Lettre à un neveu bien " informé " - 2 -

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Suite d' un document exceptionnel, lumineux et bien cadré, dont Serviam a plaisir à assurer la reproduction de larges extraits avec l'aimable autorisation de l'Action Familiale et Scolaire
Cf la première partie : lettre à un neveu - 1-
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Un ami a reçu une longue lettre d'un neveu. Ce dernier reprenait à son compte bien des thèmes du conditionnement idéologique actuel. Ce jeune homme avait diffusé sa lettre à des membres de la famille. Notre ami a donc décidé de répondre et de donner la même diffusion à sa réponse.
L'argumentaire pouvant intéresser nos correspondants, nous lui avons demandé la permission de le publier en modifiant les passages qui personnalisent le document.
Cette longue réponse sera présentée en quatre parties dans autant d'enrichissements successifs. Les sous-titres ont été ajoutés pour cette publication.
Certains, parmi nos amis, ont sûrement eu des débats analogues. Nous serions heureux de connaître les arguments qui leur ont été opposés et les réponses qu'ils ont formulées...
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... suite...
Mon cher Marc,

- De l'avortement

Tu fais référence au catholicisme. Plaise à Dieu que tu le connaisses dans sa réalité et que tu en viennes à le pratiquer sincèrement (je me sers de ce mot sans complexe). Le deuxième concile du Vatican qualifiait expressément l'avortement de " crime abominable ".
Il y a environ trente ans de cela, c'était alors une évidence.
L'évolution de mort des trente dernières années a fait passer un crime abominable au rang de chose légale, protégé par la loi et remboursé par la Sécurité sociale. Je refuse de reconnaître une quelconque valeur à cette évolution. Je la déclare pourrissement, régression, honte de notre époque et des pays qui ont institué une telle législation.
Le fait qu'une cabale ait manoeuvré de longue date pour réunir une majorité de circonstance et faire passer la législation qui légalise le meurtre d'innocents prouve la nocivité spirituelle, morale et donc physique de ceux qui l'ont voté ou fait voter. Cela ne légitime pas la démarche. Ou alors, si une loi démocratiquement votée condamnait à mort la moitié moins une, des personnes de la société, serait-elle pour autant acceptable à tes yeux?
Le vote ne peut rien contre la qualification de bien ou de mal, sauf en ce qui concerne des mesures d'ordre pratique : il faut par exemple que tout le monde roule à droite en France. Et je ne suis pas perturbé que les anglais, eux, roulent à gauche. Cela fait partie de ce qui est dans le domaine de compétence du législateur. Sinon, sous couvert d'évolution, on voudrait me faire revenir à la tentation de Satan à Adam et Ève : Comme évolution, cela fait un sacré bond en arrière. J'ai une autre perception du progrès!

Par suite de la légalisation de l'avortement, il y a eu 200.000 meurtres en moyenne par an depuis 20 ans. Cela fait quatre millions de morts. Trois fois le coût de la guerre de 1914/1918. A qui pourrait-on faire croire qu'il y a en France tous les ans 200 000 femmes enceintes en état de détresse? ...

... Le professeur Lejeune avait un laboratoire de recherches. Il avait tellement avancé ses recherches sur le mongolisme (la trisomie) qu'il a pu écrire : "Donnez-moi des subventions égales à celles que vous donnez à ceux qui recherchent la fécondation artificielle et les bébés-éprouvettes et je vaincrai la trisomie ".
Il n'a pas eu les subventions demandées. Il est vrai qu'il avait témoigné aux États-Unis contre l'avortement.

Mon ami, réveille-toi! Ouvre les yeux, vois la réalité, appelle chat un chat et avortement un meurtre. Serais-tu vivant si, dans les neuf mois qui ont précédé ta naissance, ta mère s'était fait avorter?
Diras-tu : il ne s'agit que d'une vie débutante; ce n'est pas un meurtre. A quel moment cela le devient-il ? Qui a le droit de dire : une seconde avant ce n'était même pas un bébé phoque (lequel doit être protégé toutes affaires cessantes!), mais maintenant, une seconde plus tard, c'est un humain qu'il serait criminel de tuer?
Ou bien, va-t-on mettre une zone de transition durant laquelle ce sera d'abord un petit délit puis délit de plus en plus grave jusqu'à devenir un crime ?

Je reprends textuellement ton argumentaire sur l'avortement :
"Même si la pratique de l'interruption volontaire de grossesse est un acte très polémique, il n'en demeure pas moins que la loi française le réglemente de façon précise. S'y opposer, soi-disant pacifiquement, est tout simplement illégal. Il serait plus judicieux de porter le débat devant le Parlement..."
Voyons ce que donne ton raisonnement dans des circonstances analogues :
"Même si la pratique de l'interruption volontaire de la vie des juifs, des gitans et de certains européens est un acte très polémique, il n'en demeure pas moins que la législation allemande le règlemente de façon précise. S'y opposer soi-disant pacifiquement est tout simplement illégal. Il serait plus judicieux de porter le débat devant le Reichstag..."
Pourquoi la première version serait-elle normale et morale, mais seulement la seconde une horreur? Je les trouve criminelles toutes les deux. Et toi?

Mon ami, réveille-toi!
Il est certain que, dans le conformisme de ce siècle, la tradition catholique est mal ressentie. Saint Augustin, qui a vu la chute de Rome, parlait déjà de ce crime qu'est l'avortement.
Eh oui! tu le vois, nous ne changeons pas. Nous refusons obstinément d'appeler bien le mal, et mal le bien. Alors, des campagnes hostiles se déroulent dans les médias. Elles ont de l'impact; cela se sent quand je te lis. ...

( à suivre...)

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