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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25

2ère partie - la conduite de l'âme               - 43 - LES PECHES et LES VICES

Qu'est-ce que le péché ?
À chaque instant, devant chaque occasion d'agir,
nous parle notre conscience : c'est la Voix de Dieu.
C'est elle qui nous indique si notre acte est bon ou mauvais.

Pécher, c'est désobéir à notre conscience.
On peut y désobéir par une mauvaise action,
mais aussi par une mauvaise parole,
ou une mauvaise pensée, -désir ou intention-.
Une désobéissance est une révolte, comme le péché originel.
C'est donc une offense à Dieu,
car c'est un acte d'amour de soi, au mépris de l'amour de Dieu.
C'est un fruit de l'orgueil.

Qu'est-ce que la tentation ?
" Du coeur proviennent les pensées malhonnêtes "
(Mt 15-19)
Jésus dit bien que la racine du péché est dans le coeur de l'homme,
ce qui veut dire dans sa libre volonté.
Car Dieu nous laissant libres du choix de nos actes,
nous constatons que si le bien exige un effort, le mal est plus facile.

La tentation est l'attrait pour la facilité du mal.
Parfois même ressent-on en soi la lutte entre deux tendances :
on désire faire le bien mais, inexplicablement, on fait le mal
on cède à la tentation.

Cette tentation est non seulement permise, mais voulue par Dieu
comme une épreuve nécessaire, afin que nous puissions la vaincre.

Qu'est-ce que la chute ?
Le péché est comme une chute, un abandon :
le mal procure un fugitif plaisir, puis vient la douleur du remords.
le bien exige parfois un pénible effort, mais donne la joie du succés.
Depuis Adam, c'est la première expérience de l'homme.

Mais, nous le verrons, il n'y a péché que si la chute est volontaire.

La miséricorde de Dieu
L'Évangile du Christ révèle la miséricorde de Dieu pour les pécheurs :
Jésus nous la décrit en images, dans les paraboles de la brebie perdue,
de la pièce d'argent égarée, de l'Enfant prodigue (Lc 15).

Plus tôt, l'Ange avait dit à Joseph :
" Tu lui donneras le nom de Jésus -Dieu sauve-,
car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés."
(Mt 1-21)
De même à l'Eucharistie, Sacrement de Rédemption, Jésus dit :
" Ceci est mon sang, qui va être répandu pour la multitude
en rémission des péchés."
(Mt 26-28)

C'est au moment où Jésus Christ va le vaincre par sa mort
que le péché se montre le plus violent :
incrédulité de la foule, haine meurtrière des prêtres,
rejet, moqueries des chefs et du peuple, cruauté des soldats,
trahison de judas, reniement de Pierre, lâcheté de Pilate,
abandon des disciples Et pourtant,
c'est le droit au pardon -le droit à la grâce- de tous ces crimes,
que Jésus va aussi racheter par son sacrifice.
St Paul le dit : " Où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé."
(Rom 5-20)
Ainsi est la miséricorde de Dieu, notre Père.

La réparation
Jésus a donc racheté notre droit à la grâce de Dieu.
Mais, tel un médecin qui sonde la plaie avant de la soigner,
Dieu exige que notre conscience
mesure la faute, la regrette et l'avoue.
Il n'accorde qu'ensuite sa grâce du pardon.

Et puis encore, la faute doit-elle être réparée,
car toute injustice demande réparation.
L'injustice vis à vis de Dieu s'expie par la pénitence.

Enfin la faute doit être, pour l'avenir, évitée. Par trois moyens :
d'abord la fuite de toute occasion de péché,
ensuite la résistance à la tentation,
enfin la prière, pour demander le soutien.

La gravité du péché
Une infraction au "Code de la Route" peut entraîner, selon sa gravité,
un accident mortel ou une simple amende.
Le péché mortel, injure grave et volontaire à Dieu,
ôte à l'âme -tue dans l'âme- la grâce de la vie éternelle.
Le péché véniel offense Dieu, et blesse l'affection qu'il nous accorde.
Mais, qu'il soit véniel ou mortel, et quelque soit sa gravité,
le péché peut recevoir le pardon de Dieu
à la condition de le regretter, de l'avouer et de le réparer.

* Le péché mortel :
Pour qu'un péché soit mortel,
trois conditions sont requises :
une matière grave pour objet,
une pleine conscience de la faute,
un entier consentement à l'accomplir.

La matière grave est précisée par les dix Commandements,
selon la réponse de Jésus au jeune homme riche (Mc 10-19).
Certains facteurs influent sur la gravité :
l'ignorance involontaire de la faute peut la diminuer ou l'excuser,
l'impulsion -violence-, la passion -dérèglement de la sensibilité-,
ou encore des troubles pathologiques, ou des pressions extérieures,
peuvent réduire ou annuler le consentement.

Mais, si au lieu de "succomber à la tentation" on pèche par malice,
c'est à dire par volonté de faire le mal pour lui-même,
le péché est encore plus grave.

S'il n'est pas racheté par le repentir et le pardon de Dieu
le péché mortel cause l'exclusion du Royaume de Dieu
et la mort éternelle de l'Enfer.

* Le péché Véniel :
Si la matière est grave, mais sans pleine connaissance,
ou sans entier consentement, le péché reste véniel.
Il entre dans la catégorie de ces faiblesses et imperfections,
fautes plus légères qui ne sont pas des révoltes contre Dieu.

Parce qu'il est réparable par nous-mêmes,
le péché véniel ne fait perdre ni l'alliance avec Dieu, ni son amitié.
Il ne prive donc pas de sa Grâce ni de son Royaume.

Mais il empêche les progrés de l'âme,
et mérite de ce fait mérite des peines "temporelles"
-que Dieu inflige sur terre ou au Purgatoire-.

Notons-le bien : nul ne peut s'empêcher de pécher.
Ainsi donc, si l'on est imprudent, nos péchés véniels s'accumulent :
Voulus et sans repentir, ils mènent peu à peu au péché mortel,
à la façon dont des petits changements de caps successifs
nous entraînent peu à peu au demi-tour.
Il faut s'en libérer par une confession régulière -propreté de l'âme-.

Les vices
La faute entraîne à la faute : elle prolifère.
Elle engendre le vice, ou inclinaison perverse,
péché "commis par habitude", et qui asservit comme une drogue.

Ce vice, peu à peu obscurcit la conscience,
qui ne sait plus distinguer clairement entre le bien et le mal ;
c'est le cercle vicieux, que l'on a tant de mal à rompre.

Les vices sont au nombre de sept. Ils contrarient les sept vertus :
on les nomme péchés capitaux car ils engendrent tous les autres.
Le premier est l'Orgueil, père de tous. Il détruit la vertu d'Humilité.
Puis viennent :
l'Avarice, qui détruit la vertu de Générosité ;
l'Envie, qui détruit la vertu de Charité Fraternelle ;
la Colère, qui détruit la vertu de Douceur ;
l'Impureté, qui détruit la vertu de Pureté ;
la Gourmandise, qui détruit la vertu de Tempérance ;
et la Paresse, qui détruit la vertu de Courage.

Notre responsabilité dans le péché des autres
Nous pouvons avoir également
une responsabilité dans le péché des autres
quand nous en sommes les complices.
Ce sera le cas chaque fois que nous participerons à leur faute,
que nous la commanderons, que nous la protégerons,
ou que nous feindrons de l'ignorer.

René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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