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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25



4ème partie - les Sacrements              - 55 - La Pénitence - la Contrition - La Confession

Qu'est-ce que la Contrition ?
Nous l'avons vu précédemment, c'est le repentir.
C'est la douleur ressentie au souvenir des péchés commis,
avec la résolution de les avouer et de les expier.
Ce fut le cas de Saint Pierre, après son reniement (Mt 26-69à75).
Le repentir de Pierre permit le pardon de Dieu
en la Personne de Son fils :
Jésus, trois fois renié, lui demanda par trois fois d'affirmer sa charité ;
alors, seulement, Il le récompensa (Jn 21-15à17).

La Contrition est la partie principale du Sacrement de Pénitence ;
sans elle, toutes les autres seraient inutiles,
et par elle, le pécheur mérite déjà son pardon.
St Thomas d'Aquin affirme même que Dieu,
qui donne la Grâce Sanctifiante par le seul sincère désir du Baptême,
accorde également son pardon, et rend la Grâce perdue,
à l'âme sincèrement repentante, qui ne peut se confesser.

Jusqu'où doit aller la Contrition ?
Peut-on regretter l'offense à Dieu sur quelques points seulement,
alors que nous l'avons outragé encore autrement ?
Ce serait faire comme ce païen,
affirmant à St Ambroise avoir renoncé aux idoles
parce qu'il n'en avait conservé qu'une toute petite !
La contrition doit donc englober
tous les péchés commis sans exception.

Tous les regrets sont-ils de même valeur ?
Une faute est à la fois
une offense faite à Dieu et un malheur pour l'homme qui la commet.
Le regret, selon qu'il s'applique à l'un ou à l'autre
est bon ou mauvais.
Le regret de la peine faite à Dieu est un sentiment pur, élevé :
c'est la Contrition parfaite, celle de Saint Pierre.

Le regret fondé sur la crainte des menaces pesant sur le coupable
n'est pas sincère, mais intéressé.
Et incomplet, ne considérant qu'une partie du mal commis.
C'est la Contrition imparfaite.
Dieu, dans son infinie bonté, veut pourtant bien s'en contenter
pour accorder son pardon.
La contrition de Judas était imparfaite, mais elle aurait suffi à Dieu
si Judas n'avait pas désespéré de Sa miséricorde

Plus la Contrition est profonde, plus grande est la peine de l'âme.
Mais cette peine est atténuée par la vertu d'Espérance.
Dès qu'elle déteste son péché, l'âme recommence a aimer son Dieu.
La plus grande joie est donc proche de la plus grande douleur.

La Contrition sincère est semblable à un miroir que Jésus nous tend :
Notre amour-repentir est réfléchi;
et il nous revient de Jésus son amour-pardon

Qu'est-ce que la Confession ?
C'est l'aveu d'un fait. Ici d'une faute : un péché.
Mais puisque une Contrition parfaite obtient le pardon de Dieu,
et puisque Dieu voit dans le secret des curs (Mt 6-4),
et qu'aucune faute ne lui échappe,
la Confession ne Lui apprend rien . Alors, en quoi est-elle utile ?

Eh bien ! Ce n'est pas Dieu qui a besoin de la Confession,
c'est l'homme. L'homme qui regrette.
En effet, le coupable qui se repent désire faire des aveux,
il éprouve le besoin de "décharger sa conscience"
car le poids de la faute lui est une souffrance.

Et, sachant qu'il doit être pardonné et guéri du péché,
comment aurait-il la certitude que la Grâce lui est rendue
s'il ne l'apprend par son oreille ?
La Confession est donc nécessaire,
puisque seule elle permet d'entendre l'Absolution
prononcée par le Prêtre de la part de Dieu.

Quant au pécheur dont le repentir est insuffisant,
ou celui dont la contrition est imparfaite,
chacun d'eux doit vaincre son orgueil ou sa crainte :
le tourment de l'aveu est un sacrifice salutaire
qui nous fait avancer d'un pas sur le chemin de la sainteté.

Faut-il avouer tous ses péchés ?
Jésus a institué ce Sacrement
pour rapprocher de Dieu celui qui s'en est éloigné.
La séparation d'avec Dieu, la perte de son amitié,
ne se produit que par le péché dit mortel, c'est à dire
une désobéissance grave et volontaire à ses Commandements.
L'aveu d'un tel péché est indispensable,
puisqu'il ôte de notre âme la vie de la Grâce Sanctifiante,
la Présence de Dieu en nous.

Les faiblesses, les imperfections de notre comportement,
ces fautes plus légères qui ne sont pas des révoltes contre Dieu,
sont nommées péchés véniels.
Beaucoup sont pardonnés par la Contrition parfaite.
Il est pourtant deux raisons de les avouer en Confession :
d'abord, Dieu étant seul juge de la valeur de notre repentir,
Lui seul décide si elle est suffisante pour obtenir son pardon.
Ensuite, la multiplication de ces fautes, nous l'avons vu,
risque d'entraîner l'âme vers un péché plus grave.

Car il est vrai que nous retombons sans cesse dans le même péché.
Si Dieu ne pardonnait que les fautes qui ne sont pas des "récidives",
nous serions rarement pardonnés !
N'ayons donc aucune honte à avouer nos "rechutes" ;
en effet, Dieu ne pardonne pas en raison de la faute
mais du repentir -contrition- du pécheur.
Saint Paul disait : " Malheureux que je suis!
Je ne fais pas le bien que j'aime
et malgré moi je fais le mal que je déteste! " (Rm 7-15)
Et Jésus Lui-même recommandait à Simon-Pierre
de " pardonner non pas sept fois, mais septante fois sept fois!"

Quant au tourment supplémentaire que pourrait nous infliger
la crainte que soient divulguées nos misères intérieures,
sachons que Dieu, ayant créé notre conscience inviolable,
a protégé l'aveu de nos fautes par le Secret de la Confession.

René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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