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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25



4ème partie - les Sacrements              - 56 - L'Absolution - la Réparation

Nous nous sommes repentis de nos fautes -Contrition-,
et nous les avons avouées à Dieu par l'oreille du Prêtre -Confession-.
Dieu va maintenant pardonner nos péchés,
les absoudre, nous donner son Absolution.

Qu'est-ce que l'Absolution ?
En droit, c'est le jugement qui,
tout en déclarant coupable un inculpé, le renvoie de l'accusation.
Mais l'absolution n'est pas un acquittement.
La faute existe, elle est seulement "remise".

Ici, c'est la rémission du péché, dans deux sens du mot "remettre" :
Primo: Remettre dans l'ancien état, -un compteur à zéro, par exemple-
c'est donc le décompte -déduction- d'une faute.
Secundo: Remettre sur la bonne voie, à sa juste place -un homme égaré
c'est donc la grâce accordée au coupable.

Mais ainsi que, dans le cas de la confession,
Dieu Lui-même a écouté l'aveu de nos péchés,
ici ce ne sont ni le Pape, ni les Évêques, ni les Prêtres
qui accordent l'absolution "au Nom du Père, du Fils et du St Esprit",
mais Dieu Lui-même qui, par leur bouche, pardonne nos fautes.

Dès cet instant, quelque soit la gravité du péché,
et si Dieu juge notre contrition sincère,
notre Vie Éternelle, un moment interrompue, est retrouvée ;
la Grâce Sanctifiante nous est rendue.

Que se passe-t-il si la Confession est incomplète ?
L'oubli totalement involontaire d'un péché ne l'aggrave pas,
et ne retire pas le pardon que Dieu a accordé.
Mais pour éviter toute omission,
l'on termine l'énumération de ses fautes
en s'accusant encore des péchés dont on ne se souvient pas,
quitte à les avouer plus tard, la mémoire revenue.

Que se passe-t-il si l'aveu ou le regret n'est pas sincère ?
Si la Confession est volontairement incomplète, ou mensongère,
ou encore si la Contrition est simulée ou nulle,
c'est à dire si l'on a triché avec Dieu,
le Prêtre, qui l'ignore, prononce les paroles de l'Absolution.
Le Sacrement est donné, mais le pécheur n'est pas délié de sa faute :
Bien plus ! Ayant bafoué la Vérité et l'honneur de Dieu
il a commis encore le péché de profanation d'un signe sacré,
et que pour cette raison l'on nomme Sacrilège.

Mais admettons que nous étions sincères. Donc, Dieu a pardonné.
Pourtant, s'Il a décompté, effacé la faute,
reste sa trace, comme la cicatrice d'une blessure.
Il nous faut maintenant réparer.

Qu'estce-que la Réparation ?
C'est le soin, la remise en état, la correction des effets du mal.
Si, vis à vis du prochain, on peut facilement réparer,
l'offense faite à Dieu, infiniment plus grave, ne peut être réparée
que par notre Prière, notre Esprit de sacrifice et notre Charité,
les trois étant nécessaires et complémentaires.

La Prière est toute puissante, qui monte d'un enfant vers son Père.
Elle le met en Sa présence, Lui parle de coeur à coeur,
Lui demande pardon en toute confiance,
et se soumet à Son entière Volonté.
C'est la pénitence la plus usuelle infligée par le Confesseur,
qui, lui aussi, doit prier et faire pénitence pour le pécheur repenti.

L'Esprit de sacrifice est l'acceptation, à chaque instant,
des contrariétés et des souffrances de la vie quotidienne.
Nous les nommons nos peines.
Dieu, selon Sa volonté, les accepte en réparation,
soit ici-bas, au long de notre vie terrestre,
soit ensuite, durant un temps de Purgatoire ;
on les nomme alors, et pour cette raison, les Peines Temporelles.

Notons bien que nos peines, nos souffrances terrestres,
ne sont pas infligées mais acceptées par Dieu en réparation.
Elles sont pour nous des moyens de purification.

La Charité, et particulièrement lorsqu'elle s'exerce
à l'égard de notre prochain - charité fraternelle-,
est le troisième puissant moyen de regagner l'amitié de Dieu ;
selon Saint Paul, c'est même le plus efficace :
" Sans la charité, je ne puis rien." (1Co 13-1à3)

Souvenons-nous que le regret, la contrition,
cette douleur ressentie au souvenir de la peine causée,
est l'élément principal du Sacrement de Pénitence ;
or, on ne regrette vraiment que lorsque l'on aime,
et, Jésus le montre ; plus on aime, plus on est pardonné.
Ainsi le montre-t-Il avec la Pécheresse (Lc 7-36à50).

Mais la miséricorde de Dieu va encore plus loin,
et lorsque notre Seigneur a dit à ses Apôtres,
dès le premier jour de sa Résurrection :
"Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis",
Il donnait à son Église le pouvoir de l'Indulgence.

Tout péché même véniel, nous le savons, nécessite une purification ;
soit ici-bas, soit après la mort, dans cet état nommé Purgatoire.
Cette purification libère de la peine temporelle du péché.

Elle est accélerée, voire annulée, par les Indulgences.

Qu'est-ce que l'Indulgence ?
C'est un acte de bonté : ici, la "remise de peine" des condamnés.
Pour l'Église, celle des peines temporelles que les péchés méritent.
Totale ou partielle, elle est accordée par le Pape,
agissant en successeur de St Pierre à qui Jésus a dit (Mt 16-19) :
"Tout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans le ciel."

Mais le Saint Père n'agit pas "gratuitement".
Il puise dans ce trésor spirituel de l'Église :
les prières accumulées, grâce à la Communion des Saints
de l'Église Triomphante, Souffrante et Militante.
Dieu prélève sur ce trésor, et selon nos mérites,
ce qui est nécessaire au rachat nos fautes.

Comment bénéficier d'une Indulgence ?
Les Indulgences sont liées à certaines prières,
figurant dans les Missels, ou indiquées par les Confesseurs.
Pour en obtenir les bénéfices, il est nécessaire
de manifester à Dieu notre désir d'union à son Esprit Saint,
d'être en état de grâce,
enfin d'accomplir les conditions prescrites par la prière en question.

Le plus bel exemple du Sacrement de Pénitence
est celui donné, par Jésus en Croix, au bon larron :
L'homme se repent, l'homme avoue,
Jésus en personne absout,
et l'homme répare. Sur sa propre croix.
(Lc 23-39à43)

René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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