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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes
" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25
2ère partie - la conduite de l'âme - 32 - La Conscience
La liberté de l'homme
Dieu nous a créés libres et responsables de nos actes.
En choisissant "de préférence" la facilité du mal,
nous "abusons" de notre liberté,
et devenons esclaves du péché (Rom 6-17).
En conséquence, plus nous luttons pour le bien,
plus nous sommes libres.Cependant, cette liberté n'est pas infinie :
en effet, si Dieu nous accorde la liberté de choix,
nous n'avons pas le pouvoir de déterminer ce qui est bien ou mal.
Cette décision n'appartient qu'à Dieu.
Se substituer à Lui revient à vouloir l'égaler.
C'est le péché d'Orgueil, celui de Satan.Nos "sentiments" et nos "actes"
On désigne sous le nom de sentiments
nos émotions, nos affections, fruits de notre sensibilité.
Conduits à l'extrême, on les nomme nos passions.
Sentiments -ou passions- nous poussent à agir, ou ne pas agir
au vu de ce qui est imaginé bon ou mauvais.Jésus a désigné le coeur comme source de nos sentiments (Mc 7-21).
Le plus important est l'Amour, provoqué par l'attrait du bien.
Aimer c'est vouloir du bien à quelqu'un -soi-même ou autrui- ;
aussi l'amour cause-t-il le désir du bien absent, et l'espoir de l'obtenir.
Ce sentiment aboutit donc au plaisir et à la joie du bien possédé,
quelque l'objet de l'amour : soi-même ou autrui.À l'inverse,
la crainte du mal cause la haine, et la peur du mal à venir ;
ce sentiment crée donc la tristesse, et la colère contre le mal présent.Nos sentiments dirigent nos actes,
et ces actes, librement décidés, sont bons ou mauvais.
Ils le sont selon l'objet, l'intention et les circonstances.L'objet de l'acte est défini bon ou mauvais
par les simples règles de la moralité.L'intention de l'acte, est le but recherché dans l'action :
de ce fait, une bonne action peut être rendue mauvaise
par une mauvaise intention ;
et Jésus cite en parabole l'aumône, la prière et le jeûne
accomplis avec une orgueilleuse ostentation (Mt 6-1à16).
Pareillement ne peut-on justifier une mauvaise action
quand bien même elle serait faite avec une intention bonne ;
ainsi voler pour donner à un pauvre, ou mentir pour aider le prochain.
Car, contrairement au dicton, la fin ne justifie pas les moyens.Les circonstances peuvent augmenter la responsabilité ;
ainsi de mal agir, par exemple, envers un être faible.
Ou bien la diminuer ; ainsi de mal agir sous la contrainte.
Ou même la supprimer ;
ainsi de mal agir par ignorance, légitime défense ou devoir d'état.La conscience morale
Au centre de notre esprit est présente une Voix
qui, au moment où nous allons agir,
nous presse d'accomplir le bien et d'éviter le mal.
Cette voix, nommée conscience, est celle de Dieu nous parlant.
Elle porte un jugement sur chacun de nos actes.
Il importe donc de l'écouter et de la suivre.
On nomme prudent celui qui choisit selon sa conscience.Pour choisir selon notre conscience, il nous faut observer trois règles :
Agir envers les autres comme l'on voudrait qu'ils agissent envers nous.
(Mt 7-12 et Lc 6-31)
S'obliger, dans tout acte, à respecter la propre conscience d'autrui.
(1 Co 8-12 et Rm 14-21)
Enfin, même pour qu'il en résulte un bien ne jamais faire le mal.Nous voyons que la voix de la conscience est celle du coeur pur :
Elle conduit à la charité, Amour de Dieu. (1Tm 1-5).Les vertus
Notre conscience doit être éveillée et nourrie:
Éveillée dès l'enfance,
pour apprendre à écouter la voix Divine en nous,
sans la confondre avec les appels de Satan -vers le doute ou le mal.
Puis nourrie, toute la vie, par l'enseignement du Christ
afin que s'y développent des qualités nommées vertus.Car les vertus sont des talents que Dieu nous a confiés
en nous demandant de les cultiver, de les faire fructifier,
ainsi que Jésus nous l'explique dans une parabole (Mt 25-14 à 30).Le mot vertu vient du latin "virtus" ; force, capacité.
Les vertus sont donc des dispositions fermes à faire le bien.
La personne vertueuse donne toujours le meilleur d'elle même,
car le but d'une vie vertueuse est de tendre vers la perfection de Dieu.Dieu nous confie des vertus naturelles et des vertus surnaturelles :
Les vertus naturelles, qui nous sont transmises par nos parents,
nous aident à diriger correctement notre vie.
Les vertus surnaturelles sont des dons de Dieu reçus au Baptême ;
elles nous aident à mettre notre esprit en harmonie avec Son Esprit.Nous pouvons déduire de ce qui précède que conscience et vertus
sont des moyens que Dieu met à notre disposition
pour nous préparer, avec Jésus et à la lumière de sa Bonne Nouvelle,
à vivre pleinement notre éternité en Lui.René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée