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L'ETERNITE DE DIEU

(1ère partie)
par l'abbé René de Reboul

Introduction

Eternité ! Le mot est simple et mystérieux. Il frappe et fascine. Il évoque tout de suite la condition divine, nous faisant sentir l'abîme qui la sépare de la nôtre. Il invite volontiers au rêve ou à la contemplation, et l'esprit se plaît au vertige que lui donne "l'immensité" qu'il sous entend.

Mais c'est aussi "une notion dont peu d'esprits ont su juger les termes. L'idée de durée est déjà fort obscure, l'épurer assez pour la rendre applicable au superexistant est un travail où l'abstraction doit faire des prodiges" (R.P. Sertillanges o.p).
Elle est un défi à l'effort de la raison. Notre intelligence s'y attaque, s'affole, se décourage ne sachant comment s'en saisir. Concevoir l'éternité semble impossible.
Et pourtant, c'est à elle que nous aussi sommes promis.

On pressent qu'il est vain d'envisager l'éternité sans référence à Dieu.
Mais Dieu, comment nous le connaîtrions ? Par la création, "car la grandeur et la beauté des créatures font, par analogie, contempler leur Auteur" (Sg 13,5).
Son existence parle de Son Existence, sa beauté de Sa Beauté, sa bonté de Sa Bonté... Alors qui nous parlera de Son Eternité? Le temps ? Il semble s'en éloigner comme de son contraire. C'est pourtant à l'aide d'une terminologie empruntée au temps que nous parlons le plus souvent de l'éternité.
L'antique philosophe, aussi, nous invite sur cette voie, livrant du même coup la clé de notre analyse : "le temps est une image mobile de l'immobile éternité" (Platon, Timée 37d).

Aussi, pour prendre connaissance de l'éternité, il faut d'abord se faire une idée juste du temps. Tout cela mérite un peu de peine. Vous en aurez, je pense, autant que j'en ai eu.

1. LE TEMPS

Si nous parlons du temps comme quelque chose qui existe en soi, il n'y a que l'instant présent. Le passé n'est plus, et le futur n'est pas encore. Quant au présent, il n'est que pour s'évanouir aussitôt qu'il apparaît.

Certains essayèrent de "solidifier" la notion de temps en l'imaginant comme un milieu homogène, à l'image de l'espace, dans lequel se dérouleraient les événements. Leibniz compare l'espace et le temps qu'il appelle respectivement "ordre des coexistants" et "ordre des successifs" : l'espace donne un rapport entre ce qui est en même temps, le temps entre ce qui se succède. L'intuition séduit, mais risque de matérialiser le temps. On se promène dans le temps comme on se promène dans l'espace. On pense ensuite mesurer le temps avec des heures des minutes et des secondes, comme on mesure l'espace avec des mètres, des centimètres et des millimètres.

Erreur, le temps ne se mesure pas, mais est lui-même une mesure. Et toute mesure est de notre invention. Ici, c'est l'esprit, doué de mémoire et capable de s'abstraire de sa condition passagère, qui conçoit le temps à travers la succession de ses états.

Pour rythmer l'écoulement de sa vie, l'homme a choisi dans la nature un mouvement dont il est très dépendant, et qu'il pensait d'une régularité parfaite, celui des astres : les computs solaires et lunaires permettent d'établir les premiers calendriers. La maîtrise du mouvement permit plus tard de procéder à des subdivisions régulières, spécialement de la journée, avec le sablier ou le clepsydre de l'antiquité, et même à corriger l'irrégularité de la course des astres en leur substituant des mouvements encore plus réguliers.
Ce sont nos horloges mécaniques, thermodynamiques ou atomiques. Ces deux dernières ont l'avantage de manifester en outre le caractère irréversible du temps. Nous sommes arrivés à une telle précision scientifique du temps que nous en oublions parfois l'origine : compter les secondes repose sur le même principe qu'observer l'alternance des saisons ; l'univers est un métronome.

C'est de ces expériences que l'ancienne scolastique a tiré sa définition : "Le temps est la mesure du mouvement ou le nombre dans les parties du mouvement, selon l'ordre d'antériorité et de postériorité". Compter le temps, compter les secondes, revient à compter le mouvement, à percevoir le changement dans un être. "Le temps passe et nous passons avec" dit Bossuet, mais l'inverse est plus juste. C'est nous qui portons le temps et non lui qui nous emporte.

2. L'ETERNITE

On a mis en évidence le temps comme une condition des êtres qu'il mesure : des êtres temporels qui changent. Sans doute, il en va de même pour l'éternité, dont il est "l'image mobile". Il faut la rapporter à ce qu'elle qualifie, l'être éternel qui ne change pas.

Pour se faire une première idée, on peut imaginer mesurer Dieu au temps : "Dieu est si grand qu'Il dépasse notre science, le nombre de ses ans reste incalculable" (Job 36,26). Cette manière de s'exprimer est issue du langage anthropomorphique courant dans l'Ecriture Sainte. Elle comprend l'éternité comme une amplification quantitative de la notion de temps. A vrai dire, de ce point de vue, la formule vise juste : nous voulions mesurer Dieu ; il échappe à toutes mesures, quel est le nombre de ses années ? Incalculable. Mais le risque est de faire de l'éternité une durée, un temps infini. Nous devinons que si le temps n'est pas l'éternité, le temps ajouté au temps s'en éloignera encore davantage.

Changeons de perspective, mesurons le temps à Dieu. Les expressions bibliques sont alors autrement suggestives : "Mille ans sont à Tes yeux comme le jour d'hier qui passe, comme une veille de la nuit" Ps 90,4 ; ou mieux :"Devant le Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour" (2 Pi 3,8). Cette dernière opposition indique une différence qualitative. La notion de temps n'est pas élargie, mais approfondie. L'éternité dépasse le temps, elle le défie, sous deux angles : "un jour est comme mille ans", c'est une plénitude ; "mille ans comme un jour", mais indivisible.

Une définition fameuse traduit cette double intuition : " L'éternité est la possession entière, parfaite et simultanée d'une vie sans terme" (Boèce, La Consolation Philosophique 5,6) ; "entière et parfaite" disent la plénitude, "simultanée" dit l'indivision. Mais tenir ces deux termes dans une même notion peut donner l'impression d'être contradictoire : on évite toute idée de temps ou de durée en parlant de "possession", puis on la rend interminable comme "une vie sans terme" ; on semble distinguer des moments, des étapes dont aucun ne doit manquer, "la possession entière", puis on les confond tous, elle est "simultanée".
Pour comprendre ces paradoxes, il faut examiner l'origine et la composition de cette définition.

L'éternité n'est pas le temps. Sa définition tiendra dans une négation absolue du temps, et cette exigence va jusqu'à en taire le mot lui-même. Et si l'allure générale de la définition est affirmative, elle vise en vérité à dégager l'éternité des imperfections que nous rencontrons dans le temps. Son intention est apodictique. Ce procédé est classique en théologie : "De Dieu nous considérons non comment Il est, mais comment Il n'est pas" (St Thomas, Somme théologique Ia q3). Autre précision : apodicticisme n'est pas agnosticisme : la négation est là pour purifier la connaissance et non la détruire : ce n'est pas purement négatif ; et la forme positive de la définition est heureuse en cela. Bref, le philosophe procède pour l'éternité comme le théologien pour Dieu. La suite lui donnera raison, car éternité et Dieu c'est tout un.

Pour avoir l'éternité, il faut nier tous les aspects du temps, or le temps suppose deux éléments : l'instant fugitif, qui échappe aussitôt qu'on le tient, et la durée qui est successive, diverse, dispersée. Voilà bien le temps : il dure sans demeurer. Tout cela est exclu de l'éternité : elle demeure sans durer.

Les instants sont des riens qui ne peuvent s'additionner ; l'éternité au contraire est une plénitude possédée toute à la fois. Voilà pourquoi la définition dit sans se contredire : "entière" et "simultanée". Boèce s'exprime encore ainsi dans son traité de la Trinité : "l'instant qui court fait le temps, l'instant qui demeure fait l'éternité" (chapitre 4). Nous découvrons ici le noeud du problème : qu'est-ce qui fait la durée, ce qui est successif ou ce qui est permanent ? Dans l'ordre du temps, c'est ce qui est successif ; dans l'ordre de l'être c'est ce qui est permanent.

Aussi, prenons le temps pour lui-même : sa durée est une "pure succession", or la succession dans l'ordre de l'être s'oppose à la durée, donc le temps n'est pas de l'ordre de l'être et ne peut décidément exister pour lui-même. Au contraire, la durée qui rend compte de la "pure permanence" d'un être échappe à l'ordre du temps. C'est l'éternité. C’est pourquoi elle peut se concevoir comme existant en soi, comme s'identifiant à l'être "immobile" quelle qualifie. Quant à cette "permanence dans ce qui est successif", cet hybride, on l'appelle "mobile" ou "être temporel". Il est l'unique sujet, l'unique support du temps. On sent ainsi combien l'éternité est éloignée du temps. L'éternité est la plénitude de l'être et non du temps, alors que le temps n'est pas l'être lui-même, mais une manière d'être faite d'unité et de distinction.

L'autre difficulté de la définition vient de "vie sans terme", c'est-à-dire "sans commencement ni fin". Cette façon de s'exprimer acceptable pour un hagiographe ou un théologien, ne le semble pas pour un philosophe. En effet, où a-t-il appris, autrement que par l'Ecriture, que le temps avait un commencement et une fin, pour que les niant il pense parler d'autre chose ? La philosophie n'oppose pas d'objection à l'idée d'une création et donc un temps sans commencement ni fin. "Le temps n'eût-il ni commencement ni fin ne s'écoulerait pas moins" (Garrigou-Lagrange, "Dieu, son Existence et sa Nature" II, n°47). Qu'est-ce à dire "qu'il ne s'écoulerait pas moins", si ce n'est que sans commencement ni fin il aurait pourtant des commencements et des fins
Admirons aussi la prudence de Boèce : il évite l'équivoque en parlant de "vie", et non de "durée" ou de "temps", sans terme. Une vie sans terme est une vie sans naissance ni mort, sans étape, sans croissance ni régression, c'est à dire une vie sans changement, ni mouvement, sans ces commencements et ces fins qui font la vie des mobiles. Ici encore Boèce se contente de nier dans l'éternité la notion de temps, mesure du mouvement. Pour nous, qui associons la vie et le changement, le paradoxe demeure. Mais n'est-ce pas parce que nous sommes sensibles à la vie, parce que nous ne la percevons que dans son apparition et sa disparition ? Dieu, "chez qui n'existe aucun changement, ni l'ombre d'une variation" (Jc 1,17), est pourtant le vivant par excellence.

L'éternité n'est pas beaucoup de temps, mais pas de temps du tout. L'instant unique est plus près de l'éternité que la multiplication des siècles. Toujours fragile, toujours à naître et à mourir, il est bien l'image mobile de l'indestructible présence. L'éternité ne prolonge pas le temps, mais en abstrait. Cette manière de concevoir l'éternité, comme absence de prise au temps, rend la notion propre à être appliquée à Dieu.

3. DIEU EST L'ETERNEL

La raison déduit l'éternité de Dieu, la Foi la lui attribue. L'Ecriture Sainte l'affirme en recourant à des concepts liés au temps : l'antériorité, la postériorité, ou la durée : "Avant que les montagnes fussent nées, enfantés la terre et le monde Tu es Dieu" (Ps 90,2), "Depuis longtemps, Tu as fondé la terre, et le cieux sont l'ouvrage de tes mains. Eux périssent, Toi, tu restes ; tous comme un vêtement qui s'usent ; comme un habit qu'on change, Tu les changes ; mais Toi, le même, sans fin sont tes années" (Ps 102, 26-28) : Dieu demeure et sa durée est infinie.
Nous avons aussi des amphibologies :"Je suis l'Alpha et l'Oméga" (Ap 1,8), "le premier et le dernier" (Is 44,6) ; être soi-même le commencement et la fin de toutes choses c'est n'avoir soi-même ni commencement ni fin. L'iconographie hésitera alors à le représenter sous les traits d'un jeune homme.

Tout cela ne fait pas encore l'éternité, mais comprenons : il ne s'agit pas d'une réflexion abstraite sur l'essence divine, mais d'une révélation progressive, toute conditionnée par l'histoire mouvementée d'une alliance entre Dieu et un peuple. Et pourtant, quelle hauteur de vue déjà ! Nous sommes loin de l'immortalité des dieux païens. Plongés comme nous dans le temps, leur vie n'est pas sans " terme ", et la mythologie en raconte les cheminements.
Leur éternité est illusoire et peu enviable. C'est le cycle indéfini du temps, lui-même divinisé. Les Sidonéens se figurent un dieu primordial, le Temps, sous le nom d'El ou Chronos. Ce sont les plus proches voisins des Israélites, mais leur croyance est aux antipodes de la pensée biblique. " Mais c'est le Feu, ou le vent, ou l'air rapide, ou la voûte étoilée, ou l'eau impétueuse, ou les luminaires du ciel  " ici le temps, " qu'ils ont considérés comme des dieux " (Sg 13, 2). C'est dire si la Révélation est venue bouleverser ces perspectives, car Israël aussi a eu ces tentations.

Revenons à la Bible : une des meilleures expressions de l'éternité se trouve dans le récit de la vocation de Moïse au Buisson ardent (Ex 3, 13-14). Moïse est envoyé par Dieu au devant de ses frères. Il interroge :"s'ils demandent quel est son Nom, que répondrai-je? Yahvé dit alors à Moïse : "Je suis : je suis... tu leur diras : je suis m'a envoyé". Toute la vérité de Dieu, tout son existence se condense dans un présent éternel. Ce que l'homme ne pouvait imaginer, Dieu l'a exprimé. Présent éternel ou éternelle présence, il est celui qui ne peut manquer. Et les nombreuses interventions de Dieu en faveur de son peuple sont la manifestation de cette présence fidèle. La foi des Hébreux est grosse de cette affirmation : Dieu "est", alors que les idoles des nations sont néant. C'est parce qu'il "est", simplement, qu'il est éternel. La "solidité" de son existence fait l'éternité, et la fidélité à son alliance en est le témoignage. Il est au-delà du temps.

Cette perspective sera reprise dans les premières grandes réflexions chrétiennes, celles des Pères : "Qu'est-ce que des années qui ne défaillent point, sinon des années qui demeurent et ces années qui demeurent sont elles-mêmes une seule année ; et cette seule année même qui demeure, est un seul jour... Appelle-le comme tu voudras : si tu veux, ce sont des années ; si tu veux c'est un jour. Quoi que ce soit que tu penses, cela demeure" (St Augustin, Commentaire du Ps 121). On sent déjà combien la pensée chrétienne est dégagée de toute représentation temporelle de l'éternité. Et plus la réflexion avance, plus cette tendance se confirme : "Tu n'as pas été , tu ne seras pas demain ; mais hier et aujourd'hui et demain, Tu es. Bien plus, tu n'es pas hier, pas aujourd'hui, pas demain : mais Tu es simplement, en dehors de tout temps" (St Anselme, Proslogion 19, 4,6). On retrouve l'éternité comme négation dialectique du temps.

L'Ecriture Sainte ne qualifie pas seulement Dieu d'éternel, mais aussi son alliance, son amour, le sacerdoce qu'il fonde, sa domination, ou sa royauté, sa gloire et sa renommée, sa lumière, son peuple même (Is 44, 7). Cela ne pose aucune difficulté, au contraire : à force de distribuer cet adjectif à tout ce qui vient de Dieu ou tient à Dieu, on en déduit que c'est de Dieu qu'il le tirent : éternel revient à dire divin, et Eternel, Dieu.

Cependant, dans le livre d'Ezechiel il est question de haine éternelle, de solitudes éternelles (35, 5 et 9), dans celui de Daniel, d'horreur éternelle. Ces expressions sont encore plus abondantes dans les évangiles : feu, peine, faute, perte sont éternels, en contrepoint de la promesse d'une vie, d'une consolation éternelle dans les tentes éternelles. Comment justifier ici l'emploi de cet adjectif ? Si des biens spirituels reçus de Dieu sont éternels, leur perte l'est aussi, mais de manière analogique, comme une privation prend sa qualité d'une possession.

L'éternité n'existe pas en dehors de Dieu :"L'éternité de Dieu n'est pas autre choses que Dieu Lui-même" (St Thomas, Somme théologique Ia q10 a2). La tradition juive telle qu'en témoigne le prophète Baruch, s'interdisant de prononcer le nom de Dieu, l'appelait l'Eternel. Pour nous c'est devenu un Nom Divin ; il dit Dieu lui-même. "Eternel est le Père, éternel est le Fils, éternel est le Saint-Esprit" (Symbole Quicumque attribué à saint Athanase) : la confession de la co-éternité des personnes, revient à la confession de leur divinité commune. En réclamant pour lui-même cette éternité, le Seigneur proclame sa divinité :"Avant qu'Abraham soit, je suis" ( Jn 8, 58), magnifique confusion des temps qui restitue à l'éternité, non pas une durée, qu'elle ignore, mais son intensité.

Nous pouvons tirer quelques conséquences de cette éternité sur l'idée que nous avons de Dieu et de son action.

Tout d'abord la volonté divine, l'action divine est éternelle comme son être bien que son effet ne le soit pas toujours. En Dieu ni passé, ni futur, seulement le présent. Dans ce présent de Dieu il y a les choses nécessaires qui tiennent à sa vie intime, et des choses libres. En ces dernières Dieu agit hors du temps, la cause est incréée, éternelle, mais l'effet est créé et donc temporel selon les conditions mêmes de son être. Ce sont des choses difficiles à concevoir. Notre imagination a du mal à concilier un Dieu immuable, la gratuité et l'éternité de son acte créateur, avec une création qui elle n'est pas éternelle.

Evaluer l'action divine à l'aune de notre temps n'a aucun sens. Dieu ne hâte rien, Dieu ne retarde rien. La patience divine ne tient pas à sa capacité, sa possibilité d'attendre plus que les autres, mais l'infinité actuelle des chemins qu'Il peut prendre pour réaliser sa Volonté. Pour Lui il n'y a pas de remise dans le temps : c'est tout, tout de suite, suivant les exigences même de l'Amour, sans échec possible, sans atermoiement, mais par variété indéfinie de voies.

La connaissance enfin que Dieu à des choses qui se succèdent dans le temps, revêt aussi ce caractère intemporel. " Par son éternité qui est toute entière ensemble, Il enferme le temps tout entier, et c'est pourquoi il connaît de la même façon les choses présentes, passées et futures" (St Augustin, Cité de Dieu 9, 21), la fine pointe de cette citation tient dans le "de la même façon".

Quel poids insoupçonné l'éternité donne au mystère de Dieu ! Les oraisons de la liturgie se terminent toutes par son évocation : " per omnia saecula saeculorum " : précieux héritage des prières synagogales reprises par l'Eglise primitive (cf Ap 1,6 ; 5,13 ; 7,12). Il faudrait d'ailleurs le traduire par " de toute éternité et pour l'éternité ", comme le suggère l'hébreu. C'est comme une invitation à pousser l'élan de notre prière, à n'arrêter notre méditation qu'en Dieu, magnifié par cette perfection étonnante. Malheureusement la formule ne retient presque plus notre attention. C'est dommage ! Encore une richesse inemployée.

(à suivre)

Eternité de Dieu (seconde partie )

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