première partie

l'Église et le monde antique, de la Pentecôte à la chute de l'Empire d'Occident
( an 30 à an 476 )

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chapitre 1 (b) : Les Origines de l'Église après le Concile de JERUSALEM
par René Seignette de l'Association canonique saint Charles Borromée

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13 Le concile de JERUSALEM

Il est nécessité par le scrupule des Israélites qui, mêmes convertis, entendent que les rites de la loi juive soient respectés.
Une surprise les y attendait. En leur absence quelques frères, d'origine juive, enseignaient aux autres que s'ils ne consentaient pas à être
circoncis, selon la coutume de Moïse, ils ne pouvaient être sauvés. Ils voulaient ainsi signifier qu'à leurs yeux le Messie, Jésus, n'étant pas venir abolir la Loi (mais la "parfaire") restait chargé d'en observer les rites. Une discussion, vive, s'engagea entre eux et Paul et Barnabé. Comme ils tenaient tête, les deux missionnaires décidèrent d'en référer aux Apôtres, à Jérusalem. Ils partirent donc, mais pour rencontrer là encore la même difficulté. En effet des frères, anciens membres de la secte des Pharisiens, tenaient autour de Pierre le même raisonnement. Il fallut que les Apôtres et les anciens se réunissent en concile pour en débattre. Les arguments de Pierre, Barnabé, Paul et Jacques le Mineur convainquirent l'assemblée que le Sauveur est bien venu pour faire grâce aux pécheurs, qu'ils soient Israélites ou étrangers.
La décision du concile fut portée par écrit, par Paul, jusqu'à Antioche. Elle commençait par ces mots : " L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé", mots mêmes qui seront repris à chacun des conciles ayant à définir la foi.
14-Second voyage missionnaire
      de saint Paul (vers 50-54)
 
  
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Parti à nouveau d'Antioche, Paul passe en Asie Mineure par les Portes ciliciennes. Il visite les Églises déjà fondées, puis marche vers l'ouest jusqu'à Troas. Il séjourne ensuite en Macédoine, de Néapolis à Bérée, s'arrêtant plus longuement à Philippes et à Thessalonique. Puis, traversant Athènes, il se fixe quelques temps à Corinthe, avant de regagner Césarée en faisant escale à Éphèse.
Le second voyage va conduire Paul jusqu'en
Europe." Retournons visiter les frères " décida Paul. Barnabé ne voulant partir sans Marc, Paul dut choisir un autre compagnon : Silas.(Sylvain). Traversant Tarse, la ville de Paul, ils passèrent la montagne par l'étroit défilé des Portes Ciliciennes et se retrouvèrent en Asie Mineure. Au long des kilomètres de mauvaise piste à travers désert rocailleux et maigres herbages où paissaient des troupeaux, Paul, poussé par l'Esprit Saint, retrouva avec joie ses frères laissés à Derbé, à Lystres. Dans cette ville il rencontra un garçon dont on disait le plus grand bien, Thimothée et décida de l'emmener. Tous trois visitèrent encore Iconium, puis Antioche de Pisidie, où Paul constata que les Églises s'étaient affermies.
Dans cette ville d'Antioche, Paul fit une nouvelle connaissance : celle de
Luc, un grec, médecin dans la cité. Luc s'était d'abord converti au judaïsme avant que les exhortations de Paul n'ouvre son esprit à la foi du Christ. Et le petit groupe reprit sa route accompagné du médecin, conquis à l'idée de servir la cause, et peut-être de soigner Paul en chemin, si sujet à des troubles de santé qu'il lui arrivera d'en faire état dans certaines de ses Épîtres.
Ayant quitté cette dernière ville en direction du nord, il avait décidé de rejoindre la Bithynie, aux rives de la Mer Noire. Mais, disent les Actes par la plume de Luc, " l'Esprit de Jésus ne le leur permit pas." (Ac 16-7) Cap à l'ouest, ils marchèrent donc jusqu'à Troas, au bord des Dardanelles, face à l'Europe. Est-ce donc là que l'Esprit voulait les conduire ?

Oui. Pour que naissent de grandes Églises au coeur du monde grec. Commence pour Paul une phase d'intense activité dans son apostolat : Ils firent voile vers Néapolis et de là gagnèrent Philippes, une ville de la colonie romaine de Macédoine, où ils furent cause d'une émeute, battus de verges, emprisonnés, auteurs et témoins de la conversion du geôlier et de toute sa famille, enfin chassés de la ville. D'autres déboires les attendaient à Thessalonique où, Paul ayant tenté à la synagogue de convaincre les Israélites de la venue du Messie, la majorité d'entre eux répandit l'agitation dans toute la ville. Les quatre missionnaires durent encore s'enfuir. Sans pour autant se décourager. Quarante lieues plus à l'ouest, la ville de Bérée les accueillit de la même manière.
Laissant là Sylvain et Thimothée,
Luc et Paul prirent la route vers le sud, jusqu'à Athènes. La prédication de Paul en la capitale des Grecs est restée particulièrement célèbre. Épris de toutes les nouveautés, les Athéniens voulurent entendre le prédicateur de l'Évangile. Si une introduction plaisante, traitant du "dieu inconnu" accrocha l'auditoire, la nécessité d'une plus grande rigueur morale, et surtout le dogme de la Résurrection furent accueillis avec des sourires d'incrédulité. Rares furent les conversions, dont celle de Denys l'aéropagite.
On poursuivit pourtant jusqu'à Corinthe, grande cité d'artisanat, de commerce et de débauche, où siégeait un proconsul romain. S'y pressait une foule d'esclaves, d'hommes libres, d'affranchis et d'immigrés. Il y avait là beaucoup de désordre, d'indiscipline et de péché. Un excellent terreau pour y semer la Parole. Notre Seigneur était le premier à le savoir, ce qui Lui fit dire en songe à Paul :" N'aie pas peur, parle sans hésiter; je suis avec toi et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal, car j'ai un peuple nombreux dans cette ville." C'est pourquoi Paul demeura assez longtemps à Corinthe, demeurant chez un Israélite fabricant de tentes,
Aquilas, et sa femme Priscille, travaillant avec eux car il avait appris le même métier.
Puis il prit congé des frères et prit le chemin du retour, non sans avoir converti et baptisé le chef de la synagogue. Après une escale à Éphèse il débarqua à Césarée, monta à Jérusalem saluer l'Église et revint à Antioche.

15 Premières épîtres de saint Paul

Au cours de son long séjour à Corinthe, saint Paul écrivit deux lettres à l'Église de Thessalonique, qu'il avait constituée quelques mois plus tôt et où il avait laissés Sylvain et Timothée. La première, dictée dans l'hiver 51-52, les félicite de leur constance dans les épreuves, complète son enseignement et les exhorte à se préparer à l'avènement du Christ. Dans la seconde épître aux Thessaloniciens, quelques mois plus tard, des déviations de pensée ayant eu lieu parmi eux au sujet de cet avènement, que d'aucuns croient imminent, il les met en garde contre l'enseignement des faux docteurs sur ce point.
16- Troisième voyage missionnaire
        de saint Paul (vers 54-58)
 
 
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Toujours partant d'Antioche de Syrie, Paul traverse encore l'Asie Mineure et s'arrête à Éphèse. Il y reste plus de deux années. De là il sillonne à nouveau Macédoine et Grèce. Au retour, il fait escale à Troas et reprend la mer pour Milet, puis Patara, avant de toucher la Palestine à Tyr, chemin de Jérusalem.
Ce voyage est marqué par le long séjour de Paul à Éphèse, capitale de l'Asie Mineure. Ville importante, d'au moins 300 000 âmes, siège d'un gouverneur, c'était une métropole vouée à l'actif commerce entre Orient et Occident. Ce constant passage brassait la population et favorisait la pratique de multiples cultes. Pour Paul, encore un terrain de prédilection. Il s'y installa après avoir visité ses Églises de Galatie et de Phrygie. Il tenta d'enseigner à la synagogue mais dut, devant l'hostilité de certains Juifs, se séparer d'eux et prêcher dans un autre lieu.
Deux ans durant Juifs et Grecs entendirent ainsi la parole du Seigneur et furent témoins de miracles, les Grecs convertis abandonnant tout culte païen. Au grand dam des orfèvres et autres fabricants d'objets de culte qui voyaient se tarir leurs sources de revenus. Ils déclenchèrent une telle émeute dans la ville que Paul dut la quitter. Il y était prêt, d'ailleurs, ayant déjà formé le projet de rentrer à Jérusalem en repassant auparavant par la Macédoine et la Grèce. " 
Il faudra aussi que je voie Rome " avait-il ajouté. (Ac 19-21)
Il séjourna à Philippes, puis trois mois à Corinthe, avant de refaire le tour de la mer Égée pour gagner Troas. De là, en suivant la côte à la voile, il atteignit Milet, d'où il envoya chercher les anciens de l'Église d'Éphèse, proche. La rencontre fut émouvante car il s'agissait d'un adieu. Paul en effet, certainement avisé de son destin, clôt son discours par ces mots : " Vous ne verrez plus mon visage." En larmes, ils l'accompagnèrent jusqu'au bateau. Quelques jours plus tard il touchait Tyr, gagnait Césarée puis Jérusalem.

17 Nouvelles lettres de saint Paul

Avant de quitter Éphèse, Paul avait pris le temps d'écrire à son Église de Corinthe, turbulente à l'image de la cité, et au sein de laquelle se dessinaient querelles et divisions. Il lui fallait sévir; il fit cesser les discordes en enjoignant chacun à n'avoir qu'un maître, Jésus. Pour rappeler aux bonnes moeurs, il fit exemple en excommuniant un frère scandaleux et termina en rappelant la doctrine de l'Église sur les points transgressés.
Cette lettre, qui comporte l'admirable éloge de la charité (Ac 12-31à13-13), porta effet, mais ne désarma pas quelques irréductibles qui s'en prirent à la personnalité de Paul. Celui-ci, parvenu entre temps à Philippes, dut donc dicter une
seconde épître aux Corinthiens où, bien contre son goût de l'humilité, il doit faire avec beaucoup de passion et un peu d'humour, sa propre apologie. La lettre obtint le résultat souhaité puisque saint Paul put se rendre ensuite à Corinthe et y séjourner trois mois.
Durant ce troisième voyage, Paul écrivit encore deux lettres : l'
épître aux Galates et l'épître aux Romains. La première s'adresse aux "Églises de Galatie" (Ancyre ?), où Paul, s'étant arrêté malade, fut bien soigné et enseigna à cette occasion. Voilà que ces frères, ignorant les conclusions du concile de Jérusalem, se torturaient à l'idée de devoir être circoncis pour leur salut! Paul, affectueusement, leur enseigne la vérité.
L'épître aux Romains fut écrite de Corinthe, avant de rentrer à Jérusalem. Paul ne connaissait pas l'Église de Rome, fondée dix ans plus tôt par Pierre. Mais il comptait bien s'y rendre, il l'avait dit, et cela en se rendant en Espagne. Autre projet. Il écrit donc pour présenter sa doctrine du salut par la foi en Jésus-Christ ressuscité, pour rappeler les destinées d'Israël, et enfin pour indiquer la manière de vivre chrétiennement.
18- Les procès et captivités de saint Paul  
 
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Le temps de saint Paul est maintenant compté. Arrêté à Jérusalem, menacé de mort par les Juifs, emprisonné deux ans à Césarée, il en "appelle à César". c'est son droit : il est Romain. Transféré à Rome (et naufragé en route!). Le voici nuit et jour lié par le poignet à son garde. De Rome il écrit à quatre de ses Églises, avant d'être reconnu innocent et libéré en 63. Mais l'édit de Néron contre les chrétiens le fait encore saisir. Paul sait que sa mission touche à sa fin.
Dès son retour à
Jérusalem, saint Paul dut faire face à une violente hostilité de la part des Israélites. Alors qu'il était au Temple ils se saisirent de lui, menaçant de le tuer. Soustrait à leurs coups par le tribun romain qui commandait la garde du temple il fut conduit dans une cellule de la forteresse Antonia, puis devant le procurateur Félix. Celui-ci, malgré les suppliques et les menaces du Sanhédrin ne voulut pas le condamner. Mais le garda tout de même deux ans en prison dans sa forteresse de Césarée. Voyant que Festus, successeur de Félix, ne le délivrait pas non plus, Paul en appela à César, et fut embarqué avec saint Luc et quelques autres prisonniers sur un vaisseau en partance pour Ostie, le port de Rome. Ainsi s'accomplissait la parole de Jésus reçue en songe, durant sa nuit à la prison de l'Antonia : " Courage! De même que tu m'as rendu témoignage à Jérusalem, ainsi faut-il que tu me rendes témoignage à Rome."

En route le navire fit naufrage, ballotté quinze jours à la dérive, s'écrasa contre la côte de Malte où les passagers durent passer l'hiver. Enfin parvenu à Rome, Paul, dans l'attente de son jugement, vécut deux années entières attaché par sa main droite à un soldat de garde, ce qui était considéré comme un régime de faveur puisqu'il restait libre de ses déplacements et pouvait recevoir. Il ne s'en priva pas, enseignant la Bonne Nouvelle à tous ceux qu'il accueillait. Mais bien souvent ses visiteurs Juifs, ici encore, restaient incrédules.

De ce temps de captivité datent quatre lettres de Paul : l'épître aux Colossiens, dont la foi tend à dévier, et à qui il rappelle la mission du Christ et le salut par son sacrifice. L'épître aux Éphésiens, assez semblable par son contenu, si ce n'est que l'auteur précise que l'Église, dans sa charité, doit bâtir le "corps" du Christ. L'épître aux Philippiens, affectueuse, prodigue conseils et remerciements pour des secours donnés à Paul. L'épître à Philémon, qui montre la profondeur du coeur de Paul, lorsqu'il intervient pour que cet homme pardonne la faute d'un esclave, converti, et qu'il doit donc considérer comme un frère.

Paul, enfin reconnu innocent, fut libéré à la fin de 63. Pour bien peu de temps. Il reprend ses voyages, passe à Éphèse où il laisse Timothée, puis en Crête où il fait de même avec Tite, revient en Macédoine d'où il leur écrit début 64. (épître à Tite et première épître à Timothée ) Une seconde lettre partira vers Timothée, mais de Rome. Paul a de nouveau été arrêté lors de son passage à Troas, touché sans doute par le décret impérial de Néron interdisant la religion chrétienne après l'incendie de Rome en 64. Cette fois il ne se fait aucune illusion. Il attend la mort.

19 L'Église du Christ à Rome

Si Paul à oeuvré à Rome dès sa première captivité, c'est Pierre qui, dix ans plus tôt, avait fondé la communauté dans la capitale romaine.
Pierre, nous le savons, avait lui aussi voyagé, parcourant la Judée, la Galilée, la Samarie, guérissant et convertissant, puis séjournant à Antioche dont il avait fondé l'Église, avant de se rendre à Rome, une première fois vers l'an 42. Il semble qu'il en ait fait sa résidence dès cette date, mais que son séjour n'y fut pas continu. Il fit plusieurs voyages et s'y fixa vers 54. Sylvain et Marc, les deux anciens disciples de Paul, sont maintenant près de lui et l'assistent dans sa mission au sein de l'Église de Rome.

C'est à Rome que Pierre apprendra, en 62, les sévices infligés aux frères de l'Église de Jérusalem. En Palestine, le procurateur Festus, qui avait envoyé Paul à Rome, mourut à Césarée. Lorsque Albinus son successeur arriva, en 62, le grand prêtre, Ananos, profita de la circonstance pour mettre à mort quelques chrétiens, dont Jacques de Jérusalem. Beaucoup de Juifs, qui estimaient ce chrétien pour sa sainteté, s'en plaignirent au nouveau procurateur. Albinus destitua le grand prêtre. Jacques, avait été précipité du haut du pinacle du Temple et achevé à coups de pierres et de bâtons. Lui, priait pour ses meurtriers.
Les deux
épîtres de saint Pierre furent écrites de la capitale romaine. Dans la première épître, adressée aux fidèles de l'Asie Mineure, Rome est désignée sous le nom de "Babylone", symbole transparent de l'oppression et du vice. Dans cette lettre, écrite pour des hommes malmenés par les païens et les Juifs et qui ont besoin d'être confortés dans leur foi, l'apôtre exhorte les frères à vivre chrétiennement, en remplissant exactement les devoirs, qu'il rappelle dans le détail. La seconde lettre s'adresse aux mêmes destinataires. Pierre met les frères en garde contre de fausses doctrines, et insiste sur le caractère prophétique de l'Ancien Testament, la divinité du Christ Sauveur et la supériorité de la vie surnaturelle. Cette lettre est en quelque sorte le testament de l'apôtre, car Pierre fait allusion à sa mort prochaine " ainsi que Notre Seigneur Jésus-Christ me l'a fait connaître " (2Pi 1-14).

20 Martyres de Pierre et de Paul

Les deux Apôtres ont terminé à Rome leur mission terrestre. Pierre, Juif pauvre, sans situation, considéré comme un esclave, subit en 64 le supplice des esclaves : cloué en croix, au milieu du cirque. Paul, citoyen romain, eut droit trois ans plus tard au tranchant du glaive. Sa tête roula, et aux trois endroits où elle rebondit jaillit une source dit-on. Quelle que fut leur mort, Pierre et Paul restent les deux piliers majeurs de l'Église, des origines comme de nos jours.
Pierre aussi fut victime de l'édit de Néron qui, ayant été accusé par la rumeur publique d'être l'auteur de l'incendie de Rome en 64, en avait rejeté la responsabilité sur les Chrétiens et les avait décrétés hors la loi. La persécution avait immédiatement frappé le chef de l'Église romaine. Recherché, Pierre avait tenté de s'enfuir. Il courait sur la Via Appia lorsque le Christ lui apparut, venant à sa rencontre. " Domine, quo vadis ? (Seigneur, où vas-tu ?)" " À Rome, pour être crucifié une seconde fois." Pierre, honteux de sa faiblesse, dit la légende, regagna Rome, où il fut martyrisé. Près du Forum, à la prison Mamertine, on montre la salle basse où Pierre et Paul auraient été enchaînés. Pierre fut crucifié sur le cirque du Vatican, la tête en bas, se jugeant indigne de subir le même supplice que son divin Maître. Son corps fut enfoui là, au pied de la colline. Sa tombe est aujourd'hui visible, sous le centre du dôme de la Basilique.
Paul, à la mort de Pierre, est de nouveau prisonnier à Rome. Cette fois dans des conditions plus dramatiques; il est dans les chaînes, il se sait promis au bourreau. A-t-il conservé le droit de visite ? A-t-il rencontré Pierre ? la
seconde épître à Timothée , son testament spirituel écrit en 66, le montre abandonné et dans l'attente du martyre. Citoyen romain, son procès sera long . En 67, des gardes l'entraîneront sur la route d'Ostie pour le décapiter, au lieu dit des Trois Fontaines. Son corps repose en la Basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs.

conclusion

Le Christ avait annoncé son Église : la voici qui vient de naître, et qui, déjà, "souffre les douleurs de l'enfantement" (Rm 8-22). Tous deux étaient attendus; Lui comme un puissant souverain, elle comme l'assemblée d'un peuple vainqueur. Aussi, le Royaume n'étant pas de ce monde, l'hostilité cuirassa-t-elle les coeurs et endurcit-elle la terre à labourer. Sans la force de l'Esprit Saint, la mission des Apôtres eut été impossible. Mais voici que le Christ, par l'une des voies les plus inattendues, insuffle à son Église l'influente énergie de l'un de ses plus âpres ennemis; et aussitôt l'Église déborde la Palestine, gagne la diaspora et le monde des "gentils". Rome, maîtresse de l'Empire, devient son foyer, dont le rayonnement va éclairer le monde, flamme alimentée du sacrifice des premiers choisis : Pierre et Paul.

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Annexe : l'incendie de Rome en l'an 64, selon Tacite

"Ni les efforts humains, ni les largesses du prince, ni les prières aux dieux ne purent empêcher la persuasion que Néron avait eu l'infamie d'ordonner l'incendie de Rome. Pour faire taire cette rumeur, Néron inventa des coupables et livra aux supplices les plus raffinés des hommes que le vulgaire, les accusant de crimes odieux, appelait chrétiens.
"Celui dont ils tiraient leur nom, Christ, avait été, sous le règne de Tibère, supplicié par le procurateur Ponce-Pilate. Réprimée d'abord, l'exécrable superstition faisait irruption de nouveau, non seulement dans la Judée, berceau de ce fléau, mais jusque dans Rome où affluent de partout et s'accomplissent les pratiques les plus cruelles et les plus honteuses.
"On saisit d'abord ceux qui avouaient (être chrétiens), puis, sur leur dénonciation, une grande multitude convaincue moins du crime d'incendie que de la haine du genre humain. On ajouta la dérision au supplice : des hommes enveloppés de peaux de bêtes moururent déchirés par des chiens; beaucoup furent crucifiés ou brûlés; d'autres, à la chute du jour, furent brûlés en guise de flambeaux. Néron avait prêté ses jardins pour ce divertissement et y donnait des courses, mêlé à la foule en habit de cocher ou monté sur un char. Aussi, quoique coupables et dignes des dernières rigueurs, ces hommes inspiraient la pitié parce qu'ils étaient sacrifiés, non pas à l'utilité publique mais à la barbarie d'un seul."

d'après Tacite (55-120).

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