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Lien vers chapitre 1 (b) : après le Concile de Jérusalem...
Au matin de la Pentecôte,
à neuf heures, l'Esprit fond comme la foudre sur les Douze.
L'Église est née et, le même jour, trois mille
se joignent à eux (Ac 2).
Paul conquiert
l'Asie, puis l'Europe, mais Rome, maîtresse du monde, prend
peur de ce Dieu qui menace ses dieux le sang des chrétiens
sera semence.
Car l'Esprit croît, gagne le
coeur et jusqu'à la tête de l'Empire: Constantin,
empereur et fils de sainte Hélène, apporte aux chrétiens
la liberté par l'Édit de Milan. Ainsi Rome est maintenant
chrétienne, et aussi la "nouvelle Rome", Constantinople.
L'empire Chrétien est fondé il
résistera à la chute de l'Empire politique d'Occident,
il poursuivra sa marche vers l'éternité, passant
le seuil de l'Antiquité morte.
1 Le Christ annonce son Église
S'adressant à Simon, Jésus
dit : " Tu es Pierre, et sur cette pierre je
bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront
pas contre elle." (Mt 16-18). Ceci se passait en Palestine,
en l'an 30 de notre ère.
Le prénom
de Pierre, alors, n'existait pas. Jésus veut signifier
à Simon qu'il est le "rocher" sur lequel l'Église
du Christ va être bâtie, "ancrée",
"enracinée". Plus tard, après sa Passion,
Jésus lui dira encore : " Pais mes agneaux."
" Sois le berger de mes brebis." " Pais
mes brebis!"
Si le Christ accordait ainsi
un rôle prédominant à Pierre, il laissait
à l'ensemble de ses Apôtres une mission universelle
précise, mission qu'il avait déjà indiquée
dès l'adhésion des premiers; Simon, André,
Jacques et Jean, leur disant :" Suivez-moi,
et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes" (Mt
4-19) et, à tous, après sa Résurrection :" Allez
donc; de toutes les nations faites des disciples!" (
Mt 28-19).
| 2 La Palestine au temps de Jésus | ![]() Pour étudier la carte, cliquez sur l'image... |
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Petite contrée méditerranéenne
au relief accentué, s'étendant le long de la mer
sur 250 km, profonde de 120, c'est à dire comparable à
notre Provence entre Montpellier et Cannes et de Toulon à
Sisteron, la Palestine constituait cette Terre Promise par Dieu
Lui-même à Abraham puis à Moïse, ce fameux
pays "où coulait le lait et le miel".
Depuis
l'an 6, la Judée, la Samarie et une troisième contrée
: l'Idumée -tout au sud- , formaient la province romaine
de "Judée", gouvernée par Ponce Pilate. En effet la terre d'Israël était
occupée par les
Romains.
C'est
l'une des raisons pour lesquelles le peuple juif marquait une
certaine impatience dans l'attente du Messie annoncé par les prophètes. Car pour
beaucoup, même au sein du Sanhédrin le grand conseil,
une interprétation erronée des prophéties
avait altéré l'image de ce Messie. Pour les membres
du Sanhédrin, composé des chefs des prêtres,
des docteurs de la loi et des anciens du peuple, comme pour le
peuple lui-même, il devait délivrer la nation du
joug étranger et, revêtu du pouvoir, fonder un puissant
royaume. Aussi la nation était-elle prête à
se soulever et marcher derrière quiconque se présenterait
en libérateur politique d'Israël.
En même temps le sacerdoce, avili par sa servilité
à l'égard de Rome, avait perdu une bonne partie
de son prestige. Et, par effet de réaction, très
grande au contraire était l'influence des docteurs de la
loi. Trop, car elle avait eu surtout pour résultat d'imposer
de minutieuses prescriptions, qui réglaient jusqu'aux moindres
détails de la vie courante jusqu'à oublier "l'esprit"
de la loi de Moïse, sur laquelle le Sanhédrin veillait
avec un soin jaloux.
3 La Diaspora ( Dispersion)
Ainsi que de nos jours, tous les Israélites ne vivaient pas en Palestine. Depuis le moment où Assyriens et Babyloniens avaient emmené en captivité le peuple d'Israël, de nombreux Juifs s'étaient répandus hors de la Palestine. Beaucoup s'étaient fixés dans le pays même où ils avaient été conduits par le vainqueur. Mais d'autres avaient émigré volontairement : certains en Égypte, à Alexandrie notamment, certains dans les principales villes grecques et à Rome. Chacune de ces cités vit fleurir sa colonie juive, active, principalement composée de petits commerçants.
Sans liens organiques entre eux, ces Israélites dispersés n'avaient en commun que le culte rendu à Dieu. Chacune de leurs villes de résidence possédait sa synagogue, où ils se rendaient pour prier, entendre l'Écriture et son commentaire. Leur langue était le grec, et c'est à leur usage que fut faite en cette langue à Alexandrie (283 AvJC) la traduction de la Bible dite des Septante. À leur contact, des "gentils" (étrangers) abandonnèrent le culte des idoles pour adorer le vrai Dieu. Les Juifs nommaient ces convertis : prosélytes.
4 Le Messie et l'Église attendus
En Palestine, le peuple d'Israël
attendaient un Messie, un Sauveur. Jésus par ses paroles
et par ses actes a bien prouvé qu'Il était ce Messie
Sauveur, Lui dont la mission, fixée par le Père,
était de "parfaire la Loi", au moyen de son enseignement
et de son exemple, deux ferments destinés à faire
lever la pâte de foi, d'espérance et de charité
au coeur d'une communauté de disciples, dont les premiers
sont les Apôtres, et qui fonde son Église.
Jésus,
Homme et Dieu, Un avec le Père (Jn 10-30), vivait donc
en Palestine, parmi ses compatriotes Israélites. La Religion
d'Israël honorait Dieu l'Unique, Pur Esprit, Créateur
qui, ayant établi alliance avec les hommes à travers
Abraham et Moïse, leur laissa le Décalogue et la Loi, et, surtout, leur annonça la Rédemption
de la faute originelle de nos premiers ancêtres en leur
promettant la venue d'un Sauveur.
Or au temps de Jésus, nous l'avons dit, tous attendaient un Messie puissant et vengeur. Personne, semble-t-il, n'avait retenu les paroles d'Isaïe dans ses "Poèmes du Serviteur" méprisé, délaissé et portant nos douleurs, mais élu de Dieu (Is 42-1à7, 50-4à7, 52-13à53-12, 61-1, et 9-5, 11-1à9) Aussi, toute sa vie publique, Jésus a-t-il du lutter contre chefs des prêtres, docteurs de la loi et anciens, hostiles à son enseignement et à ses actes, et l'accusant, au nom de cette Loi, de blasphémer Dieu, Lui, pauvre fils de charpentier.
Les apôtres eux-mêmes, d'ailleurs, en bons croyants Juifs, n'étaient pas convaincus de la nécessité d'une rédemption par un Messie "souffrant", venu " non pas pour être servi, mais pour servir " (Mt 20-28), au point qu'ils lui demanderont, lors de sa dernière apparition, après la Passion : " Seigneur, est-ce maintenant que vous allez rétablir le royaume pour Israël ?" Ce à quoi le Christ répondra : " Ce n'est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre." La mission était claire.
5 Établissement de l'Église
Toute société humaine, pour vivre et se développer, doit se structurer, oeuvrer à l'atteinte d'un but, et en posséder les moyens. L'Église n'y fait pas exception. Sa structure tient à son organisation et sa hiérarchie, et son but est d'amener le plus grand nombre d'hommes à la seule paix véritable, que l'on obtient en partageant la Vie éternelle offerte par le Créateur. Quand aux moyens d'y parvenir, Jésus les a lui-même définis et enseignés à ses disciples: une doctrine, ensemble de Vérités - un culte, constitué par les sacrements, la prière et l'ascèse - enfin une vertu, par dessus toute autre; la charité. C'est, nous le verrons, lorsque l'une de ces règles viendra à être transgressée que l'Église vacillera sur ses bases ou sera freinée dans son développement.
Après l'Ascension, Pierre et les Apôtres, tant pour réfléchir à leur mission que dans la crainte des persécuteurs de leur Maître, s'enfermèrent dans le Cénacle, en compagnie de la Vierge Marie et de quelques disciples. Durant cette "retraite", ils complétèrent leur collège, amputé du traître Judas, en s'adjoignant la personne de Mathias. Selon la demande de Jésus ils attendaient, selon ce qu'Il leur avait dit lors de sa dernière apparition : " Restez dans la ville, jusqu'à ce que vous soyez, d'en haut, revêtus de puissance." (Lc 24-49)
En remontant auprès de son Père, Notre Seigneur laissait ici-bas l'embryon de son Église, corps en début de croissance. Pour qu'elle soit véritablement habitée d'une âme, il fallait encore lui insuffler l'Esprit Saint. Cette possession de l'Église par l'Esprit de Dieu fut réalisée à la Pentecôte, dix jours après l'Ascension.
Ce jour-là, ils furent bien "revêtus de puissance", eux, pétris de faiblesse. L'Esprit Saint les enveloppa de ses langues de feu, les pénétra, leur infusant à la fois l'intelligence des Vérités qu'ils avaient apprises du Sauveur et le courage de les défendre.
Un tel courage qu'immédiatement, par le simple don de la parole, Pierre s'adressa du balcon, enfin ouvert, à la foule de curieux assemblée au bruit de tourmente qui avait accompagné la descente de l'Esprit. Il annonça avec force que le temps marqué par les prophètes était bien arrivé, le Messie venu, et que ce Messie était Jésus de Nazareth, celui-là même " qui a opéré devant vous des miracles, des prodiges et des signes, et que vous avez cloué à la croix et mis à mort." (Ac 2-22&23) Il fut si convainquant que, disent les Actes, trois mille demandèrent le baptême et se joignirent aux disciples. L'Église de Jérusalem était fondée.
6 La mission des Apôtres à Jérusalem
Prédications, conversions, miracles, tel est l'essentiel de l'ouvrage entrepris par les Apôtres sur l'ordre du Seigneur. Ceci irrite prêtres et anciens, soit qu'ils croient y trouver une offense à Dieu, soit que leur jalousie en soit excitée. Un seul membre du Sanhédrin, Gamaliel, se montra juste et sage envers eux et la communauté naissante, marquée de piété et d'une fraternité si forte qu'ils ne faisaient "qu'un coeur et qu'une âme ".
Voici donc les Apôtres, remplis d'une force nouvelle, convertissant autour d'eux, faisant ainsi des "hommes nouveaux", renouvelés en leur coeur et leur âme, n'abandonnant pas le Dieu d'Israël mais le découvrant d'un regard neuf. Et voici encore que leur prédication s'accompagne de miracles, attestant de la puissance de Jésus-Christ qui agissait à travers eux.
Ces conversions et ces miracles ne pouvaient qu'irriter au plus haut point prêtres et anciens du peuple. Voilà que cette "secte" faisait encore parler d'elle! Ils firent emprisonner puis comparaître Pierre et Jean, auteurs de la guérison du boiteux, qui mendiait à la Belle Porte, devant le Temple, et avaient ensuite harangué une nouvelle foi le peuple. Cette autre prédication en avait converti cinq mille encore. Le Sanhédrin délibéra, sans parvenir à un accord, et l'on dut relâcher Pierre et Jean.
Mais cette liberté fut précaire. Les Apôtres se réunissaient sous le portique de Salomon, convertissant, guérissant des malades, que l'on apportaient sur des civières posées au sol " afin qu'au passage de Pierre, son ombre au moins couvrit quelqu'un d'entre eux " (Ac 5-15). Alors intervint le grand prêtre et les Sadducéens qui, jaloux, firent jeter les Apôtres en prison. Ils ne durent leur salut qu'à l'intervention d'un Pharisien, docteur de la Loi, membre du Sanhédrin : Gamaliel, homme juste et sage. Les Apôtres ne furent que fouettés de verges, ce dont ils se réjouirent pour avoir subi outrages pour le nom de Jésus.
Les disciples, anciens et nouveaux de plus en plus nombreux, -une "multitude" dit l'Écriture- recevaient avec piété l'enseignement des Apôtres, se réunissaient pour prier et participer au sacrement de l'Eucharistie. Leur union était si forte qu'ils n'avaient " qu'un coeur et qu'une âme " (Ac4-32) Leur vie nouvelle, sans avoir rompu avec le culte juif, se rythmait de pratiques neuves : la fraction du pain, prémices de la célébration de l'Eucharistie, et la prédication des Apôtres, lesquels, en rapportant l'enseignement du Maître, créaient une tradition orale qui jetait les bases d'une rédaction des Évangiles. Mais ce qui distinguait surtout cette communauté était sa charité. Ce courant de fraternité était tel que, mettant leurs biens en commun, aucun d'eux ne connaissait l'indigence. Par exemple Joseph l'un d'eux, surnommé par les Apôtres "Barnabé" (fils de consolation), possédant un champ le vendit et en déposa l'argent à leurs pieds. (Ac 4-32à37)
7 Les Diacres - Étienne, premier martyr de l'Église
Afin d'administrer les biens de la communauté, de plus en plus nombreuse, et veiller au soin des pauvres, les Douze convoquèrent l'assemblée des disciples afin qu'elle choisisse en son sein sept hommes "remplis de sagesse" pour qu'ils assument ces tâches.
Parmi ces Diacres, Étienne opérait par la grâce de Dieu prodiges et miracles. Ce qui excita la jalousie de quelques Juifs fanatiques qui, subornant des crédules, usant de faux témoignages, firent accuser Étienne de propos blasphématoires envers Dieu, Moïse, le Lieu Saint et la Loi." En est-il bien ainsi ?" demanda le grand prêtre à Étienne, dont le visage gardait en cet instant la pureté de celui d'un ange. Étienne, en réponse, entreprit avec éloquence de démontrer la divinité de Jésus. Tandis que la rage au coeur ses auditeurs "grinçaient des dents", lui vit de ses yeux "la gloire de Dieu et Jésus debout à Sa droite". Pour sa perte, il le leur dit clairement. Alors, ils l'entraînèrent hors de la ville et le lapidèrent. Fléchissant les genoux, il tomba en criant :" Seigneur, ne leur impute pas ce péché!" (Ac 6&7)
À quelques pas, gardant les manteaux des assassins, se tenait un jeune homme du nom de Saül. La prière d'Étienne obtiendra sa conversion : Saül deviendra l'Apôtre Paul. Mais cette heure n'était pas encore venue.
8 La dispersion des disciples, puis des Apôtres
Une violente persécution éclata le jour même contre l'Église de Jérusalem, au point que les disciples, à l'exception des Douze, se dispersèrent dans les campagnes de Judée et de Samarie, et aussi hors de la Palestine : en Phénicie et jusque dans l'île de Chypre.
Mais, ainsi que les graines du chardon sont emportées par la tempête et vont germer au loin, ainsi la persécution, loin de détruire l'Église naissante, favorise son essor. D'un mal Dieu sait tirer un bien. Là, donc, les disciples prêchèrent l'Église du Christ. Très actifs, ils répandaient la Bonne Nouvelle, convertissant parmi leurs compatriotes et les Grecs des cités.
La Samarie fut l'un des pays où ils enseignèrent avec le plus de fruit. Le Diacre Philippe -et non l'Apôtre du même nom- y déploya une intense activité missionnaire, appuyée de nombreux miracles. Ses conversions furent si nombreuses en Samarie que Pierre et Jean durent s'y rendre pour imposer leurs mains sur les nouveaux baptisés afin de faire descendre sur eux l'Esprit Saint.
C'est à cette occasion que le magicien Simon proposa à Pierre une somme d'argent en échange du pouvoir de conférer le Saint Esprit. Il repartit avec sa bourse intacte, et la malédiction de l'Apôtre. De là est venu l'appellation de "simonie" donnée au crime de faire commerce des choses saintes.
La conversion des "gentils",
c'est à dire les païens pour les disciples du Christ,
suivit immédiatement celle des Samaritains. C'est ainsi
que Philippe, encore, convertit chemin faisant et baptisa, au
bord de la route de Jérusalem à Gaza, un officier
de la reine d'Éthiopie. Et que Pierre, un peu plus tard,
procéda au baptême
du centurion Corneille et de toute
sa maison. Ces faits marquent d'une pierre blanche la croissance
de l'Église car, pour la première fois, entrent
dans la multitude de ses fidèles des hommes qui n'étaient
pas soumis aux pratiques judaïques. Et tous ces témoins
se nommaient eux-mêmes les frères, les fidèles,
les élus, les saints.
Ainsi
commençait de s'accomplir la parole déjà
citée de Notre Seigneur au moment de monter au ciel :
" Vous serez mes témoins en Judée et
en Samarie et jusqu'aux extrémités de la terre."
Mais la période de tranquillité,
qui succéda à la dispersion des premiers disciples,
fut de courte durée. La persécution se ralluma en 42, au moment de la fête de la Pâque.
Hérode Agrippa, petit
fils de l'Hérode persécuteur de l'Enfant Jésus,
et neveu de l'Hérode Antipas qui prit part au procès
de Jésus, venait de recevoir de l'Empereur le titre de
roi de Judée (Judée, Samarie et Idumée).
Afin de démontrer son zèle vis à vis des
Juifs, il fit arrêter et maltraiter quelques "Nazaréens"
ou "Galiléens", comme on disait alors. Il fit
aussi décapiter
Jacques, le frère de Jean.
Voyant que cela plaisait aux Juifs il fit encore arrêter
Pierre, dans l'intention de le faire exécuter après
la Pâque. Et l'on vit se manifester la puissance de la "communion
des saints" : ils prièrent tant, en compagnie
de la Vierge Marie, que la nuit même avant sa comparution,
Pierre s'éveilla, ses chaînes tombèrent de
ses mains, et il suivit un ange devant qui les portes de la citadelle
s'ouvraient seules, jusqu'au dehors.
Cette persécution
contraignit les Apôtres à quitter Jérusalem
à leur tour. Seul resta Jacques
le Mineur, parent de Jésus,
à la tête de la communauté chrétienne,
l'Église de Jérusalem.
Nous ignorons à peu près
tout de ce que firent les Apôtres, sinon qu'ils s'en allèrent
fonder des chrétientés en Asie Mineure, en Grèce
et au delà. Les Actes ne mentionnent que les travaux
de Pierre et de Saül, devenu Paul, et les traditions de l'Église
d'Asie ont fait parvenir jusqu'à nous quelques faits de
la vie de Jean, l'Apôtre "préféré".
C'est ainsi que la Parole se mit en route,
sous la poussée de l'Esprit Saint, pour diffuser la Bonne
Nouvelle à travers le monde païen. Sa marche va
d'abord, nous le constaterons, vers les cités de culture
grecques.
9 Pierre et Jean au travail
Pierre fonde l'Église d'Antioche,
en Syrie, tandis que Jean part évangéliser l'Asie
Mineure.
Saint
Pierre, ayant remis entre les
mains de Jacques l'Église de Jérusalem, se décida
au départ. Il y avait à Antioche, à
quelque cinq cents kilomètres dans le nord de Jérusalem,
une importante colonie juive. Pierre s'y rendit et resta le temps
nécessaire à la fondation et l'affermissement de
l'Église de cette cité. Peu de temps après
il prit pour la première fois le chemin de Rome.
Saint Jean évangélisa l'Asie Mineure, où il fonda les églises de Smyrne, Pergame, Sardes, Laodicée, Éphèse et quelques autres. Il séjourna à Éphèse, où il vécut la plus grande partie de sa vie. La tradition veut que la Vierge Marie, liée à Jean par la double parole de Jésus : " Mère, voici ton fils " et " Jean, voici ta mère ", ait elle-même séjourné près de lui à Éphèse. Jean vint cependant à Rome où, dit-on, il fut arrêté, condamné au supplice de l'huile bouillante et miraculeusement sauvé par le Christ. Il fut plus tard envoyé en exil dans l'île grecque de Pátmos. C'est là qu'il écrivit l'Apocalypse, livre prophétique. De retour à Éphèse, saint Jean écrivit encore, vers la fin de sa vie terrestre qui fut longue, son Évangile ainsi que trois Épîtres.
10 Les écrits apostoliques
La vie des autres apôtres et disciples est donc fort peu connue, mais il convient de citer les écrits de certains, composés sous l'inspiration de l'Esprit Saint, et insérés à ce titre dans le Nouveau Testament. Ce sont d'abord les trois autres Évangiles : selon saint Matthieu, selon saint Marc et selon saint Luc. Puis les Actes des Apôtres, composé par le même saint Luc. S'y ajoutent les quinze épîtres attribuées à saint Paul et les deux de saint Pierre, que nous citerons plus bas, enfin celle de saint Jacques et celle de saint Jude.
11 La conversion de Saül
Bien qu'Israélite Saül, originaire
de Tarse, était citoyen romain. Religieux d'un zèle
scrupuleux, il persécuta les "Nazaréens"
avec acharnement jusqu'au jour où, sur le chemin de Damas,
il fut "saisi" soudainement par le Seigneur Lui-même.
Dès lors, toute son énergie fut mise au service
des disciples du Christ.
Le jeune Saül, qui
avait assuré la garde des vêtements des bourreaux
lors de la mise à mort d'Étienne, était un
Israélite originaire de Tarse, ville prospère de
la Cilicie où sa famille possédait la citoyenneté
romaine, distinction rarement accordée à des étrangers.
Son père lui fit donner dans cette ville une solide instruction
puis l'envoya, jeune étudiant, parfaire son éducation religieuse à
Jérusalem, auprès
d'un illustre docteur de la Loi, Gamaliel le Pharisien, celui-là même qui
avait pris la défense des Apôtres Pierre et Jean
devant le Sanhédrin. Mais Saül n'imita pas, hélas,
la modération de son maître! Bien au contraire, son
zèle lui ayant valu la confiance des autorités,
il persécuta les "Nazaréens", disciples
de ce Jésus de Nazareth, les faisant emprisonner, flageller,
voire condamner à mort, les pourchassant dans toute la
Palestine et jusqu'en Syrie.
Or son fanatisme était sincère. Il croyait agir pour la plus grande gloire de
Dieu. Est-ce pour cela que Dieu lui accorda la grâce d'une
conversion ? À cheval, sur la route de Damas où
il se rendait une nouvelle fois pour persécuter des adeptes
du Christ, le voici tout à coup jeté à terre,
aveuglé, tandis que s'engage le dramatique dialogue :" Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?" " Qui êtes-vous,
Seigneur ?" (Ac 9-4&5)
C'est ici, aux portes de la ville, que Jésus, apparu à
lui seul en pleine lumière, le "saisit" (Ph 3-12).
Il fut baptisé à Damas par le disciple Ananie, transi
de crainte en présence de cet homme dont on connaissait
alors tout le mal fait aux saints de Jérusalem, puis se
retira dans le désert d'Arabie, proche, pour se préparer,
dans la prière et la réflexion, à la mission
que venait de lui confier le Christ.
Revenu à Damas, il y prêcha la parole du Christ durant trois ans. À la plus grande stupéfaction des Juifs, qui ne reconnaissait plus en ce Paul le Saül zélé pourfendeur de Nazaréens. Et à leur plus grande indignation, qui se changea vite en haine, au point qu'ils complotèrent son assassinat. Il ne dut son salut qu'à une fuite nocturne, descendu par ses premiers convertis le long des remparts de la ville dans une corbeille tressée.
Il se décida alors à monter enfin à Jérusalem, pour y rencontrer Pierre, le chef des Apôtres, auprès duquel il resta deux semaines. Il ne vit personne d'autre hormis Jacques le Mineur, le cousin du Seigneur. (Ga 1-17à32) Il faut dire que peu de gens auraient apprécié sa visite tant il était encore craint par les disciples. Un homme pourtant le guida durant son séjour, sur le conseil de Pierre peut-être, l'accompagnant pour faire tomber les barrières de la prévention et de la crainte : Barnabé, celui qui avait vendu son champ pour en faire don à la communauté. Il devint, dès cette heure, l'un des seconds de Paul. Ceci se passait en 38 ou 39.
L'Église, déjà, rayonnait. À Antioche de Syrie, la communauté était florissante. Barnabé, sur la demande de l'Église de Jérusalem, avait déjà visité cette communauté. Il y retourna en compagnie de Paul et tous deux y passèrent une année entière à instruire une foule considérable (Ac 11). C'est cette mission qui décida l'Église de Jérusalem à les charger de l'évangélisation du monde païen. C'est également à Antioche que les disciples reçurent, pour la première fois, le nom de Chrétiens.
| 12 - Premier
voyage missionnaire de saint Paul (vers 46-49) |
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