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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25



3ème partie - la prière              - 46 - LA PRIERE, ses formes...

Il ne suffit pas de vouloir prier ; il faut savoir.
Chacun prie selon son coeur,
mais c'est par la Tradition que l'Église nous apprend à prier.
Et la Tradition retient trois formes de la prière :
la Prière Vocale, la Méditation et l'Oraison.
Leur point commun est le recueillement, le silence intérieur.

Qu'est-ce que la Prière "Vocale "?
Ici nous parlons à Dieu avec des mots, des paroles précises.
À voix haute ou en silence, mais toujours dans le recueillement,
nous nous adressons à Lui à travers des prières apprises,
dont la plus belle est le "Notre Père", enseignée par Jésus Lui-même.

Qu'est-ce que la Méditation ?
Méditer, c'est encore parler avec Dieu, mais sans paroles apprises.
Le plus souvent on se sert d'un texte, de l'Évangile par exemple.
Il ne faut pas lire rapidement mais s'arrêter à chaque phrase,
réfléchissant, cherchant à la comprendre, à l'approfondir ;
à la vivre, en y rendant présent Dieu et soi-même :
" Vous, Seigneur Moi, votre enfant"
Par exemple : "Le Fils de l'Homme est venu donner sa vie
en rançon pour la multitude."
(Mc 10-45)
Méditer : " Vous souffrant mourant pour nos fautes
mes fautesquel amour pour nous, Seigneur!pour moi!
Je ne le mérite pas je lutterai pour ne plus faiblir "

Qu'est-ce que l'Oraison ?
C'est la prière par excellence ;
" Cherchez Dieu dans la simplicité du cur " dit la Sagesse. (1-1)
Jésus Lui-même nous y invite :
"Soyez simples comme des colombes." (Mt 10-16)

Nous sommes trop compliqués. Un enfant, pour parler à son père,
n'utilise pas un manuel, ne cherche pas de phrases toutes faites.
Jésus le dit : " Si vous ne devenez pas comme des petits enfants,
vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
(Mt 18-3)
Est-ce qu'une mère se fatigue
d'entendre son enfant lui dire "Maman, je t'aime" ?

Dieu est pareil. Présent en nous, Dieu est simple,
et plus notre prière est enfantine, plus elle lui plaît.
L'oraison est donc la prière la plus simple :
expliquons à Dieu notre foi en Lui,
notre espérance en Sa miséricorde, notre affection pour Lui,
et cela comme les idées nous viennent, avec des mots de tous les jours.

C'est en parlant ainsi à Dieu, intimement et simplement,
que l'on fait les plus grands progrés dans la vie spirituelle.
Et si l'on est à court d'idées, on peut faire comme Ste Thérèse :
- "Que faites-vous ?" lui dit une Soeur, "il faut essayer de dormir!"
- "Je ne peux pas. Je souffre trop. Alors je prie."
- "Et que dites-vous à Jésus ?"
- "Je ne Lui dit rien, je l'aime." (JEV 205)

Le Combat de la Prière
Tous les Saints l'ont dit : la prière est un combat.
Contre qui ? Contre nous même. Et contre les ruses du démon
qui fait tout pour détourner l'homme de l'union à Dieu.
Ainsi, certains pensent ne pas avoir le temps de prier,
d'autres, trop distraits, ne peuvent fixer leur pensée,
d'autres, pressés de trouver Dieu, se découragent trop vite,
d'autres abandonnent, se trouvant le coeur sec,
d'autres sont déçus de ne pas être exaucés selon leur volonté,
d'autres ont l'orgueil blessé par leur indignité de pécheur
Mais pour tous la conclusion est la même : À quoi bon prier ?
Là se situe l'une des astuces du démon, parmi tant

Pour vaincre cet obstacle, nos armes sont :
l'Humilité, la Confiance et la Persévérance.

L'Humilité
Notre premier obstacle est la distraction -l'esprit "déraille"-.
Il faut accepter humblement cette petite défaite
et demander l'aide du Seigneur.
Là est le combat. Son arme ? la vigilance.

Une autre difficulté est la sécheresse -le coeur reste insensible-.
Elle paraît ôter toute sincérité à la prière.
Ici encore il faut accepter humblement cette insensibilité,
appeler Jésus à notre secours,
et lui offrir la souffrance de notre déception.

Autre difficulté : le manque de foi;
non par incrédulité,
mais par abandon aux mille contraintes de la vie matérielle.
Il s'agit encore d'un manque d'humilité, oubliant que Jésus dit :
"Hors de moi vous ne pouvez rien faire." (Jn 15-5)

Autre encore : la Présomption.
On est trop sur de soi et de ses propres vertus ;
en cas de chute, le découragement est à la mesure de l'orgueil.

Devant ces difficultés, l'humble, lui, ne s'étonne pas de sa misère :
elle le porte simplement à plus de confiance dans la bonté de Dieu.

La Confiance en Dieu
Elle se démontre dans l'épreuve, le tourment moral.
Elle est souvent présente dans la prière de demande ;
et pourtant certains cessent de prier
parce qu'ils jugent leur demande non exaucée.
De quel droit en jugent-ils ainsi ? Qu'ils pensent à ceci :
D'abord, il ne faut demander à Dieu que des biens convenables.
Ensuite, notre Père sait ce qui nous est nécessaire (Mt 6-8).
Mais parfois, respectant notre liberté, Il attend notre demande.

Saint Jacques écrit : (Jc 4-23)
"Vous n'obtenez pas, parce que vous ne demandez pas.
Et vous demandez sans recevoir, parce que vous demandez mal ! "

La persévérance -dans l'amour de Dieu-
Saint Paul dit :
"Priez sans cesse" (1Th 5-17)
"En tout temps, à tout propos, rendez grâce à Dieu,
au nom de Notre Seigneur Jésus Christ." (Ep 5-20)
"Priez en tout temps dans l'Esprit,
soyez vigilants, intercédez auprès des Saints." (Ep 6-18)

Contre notre paresse à prier,
notre combat est celui de l'amour humble, confiant, persévérant.
Prier est toujours possible. Prier est nécessaire,
sous peine de retomber dans l'esclavage du péché.
"Laissez-vous conduire par l'Esprit Saint" dit St Paul (Ga 5-16).

La Prière de Notre Seigneur à la Cène
Jésus fit une longue et belle prière
le soir du Jeudi Saint, au milieu de ses Apôtres.
On la nomme Prière Sacerdotale, ce qui signifie "du Grand Prêtre".
Elle est toute entière contenue dans l'Évangile selon Saint Jean (Jn 17).
Jésus y prie son Père, pour Lui-même, pour ses disciples
et pour l'union de tous ceux qui croient en Lui.
Elle résume ce qui est nécessaire au salut des hommes
et nous démontre que Dieu Notre Père
est Éternité, est Unité, est Amour.
( Cf
19 Le Mystère de la Rédemption.)

Où et quand doit-on prier ?
D'abord à l'Église, Maison de Dieu,
lieu de l'adoration de Jésus, présent dans les Saintes Espèces.
À la maison, et Jésus l'explique :
"Quand tu veux prier, entre dans ta chambre, ferme la porte,
et prie ton Père dans le secret.
Et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra."
(Mt 6-6)
Au Monastère, où l'on peut trouver, lors d'une "retraite", par exemple,
la solitude nécessaire à une prière personnelle plus intense.
En Pélerinage, qui est, sur terre, notre marche vers le ciel.
Mais on peut prier partout : "Écouter chanter les oiseaux
c'est encore prier", disait le Pape Pie XII.

La Tradition de l'Église propose des moments de prière ;
Quotidiens, comme la prière du matin, du soir et des repas.
Le Dimanche, où la prière est centrée sur l'Eucharistie.
À l'année, lors des grandes fêtes, dont Pâques est le sommet.

On peut aussi prier, avec l'Église, aux "heures canoniales" :
Matines, Laudes, Vêpres, Complies, Prime, Tierce, Sexte, None

et nous souvenir
que lorsque les cloches rythmaient encore la vie des paysans,
chacun se recueillait pour prier l'Angélus.
Matin, midi, soir, montait alors vers Dieu
le chant du bronze et la prière des hommes.


René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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