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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes
" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25
2ère partie - la conduite de l'âme - 36 - 4, 5, 6è Commandements
Quatrième : Tu honoreras ton père et ta mère.
Les trois premiers commandements réglaient notre amour pour Dieu.
Les suivants concernent notre amour pour nos prochains.
Et d'abord ceux que Dieu a investi de son autorité :
nos parents, notre famille, nos maîtres de toute nature, notre patrie.Les Parents, la Famille
" Jésus " dit Saint Luc, " revint à Nazareth avec Marie et Joseph, et il leur était soumis.
Et sa mère retenait tout cela en son coeur." (Lc 2-51)Le mariage unit des époux pour fonder une famille,
afin de procréer et éduquer chrétiennement des enfants.
En créant l'homme et la femme, Dieu a institué la famille humaine,
assortie de droits et de devoirs.
Comme la Ste Trinité, la famille est une communion de personnes
qui poursuit l'oeuvre créatrice de Dieu.
À l'intérieur règne l'amour et le respect mutuel,
lesquels se nourrissent de la prière et de l'Évangile.Les enfants doivent à leurs parents,
qui leur ont donné la vie, et représentent Dieu auprès d'eux,
le respect, la gratitude, la juste obéissance et l'aide (Eph 6-1).
Joseph fit preuve de ces qualités,
lorsqu'il accueillit son père Jacob en Égypte (Gen 46à50).
Parlant de la famille, Saint Paul dit : (Col 3-20)
" Enfants, obéissez à vos parents, c'est ce qui plait au Seigneur."
Et la Bible :
" Devant les cheveux blancs, lève-toi.
Honore la personne du vieillard." (Lev 19-32)Pour leur part, les parents doivent en premier lieu
considérer leurs enfants comme des Enfants de Dieu.
C'est à ce titre que, par l'exemple,
ils leur assurent l'éducation aux vertus,
à commencer par les vertus théologales : Foi, Espérance et Charité.Par ailleurs, les parents doivent respecter la vocation de leurs enfants.
Saint Paul dit en effet : ( Col 3-21)
" Parents, n'irritez pas vos enfants de peur qu'ils ne se découragent."Comme il dit aussi : " Supportez-vous les uns les autres dans la charité,
en toute humilité, douceur et patience." (Eph 4-2)La Société Civile
Nous devons honorer ceux investis d'une autorité dans la Société,
car ils l'ont reçue de Dieu.
Ils sont donc représentants de Dieu,
qui les a institués ministres de ses dons (Rm 13-1&2) (1Pi 2-13-16).
Ainsi en est-il de nos dirigeants -professeurs, chefs, gouvernants-.
Ainsi en est-il de notre Patrie,
que nous devons aimer, servir et défendre.Cette autorité doit s'exercer dans le respect, la justice et la charité :
" Celui qui voudra devenir grand parmi vous
sera votre serviteur." dit Jésus. (Mt 20-26)
Et si, par extraordinaire, les ordres étaient contraires à la morale,
" il faudrait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. " (Ac 5-29)Cinquième : Tu ne tueras point
Il s'agit de respecter la vie du corps, mais aussi la vie de l'âme.
Dieu nous confie cette double vie comme un bien précieux,
un bien qui ne nous appartient pas, mais à Lui-même.Le respect de la vie physique
De sa conception à sa mort, notre corps humain est sacré
car voulu par Dieu à son image.
Dieu est seul maître de la vie, de son commencement à sa fin.
Dans le "Sermon sur la Montagne",
Jésus rappelle ce Commandement : "Tu ne tueras point" (Mt 5-21).
Mais il y ajoute l'interdiction de la colère, la haine et la vengeance.
Il demande même à ses disciples de "tendre l'autre joue" (Mt 5-39),
d'aimer ses ennemis (Mt 5-44),
et de laisser l'épée au fourreau (Mt 26-52).Il existe bien des façons d'attenter à la vie physique. Ainsi :
L'homicide volontaire :
Dès les premières pages de la Bible, un meurtre nous est conté ;
celui de Caïn tuant son frère Abel par jalousie (Gen 4).
" Qu'as-tu fait !" dit le Seigneur, (Gen 4-10)
" La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu'à moi."
Car plus graves encore que le crime d'homicide
sont ceux de fratricide, de parricide, d'infanticide.
Le meurtrier commet un péché qui "crie vengeance" jusqu'au ciel.Par analogie, est considéré comme homicide
celui qui expose, sans raison impérieuse, quelqu'un à un risque mortel,
ou encore celui qui refuse assistance à une personne en danger.L'avortement :
La vie humaine doit être protégée dès la conception,
car elle appartient à Dieu depuis le premier instant.
Dieu l'a dit par la bouche du prophète Jérémie :
" Avant de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais.
Avant ta naissance, je t'ai consacré." (Jér 1-5)L'Euthanasie :
Donner la mort, même afin de supprimer la douleur, reste un meurtre,
et une injure à Dieu en substituant notre volonté à la Sienne.Le suicide :
Responsables de notre vie devant Dieu,
nous n'en sommes pas les propriétaires, mais les intendants -gérants-.
Toutefois, le trouble d'esprit, l'angoisse,
peuvent diminuer la responsabilité de l'acte :
il ne faut donc pas désespérer du salut éternel
de ceux qui se sont donné la mort,
parce que seul Dieu juge en toute miséricorde,
et que la prière de l'Église est toute puissante.La légitime défense :
Ce n'est pas là une exception à l'interdiction de meurtre,
car celui qui défend la vie que Dieu lui a confiée
n'est pas coupable d'homicide même s'il tue son agresseur.
En effet, cette mort n'est pas voulue :
elle n'est qu'une conséquence de l'action de se défendre.
La légitime défense est un devoir pour celui qui est responsable
de la vie d'une famille, d'une cité, d'un pays.La guerre :
Elle n'est juste que lorsque le pays est contraint à sa légitime défense,
pour protéger ses citoyens et le bien commun.
Dans cette mission, les militaires se vouent
au service de la sécurité et de la liberté de leur patrie.Ceci n'exclut nullement que chacun doive le respect aux blessés,
aux prisonniers, aux non-combattants, aux morts.
Sont gravement contraires à la justice
la prise d'otages, le terrorisme, la torture.
" Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés Fils de Dieu."
(Mt 5-9)Le respect de la vie morale
Le crime contre la vie morale se nomme le scandale.
C'est le comportement -en paroles, en actions, par omission-,
qui pousse notre prochain à commettre le mal.
Sa gravité est augmentée
par l'autorité de son auteur, et la faiblesse de sa victime.
Au sujet du scandale, Jésus a dit :
" Qui scandalise un de ces petits, il vaudrait mieux pour lui
qu'on le précipite dans la mer avec une pierre au cou." (Mt 18-6)René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée