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    UN AMOUR COMME LE NOTRE...
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    Je me souviens qu'étant enfant, j'ai vu un jour par la porte de sa chambre entrebâillée, mon père à genoux au pied de son lit : il disait ses prières et il les disait si vite, si vite, que je me suis mise devant la glace et que j'ai essayé de remuer les lèvres à la même vitesse, sans y parvenir.

    Je ne dis pas que ce n'était pas très touchant le spectacle de cet important personnage -terreur de sa famille et de ses subordonnés- à genoux, en prière, mais cette prière était apparemment pour lui une corvée et il la disait follement vite pour en avoir plus tôt fini.

    Je crois que c'est aussi la mentalité de bien des chrétiens : ils récitent des formules toutes faites et cela les ennuie si profondément qu'il ont hâte, eux aussi, d'en finir.

    Certes, cela vaut mieux que de ne pas prier du tout, et ces prières, dites machinalement, sans être pensées, peuvent nous valoir la grâce d'atteindre l'union avec Dieu. Elles ne peuvent pas cependant la créer par elles-mêmes, notre esprit et notre coeur étant précisément ailleurs.

    Il est bien évident que je ne sous-estime nullement les "prières toutes faites", acceptées et proposées par l'Eglise, et encore moins celles de la liturgie -mais je crois que, lors de notre oraison personnelle, nous ne devons retenir, parmi ces prières, que celles qui montent de nos coeurs, celles qui sont repensées par nous, revécues par nous, ressenties par nous.

    S'imposer dans l'oraison et "par devoir" des prières récitées machinalement et qui nous ennuient, c'est, je crois, fausser le sens même de l'oraison.

    Une brave dame me remit, un jour, un papier qu'elle me dit de photocopier. "C'était très bien. ". disaitelle. Le soir, chez moi, je le dépliai et je m'aperçus que ce n'étaient que des prières de saint François d'Assise, de saint X... ou de saint Y.... et je repliai le papier sans le lire...

    Entendons-nous bien. Je consacre, chaque jour, vingt minutes à une lecture spirituelle, qui peut très bien être la vie de saint François ou ses écrits, mais, pour mon oraison à moi, je veux être "seule avec le Seul".
    C'est Lucienne Boyer, je crois, qui chantait autrefois cette fameuse chanson

    "Un amour comme le nôtre,

    Il n'en existe pas deux,. Ce n'est pas celui des autres,
    V.A.

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