L'Oraison...
La plupart des gens ignorent ce qu'est l'oraison et en sont encore à croire qu'elle consiste à dire en substance, comme les petits enfants: "0 Bon Jésus, protégez papa, maman et tous ceux que j'aime.".
Quant à ceux qui veulent vraiment se mettre à l'oraison et qui cherchent dans les écrits des saints, pour savoir comment procéder, ils ne sont souvent pas plus avancés, car ils n'arrivent pas à comprendre les explications embrouillées qui leur sont fournies. Alors ils pataugent.
Eh bien, il faut se mettre dans la tête que c'est tout ce qu'il y a de plus normal, que, l'oraison étant l'union à Dieu, cette union ne sera parfaite, complète et totale que lorsque nous ne serons plus assujettis à notre corps mortel... et que d'ici là, sauf grâce spéciale du Seigneur, nous sommes destinés à patauger, à faire des essais, souvent infructueux, décevants, fastidieux d'union à Dieu : des essais, des tentatives, des approches... et que l'essentiel, pour notre temps d'oraison, c'est d'être accueillants à la parole (même si on l'entend rarement), ouverts, disponibles, dans l'attente, l'offrande et le désir.
On offrira à Dieu ce temps précieux que l'on perd pour Lui, que l'on fait couler à ses pieds comme les libations d'autrefois répandues sur les autels, et l'on entretiendra en son âme le désir de l'union que l'on peut atteindre dès ici-bas, précisément dans la mesure où l'on est "détaché" de son corps et de tout ce qui est "sensible".
En nous donnant le Pater comme l'exemple de la prière par excellence, le Seigneur nous a bien indiqué que l'essentiel pour nous était de penser à Lui dans l'oraison:
... que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite...
de penser à Lui, et pas à nos états d'âme et à ce que nous ressentons de ferveur et de douceur, ou de sécheresse et d'ennui, à Lui, à son règne, à sa gloire, à sa volonté, et pas à la nôtre.
C'est tout le contraire précisément de nos prières habituelles où l'on ne sait que demander à Dieu de faire notre volonté et non la sienne.
C'est un retoumement complet que nous devons effectuer: disparaitre, nous anéantir et ne plus exister que pour Lui seul.
Bien sûr il y a les moments où tout va tout seul: Dieu parle, on entend sa voix, c'est merveilleux, l'oraison est savoureuse, on n'a besoin ni de guide ni de conseils, tout marche comme sur des roulettes.
Et puis il y a les moments où tout est noir: Dieu ne parle pas...soi-même on ne sait pas quoi lui dire, on se sent désespérément seul et l'on trouve l'oraison insipide, ennuyeuse. C'est alors surtout qu'on a envie de tout abandonner.
C'est alors surtout qu'il faut plus que jamais se crainponner, appeler Marie à notre secours et puis se laisser envahir, imprégner, inonder par la présence de Dieu : il n'y a pas de paroles échangées, mais Il est là, nous le savons, nous le croyons, nous le désirons et il pénètre en nous par osmose.
C'est peut être à ses yeus, la meilleure des oraisons.V. A.