Lettre à un neveu bien " informé " -1 -

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Un document exceptionnel, lumineux et bien cadré, dont Serviam a plaisir à assurer la reproduction de larges extraits avec l'aimable autorisation de l'Action Familiale et Scolaire
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Un ami a reçu une longue lettre d'un neveu. Ce dernier reprenait à son compte bien des thèmes du conditionnement idéologique actuel. Ce jeune homme avait diffusé sa lettre à des membres de la famille. Notre ami a donc décidé de répondre et de donner la même diffusion à sa réponse.
L'argumentaire pouvant intéresser nos correspondants, nous lui avons demandé la permission de le publier en modifiant les passages qui personnalisent le document.
Cette longue réponse sera présentée en quatre parties dans autant d'enrichissements successifs. Les sous-titres ont été ajoutés pour cette publication.
Certains, parmi nos amis, ont sûrement eu des débats analogues. Nous serions heureux de connaître les arguments qui leur ont été opposés et les réponses qu'ils ont formulées...
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Mon cher Marc,
Merci de ta longue lettre. Comme ma réponse est longue, j'entre tout de suite dans le vif du sujet.

Idéologie, sincérité, vérité
An Nouar es-Sadate n'a pas été assassiné par des militaires "à la solde des intégristes", mais par des militaires appartenant à la Confrérie des Frères Musulmans... En écrivant qu'ils étaient "à la solde" d'autres personnes, tu en fais des tueurs à gages. Ce n'est pas vrai. Ce sont des tueurs "idéologiques". Ils ont agi par conviction, sincèrement ! Et ils ont payé de leur vie.
Tu te fais l'écho d'une fausseté, d'un mensonge auraient dit nos ancêtres, qui en bon Français avaient leur franc-parler. Tu répercutes ce que t'ont fait croire "les informations" dans lesquelles tu baignes. Tu es sincère, mais ce que tu répercutes est faux.

Quelle importance, que les militaires soient à la solde ou convaincus?
C'est important. Cela gêne les hommes d'aujourd'hui de voir quelqu'un agir "par conviction", "sincèrement" pour faire quelque chose de criminel. On veut en effet faire de la sincérité une idole...
La sincérité a ceci de malheureux que celui qui se trompe sincèrement va "tranquillement" jusqu'aux plus grands crimes.
La sincérité est en effet l'accord entre ce que dit quelqu'un et ce qu'il pense, imagine, suppose ou fait.
La vérité est plus exigeante. Elle est l'accord entre ce que dit quelqu'un et la réalité de la chose dont il parle.

Tolérance, vérité, sincérité
Autre exemple de sincérité-erreur. Tu écris : "Le catholicisme lui aussi, est une religion tolérante : tu aimeras ton prochain comme toi-même".
Les mots mêmes que tu emploies montrent que ton vocabulaire est, par son imprécision, capable de te jouer des tours. Aimer son prochain n'a rien à voir avec le fait de le tolérer. Tolérer quelqu'un est même, peut-être, l'exact contraire de l'aimer. T'est-il venu à l'esprit de dire à ta femme ou à l'un de tes enfants, en signe d'affection : "je te tolère" ? Je dois être bête, je n'arrive pas à l'imaginer. Il me semble que tu dis plutôt : "Je t'aime".
En effet on ne tolère qu'un mal, ... en vue d'éviter un plus grand mal. Dire à quelqu'un qu'on le tolère, c'est fondamentalement lui dire qu'il est un mal mais que, pour l'instant, il n'est pas opportun de se débarrasser de lui. Mais si cette opportunité un jour se produisait...
La tolérance est une école de l'exclusion. De celui que je tolèrerais je me dirais : "il est mauvais, mais je dois le supporter car je suis bon".
Mais ma foi m'a enseigné et l'expérience l'a confirmé : la frontière entre le bien et le mal ne passe pas entre les hommes, séparant les bons d'un côté, les mauvais de l'autre. Elle traverse le coeur de chaque homme. C'est là une des conséquences de ce que les chrétiens appellent le péché originel. Nous avons tous, en permanence, à faire en sorte de diminuer le domaine du mal, l'emprise du mal en nous. A Dieu seul est réservé le jugement final et dernier.

On nous dit qu'il faut tolérer toutes les idées, mais simultanément on entend le cri : honte (ou même mort) à celui qui n'accepte pas les idées (que veut imposer le terrorisme intellectuel du jour). Pour beaucoup d'hommes aujourd'hui, le con, ou le salaud, c'est celui qui ne pense pas la même chose que soi, qui pense différemment.

Je préfère la règle catholique qui me demande d'aimer celui qui se trompe, l'errant, en discutant sans fard son erreur (idée). Ce serait le haïr que de le laisser dans l'erreur. Je ne "respecte" pas les idées, je les discute sans complexes. Je veux accepter ce qui est vrai, bon, utile. Je n'ai rien à cirer de ce qui est faux, mauvais ou nuisible. Les idées mauvaises je les combats. J'argumente. J'essaye de le faire en aimant la personne. Ta lettre révèle une telle attitude. C'est pourquoi je me fais un devoir d'y répondre.

Le commandement de Dieu ne dit pas : "tu toléreras ton prochain". Il dit bien : "tu aimeras ton prochain". Ce n'est pas gratuitement que des mouvements de pensée anti-chrétiens essayent de changer le vocabulaire pour changer l'amour, école de la charité, en tolérance, école de la haine.

Évolution de vie ou de mort?
De même que je ne fais pas de la sincérité une idole, je n'ai aucun respect vis-à-vis de cette autre idole actuelle qu'est l'évolution. Le passage du vivant au cadavre est une évolution. Le passage de l'embryon à l'être accompli est aussi une évolution.
J'affirme, sans complexe, que la première évolution est un mal, une dégénérescence. J'affirme, sans complexe, que la deuxième est un merveilleux progrès.

Le mot évolution est donc un mot ambigu. On veut me le refiler pour que j'accepte des évolutions de mort ou faire croire, en cas de refus, que je refuse les évolutions de vie.
Contre les évolutions de vie d'aujourd'hui? Réveille-toi : je suis ingénieur, j'ai travaillé pour des moteurs de fusées dès novembre 1961, sur les catalyseurs de craquage du pétrole à partir de 1962, ce fut le sujet de ma thèse en doctorat.
Mes fils, prêtres ou non, et moi-même nous nous sommes dotés d'ordinateurs et je regrette que mes moyens limités ne me permettent pas de disposer en permanence des modèles du dernier cri. J'ai à la maison le fax, j'ai réalisé des montages audiovisuels... Il est évident que j'accepte les évolutions progrès. Je pense même y avoir participé pour ma modeste part.
Mais c'est vrai que je refuse de reconnaître comme favorables les évolutions de mort, récentes mais hélas récurrentes comme le montre l'histoire.

Je refuse de reconnaître comme progrès la femme que plus rien ne distingue des putains que je vois tous les jours plantées sur les trottoirs de Paris. Souvent, sous couvert de libération, cette femme qui se dit libérée est esclave du sexe et quasi prostituée gratuite. La putain est alors à un niveau moins bas : elle a l'excuse (?) de travailler (?) pour vivre. Cette dernière est, c'est vrai, une mercenaire.
Faudrait-il, dans le cadre de l'admiration due à la sincérité, trouver préférable la putain gratuite? Les vedettes se font payer des cachets fabuleux pour des prestations souvent douteuses et le plus souvent nuisibles, tandis que des hommes et des femmes qui apportent un service réel à la collectivité ne reçoivent que des sommes à peine suffisantes pour vivre. Et ces femmes qui commercialisent leurs charmes sont offertes à l'admiration des foules! "Nein, Danke", non merci, comme disent les affiches écologiques.

Accessoirement le rôle subalterne donné à la femme dans le Code, venait du Code Napoléon issu de la Révolution, lequel venait partiellement du droit romain. Clotilde, Sainte Geneviève, Blanche de Castille, Jeanne d'Arc, Jeanne Hachette de Beauvais, Anne d'Autriche... n'éprouvèrent pas le besoin de se libérer : elles se savaient déjà majeures.

Je refuse de reconnaître comme progrès, la décision d'un jury d'art qui, à l'occasion d'un concours, est capable d'attribuer le premier prix de peinture au barbouillage réalisé par le pinceau attaché à la queue d'un âne (2).
Je considère comme dommageable l'art de celui qui a dit à Jean Cocteau : "Je hais le visage de l'homme car il révèle une âme" (3).
Je ne crois pas à la liberté de l'homme esclave de l'alcool, de la drogue, du sexe ou de l'idéologie.

Il est criminel de prôner le préservatif pour prévenir le sida. Mais c'est d'abord un crime spirituel avant d'être, par voie de conséquence, un crime physique (4). On reconnaît là la signature de celui qui est "menteur et homicide depuis le commencement".
Freud lui-même, hostile à la religion, définissait la perversion comme l'usage d'une chose en dehors de sa finalité. Et il appelait perversion sexuelle tout ce qui tend à priver volontairement la relation sexuelle de sa finalité procréatrice.

à suivre : lettre à un neveu - 2 -
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(2) Constaté par huissier. La toile avait été signée Boronali (en verlan Aliboron!)
(3) Phrase de Picasso. On comprend pourquoi son "art" en est venu à défigurer les visages.
(4) Un homme de science a demandé au gouvernement de revoir sa position car le risque est loin d'être négligeable.

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