de la grâce: la grâce inutilisée, la grâce méprisée, la grâce trahie par le péché, Dieu nous les reprend. Et, chose curieuse, à ceux qu'Il a déjà comblés de ses grâces et qui les ont fait fructifier par leurs efforts, Il "en remet", Il en rajoute: C'est une mesure pressée, secouée, débordante. Cela dépasse très largement ce qu'ils auraient même pu imaginer.
Ceux qui ont rejeté le Christ et opté pour les plaisirs du monde, finalement sont des êtres tristes, aigris, déçus. Ils n'en ont même pas pour leur argent!
"J'ai gâché ma vie. ", a dit, sur son lit de mort, Onassis, l'un des hommes les plus riches du monde. Et pourtant, il avait pu s'offrir tout ce qu'il avait voulu. Mais, sans doute, avait-il rejeté l'essentiel.
Voyez, par contre, ceux qui ont suivi le Christ: ils ont renoncé à des petits plaisirs, à des bonheurs limités, à des joies douces-amères, et ils ont la joie profonde, la joie complète, la paix augmente en eux en progression géométrique: ils ont, non seulement les mérites de leurs pauvres "bonnes actions", ils ont aussi et surtout les mérites infinis du Christ, et tout cela progresse constamment en eux, déborde d'eux.
Ce dont les autres ont fait fi, leur est donné à eux en surabondance, " Enlevez-lui son talent et donnez-le à celui qui en a déJà dix ". Mais celui qui en a dix, pénétré de l'infinie bonté de Dieu envers lui, peut bien, à son tour, déborder sur les autres, racheter les autres, et, en définitive, compenser ce qu'il a ainsi reçu en surabondance.
Cela devient la communion des saints et cela rentre aussi dans l'économie divine.

V. A.
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