Quant à la pauvre veuve qui donna quelques sous, le Seigneur estima qu'elle avait donné plus que tous les autres, car elle avait donné de son nécessaire.
Nous sommes parfois confrontés à des situations semblables, lorsque nous sommes en présence d'une détresse réelle et que nous pensons ne pas avoir de quoi la soulager. "Cet argent, je le réservais pour nos vacances, ce qui est quand même une chose nécessaire. Comment pourrais -je y renoncer ? "
Mais si nous y renonçons pour pouvoir soulager la détresse que Dieu a placée sur notre chemin, nous donnons précisément de notre nécessaire et Dieu ne peut moins faire alors que de nous prendre Lui-même en charge, afin que nous ne manquions de rien.
Mais il n'y a pas qu'en matière d'argent que l'on peut donner "l'obole de la veuve", on le peut aussi en matière de temps. Montaigne disait qu'il craignait autant de donner son temps que son sang, et tout le monde connaît l'adage : "Le temps, c'est de l'argent ! "
Or, de même que lorsqu'on fait sa valise pour partir en voyage, il faut savoir renoncer à certaines choses, pour en emporter d'autres, de même il faut sacrifier parfois une occupation qui nous plait,- quand le service du prochain nous sollicite ailleurs.
Il faut faire ses valises de façon méthodique et organisée, sans perdre une once de place.
Il faut aussi avoir un bon emploi du temps, rédigé soigneusement à l'avance, pour pouvoir utiliser tous les "moments perdus" de nos journées.
Le manque de temps est un alibi facile, que l'on invoque couramment pour s'excuser de ne pas remplir ses devoirs envers Dieu et son prochain. Mais ce que l'on veut vraiment, on trouve toujours le temps de le faire : C'est bien la preuve que quand on devrait faire quelque chose et qu'on ne le fait pas, c'est parce qu'on n'a pas vraiment envie de le faire.
"L'obole de la veuve" ne concerne pas seulement nos devoirs de charité envers notre prochain, il concerne aussi nos devoirs envers Dieu. Et nous devons encore moins sacrifier celui-ci à ceux-là. D'ailleurs, on s'y retrouve toujours !... Voyez saint Vincent de Paul, c'est bien l'un des êtres les plus actifs que l'on ait jamais vus : il a multiplié les oeuvres de charité et les institutions de toutes sortes pour les pauvres, les malades, les enfants abandonnés. Eh bien, cet "actif' donnait six heures de son temps à Dieu, chaque jour !
Alors nous autres, gens du siècle, en lui donnant seulement la moitié de ce temps, nous ne risquons pas d'en faire trop !Mais nous verrons alors que, si nous faisons confiance à Dieu en Lui donnant la première place ("Dieu premier servi !"), il démultipliera le temps qui nous reste (n'est-Il pas Maître de tout, même du temps ?), en nous permettant, par exemple, de ne pas faire la queue chez les commerçants, de trouver, sans avoir à la chercher, une place pour notre voiture, de ne pas faire de fausses manoeuvres dans l'accomplissement de notre travail, etc.
Mais donnons-Lui d'abord (à Lui, comme à nos frères !) en temps comme en argent, "l'obole de la veuve"!
V.A.
retour à la page de présentation