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Eléments d'instruction religieuse
à l'intention des catéchistes



" Si vous ne redevenez pas comme des petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux."
" Car c'est aux "petits" que le Père découvre tout."
Matthieu 18-3 & 11-25

ANNEXE
UNE VIE DE SAINT : Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face

Qui était Sainte Thérèse ?
Thérèse Martin est née le 2 janvier 1873,
au foyer d'un couple très pieux, en Alençon.
Son père était horloger et sa mère dentellière.
Thérèse est la dernière née de neuf enfants
dont le premier prénom est Marie;
Deux frères et deux soeurs sont morts très jeunes,
et les autres, cinq filles, seront toutes religieuses.

La petite Marie-Thérèse, dès son enfance se montre intelligente, vive, entêtée et capable de violentes colères.
Mais elle a un coeur sensible et un besoin extrême de tendresse ; il est vrai qu'elle a perdu sa maman à l'âge de quatre ans et demi.

À treize ans, tourmentée, susceptible, elle pense trop à elle-même. Mais voici que soudain, un soir de Noël,
elle comprend qu'il faut s'oublier, se sacrifier pour faire passer les autres avant soi-même.
Et la voila délivrée de son orgueil : la charité entre dans son coeur, en même temps que l'oubli de soi.

Thérèse a quinze ans. Elle a décidé d'entrer au Carmel de Lisieux et pense que, malgré son jeune âge, il suffit de le vouloir.
Mais, trop jeune, elle est refusée.
Son entêtement la mène, avec son père, jusqu'à Rome à l'audience du Pape Léon XIII. Le St Père lui dit :
"Mon enfant, vous entrerez au Carmel si Dieu le veut !". Et Thérèse comprend que ce n'est pas sa volonté qu'il faut faire mais celle de Dieu.

À seize ans, enfin au Carmel, elle obéit en toute chose.
Elle dit : "L'obéissance est comme une boussole ; si l'on cesse de l'observer, l'âme se perd très vite dans les déserts où l'eau du Ciel vient à manquer."
Et elle obéit en souriant, car elle sait que Dieu veut être servi dans la paix du coeur et avec joie.

Mais bientôt, de faible constitution et de mauvaise santé, elle devine qu'elle ne peut être la grande sainte qu'elle souhaite ayant pouvoir sauver la France, ainsi que Ste Jeanne d'Arc ou couvrir son pays de couvents, comme Ste Thérèse d'Avila, ni même devenir missionnaire, à l'instar de St Paul, elle qui rêvait d'être " Guerrier, Prêtre, Apôtre, Docteur, Martyr ".
Alors, que faire ?
Chercher quelques "secrets" de la sainteté.

Le premier "secret" découvert par Thérèse.
Ouvrant au hasard les Épitres de Saint Paul pour chercher une réponse, voici qu'elle lit ceci : "Vous êtes le Corps du Christ et ses membres, chacun pour votre part, chacun selon son propre don." (1Co 12-27) "Recherchez avec ardeur les dons les plus parfaits." (1Co 12-31). Et Saint Paul explique que les dons les plus parfaits ne sont rien sans la Charité, sans l'amour de Dieu.

Alors, soudain Thérèse découvre sa Vocation :
" L'amour est TOUT " écrit-elle,
" l'amour embrasse le temps et l'espace. Et Il est éternel.
J'ai trouvé ma place dans l'Église : j'y serai l'Amour."
À partir de cet instant, Thérèse se consacre entièrement à l'amour de Dieu et à l'amour du prochain.

Être "toute charité", Ceci est le premier secret de Thérèse.

Le second "secret"
Voici donc les trois premières vertus cultivées par notre future sainte :
Thérèse est charitable, Thérèse est obéissante, Thérèse est souriante.
À chaque contrariété, chaque reproche même injuste, Soeur Thérèse de l'Enfant Jésus répond par un sourire,
et ce sacrifice, elle l'offre à Jésus. À chacun de ceux qui sont envers elle injustes, cruels, jaloux, elle se montre bonne, charitable, dévouée.

Elle dit : " Jésus veut qu'on donne à tous ceux qui demandent ", et elle précise qu'il faut attendre la demande, non la précéder, car dans le plaisir d'offrir pourrait alors se cacher un peu d'orgueil.
Et elle ajoute que la vrai charité n'attend pas de merci, car la récompense d'une bonne action efface son mérite.

Et Soeur Thérèse, peu à peu, découvre que la charité véritable consiste à supporter tous les défauts d'autrui.
Et cela est Justice

Car, si Soeur Thérèse sait aimer, consoler, il y a une charité plus haute qu'elle sait faire passer avant tout : c'est la justice, sous sa forme la plus pure : la vérité. Et elle, qui supporte par obéissance toutes les injustices
comme des sacrifices offerts à Dieu, s'oppose avec fermeté à toute injustice commise envers autrui.

Et notre Soeur gagne en sainteté, progresse sur le chemin du ciel. Voici qu'elle comprend qu'il n'y a pas de justice sans la bonté, que pour être juste, il faut être bon, car quand on juge sans bonté, on risque fort de commettre une erreur, et cela est Injustice.

Elle comprend aussi, comme l'a dit Jésus, que les vices sont des maladies de l'âme.
L'homme mauvais est donc à soigner. Comment ? par la prière et la charité fraternelle.
Et la Religieuse découvre que le véritable amour du prochain consiste à l'aimer tel qu'il est.

Ceci est le second secret de Thérèse.
Pour autant, elle n'attend pas d'être aimée en retour car elle recherche le bien des autres, non le sien.

Le troisième "secret"
Plus tard, maîtresse des novices, elle a commandé, grondé, parfois puni; et c'était pour elle une souffrance.
Elle dira : " Pour qu'une sanction porte ses fruits, il faut que cela coûte autant de la donner que de la recevoir."

Et Soeur Thérèse apprendra à ses novices que c'est en découvrant les défauts des autres que l'on apprend combien on est soi-même imparfait.
L'orgueil abaissé, il faut alors s'accepter, se supporter. S'avouer imparfait et offrir à Jésus son impuissance, cela suffit à nous conduire vers la sainteté : " Ô Jésus, j'espère en vous car vous n'êtes pas venu pour les justes mais pour les pécheurs". Est-il donc inutile de lutter ? Doit-on se résigner ? Certainement pas ! " Il faut lutter " dit Thérèse, " lutter jusqu'au bout contre soi-même, lutter même sans espoir de vaincre car ce qui importe, ce n'est pas notre victoire mais notre combat. Jésus n'exige que notre volonté de combat."

Combattre sans cesse, ceci est le troisième secret de Thérèse

Le quatrième "secret"
Pour la petite Soeur, être saint, ce n'est pas tant être parfait que de tendre, de tous ses efforts, vers la perfection. " La sainteté ", dit-elle," est à la portée de tous."
Mais beaucoup se lassent de lutter contre ce qu'ils croient impossible.
À ceux-là, Thérèse dit : " Le découragement est aussi de l'orgueil ! Faites votre effort, luttez encore; soyez vaincu, peu importe. Vous tombez et retombez . Avez-vous lutté ? Avez-vous, d'un instant, retardé la défaite ?
Ce retard, cet effort, c'est là votre victoire. La défaite, si elle suit, ne vous en enlèvera pas le fruit."

Thérèse, religieuse, elle aussi a lutté pour se connaître et se vaincre.
Et elle a accepté sa faiblesse, sans révolte, sans orgueil, et s'est ainsi offerte à Jésus. Très humblement.
Demandant à notre Seigneur de la supporter avec ses défauts, de l'aimer telle qu'elle était.
Toute sa courte vie, elle a "compté sur Lui ", elle s'est abandonnée entièrement en Lui avec confiance, avec humilité, avec amour.

La confiance totale en Jésus, voila le quatrième secret de Thérèse.

Ce n'est donc pas par sa perfection qu'elle est sainte, mais par son humilité.
Et l'humilité conduit infailliblement à la charité. Quand on lutte contre le doute et le découragement,
le seul moyen de les écarter est de s'oublier en pensant aux autres.

Et cela, en recherchant leurs qualités avant de voir leurs défauts, ces défauts qui ressemblent tellement aux nôtres ! " Lorsque l'on est découragé par sa propre faiblesse " dit Thérèse, " il suffit pour l'oublier
de chercher près de soi une souffrance à soulager. Alors, soudain l'on se sent fortifié, guéri.
C'est ainsi, par la charité, que j'ai découvert que le Royaume de Dieu est au dedans de moi."

Gravons donc ceci dans notre coeur et notre esprit :
Pour suivre sur le chemin de la sainteté Thérèse de l'Enfant-Jésus, cette petite sainte cueillie à vingt-quatre ans par notre Créateur dans son jardin des âmes, il faut, et il suffit, d'être empli de l'amour de Dieu et du prochain, d'accepter nos frères tels qu'ils sont, de combattre sans cesse nos propres défauts, et de prier le Christ, avec une totale confiance en son aide.

René Seignette, Catéchiste,
Association canonique Saint-Charles Borromée

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