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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes
" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25
2ère partie - la conduite de l'âme - 39 - 8è Commandement
Huitième : Tu ne mentiras pas.
Le roi Hérode, alarmé d'apprendre la naissance du roi des Juifs
et craignant pour son trône, décida de faire massacrer l'enfant.
Afin de le faire reconnaître, il mentit au Mages :
" Allez prendre des informations précises sur cet enfant " dit-il.
" Quand vous l'aurez trouvé, faites-le moi savoir
afin que j'aille lui rendre hommage à mon tour." (Mt 2-8)Trente-six ans plus tard, comme Jésus était traduit devant Pilate,
les grands prêtres mentirent :" Cet homme excite le peuple à la révolte
interdisant de payer le tribut à l'empereur." (Lc 23-2)Deux exemples de crime contre la vérité.
Pourquoi devons-nous vivre dans la vérité ?
Parce que Dieu est source de toute vérité.
Sa parole est vérité (Pr 8-7), Sa loi est vérité (Ps 118-142).
Nous, créatures faites à son image, ne pouvons vivre hors sa loi.
Le mensonge, crime contre la vérité, est donc crime contre Dieu,
et crime contre Jésus-Christ, son Fils
qui dit : " Je suis la voie, la vérité et la vie." (Jn 14-4)
Suivre Jésus, c'est vivre de l'Esprit de vérité (Jn 14-17).Dans nos actions, nos paroles,
la vérité se nomme sincérité, franchise.
C'est le contraire de la duplicité, de la simulation, de l'hypocrisie.
Sans la sincérité, sans la franchise,
les hommes ne pourraient vivre dans la confiance réciproque.
Or sans confiance, il n'y a pas de vie commune possible.Nous devons rendre témoignage à la vérité
Qu'est le témoignage ? C'est un acte de justice
qui établit ou fait connaitre la vérité.Devant Pilate, Jésus dit qu'il est " venu dans le monde
pour rendre témoignage à la vérité." (Jn 18-37)
Et Jésus rendra témoignage jusqu'à en mourir.Mais si Jésus n'exige pas de nous un tel sacrifice,
notre devoir de chrétiens est d'agir comme témoins de l'Évangile,
ce qui se traduit en vivant notre foi, et en la transmettant ,
au moyen de nos paroles et de nos actes.Cependant, face à une situation où il doit attester sa foi,
comme Saint Paul face au gouverneur Félix (Ac 24-14à16),
un chrétien doit déclarer ce en quoi il croit, l'affirmer sans défaillance,
afin de garder sa conscience irréprochable
devant Dieu et devant les hommes.
" Si quelqu'un a honte de moi et de mes paroles " dit Jésus,
" j'aurai honte de lui, lorsque je viendrai dans la gloire de mon Père
avec les saints anges " (Mc 8-38)Le martyr est le témoignage absolu,
celui qui va jusqu'à la mort pour la vérité de la foi.
Et cette mort est bien accueillie comme un envol vers Dieu,
puisque les dernières paroles des martyrs,
conservées pieusement par l'Église,
sont toutes des paroles de confiance et de joie.Les offenses à la vérité, ou formes du mensonge
Mentir, c'est dire le faux dans l'intention de tromper.
Depuis l'origine, c'est l'oeuvre de Satan.
Jésus dit :
" Le Diable est menteur et le père du mensonge." (Jn 8-44)Le mensonge est une violence faite à l'esprit d'autrui,
car il détruit sa possibilité de connaissance,
condition indispensable à son jugement et à sa décision.
Le mensonge induit en erreur.
D'une gravité variable, le péché de mensonge devient mortel
s'il lèse profondément les vertus de justice et de charitéOn ment par la dissimulation,
soit en parlant contre sa pensée, soit en cachant la vérité.Mais aussi par le faux témoignage,
quand, appelé à dire la vérité, devant un Tribunal par exemple, on ment
dans le but de faire condamner un innocent ou disculper un coupable.
Ce mensonge, s'il est prononcé sous serment, devient un parjure.Par le jugement téméraire,
on accuse autrui sans preuve, d'une faute ou d'un défaut supposé vrai.La calomnie et la diffamation sont plus graves encore ;
elles consistent à affirmer faussement, dans l'intention de nuire,
une faute ou un défaut inexistant de notre prochain.Quant à la médisance,
elle s'applique à révéler, dans l'intention de nuire,
une faute ou un défaut réel d'autrui.Jugement téméraire, calomnie, diffamation et médisance
détruisent la réputation et l'honneur de notre prochain,
auxquels chacun possède un droit naturel.D'autres actes sont aussi des offenses à la vérité ;
Ainsi est la flatterie, qui dit faussement du bien d'autrui
pour en tirer avantage.
Ainsi la complaisance, qui approuve les actes et paroles d'autrui,
mêmes critiquables, dans le seul but de lui plaire.
Ainsi enfin la vantardise et l'ironie, formes plus légères du mensonge.Le respect de la vérité
Contrairement à ce que l'on pourrait supposer,
le droit à la vérité n'est pas absolu. Pourquoi ?
Parce que la vérité doit être honnête et discrète,
c'est à dire qu'elle doit faire la part de ce qui doit être dit,
et de ce qui doit rester secret.
Et là, c'est notre charité seule
qui dicte notre réponse à tout désir de connaissance.
En effet, il faut parfois taire la vérité ou rester discret
pour le bien d'autrui, ou sa sécurité, ou le respect de sa vie privée,
ou quelquefois pour éviter le scandale.C'est dans cet esprit que le secret de la Confession est sacré.
Il ne doit être trahi sous aucun prétexte.
On dit qu'il est inviolable.De la même façon, les secrets professionnels
-politiques, militaires, médicaux, juridiques-,
commes les confidences, doivent être soigneusement gardés.
Ils ne doivent être divulgués que dans le cas exceptionnel
où leur rétention risque de causer de graves dommages.Enfin, le respect de la vérité est dù à la Société en général,
qui doit être informée en toute vérité et en toute justice.
C'est ce que doivent s'imposer les moyens de communication ;
la presse, la radio, la télévision -on dit "les médias"-,
car telle est leur mission, qu'ils doivent remplir avec honnêteté.René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée