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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes
" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25
2ère partie - la conduite de l'âme - 38 - 7è et 10è Commandements
Septième : Tu ne voleras pas
Dieu nous a remis la terre afin que, comme d'honnêtes gérants,
par notre travail nous lui faisions multiplier ses richesses.
Et, dans son amour paternel, Dieu ne conserve pas ces richesses
mais nous les offre : c'est ce que l'on nomme des biens.Bien personnel et bien commun
Le bien personnel, ou "propriété privée" :
Au commencement, Dieu a confié le monde
à l'ensemble de l'humanité.
Les hommes, ensuite, se sont réparti la terre
pour qu'elle subvienne aux besoins de chacun
grâce à son propre travail.
Ainsi est née la propriété privée ou bien "personnel".La propriété d'un bien, fait de son détenteur un intendant de Dieu,
un gérant dont la mission est de le faire fructifier,
ainsi qu'il est dit dans la parabole des Talents (Mt 25-14),
et d'en communiquer les bienfaits à autrui.Par les fruits de notre travail, donc, nous devons contribuer
à notre bien personnel et au bien personnel d'autruiLe bien "commun" :
Mais le droit à la propriété privée, ou bien personnel de chacun,
ne supprime pas l'existence du bien commun,
que Dieu a confié à l'ensemble des hommes.
On nomme "bien commun"
tout bien qui n'est pas à l'usage exclusif d'un seul
mais de l'ensemble d'une société d'hommes,
voire à l'usage de l'humanité entière.Toujours par les fruits de notre travail, nous devons aussi contribuer
à entretenir et développer le bien commun.
En effet, seul le travail permet la contribution.Le vol
Voler, c'est s'approprier injustement un bien personnel ou commun.
En ce qui concerne le bien personnel,
c'est s'emparer du bien propre d'autrui contre sa volonté.
C'est donc un péché contre la justice et contre la charité fraternelle :
contre la justice, car le vol dépossède le prochain d'un bien mérité,
acquis par son travail, un héritage ou tout autre moyen honnête ;
contre la charité fraternelle, car le voleur fait à son prochain
ce qu'il ne voudrait pas qu'on fasse à lui-même.De même sont des vols, les échanges entre personnes
lorsque la justice n'y est pas respectée.
Car il faut que le "marché" soit équitable,
c'est à dire où le droit de chacun est respecté.
Il n'en est pas ainsi, par exemple :
lorsque l'on ne paie pas ses dettes, ou par chèque "sans provision" ;
lorsque l'on ne rend pas un objet prêté, ou trouvé ;
lorsque l'on trompe sur la quantité ou la qualité dans un échange ;
lorsque l'on détériore ou détruit volontairement le bien d'autrui.Jésus, qui est la Justice et la Charité, bénit Zachée de sa promesse :
" Seigneur, si j'ai fait du tort à quelqu'un,
je lui rends le quadruple." (Lc 19-8)Le travail et sa rétribution (récompense)
Le travail est un devoir. Il prolonge l'oeuvre de la Création.
Il est voulu par Dieu :
" Remplissez la terre et soumettez-la." (Gn 1-28)
Et St Paul dit : " Si quelqu'un ne veut pas travailler,
qu'il ne mange pas non plus." (2Th 3-10)
Chacun trouve donc dans le travail, tout en servant la communauté,
les moyens de vivre et de faire vivre les siens.Le juste salaire est le fruit légitime du travail :
Le refuser ou tricher sur le montant
est une injustice qui constitue un volMais, de la part du salarié, ne pas accomplir correctement son travail
est tout aussi un vol vis à vis de celui qui l'emploie.Le bien des pauvres
On croit facilement qu'ils ont peu, ou pas, de bien personnel.
Or, que dit l'Évangile ?
" C'est à ce qu'ils auront fait pour les pauvres
que Jésus reconnaitra ses élus." (Mt 25-34à36)
Lorsque nous donnons aux pauvres l'indispensable,
nous leur rendons ce qui leur est dù ;
il ne s'agit donc plus d'un acte de charité mais de justice.
Les en priver est donc moralement aussi grave qu'un vol.Et ce vol ne concerne pas que les biens matériels.
On peut priver injustement autrui
de ses droits fondamentaux, de sa dignité par exemple.
Saint Paul demandait instamment à un maître chrétien, Philémon,
de traiter son esclave, également chrétien,
" non plus comme un esclave mais comme un frère,
comme un homme dans le Seigneur." (Phm 16)C'est dans nos oeuvres de miséricorde que nos actions charitables viennent en aide à notre prochain dans ses besoins corporels,
mais aussi spirituels : l'instruire, le conseiller, le,consoler,
et parfois lui pardonner, voire le supporter avec patienceCar la misère humaine revêt de nombreuses formes :
le dénuement, la souffrance, l'oppression, l'infirmité de l'esprit,
l'infirmité du corps, la mort corporelle
Cette misère est le signe de notre faiblesse depuis le premier péché.C'est pourquoi Jésus a tant pitié d'elle
qu'Il a voulu la prendre sur Lui,
et s'identifier au plus petit d'entre ses frères (Mt 25-40)
" Les renards ont leurs tanières, les oiseaux du ciel ont des nids,
mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête "
dit Jésus, parlant de Lui-même (Lc 9-58).Le respect du bien public
C'est le bien commun le plus apparent, celui de notre Société.
Sont des voleurs, ceux qui se soustraient à l'impôt -la Contribution,
ceux qui gaspillent, ou ne prennent pas soin,
ou détériorent, par vandalisme, les équipements collectifs.Dixième : Tu ne désireras pas injustement le bien des autres.
Ici, Dieu s'adresse aux envieux. L'envie est un vice capital :
elle désigne la tristesse éprouvée devant le bien d'autrui,
et le désir de se l'approprier.
Quand, par la même occasion, elle souhaite un mal grave au prochain,
l'envie se transforme en injure à Dieu, ce qui devient péché mortel.De l'envie naissent la haine, la médisance,
et, dit Saint Grégoire le Grand, Pape au sixième Siècle,
" la joie causée par le malheur du prochain,
le déplaisir causé par sa prospérité."L'envie est un refus de la charité fraternelle,
elle nait le plus souvent de l'orgueil.
Or seule la pauvreté du coeur -le détachement des richesses-
nous permettra d'entrer dans le Royaume des Cieux. (Mt 5-3)Prenons exemple sur la veuve jetant deux sous au trésor du Temple,
et dont Jésus dit ;
" Cette femme n'a pas donné de son superflu
mais de son nécessaire : tout ce qu'elle avait pour vivre." (Lc 21-4)René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée