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DAVID contre GOLIATH,
AUJOURD'HUILe site SERVIAM met en ligne quelques belles pages du " David contre Goliath aujourd'hui " de Mgr Elchinger.
On peut se procurer le texte intégral en librairie ( Editions Fayard ,1 volume 13x21, 333 pages, F 98.00 + port et emballage ).
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----------------------------------------------------------------------------Quand les hommes renient leur héritage...
Où mène le mépris du " Code de la route " ?Tout le monde déplore l'augmentation des accidents de la route. La plupart sont dus au manque de respect des prescriptions. S'il n'existait pas de " Code de la route ", non seulement il y aurait davantage de vies fauchées ou mutilées, mais on n'arriverait même plus à circuler. Chacun aurait peur de l'autre venant de droite ou de gauche .
Les directives du Code de la route assurent aux conducteurs comme aux piétons une indispensable liberté de mouvement.
De même, pour pouvoir avancer sur le chemin de la vie avec une suffisante sécurité, pour ne pas se sentir menacé continuellement par des comportements anarchiques, il faudrait pouvoir s'abriter derrière les garanties offertes par une sorte de " Code de la route de l'humanité ". Si un tel Code existait et se trouvait admis par nos pays, s'il était intégré dans la législation officielle des nations d'Europe, quelle chance ce serait, quelle protection pour la liberté et la sécurité des hommes et des peuples !
Cette législation morale existe effectivement. Elle date de plusieurs millénaires. Elle n'est rien d'autre que le " Code du Sinaï " proclamé par Moïse, qui formule les exigences indispensables de la cohabitation pacifique entre les individus et les groupes humains.
Appelée le " Décalogue ", la Loi de Moïse a, pendant très longtemps, fortement imprégné notre civilisation occidentale. Ce " Code de la vie ", qu'est-il devenu ?LE SORT ACTUEL DES LIBERTÉS FONDAMENTALES DE L'HOMME PROCLAMÉES AU SINAÏ
Nous faisons quotidiennement l'expérience que notre vie dépend d'une multitude de conditions biologiques et juridiques, d'un grand nombre de facteurs et d,éléments auxquels nous ne pouvons pas nous soustraire.
Mais beaucoup de nos contemporains pensent de moins en moins à une relation de dépendance par rapport au Créateur de l'univers. Cela ne les préoccupe pas.Depuis longtemps, cette dépendance de Dieu a été enseignée, voire inculquée aux habitants de l'Occident, à travers les " Dix Commandements " par lesquels les hommes se sentaient reliés à un Ordre sacré, auquel ils avaient à se soumettre. Actuellement, notre civilisation occulte chaque jour davantage toute référence au Divin.
On reconnaît les obligations imposées par le Code civil et fiscal; on s'en préoccupe d'ailleurs surtout par peur du gendarme.Mais toute référence au Transcendant s'est perdue dans le brouillard de l'indifférence religieuse. Habitant des pays réellement démocratiques, nous ferions bien de réfléchir au sens du combat pour la grandeur de l'homme, actuellement mené au sein de peuples opprimés par des citoyens jadis élevés dès leur jeunesse dans le respect de la Loi de Dieu.
Ce n'est pas par hasard que les derniers mots du Tchèque Jean Patocka, martyr de la lutte pour la liberté, après le " printemps de Prague ", furent une profession de foi en l'histoire spirituelle de l'humanité : " Sans fondement moral, sans une conviction reposant sur bien autre chose que sur le sens de l'opportunité, des circonstances ou des avantages éventuels, aucune société humaine ne peut subsister, quelle que soit la perfection de sa technique. "
Le plus étonnant, c'est que beaucoup de chrétiens soient devenus étrangers à l'univers spirituel du Décalogue des Dix Commandements de Dieu, comme s'il s'agissait uniquement d'une vénérable relique à remiser dans un musée archéologique . Beaucoup d'éducateurs religieux n'ont même plus le courage d'en parler à leurs élèves, estimant que ce document biblique ne correspond plus aux conditions sociales et culturelles de notre époque.
Or il s'agit non pas d'une collection de barrières, mais de la proclamation solennelle des " dix grandes libertés de l'homme " faite de la part du Créateur au Sinaï. Vers 1970, en France, on a remplacé le livre d'enseignement religieux intitulé Catéchisme national par sept manuels employés parallèlement, en vue de mieux s'adapter à la variété des divers milieux sociaux.
La totalité des Dix Commandements ne se trouvait reproduite dans aucun de ces manuels officiels.Il faut bien reconnaître que, dans le passé, certains catéchistes avaient fait du Décalogue- que les juifs appellent la " Thora " - une présentation exclusivement négative et étriquée. Ce n'était pas une raison pour ne pas restituer toute sa valeur à ce qui reste le Document fondateur des relations d'Alliance entre Dieu et les hommes.
Jésus-Christ lui-même avait affirmé : " Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l'accomplir, la parfaire. " (Matthieu 5, 17.) Par ce renouvellement permanent de l'Alliance, à travers le Christ-Sauveur, les chrétiens se retrouvent, à chaque génération, contemporains de l'événement du Sinaï. Serions-nous devenus un peuple amnésique ? Lorsqu'on retire les pierres de fondation d'un édifice, on ne doit pas s'étonner ensuite qu'il se dégrade et menace de s'écrouler.
CHANCES ET FRAGILITÉ DES DROITS DE L'HOMME
Pourquoi a-t-on inventé les " Droits de l'homme " ?Si l'on parle peu de nos jours de la Thora proclamée par Moïse , on parle en revanche beaucoup des " Droits de l'homme ". Sont-ils destinés à remplacer désormais la Loi du Sinaï que le Créateur nous a confiée pour servir de guide de la liberté, pour nous communiquer les exigences fondamentales de la liberté dont Il nous a gratifiés ?
Les Droits de l'homme peuvent-ils effectivement rendre les mêmes services que le Décalogue et s,adresser plus facilement que le texte biblique à l'ensemble des hommes d'aujourd'hui, même aux athées? La Déclaration des droits de l'homme prend l'apparence d'une nouvelle religion cherchant à relier entre eux les hommes de tous les pays.
La Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l'Assemblée générale des Nations unies, prolonge et complète la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Beaucoup souhaiteraient qu'elle puisse se transformer en un véritable pacte d'alliance entre tous les peuples de la terre.
Elle serait la préparation d'un " Ordre juridique nouveau ", applicable sur le plan mondial. Ce serait certes nécessaire.Car, dans beaucoup de continents, nous voyons subsister, malgré les progrès techniques, de vastes zones de misère profonde. Les hommes y ressemblent à des déchets urbains, atteints comme par une lèpre qui se répand partout. Il est donc bon que les Droits de l'homme rappellent aux Etats un certain nombre d'obligations très concrètes, afin d'éviter que la dignité de l'homme ne continue à être allègrement méconnue et broyée.
Le même but inspira, en 1950, la Convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que la Convention internationale de 1966. L'unité économique de la planète se resserre sans cesse par suite du progrès des sciences. Tous les pays commencent à comprendre qu'ils auraient sans doute intérêt à se lier par des engagements communs.
Mais quelle peut être la solidité des Droits de l'homme lorsqu'ils se présentent sans le moindre lien avec les " droits de Dieu " ? Ce silence apparent est-il dû à la lassitude provoquée, dans beaucoup de milieux, par un exposé médiocre et mesquin des obligations morales telles que les formulaient souvent les éducateurs chrétiens ?
Et pourquoi ne parle-t-on jamais des " devoirs de l'homme " ? En réalité, toutes les déclarations des Droits de l'homme affirment implicitement les devoirs qu'ils entraînent ou qu'ils supposent. Ces droits et ces devoirs découlent d'une morale naturelle, qui a sa source dans les intuitions de la sagesse universelle et dans les recherches de multiples générations.
Comme ces droits et ces devoirs s'appuient sur les leçons les plus pertinentes d'une longue expérience, il est normal qu'on leur reconnaisse une valeur universelle. L'histoire nous apprend qu'au départ les Droits de l'homme ont voulu opposer une philosophie athée, à l'enseignement de l'Eglise qu'on taxait d'obscurantisme. Actuellement, les Droits de l'homme sont l'unique langage dont puisse se servir le pape, lorsqu'il parle à des chefs d'état incroyants ou athées, signataires de déclarations internationales. Depuis le deuxième concile du Vatican, qui a souligné l'importance des Droits de l'homme, le pape s'y réfère très souvent .
Mais lorsque les chrétiens parlent entre eux des exigences suprêmes du respect de l'homme, ils auraient tort de se référer presque exclusivement à des déclarations d'instances politiques pour affirmer l'inviolabilité de l'espace intérieur de tout être humain. Il serait préférable, puisqu'ils admettent Dieu, de s'appuyer primordialement sur des exigences morales qui transcendent toute la sagesse humaine et toutes les conventions juridiques .
Fragilité et détournement des Droits de l'homme
Malgré leur fragilité philosophique et leur précarité politique, l'institution des Droits de l'homme représente incontestablement un progrès dans l'évolution de la civilisation. Il suffirait que ces résolutions internationales soient effectivement appliquées par leurs signataires.
Mais les droits les plus absolus revendiqués par l'homme excèdent la compétence des Etats et sont antérieurs à leur législation. Il en est ainsi du droit de vivre, du droit de penser librement ce que la conscience commande à l'homme. Cela vaut aussi pour le droit de disposer de ce qui est indispensable à l'existence de chacun. Toutes ces exigences dépassent la souveraineté des gestionnaires politiques.
D'autre part, quel sérieux reconnaître à la revendication exprimée par des pays d'être des " Etats de droit ", lorsque ces mêmes pays ont introduit une législation qui, chaque année, empêche plusieurs centaines de milliers d'enfants de naître ? Comment alors concilier la défense des Droits de l'homme avec la transgression du premier de tous les droits : le droit de naître, qui n'a même pas été mentionné dans la Convention des droits de l'enfant, publiée par l'O.N.U.. le 27 janvier 1990 ?
Le recours aux Droits de l'homme ne s'est jamais fait aussi insistant qu'à notre époque, alors que les contradictions au sujet de leur définition, leur ambivalence, leur négation dans les faits, n'ont jamais été aussi fortes. Les idées, même généreuses, ne suffisent pas à irriguer le désert humain. De ferventes déclarations humanistes n'empêchent pas les pays " pèlerins de la paix " de rester parmi les premiers fournisseurs d'armes !
A certains moments, on a voulu renvoyer la religion dans les décors de l'histoire. Or voici que nous faisons l'expérience qu'il manque à l'organisation pacifique du monde un partenaire indispensable. N'a-t-on pas l'impression que, peu à peu, Dieu se révèle " juridiquement utile " ? Ne serait-ce pas la signification de la visite faite, le ler décembre 1989, au pape Jean-Paul II par le maître du Kremlin ?
l'État de droit, déraciné de la morale et de la religion, donne naissance à un maquis juridique qui aboutit à une dégénérescence de la justice et du droit. Ecoutons Alexandre Soljenitsyne, lors de son fameux discours de Harvard en 1978 .
" Moi qui ai passé toute ma vie sous le communisme, j'affirme qu'une société où il n'existe pas de balance juridique impartiale est une chose horrible. Mais une société qui ne possède en tout et pour tout qu'une balance juridique n'est pas, elle non plus, vraiment digne de l'homme. Une société qui s'est installée sur le terrain de la loi, sans vouloir aller plus haut, n'utilise que faiblement les facultés les plus élevées de l'homme. Le droit est trop froid et trop formel pour exercer sur la société une influence bénéfique. Lorsque toute la vie est pénétrée de rapports juridiques, il se crée une atmosphère de médiocrité morale qui asphyxie les meilleurs élans de l'homme. Et, face aux épreuves du siècle qui menacent, jamais les béquilles ne suffiront à maintenir les gens debout. ".
Le destin d'une civilisation qui refoule le Transcendant
La civilisation contemporaine exprime souvent la prétention de se charger désormais de tout l'homme. Elle n'hésite pas à vouloir le programmer intégralement, en maîtrisant ses gènes, en orientant sa vie par une multitude de techniques et d'assurances.
Elle se désintéresse tranquillement de l'existence et de l'intervention d'un univers transcendant. D'ailleurs , elle mobilise et occupe tellement la grande masse des hommes que ceux-ci n'ont même plus le temps ni la curiosité de s'interroger sur l'importance de ce qui dépasse le monde visible.
Les lois de la physique et de la physiologie ne nous révéleront jamais cette vérité indubitable que le Créateur participe quotidiennement à la vie de chacun d'entre nous. C'est de Lui et non de la science que nous parvient en dernier ressort l'énergie de l'être humain.
Mais le nouveau paganisme qui s'impose toujours davantage autour de nous n'est pas seul à oublier l'existence de notre dimension verticale et d'un univers transcendant. Il y a une crise du sens de Dieu, même parmi certains chrétiens. En les voyant agir, on dirait que la vie chrétienne se réduit exclusivement aux efforts nécessaires pour intensifier la solidarité entre les humains.
C'est oublier que le Christ a fait de la charité fraternelle le signe et l'expression de notre communion avec Dieu. Il ne faudrait pas le perdre de vue. Certaines exigences de la condition des hommes sont inscrites par Dieu dans les circuits vitaux du composé humain. Les hommes des sciences médicales n'ont pas d'influence directe sur les ressorts intimes de la vie morale et spirituelle.
La qualité et le fonctionnement de ces ressorts sont, en grande partie, indépendants des circuits biologiques . Ils relèvent d'un autre ordre. Les deux fonctions essentielles de l'homme sont la vie et l'amour. Et les deux sont liées. On vit pour aimer . On aime pour vivre et pour transmettre la vie .Tous ceux qui se coupent des sources de l'univers transcendant ne peuvent plus en recevoir les bienfaits. Ils se privent de leur énergie vitale et risquent ainsi de s'affaiblir et, parfois, de dépérir.