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L'esprit souffle où il veut...
S'il
est un endroit sur terre où l'on a l'impression de perdre
son temps, c'est bien là où a lieu une réunion
mondaine : on s'y rencontre pour se dire : "Bonjour. comment
allez vous ?" - "Très bien, merci, et vous-même
? ", et, pour la plupart des gens, il n'y a pas d'autres
échanges que ceux-là.
Je m'astreins, pourtant,
à aller partout où je suis invitée, pour
mon travail d'abord, et ensuite parce que je pense qu'il nous
appartient de transformer notre milieu et non de nous en tenir
écartés, sous prétexte qu'il ne nous apporte
rien.
Plus
d'une fois, je m'en suis félicitée. Un jour, dans
une réception diplomatique, un homme de couleur s'avança
vers moi pour se présenter et me présenter sa jeune
femme. Nous parlâmes longuement. Je ne savais s'ils étaient
catholiques, protestants ou musulmans, mais, au bout d'une demi-heure
de conversation, ils admirent tous les deux que seule la méditation
pouvait nous permettre de nous retrouver, de nous reprendre en
main, de vivre de vraies vies d'hommes. Le problème, pour
eux, n'était plus qu'un problème de temps.
Autre
exemple : une jeune femme se mit à me raconter ses malheurs
au milieu de 50 personnes qui allaient, qui venaient, qui papotaient
et mangeaient des petits fours. Elle se mit à pleurer,
et moi, fraternellement, j'essuyai avec mon mouchoir les larmes
qui coulaient de ses yeux. Les gens qui nous côtoyaient
eurent le bon goût de faire mine de ne pas nous remarquer. Pour la consoler, je
lui dis cependant : "Mais vous êtes chrétienne,
vous devriez trouver dans votre foi, un soutien. " Et, alors, elle de pleurer
de plus belle... " Vous connaissez le drame de ma vie...
j'ai épousé un divorcé... "
Je fis un geste d'impuissance. mais elle ajouta "Et ce qu'il
y a de plus bête, c'est que, vu l'état de sante
de mon mari, nous faisons chambre a part depuis deux ans. " Mais alors, lui répondis-je,
il n'y a plus de problème, vous entrerez, en sortant d'ici,
dans la première église que vous rencontrerez.
vous demanderez un prêtre pour vous confesser et vous recevrez
l'absolution. "
Un peu rassérénée,
elle me quitta et, huit jours aprés, je reçus un
coup de téléphone de sa part. " Je suis folle de joie. J'ai fâit
ce que vous m'avez dit, Je suis réconciliée avec
Dieu, ma vie est transformée. " Comme quoi, même dans les endroits
où l'on pourrait bien parier qu'elle n'est pas, la grâce
du Seigneur peut passer : L'esprit souffle où il veut.
V.A.
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