" Les signes du ciel "

Un jour, je devais me rendre à une réception de mariage. Je m'étais habillée, j'avais pris ma voiture et j'étais allée à Paris. Quand J'arrivai au lieu où se passaient les festivités, ce fut pour m'entendre dire que je m'étais trompée de jour.
J'étais consternée : "Pourquoi, mon Dieu, dis-je au Seigneur, avoir permis que je me trompe ainsi, alors que Vous savez mieux que personne combien je suis débordée de travail .Pourquoi ? Il doit y, avoir une raison : pourquoi, mon Dieu, m'avez Vous fait venir à Paris aujourd'hui ?"

Je me souvins alors que j'avais reçu, quelques jours plus tôt, une lettre déchirante d'un de mes amis, me remerciant d'avoir fait dire une messe pour le repos de l'âme de sa femme. qui venait de mourir, et ce devait être pour que j'aille le voir que le bon Dieu m'avait ainsi fait me tromper.
Je me dirigeai donc vers le domicile de cet ami, quand je m'aperçus que je ne connaissais pas son adresse exacte. Je savais seulement qu'il habitait rue Pergolèse, à Paris. Je m'y rendis donc et me garai à la première place que je trouvais libre. me disant que je pourrais plus facilement poursuivre mes recherches à pied.

J'entrai sous le porche de la maison devant laquelle je m'étais arrêtée et, quand je prononçai le nom de mon ami, la concierge me dit : "C'est au premier, à gauche. " Je montai, je sonnai, et la camériste qui m'ouvrit me dit : "Monsieur est sorti. " Je lui demandai cependant de ses nouvelles, m'informai de la manière dont il supportait son chagrin, lorsqu'elle tendit l'oreille et me dit "Voilà Monsieur qui monte."
Mais aussitôt me parvint la voix de l'ami : "Vous savez bien queje ne reçois pas. "
Quand il me vit, il n'osa pourtant me mettre à la porte et me fit entrer au salon. Nous eûmes alors une longue conversation ou il me raconta tous les détails de la maladie et de la mort de sa femme, sans omettre ses propres tentations de suicide. Alors, moi, bien sûr, je lui parlai de Dieu, d'espérance, de foi, de courage, de confiance, et puis je partis.

Deux ans après, en faisant mes services de presse pour mon livre. je lui en envoyai un exemplaire, et voici la lettre que je reçus :
"Avec un peu de retard je viens vous remercier du livre émouvant que vous m'avez envoyé. Il évoque pour moi le réconfort que vous m'avez apporté un soir douloureux, où je venais de perdre Germaine. Vous avez, ce soir-là, fait pénétrer en moi la foi qui, seule, pouvait me soutenir ".
Et voilà !
Voilà pourquoi, je m'étais trompée de jour et de date, pourquoi J'avais lu "vendredi 12" là où il était imprimé, noir sur blanc et très lisiblement, sur le bristol "samedi 13"... Voilà pourquoi j'étais allée à Paris, pourquoi je m'étais arrêtée juste devant sa porte, pourquoi
j'étais arrivée cinq minutes avant qu'il ait pu donner la consigne : "Je ne reçois pas de visite. " de façon que je ne reparte pas sans l'avoir trouvé.
Il fallait que je le voie et que je lui parle, pour "faire pénétrer en lui la foi qui. seule, pouvait le soutenir".

A longueur de journées, il nous arrive des contretemps qui provoquent nos récréminations, alors que rien ici-bas n'est dû au hasard.
Bien sûr, cela n'est pas toujours aussi net que dans le cas que je viens d'indiquer, mais si nous faisions davantage confiance à la Providence pour croire que tout ce qu'Elle permet est ce qu'il y a de mieux pour nous, peut-être perdrions-nous plus rarement notre paix intérieure. Nous en serions plus heureux et notre rayonnement en serait décuplé.

Alors, essayons, dans tout ce qui nous arrive. de découvrir : " les signes du ciel ".

V. A.
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