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Retour au chapitre 1 (a) : avant le Concile de JÉRUSALEM
13 Le concile de JERUSALEM
Il est nécessité par le
scrupule des Israélites qui, mêmes convertis, entendent
que les rites de la loi juive soient respectés.
Une
surprise les y attendait. En leur absence quelques frères,
d'origine juive, enseignaient aux autres que s'ils ne consentaient
pas à être circoncis, selon la coutume de Moïse, ils ne pouvaient
être sauvés. Ils voulaient ainsi signifier qu'à leurs
yeux le Messie, Jésus, n'étant pas venir abolir
la Loi (mais la "parfaire") restait chargé d'en
observer les rites. Une discussion, vive, s'engagea entre eux
et Paul et Barnabé. Comme ils tenaient tête, les
deux missionnaires décidèrent d'en référer
aux Apôtres, à Jérusalem. Ils partirent donc,
mais pour rencontrer là encore la même difficulté.
En effet des frères, anciens membres de la secte des Pharisiens,
tenaient autour de Pierre le même raisonnement. Il fallut
que les Apôtres et les anciens se réunissent en concile
pour en débattre. Les arguments de Pierre, Barnabé,
Paul et Jacques le Mineur convainquirent l'assemblée que
le Sauveur est bien venu pour faire grâce aux pécheurs,
qu'ils soient Israélites ou étrangers.
La
décision du concile fut portée par écrit,
par Paul, jusqu'à Antioche. Elle commençait par
ces mots : " L'Esprit Saint et nous-mêmes
avons décidé", mots mêmes qui seront
repris à chacun des conciles ayant à définir
la foi.
| 14-Second
voyage missionnaire de saint Paul (vers 50-54) |
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Oui. Pour que naissent de grandes Églises
au coeur du monde grec. Commence pour Paul une phase d'intense
activité dans son apostolat : Ils firent voile vers
Néapolis et de là gagnèrent Philippes, une
ville de la colonie romaine de Macédoine, où ils
furent cause d'une émeute, battus de verges, emprisonnés,
auteurs et témoins de la conversion du geôlier et
de toute sa famille, enfin chassés de la ville. D'autres
déboires les attendaient à Thessalonique où,
Paul ayant tenté à la synagogue de convaincre les
Israélites de la venue du Messie, la majorité d'entre
eux répandit l'agitation dans toute la ville. Les quatre
missionnaires durent encore s'enfuir. Sans pour autant se décourager.
Quarante lieues plus à l'ouest, la ville de Bérée
les accueillit de la même manière.
Laissant
là Sylvain et Thimothée, Luc et Paul prirent
la route vers le sud, jusqu'à Athènes. La prédication
de Paul en la capitale des Grecs est restée particulièrement
célèbre. Épris de toutes les nouveautés,
les Athéniens voulurent entendre le prédicateur
de l'Évangile. Si une introduction plaisante, traitant
du "dieu inconnu" accrocha l'auditoire, la nécessité
d'une plus grande rigueur morale, et surtout le dogme de la Résurrection
furent accueillis avec des sourires d'incrédulité.
Rares furent les conversions, dont celle de Denys l'aéropagite.
On poursuivit pourtant jusqu'à Corinthe, grande
cité d'artisanat, de commerce et de débauche, où
siégeait un proconsul romain. S'y pressait une foule d'esclaves,
d'hommes libres, d'affranchis et d'immigrés. Il y avait
là beaucoup de désordre, d'indiscipline et de péché.
Un excellent terreau pour y semer la Parole. Notre Seigneur était
le premier à le savoir, ce qui Lui fit dire en songe à
Paul :" N'aie pas peur, parle sans hésiter;
je suis avec toi et personne ne mettra la main sur toi pour te
faire du mal, car j'ai un peuple nombreux dans cette ville."
C'est pourquoi Paul demeura assez longtemps à Corinthe,
demeurant chez un Israélite fabricant de tentes, Aquilas,
et sa femme Priscille, travaillant avec eux car il avait appris le
même métier.
Puis il prit congé
des frères et prit le chemin du retour, non sans avoir
converti et baptisé le chef de la synagogue. Après
une escale à Éphèse il débarqua à
Césarée, monta à Jérusalem saluer
l'Église et revint à Antioche.
15 Premières épîtres de saint Paul
Au cours de son long séjour à Corinthe, saint Paul écrivit deux lettres à l'Église de Thessalonique, qu'il avait constituée quelques mois plus tôt et où il avait laissés Sylvain et Timothée. La première, dictée dans l'hiver 51-52, les félicite de leur constance dans les épreuves, complète son enseignement et les exhorte à se préparer à l'avènement du Christ. Dans la seconde épître aux Thessaloniciens, quelques mois plus tard, des déviations de pensée ayant eu lieu parmi eux au sujet de cet avènement, que d'aucuns croient imminent, il les met en garde contre l'enseignement des faux docteurs sur ce point.
| 16-
Troisième voyage missionnaire de saint Paul (vers 54-58) |
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17 Nouvelles lettres de saint Paul
Avant de quitter Éphèse,
Paul avait pris le temps d'écrire à son Église de Corinthe, turbulente à l'image de la cité,
et au sein de laquelle se dessinaient querelles et divisions.
Il lui fallait sévir; il fit cesser les discordes en enjoignant
chacun à n'avoir qu'un maître, Jésus. Pour
rappeler aux bonnes moeurs, il fit exemple en excommuniant un
frère scandaleux et termina en rappelant la doctrine de
l'Église sur les points transgressés.
Cette
lettre, qui comporte l'admirable éloge de la charité
(Ac 12-31à13-13), porta effet, mais ne désarma pas
quelques irréductibles qui s'en prirent à la personnalité
de Paul. Celui-ci, parvenu entre temps à Philippes, dut
donc dicter une seconde
épître aux Corinthiens
où, bien contre son goût de l'humilité, il
doit faire avec beaucoup de passion et un peu d'humour, sa propre
apologie. La lettre obtint le résultat souhaité
puisque saint Paul put se rendre ensuite à Corinthe et
y séjourner trois mois.
Durant ce troisième
voyage, Paul écrivit encore deux lettres : l'épître aux Galates et l'épître aux Romains. La première s'adresse aux "Églises
de Galatie" (Ancyre ?), où Paul, s'étant
arrêté malade, fut bien soigné et enseigna
à cette occasion. Voilà que ces frères, ignorant
les conclusions du concile de Jérusalem, se torturaient
à l'idée de devoir être circoncis pour leur
salut! Paul, affectueusement, leur enseigne la vérité.
L'épître
aux Romains fut écrite
de Corinthe, avant de rentrer à Jérusalem.
Paul ne connaissait pas l'Église de Rome, fondée
dix ans plus tôt par Pierre. Mais il comptait bien s'y rendre,
il l'avait dit, et cela en se rendant en Espagne. Autre projet.
Il écrit donc pour présenter sa doctrine du salut
par la foi en Jésus-Christ ressuscité, pour rappeler
les destinées d'Israël, et enfin pour indiquer la
manière de vivre chrétiennement.
| 18- Les procès et captivités de saint Paul | ![]() Pour étudier la carte, cliquez sur l'image... |
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En route le navire fit naufrage, ballotté quinze jours à la dérive, s'écrasa contre la côte de Malte où les passagers durent passer l'hiver. Enfin parvenu à Rome, Paul, dans l'attente de son jugement, vécut deux années entières attaché par sa main droite à un soldat de garde, ce qui était considéré comme un régime de faveur puisqu'il restait libre de ses déplacements et pouvait recevoir. Il ne s'en priva pas, enseignant la Bonne Nouvelle à tous ceux qu'il accueillait. Mais bien souvent ses visiteurs Juifs, ici encore, restaient incrédules.
De ce temps de captivité datent quatre lettres de Paul : l'épître aux Colossiens, dont la foi tend à dévier, et à qui il rappelle la mission du Christ et le salut par son sacrifice. L'épître aux Éphésiens, assez semblable par son contenu, si ce n'est que l'auteur précise que l'Église, dans sa charité, doit bâtir le "corps" du Christ. L'épître aux Philippiens, affectueuse, prodigue conseils et remerciements pour des secours donnés à Paul. L'épître à Philémon, qui montre la profondeur du coeur de Paul, lorsqu'il intervient pour que cet homme pardonne la faute d'un esclave, converti, et qu'il doit donc considérer comme un frère.
Paul, enfin reconnu innocent, fut libéré à la fin de 63. Pour bien peu de temps. Il reprend ses voyages, passe à Éphèse où il laisse Timothée, puis en Crête où il fait de même avec Tite, revient en Macédoine d'où il leur écrit début 64. (épître à Tite et première épître à Timothée ) Une seconde lettre partira vers Timothée, mais de Rome. Paul a de nouveau été arrêté lors de son passage à Troas, touché sans doute par le décret impérial de Néron interdisant la religion chrétienne après l'incendie de Rome en 64. Cette fois il ne se fait aucune illusion. Il attend la mort.
19 L'Église du Christ à Rome
Si Paul à oeuvré à
Rome dès sa première captivité, c'est Pierre
qui, dix ans plus tôt, avait fondé la communauté
dans la capitale romaine.
Pierre, nous le
savons, avait lui aussi voyagé, parcourant la Judée,
la Galilée, la Samarie, guérissant et convertissant,
puis séjournant à Antioche dont il avait fondé
l'Église, avant de se rendre à Rome, une première
fois vers l'an 42. Il semble qu'il en ait fait sa résidence
dès cette date, mais que son séjour n'y fut pas
continu. Il fit plusieurs voyages et s'y fixa vers 54.
Sylvain et Marc,
les deux anciens disciples de Paul, sont maintenant près
de lui et l'assistent dans sa mission au sein de l'Église
de Rome.
C'est à Rome que Pierre apprendra,
en 62, les sévices infligés aux frères de
l'Église de Jérusalem. En Palestine, le procurateur
Festus, qui avait envoyé Paul à Rome, mourut à
Césarée. Lorsque Albinus son successeur arriva,
en 62, le grand prêtre, Ananos, profita de la circonstance
pour mettre à mort quelques chrétiens, dont Jacques
de Jérusalem. Beaucoup de Juifs, qui estimaient ce chrétien
pour sa sainteté, s'en plaignirent au nouveau procurateur.
Albinus destitua le grand prêtre. Jacques, avait été
précipité du haut du pinacle du Temple et achevé
à coups de pierres et de bâtons. Lui, priait pour
ses meurtriers.
Les deux épîtres de saint Pierre furent écrites de la capitale romaine.
Dans la première épître, adressée aux
fidèles de l'Asie
Mineure, Rome est désignée
sous le nom de "Babylone", symbole transparent de l'oppression
et du vice. Dans cette lettre, écrite pour des hommes malmenés
par les païens et les Juifs et qui ont besoin d'être
confortés dans leur foi, l'apôtre exhorte les frères
à vivre chrétiennement, en remplissant exactement
les devoirs, qu'il rappelle dans le détail. La seconde
lettre s'adresse aux mêmes destinataires. Pierre met les
frères en garde contre de fausses doctrines, et insiste
sur le caractère prophétique de l'Ancien Testament,
la divinité du Christ Sauveur et la supériorité
de la vie surnaturelle. Cette lettre est en quelque sorte le testament
de l'apôtre, car Pierre fait allusion à sa mort prochaine
" ainsi que Notre Seigneur Jésus-Christ me l'a
fait connaître " (2Pi 1-14).
20 Martyres de Pierre et de Paul
Les deux Apôtres ont terminé
à Rome leur mission terrestre. Pierre, Juif pauvre, sans
situation, considéré comme un esclave, subit en
64 le supplice des esclaves : cloué en croix, au milieu
du cirque. Paul, citoyen romain, eut droit trois ans plus tard
au tranchant du glaive. Sa tête roula, et aux trois endroits
où elle rebondit jaillit une source dit-on. Quelle que
fut leur mort, Pierre et Paul restent les deux piliers majeurs
de l'Église, des origines comme de nos jours.
Pierre
aussi fut victime de l'édit de Néron qui, ayant
été accusé par la rumeur publique d'être
l'auteur de l'incendie de Rome en 64, en avait rejeté la
responsabilité sur les Chrétiens et les avait décrétés
hors la loi. La persécution avait immédiatement
frappé le chef de l'Église romaine. Recherché,
Pierre avait tenté de s'enfuir. Il courait sur la Via Appia
lorsque le Christ lui apparut, venant à sa rencontre. " Domine,
quo vadis ? (Seigneur, où vas-tu ?)" " À
Rome, pour être crucifié une seconde fois."
Pierre, honteux de sa faiblesse, dit la légende, regagna
Rome, où il fut martyrisé. Près du Forum,
à la prison Mamertine, on montre la salle basse où
Pierre et Paul auraient été enchaînés.
Pierre fut crucifié sur le cirque du Vatican, la tête
en bas, se jugeant indigne de subir le même supplice que
son divin Maître. Son corps fut enfoui là, au pied
de la colline. Sa tombe est aujourd'hui visible, sous le centre
du dôme de la Basilique.
Paul, à la
mort de Pierre, est de nouveau prisonnier à Rome. Cette
fois dans des conditions plus dramatiques; il est dans les chaînes,
il se sait promis au bourreau. A-t-il conservé le droit
de visite ? A-t-il rencontré Pierre ? la seconde épître à
Timothée , son testament spirituel écrit en 66,
le montre abandonné et dans l'attente du martyre. Citoyen
romain, son procès sera long . En 67, des gardes
l'entraîneront sur la route d'Ostie pour le décapiter,
au lieu dit des Trois Fontaines. Son corps repose en la Basilique
de Saint-Paul-Hors-les-Murs.
conclusion
Le Christ avait annoncé son Église : la voici qui vient de naître, et qui, déjà, "souffre les douleurs de l'enfantement" (Rm 8-22). Tous deux étaient attendus; Lui comme un puissant souverain, elle comme l'assemblée d'un peuple vainqueur. Aussi, le Royaume n'étant pas de ce monde, l'hostilité cuirassa-t-elle les coeurs et endurcit-elle la terre à labourer. Sans la force de l'Esprit Saint, la mission des Apôtres eut été impossible. Mais voici que le Christ, par l'une des voies les plus inattendues, insuffle à son Église l'influente énergie de l'un de ses plus âpres ennemis; et aussitôt l'Église déborde la Palestine, gagne la diaspora et le monde des "gentils". Rome, maîtresse de l'Empire, devient son foyer, dont le rayonnement va éclairer le monde, flamme alimentée du sacrifice des premiers choisis : Pierre et Paul.
"Ni les efforts humains, ni les largesses
du prince, ni les prières aux dieux ne purent empêcher
la persuasion que Néron avait eu l'infamie d'ordonner l'incendie
de Rome. Pour faire taire cette rumeur, Néron inventa des
coupables et livra aux supplices les plus raffinés des
hommes que le vulgaire, les accusant de crimes odieux, appelait
chrétiens.
"Celui dont ils tiraient
leur nom, Christ, avait été, sous le règne
de Tibère, supplicié par le procurateur Ponce-Pilate.
Réprimée d'abord, l'exécrable superstition
faisait irruption de nouveau, non seulement dans la Judée,
berceau de ce fléau, mais jusque dans Rome où affluent
de partout et s'accomplissent les pratiques les plus cruelles
et les plus honteuses.
"On saisit d'abord
ceux qui avouaient (être chrétiens), puis,
sur leur dénonciation, une grande multitude convaincue
moins du crime d'incendie que de la haine du genre humain. On
ajouta la dérision au supplice : des hommes enveloppés
de peaux de bêtes moururent déchirés par des
chiens; beaucoup furent crucifiés ou brûlés;
d'autres, à la chute du jour, furent brûlés
en guise de flambeaux. Néron avait prêté ses
jardins pour ce divertissement et y donnait des courses, mêlé
à la foule en habit de cocher ou monté sur un char.
Aussi, quoique coupables et dignes des dernières rigueurs,
ces hommes inspiraient la pitié parce qu'ils étaient
sacrifiés, non pas à l'utilité publique mais
à la barbarie d'un seul."
d'après Tacite (55-120).
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