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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25



4ème partie - les Sacrements              - 49 - Le Baptême

Qu'est-ce que le Baptême ?
Baptiser, signifie plonger, immerger.
Depuis l'origine du monde, l'eau est source de vie :
" le souffle -esprit- de Dieu se mouvait sur les eaux " (Gn 1-2).
Par le Déluge, Dieu annonce le baptême qui lave de la faute originelle.
Jésus commence sa vie publique par son baptême,
reçu de St Jean-Baptiste, par immersion dans le Jourdain.

Voici comment Jésus parle du Baptême, à Nicodème:
" Si on ne naît de nouveau, si on ne naît de l'eau et de l'Esprit,
on ne peut ni voir le Royaume de Dieu, ni y entrer."
(Jn 3-3à5)
L'eau est l'apparence, le signe,
l'Esprit est la réalité, que l'on reçoit cachée sous l'apparence.

Le souffle de l'Esprit est comme le souffle du vent :
" Le vent souffle où il veut
et tu entends sa voix, mais tu ne sais d'où il vient, ni où il va.
Tel est quiconque est né de l'Esprit."
(Jn 3-8)

Après sa Résurrection, Jésus donne cette mission à ses Apôtres :
" Allez donc, de toutes les nations faites des disciples,
les baptisant au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,
et leur apprenant à observer ce que je vous ai prescrit."
(Mt 28-19)

Dès la première Pentecôte, l'Église a administré le Saint Baptême :
Pierre déclare à la foule : " Convertissez-vous,
que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ,
pour obtenir le pardon de ses péchés.
Il recevra alors le don du Saint-Esprit."
(Ac 2-38)
Ce jour là, trois mille renaquirent de l'Eau et de l'Esprit

Comment est célébré le Sacrement du Baptême ?
Afin de marquer l'entrée de l'Esprit Saint dans une âme,
l'Église en a multiplié les signes ;

Le vêtement blanc symbolise la pureté de la "nouvelle créature".
Le cierge montre que le baptisé devient "lumière du monde" (Mt 5-14).
Le Signe de la Croix marque l'empreinte de la Sainte Trinité.
Le sel sur la langue est le levain de la sagesse déposé dans l'âme.
L'exorcisme chasse l'esprit du mal et libère l'âme de son emprise.
Le Credo et le Pater font du Baptême le Sacrement de la Foi.
L'onction d'huile "oint" de l'Esprit Saint, -sanctifie, fait chrétien-.
Enfin l'eau baptismale consacrée
réalise la mort au péché originel de l'Homme,
et la naissance à la Vie éternelle de Dieu.

Autres signes ;
le Saint Patron choisi accorde sa protection, et la vertu de son exemple,
le parrain et la marraine donnent leur parole au nom de l'enfant,
qui, par leur voix, s'engage à croire en Jésus-Christ,
à pratiquer ses commandements,
à renoncer au péché et à ses occasions.
Ils restent garants devant Dieu de l'éducation chrétienne de cette âme.

Qui peut être baptisé ?
Le Baptême est donné à celui qui croit :
" Crois au Seigneur Jésus, alors tu seras sauvé,
toi, et toute ta maison " dit Saint Paul à son geôlier (Ac 16-31à33).
De même Philippe a-t-il dit au haut fonctionnaire Éthiopien :
"Si tu crois à Jésus de tout ton cur, je peux te baptiser." (Ac 8-37)

À l'origine, le baptême des adultes était la situation la plus courante,
ainsi que là où l'annonce de l'Évangile était encore récente.
Le baptême fut alors précédé d'une préparation, dite catéchuménat,
constituée par l'étude de la doctrine et l'éducation des vertus.

Dès le Deuxième Siècle, les parents firent baptiser leurs nouveaux-nés
pour ne pas les priver de la grâce d'être enfants de Dieu.
Chez le nouveau-né, la foi n'existe pas encore. Aussi, dès l'enfance,
doit-elle croître grâce aux parents, au parrain et à la marraine,
comme à l'Église qui l'a accueilli : c'est le rôle du Catéchisme.

Qui peut baptiser ?
Le Pape, l'Évêque, le Prêtre, le Diacre.
Mais aussi, en cas de nécessité, toute personne même non baptisée.
Il suffit d'en avoir la sincère intention
et d'employer la formule baptisant au nom de la Sainte Trinité.

L'Église accorde cette permission par prudence,
car le baptême est indispensable au salut . Jésus Lui-même l'a dit :
" Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé " (Mc 16-16),
la foi du nouveau-né étant engagée par celle de ses parrain et marraine.

Hors du Sacrement, on peut recevoir
le Baptême par le sang lorsque l'on meurt pour sa foi dans le Christ ;
le Baptême par le désir, qui en porte les fruits, en cas d'impossibilité :
ce serait le cas des catéchumènes mourant avant leur baptême.

L'Église admet, puisque Jésus est mort pour tous,
qu'un homme ignorant l'Évangile et l'Église de Jésus-Christ,
mais qui cherche la vérité et fait, sans le savoir, la volonté de Dieu,
puisse être sauvé.

Quant aux enfants morts sans avoir été Baptisés,
l'Église les confie à la Miséricorde de Dieu,
qui veut que "tous les hommes soients sauvés" (1Tm 2-4),
et à la tendresse de Jésus, qui a dit :
" Laissez venir à moi les petits enfants, ne les empêchez pas :
c'est à leurs pareils qu'appartient le Royaume de Dieu."
(Mc 10-14)

Quelle grâce nous apporte le Baptême ?
Au Sacrement du Baptême, on s'offre à Dieu et l'on renonce à Satan.
Dieu nous accorde en retour la Grâce Sanctifiante,
qui efface en nous les péchés antérieurs et le péché originel,
et qui nous rend la qualité d'enfant de Dieu,
participant de sa Nature Divine, demeure de l'Esprit Saint,
et renaissant ainsi à la Vie Éternelle.

Mais reste en nous l'inclinaison au péché.
Elle ne nuit pas à ceux qui lui résistent,
mais au contraire est source de biens. Saint Paul le dit :
" Celui qui aura combattu selon les règles sera couronné." (2Tm 2-5)
Nous ne serons donc pas jugés sur nos victoires, mais nos combats.

Par le Baptême nous devenons Membres du Christ et de son Église:
Avant donc de songer aux avantages qui nous sont ainsi offerts,
appliquons-nous à faire fructifier les talents que Dieu nous a confiés.

Pourquoi ne pas attendre l'âge du libre choix ?
Il est vrai que ce sont les parents qui font promesse pour l'enfant.
Mais cette promesse nous change en enfant de Dieu,
nous admet dans son Royaume.

Alors pourquoi prendraient-ils les risques d'attendre ?
Sans l'avoir choisi nous sommes Français, nous parlons français.
Nous n'avons pas attendu pour avoir une patrie et une langue.
Or, si la France est notre patrie terrestre,
le Royaume de Dieu est notre patrie céleste, pour l'éternité.

René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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