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    Pitié inutile...



    Si, devant le malheur des autres, nous éprouvons un grand sentiment de tristesse et si nous avons bonne conscience, parce que nous éprouvons cette tristesse qui peut parfois aller jusqu'aux larmes, mettons-nous bien dans la tête que nous sommes des êtres stériles et que nous pourrions tout aussi bien ne pas éprouver tous ces beaux sentiments et ne pas verser ces larmes émouvantes, et que nous n'en serions pas plus mauvais pour cela.

    "Une once de faits", dit le proverbe anglais, "vaut mieux qu'un quintal d'idées et qu'une tonne de sentiments."

    Gardons-nous des beaux sentiments et des grandes idées qui ne mènent à rien de concret. "La foi qui n'agit pas, est-ce une foi sincère ?"
    A quoi servent toutes nos belles indignations devant le mal et le vice, si elles ne nous conduisent pas à l'action ?
    Je m'explique : Le Mal ne se combat que par le Bien. Si nous voulons lutter contre un mal, quel qu'il soit, faisons un bien en contrepartie.

    Il y a de pauvres enfants qui meurent de faim au Sahel. Si notre pitié pour eux ne nous conduit pas à leur donner à manger ou à aider matériellement ou financièrement les organismes qui leur donnent à manger, notre pitié est stérile.

    Si notre indignation devant les films pornographiques ne nous porte pas à aider les organismes qui luttent contre eux, notre indignation est hypocrite. Et là, ...je parle de ceux qui se détournent du cinéma, parce qu'il est immoral, et qui se refusent à aider ceux qui luttent efficacement contre son immoralité.
    Je vais plus loin, je crois que ceux qui ont conscience de la gravité de la situation et ne font rien, ni de leur temps, ni de leur argent, pour lutter contre cette situation, par eux-mêmes ou par personne interposée, sont plus responsables que ceux qui entretiennent cette immoralité. Parce que ces derniers ne mesurent pas le mal qu'ils font, ou sont eux-mêmes si inféodés au mal, qu'ils ne savent pas où est le bien, alors que les premiers sont éclairés, sont dans la vérité et qu'ils commettent, ainsi, le péché d'omission.

    Nous nous indignons devant l'attitude du Congrès américain, refusant les crédits pour les réfugiés vietnamiens, nous nous indignons contre ces Américains qui rejettent ces réfugiés et refusent de les aider, mais nous, chrétiens, qui avons la prétention de l'être vraiment, que faisons-nous pour les malheureux qui ont fui les hordes rouges ?
    Nous n'avons aucune leçon à donner aux Américains, si, de notre côté, nous ne donnons pas : -soit de l'argent aux oeuvres qui prennent en charge les réfugiés - soit notre temps, en allant les accueillir, en les soutenant, en les réconfortant - soit notre coeur, en ouvrant notre foyer à l'un de ces malheureux, le temps qu'il trouve un travail et puisse s'insérer dans la société. Notre combat de soldat du Christ doit d'abord porter sur le mal qui est en nous. "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. " Ensuite nous serons assez forts pour conquérir le monde.

    V. A.

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