Depuis quelque temps, il y a des faux prophètes et des adeptes de Cassandre qui sont tellement nombreux qu'on n'ose pas parler des événements de plus en plus considérables et plus graves, sous peine d'être agacés par eux. Je précise que, si l'on commence à dire un mot sur l'actualité, ces fameux oracles foncent avec jouissance sur les épreuves du jour, dont ils sont souvent persuadés que le ciel est le responsable.
Dans le bon peuple (et même dans les salons), on entend parfois se plaindre ainsi: "Mais qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? "
Or, comme cette réflexion est plus qu'une sorte de boutade, certains doctes censeurs considèrent avec sévérité quiconque essaye d'affirmer une comparaison entre les fautes des hommes et les calamités du monde.
Et s'il y avait peut-être un rapport direct entre les péchés et les malheurs ?
Curieusement, à la télévision et dans la presse, un certain nombre de journalistes (sans bien entendu qu'on fasse des rapprochements en quoi que ce soit) ont affirmé que jamais les catastrophes n'ont été aussi nombreuses et aussi graves. Il serait presque impossible de dénombrer seulement pour l'année actuelle, les inondations, cyclones, tremblements de terre qui ont ravagé diverses régions de la planète.
Evidemment ces journalistes n'ont jamais énuméré de la même manière les abominations de l'humanité. Il suffît de parler de l'avortement pour comprendre que vraiment le Seigneur peut être parfaitement offensé et scandalisé de voir ses créatures. On a cité la magnifique arrivée du six milliardième habitant de la terre (d'ailleurs un décompte d'une telle précision est ridicule !). Mais personne dans les médias n'a rappelé (or l'ONU l'avait signalé, il y a deux ou trois ans) que plus d'un milliard de bébés ont déjà été tués dans le ventre de leurs mères (et généralement avec l'accord des pères), et cela depuis quelques décennies seulement.
Je laisse exprès à suivre (ou à finir) cet article, avec l'espoir d'éventuelles discussions.
P.A.