-
- retour
à la page de présentation
-
- Mais de quoi ont-ils peur ?
- ( 4 mars 2000 )
-
- On a déjà vu, les semaines
précédentes, que les chaînes de télévision
sortent l'artillerie lourde en matière de banalisation
de l'homosexualité, de l'avortement et de l'euthanasie.
France 2 devance toutes ses concurrentes (une fois
n'est pas coutume !), en programmant une fiction de prestige
intitulée «Victoire ou la douleur des femmes»,
qui retrace l'histoire de la lutte des femmes pour obtenir la
légalisation de l'avortement.
Au passage
on se demande bien pourquoi il a fallu «attendre»25
ans pour que la télévision célèbre
en grande pompe ce glorieux anniversaire ?
- Nadine Trintignant (sans parler de sa
fille Marie) est une femme de grand talent, c'est un fait.
Et l'on comprend qu'une femme qui n'a pas encore
pris conscience (ou réalisé) que l'avortement est
un crime, et qui le considère comme un formidable progrès
pour les femmes, sorties enfin de l'obscurantisme de n'être
plus soumis à la nature, ait envie de célébrer
avec faste l'anniversaire de cette «grande victoire»
pour toutes les femmes.
Certes ! Mais alors pourquoi
ne pas avoir traité son sujet avec le sérieux qui
s'imposait, c'est-à-dire en mettant en scène des
adversaires de l'avortement qui ont de sérieux arguments
à opposer aux partisans de celui-ci. Il n'est que de rappeler
le talent de débatteur qui était la caractéristique
d'un professeur Lejeune (n'oublions pas qu'au moment de sa mort,
il a reçu un éloge remarquable de journalistes
de gauche qui reconnaissaient en lui un magnifique adversaire,
à l'intelligence vive et claire !).
- Pourquoi être tombé dans
la facilité qui consiste à ridiculiser ses adversaires
en les présentant comme des demeurés sans intelligence,
seulement capables de s'arc-bouter sur leurs positions machistes
(du style «si l'on donne la pilule aux femmes, elles vont
devenir comme des hommes et courir le guilledou !», ou
«l'avortement c'est la punition...» ou encore : «C'était
avant qu'il fallait y penser !».
- Pourtant, nous avons tous entendu ce genre
de réflexions à l'emporte-pièce, ce genre
de bêtises qui hérissent le poil de tout chrétien
ou de tout homme de bon sens.
Nous avons tous
été confrontés à ce type de phrase
qui fait plus de mal que de bien. Cela existe, c'est certain.
Mais était-il nécessaire, pour défendre
le droit des femmes à disposer de leur corps et de leur
ventre (pourtant, on le sait, qu'il y a un autre être humain
dans ledit ventre !), de mettre en avant de si pauvres arguments
? Comme si les auteurs du téléfilm avaient peur
de citer les véritables arguments de ceux qui font appel
à l'intelligence des téléspectateurs, de
ceux qui peuvent troubler, remuer, convaincre.
- La fin du troisième épisode,
à cet égard, est impressionnante. Après
avoir retracé (rapidement) les différentes étapes
de la libéralisation de l'avortement, l'oeuvre met en
scène l'héroïne qui semble répondre
à une interview télévisée et alerte
l'opinion en disant que la bataille n'est pas totalement gagnée.
Il reste encore des opposants, des gens qui ne sont
pas convaincus que l'avortement est une belle et bonne chose,
des irréductibles qui sont prêts, n'en doutez pas,
à aller jusqu'au meurtre pour imposer leurs idées
rétrogrades aux autres (c'est malheureusement ce qui s'est
passé aux Etats-Unis, où des médecins avorteurs
ont été assassinés au nom de la défense
de la vie !).
- C'est si étrange cette nouvelle
peur des nouveaux bien-pensants, que l'on est en droit de se
demander :
Mais de quoi ont-ils peur ? Les médias
leur appartiennent. Plus personne ne peut s'aventurer à
proférer le moindre argument en faveur de la protection
de la vie depuis la conception, sans se voir traîner dans
la boue et traité (insulte suprême) de réactionnaire
ou d'obscurantiste.
Alors, de quoi ont-ils peur
?
Est-ce de leur conscience, de cette petite voix
qu'il faut vite étouffer, et qui murmure : «Et si
cela n'était pas la vérité ?». Rien
n'est moins sûr, mais on peut toujours rêver !
-
- G. F.
retour à la page de présentation