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       La meilleure part...

    Certaines mères de famille s'enferment, à longueur de journées, dans leur cuisine, pour préparer des mets succulents à leur famille, et, ce faisant, elles se privent de ces merveilleux moments d'intimité où elles pourraient échanger des idées avec ceux qu'elles aiment.

    Mais, pour cela, il faudrait qu'elles s'ouvrent un peu, qu'elles lisent un peu. Non, elles n'ont pas le temps, elles font leur cuisine.

    "C'est un devoir d'état" proclament-elles d'un ton sans réplique et sans même vouloir écouter ce qu'on leur objecte, à savoir que leur devoir d'état est, certes, de faire plaisir aux membres de leur famille, en faisant une cuisine qui leur plaît, mais qu'elles devraient s'organiser pour avoir aussi le temps d'être disponibles pour eux et qu'elles se privent ainsi de toutes les joies profondes de la conversation.

    De même, certains maris, qui prétendent aimer leur femme de tout leur coeur, se tuent au travail pour les gâter le plus possible et sacrifient, pour cela, les moments d'intimité qu'ils pourraient leur donner, s'ils étaient moins pris.

    Dans la vie spirituelle, c'est pareil. Ces "Marthe" se répandent en activités multiples, reprochant aux "Marie" de ne rien faire et se plaignant à Dieu de ce qu'elles ne sont pas suffisamment aidées dans leurs tâches.

    "Marthe, Marthe, leur dit alors le Seigneur, tu t'inquiètes et t'agites pour beaucoup de choses. Or une seule est nécessaire : aimer Dieu et Le servir. Marie a choisi la meilleure part, et elle ne lui sera pas ôtée. "

    Mais les "Marthe" ne comprennent pas la leçon ou elles ne l'écoutent pas. Parfois, même, elles ignorent les textes où ces choses sont écrites : elles ne seraient pas douées pour la prière, le chapelet ne leur convient pas, elles ne savent pas faire oraison - ni méditer. Et elles ne se demandent même pas s'il est nécessaire d'être "doué" pour parler à un Père qu'on aime, si une chose a besoin de nous convenir pour être faite, lorsqu'elle est demandée par une mère chérie, et si l'on ne peut pas apprendre à méditer et à faire oraison.

    Non, elles s'enferment dans les barrières qu'elles ont elles-mêmes dressées, elles décident qu'elles ne sont pas faites pour la vie spirituelle et elles s'orientent vers de multiples activités où elles sont sûres de faire du bon travail, mais se privent ainsi de ces moments d'intimité avec Dieu qui constitueront un jour le paradis et qu'elles pourraient goûter, dès ici-bas, si elles voulaient s'en donner la peine.

    Comme la mère de famille, enfermée dans sa cuisine, comme le mari qui reste tard à son bureau pour travailler, elles se privent volontairement, par entêtement, par paresse ou par facilité, de ce qui, dans leur vie, serait "la meilleure part".

    V.A.

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